Suspension des élections des responsables des universités nationales : L’Intersyndicale des Unb condamne et interpelle…

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La mesure transitoire portant suspension des élections des recteurs et responsables des Unités de formation et de recherche (Ufr) est désapprouvée par la communauté universitaire notamment l’Intersyndicale des enseignants du supérieur. Dans une déclaration rendue publique, le collectif de syndicats dénonce une menace pour les libertés académiques et interpelle le gouvernement…

Le gouvernement n’a fait que provoquer une exacerbation des tensions dans les universités nationales du Bénin en décretant la suspension des recteurs et des responsables des Unités de formation et de recherche, selon l’Intersyndicale. « Cette décision incompréhensible a été précédée d’une série d’actes posés…visant à retirer aux enseignants du supérieur divers acquis obtenus depuis très longtemps pour faciliter leur travail académique et de formation des cadres du pays », lit-on dans la déclaration de l’Intersyndicale. Alors que la date des élections des responsables des Ufr a été fixée au 16 novembre 2018 par courrier N°2444-18/MESRS/DC/SGM/CTAAPDS/SA du 24 juillet 2018, les enseignants du supérieur déplorent le fait que le gouvernement choisisse ensuite l’option d’un revirement sans les consulter. Reçus en audience le 30 octobre 2018 par l’autorité ministérielle, les responsables syndicaux de l’Intersyndicale estiment moins convaincantes, les raisons soutenues par le ministre Marie-Odile Attanasso pour justifier cette décision. « Le gouvernement reproche aux universitaires une mauvaise gouvernance globalement à trois niveaux : administratif, académique et financier », précise l’Intersyndicale dans sa déclaration. Des raisons jugées comme de fallacieux prétextes par le collectif des syndicats. Mais après une série de consultations, ces derniers réunis en Assemblée générale, ont décidé de mandater la Coordination de l’Intersyndicale pour poursuivre les concertations afin que le processus électoral devant conduire à l’installation des nouveaux responsables des Ufr reprenne son cours normal dans les meilleurs délais. L’Intersyndicale interpelle, par ailleurs, le gouvernement sur des faits précis. « Les enseignants du supérieur tiennent à ce que les universités publiques et leurs Ufr continuent d’être dirigées par des autorités légitimes pour garantir la stabilité et préserver la cohésion au sein de la communauté universitaire… Sans liberté académique, l’enseignement supérieur court à sa perte et sa chute provoque toujours une grave désarticulation de l’ensemble du système éducatif. Pour les enseignants du supérieur, la liberté académique commence par l’élection de leurs dirigeants » font savoir les responsables syndicaux des enseignants du supérieur. Tout en dénonçant “l’opacité“ entourant le processus de révision des attributions du Conseil national de l’éducation, ils appellent à une démarche inclusive avec l’implication de tous les acteurs concernés notamment les partenaires sociaux. « L’Assemblée générale invite le gouvernement à faire preuve d’esprit d’ouverture en laissant le processus des élections des responsables des Ufr se poursuivre comme il est de tradition depuis plus de trente-cinq ans », plaident-ils.

Aziz BADAROU

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