Banque digitale en Afrique rurale : Les obstacles au nouveau défi panafricain

164

Get real time updates directly on you device, subscribe now.

A Cotonou ou à Rabat encore à Abidjan ou Sowéto, une révolution est en marche, celle de la finance digitale. C’est-à-dire faire des transactions financières à partir d’un téléphone portable. Quand on observe les capitales africaines, le réflexe devient de plus en plus digital. Il s’agit d’une solution majeure aux tracasseries des services financiers traditionnels et aux agacements des services de la clientèle. Si les centres urbains sont bien pourvus, il reste à couvrir les zones rurales de l’Afrique. Loin de la coupe aux lèvres, il y a bien des obstacles à franchir malgré quelques chiffres rassurants. En effet, environ 46 % des 1,17 milliard d’Africains avaient souscrit à des offres de téléphonie mobile à la fin de l’année 2015, soit 557 millions d’abonnés uniques, selon des chiffres présentés par le réseau mondial des opérateurs de téléphonie mobile, GSMA, à Dar-es-Salam du 26 au 28 juillet 2016. La statistique rendue publique montre qu’un bond a été enregistré de +70,34 % par rapport aux 327 millions d’abonnés uniques de 2010. Les projections les plus optimistes font penser que l’accroissement pourrait atteindre 725 millions d’abonnés uniques en 2020. Et les pays qui feront le champ de telle attraction sont le Nigeria, l’Éthiopie, l’Égypte, le Kenya, la Tanzanie, la République Démocratique du Congo (RDC) et l’Algérie. Selon la même source citée par Jeune Afrique, en termes de nombre de cartes de SIM en circulation, les comptes du marché africain mobile sont encore plus élevés. Les usagers africains, qui possèdent souvent plusieurs cartes, cumulaient 965 millions de SIM à la fin 2015. Ce nombre atteindra 1,3 milliard fin 2020. C’est dire que le marché de la banque digitale est disponible. Il est donc important d’ouvrir le service financier digital à la ruralité (I) tout en les risques de piratage des systèmes d’informations (II) à l’ère de l’ingéniosité des cybercriminels

I. Ouvrir le service financier digital à la ruralité

 

Les districts ruraux de l’Afrique ne sauraient être en marge de la révolution digitale. Elle renferme des avantages. Le premier est le temps des transactions. En Afrique, les pistes rurales si elles ne sont pas inexistantes, elles sont impraticables. Très souvent, les commerçants font de longues distances pour payer les fournisseurs. En plus, le tontinier du village aussi, devra parcourir de grandes distances pour recouvrer les tontines journalières. Les tracasseries administratives pour l’ouverture d’un compte dans un établissement financier sont de nature à s’intéresser davantage au mécanisme de fonctionnement de la finance digitale. Pratique, fluide, rapide, la finance digitale est une solution inespérée. En milieu rural, elle peut apparaître comme une solution aux problèmes financiers locaux de paiement et de remboursement. Pour son efficacité trois conditions sont à remplir. Il y a d’abord, l’identification de la population qui passe par la biométrie. Ensuite l’accès à la téléphonie et à l’internet. Et enfin la disponibilité de l’énergie pour charger les téléphones portables. Les cibles, ce sont les femmes, les vraies amazones de l’économie locale. Ce sont vers elles que toute réflexion, en la matière devrait aller. Les centres urbains ont déjà donné le top. Les volumes d’échanges croissants à très grande échelle et des systèmes d’information de plus en plus ouverts, ont cessé de convaincre de l’efficacité de l’outil. Il n’ya pas d’avantages sans inconvénients. Voilà pourquoi il faudrait veiller sur les tentatives de piratage du système d’informations.

 

II. Les risques de piratage des systèmes d’informations

 

La révolution digitale ne renferme pas uniquement que des avantages car les inconvénients ne manquent pas. Les cybercriminels qui font actuellement l’actualité en Afrique de l’Ouest sont toujours aux aguets.

Voilà pourquoi, il nous semble nécessaire de réduire strictement les risques d’attaques et vols de données. La révolution digitale montre une fois encore que le numérique constitue un levier de croissance pour nos économies. Le numérique peut participer grandement à l’inclusion financière. Sa sécurisation incombe bien à l’Etat qu’aux promoteurs. L’intelligence commence par l’imitation. C’est pourquoi, il est fortement recommandé de s’inspirer des expériences et expertises déjà avérées en la matière notamment en banque digitale, en paiement mobile, en monnaie électronique, en des services de transfert de fonds et de la cybersécurité. La nouvelle bataille de positionnement des fournisseurs de solutions financières rurales s’annonce épique.

 

H-Tauyé

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site utilise les cookies pour améliorer votre expérience. Êtes-vous d'accord ? Vous pourrez le désactiver à tout moment. Accepter Lire la suite