Suivi des engagements de nutrition pour la capture du dividende démographique : Acf mobilise les parlementaires de la Cedeao, du Tchad et de la Mauritanie

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Les parlementaires des pays de l’espace Cedeao, de la Mauritanie et du Tchad ont été mobilisés mercredi, 19 décembre 2018 à Bénin Royal hôtel, autour d’un dîner débat sur la question de nutrition en lien avec la capture du dividende démographique. Cette rencontre initiée par “Action contre la faim“ (Acf) et qui se tient en marge de la Réunion de mise en place du Comité Interparlementaire pour le financement adéquat de la santé, le dividende démographique et les politiques de population et développement, vise à impliquer les députés dans le suivi des engagements internationaux et régionaux pris par les Etats en faveur de la nutrition…

Considérée comme une clé indispensable au développement durable, la situation nutritionnelle peine à connaitre à une nette amélioration dans plusieurs pays malgré les efforts et engagements pris par les gouvernants. De récentes études démontrent qu’une personne sur trois dans le monde est touchée et environ 45% des enfants de moins de 5 ans meurent ou ont souffert de la malnutrition. Les plus grandes victimes du mal restent les enfants de moins de cinq ans avec 50,5 millions souffrant d’émaciation, 38,5 millions de surpoids et 150,8 millions souffrant de retard de croissance. Et la situation est davantage critique en Afrique de l’Ouest avec 18,6 millions d’enfants de moins de 5 ans souffrant de malnutrition chronique et 5,1 millions affectés par la malnutrition aigüe. Chose déplorable, les victimes trainent souvent des séquelles irréversibles. Une situation qui a motivé le réseau “Action contre la faim“à mobiliser les parlementaires des pays de la Cedeao, du Tchad et de la Mauritanie autour des enjeux liés à la nutrition. Une rencontre de haut niveau fortement apprécié étant donné que les Etats sont engagés dans la dynamique de l’atteinte des Objectifs de développement durable. A en croire le Directeur de cabinet de l’Assemblée nationale du Bénin, la question de nutrition reste préoccupante et réunir les parlementaires autour des enjeux y afférents est salutaire. Pour lui, il importe d’œuvrer dans une synergie d’action en vue de repositionner la nutrition au cœur des actions de développement. Selon les propos de RamataAlmamy MBAYE, conseillère Régionale Plaidoyer de l’ACF, la malnutrition contribue à 40% environ du taux de mortalité infantile. La malnutrition est un problème global de développement impliquant plusieurs secteurs et impacte négativement la productivité, l’économie, reconnait-elle avant d’estimer que pour chaque dollar investi dans la nutrition, un retour sur investissement de 16 dollars est possible. A l’en croire, pour la capture du dividende démographique, il importe d’investir dans le capital humain donc dans la nutrition. Les échanges se sont donc poursuivis sur les contributions des parlementaires dans le suivi des engagements en faveur de la nutrition pour une meilleure capture du dividende démographique. Dr Yves Mongbo de l’Organisation ouest-africaine de la santé a évoqué avec les participants, les tendances en matière de malnutrition dans plusieurs pays. Plusieurs thématiques en lien avec la nutrition ont été abordées durant le dîner débat.

 Quid des engagements internationaux et régionaux…

Au cours des travaux de l’Assemblée mondiale de la santé, les Etats se sont engagés à réduire de 40%, le nombre d’enfants de -5 ans présentant un retard de croissance, de 50% l’anémie chez les femmes en âge de procréer, de 30% l’insuffisance pondérale à la naissance, maintenir au-dessous de 5% l’émaciation chez l’enfant, porter à au moins 50% le taux d’allaitement exclusif au sein pendant les six premiers mois de la vie et contrer l’augmentation du pourcentage d’enfants en surcharge pondérale. Ceci, à l’horizon 2025. Quant aux engagements régionaux, il faut retenir la décision d’allouer 15% du budget national à la santé (Déclaration d’Abuja en 2001) ; réduire le sous poids à 5% et la malnutrition chronique à 10% d’ici 2025 (Déclaration de Maputo en 2014) ; l’accès universel à l’assainissement et à l’hygiène et l’élimination de la défécation à l’air libre d’ici 2030 (Déclaration de Ngor en 2015).

 

Aziz BADAROU

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