Elaboration du Plan National Sécheresse Bénin : Les acteurs du secteur en conclave

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A l’instar de plusieurs pays de la sous-région, le Bénin s’est engagé dans le processus d’élaboration du Plan National Sécheresse. Un atelier technique a réuni tous les acteurs des structures scientifiques, techniques ou de coopération qui sont actifs dans les secteurs liés à la sécheresse ou affectés par les différents impacts de la sécheresse, pour examiner le document proposé par un Consultant. Dans ce processus, le Bénin à travers le Ministère en charge du Cadre de Vie et du Développement Durable, bénéficie de l’appui  technique et financier du Partenariat régional de l’eau de l’Afrique de l’ouest (GWP-AO) et du Partenariat National de l’Eau du Bénin (PNE-Benin). C’était le 18 décembre 2018 à l’Infosec de Cotonou. 

Deux millions de personnes ont été affectées par la sécheresse dans les départements du Zou, du Borgou-Alibori, de l’Ouémé et de l’Atacora en 1984. Si les chiffres ont besoin d’être actualisés, ils montrent que bien des départements de notre pays connaissent de plus en plus des déficits hydriques et fourragers responsables de l’insécurité alimentaire. C’est loin d’être une invention. Car, dans son intervention à l’ouverture de la réunion, le Directeur du Fonds National pour l’Environnement et le Climat (FNEC), Apollinaire Gnanvi, a reconnu que le Bénin comme plusieurs pays de la sous-région, est aussi vulnérable et exposé aux risques induits par la dégradation des terres, l’inondation, risques exacerbés par le changement climatique. « Le Bénin subit de plein fouet les conséquences de ces aléas qui entrainent la disparition rapidedu couvert végétal et l’appauvrissement des terres agricoles conduisant à la baisse significative des rendements », a-t-il soutenu.

En ouvrant les travaux de cet atelier technique, le Directeur du Fonds National pour l’Environnement et le Climat (FNEC), Apollinaire Gnanvi,  a rappelé que l’engagement du Bénin dans le processus d’élaboration du Plan national de sécheresse fait suite à la décision 29/COP13 de la Conférence des Parties à la Convention des Nations-Unies pour la Lutte contre la Désertification (CNULCD). Avec cette décision, explique-t-il, le Secrétariat et les institutions et organes ont été appelés à mettre en œuvre au cours du biennium 2018-2019, une initiative sur la sécheresse. Parmi les 40 pays sélectionnés dont 21 pays africains, le Bénin bénéficie du soutien du Partenariat Régional de l’Eau de l’Afrique de l’ouest (GWP/AO) à travers le Programme de gestion intégrée de la sécheresse pour l’Afrique de l’ouest (IDMP).

A l’instar du Burkina-Faso qui dispose de son Plan national Sécheresse, le Bénin se prépare à se doter de ce précieux document pour contrer efficacement le phénomène. Cet atelier qui réunira toutes les structures concernées directement ou indirectement par la gestion de la sécheresse sont invitées à apporter leur contribution technique au document. La rencontre servira à faire l’état des lieux en matière de lutte contre la sécheresse au Bénin, à identifier les dispositifs existants relatifs à la gestion des crises de sécheresse, proposer le cas échéant, des moyens d’améliorer les mécanismes de gestion de crise existants.

Présente à cet atelier de concertation, la Coordonnatrice du Programme IDMP, Mme Félicité VODOUNHESSI, a aussi signalé que de nombreux pays de la sous-région sont affectés par les changements climatiques qui, « exacerbent les phénomènes extrêmes qui perturbent la vie des populations très vulnérables, pas ou mal préparées tout comme les gouvernements qui sont encore dans la gestion de l’urgence ».

Soutenant que le Plan national de sécheresse reste une solution pour une gestion intégrée du phénomène, elle a fondé l’espoir que l’atelier technique débouche sur des actions concrètes adaptées au contexte du Bénin. « Vos contributions devraient permettre d’avoir des propositions pour améliorer et renforcer les mécanismes de gestion de crise existant, d’identifier les sources d’appui technique et financier et de mieux connaitre les mécanismes et dispositifs existants », a-t-elle signifié.

Au cours des travaux, les participants ont jeté un regard critique sur le document qui comporte au-delà des liens faits avec d’autres plans et politiques, une vue d’ensemble des manifestations de la sécheresse au Bénin, l’organisation et la désignation des responsabilités, les mécanismes de la surveillance, la prévision et l’évaluation de son impact.

Notons que le plan de gestion de la sécheresse vise à établir un ensemble clair de principes ou de modes d’action qui régissent la gestion de la sécheresse et de ses conséquences. Sans doute qu’il aidera le pays, à mieux faire face aux enjeux du phénomène, à identifier les impacts de la sécheresse, et prendre les mesures d’adaptation à mettre en œuvre par les acteurs. Attendu de tous les vœux, le plan devra permettre de réduire les risques et de mieux comprendre les causes profondes de la vulnérabilité et les mécanismes grâce auxquels l’anticipation et la préparation sous diverses formes augmenteront la résilience de la société.

 

Alain TOSSOUNON (Coll.)

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