Réforme du système partisan, un mort-né ?

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Mettre fin au multipartisme sauvage et redéfinir la scène politique nationale au Bénin. C’est entre autres les objectifs que poursuit Patrice Talon en engageant la réforme du système partisan. Une nouvelle charte des partis politiques et un nouveau code électoral ont été adoptés par l’Assemblée nationale. L’idée est d’imposer  par la loi au plus une demi-dizaine de formations politiques. Pour le moment, les réformes annoncées ont du mal à se concrétiser. En effet, les deux grands blocs devant former la mouvance présidentielle n’ont toujours pas été créés. Les membres de ces futurs regroupements continuent de se battre autour des différents statuts même si les congrès constitutifs sont prévus pour la fin de cette semaine. Pis, le Prd, l’une des grandes formations politiques devant faire partie du bloc Républicain en construction a suspendu sa participation aux travaux préparatoires du congrès constitutif dudit regroupement. Une vraie mauvaise nouvelle pour Patrice Talon et tout son camp. Si les négociations n’évoluent réellement pas, les «Tchoco-tchoco» peuvent refuser de se faire avaler par un bloc politique et décider de se maintenir sur l’échiquier politique. Avant le Prd, l’Union démocratique pour un Bénin nouveau (Udbn) de Claudine Prudencio et l’Alliance nationale pour la démocratie et le développement (Andp) dirigée par le député Valentin Aditi Houdé ont décidé de garder leur autonomie au sein de la mouvance présidentielle. D’autres responsables de partis politiques pourraient également refuser de disparaître au profit des blocs naissants s’ils n’obtiennent pas des places acceptables dans les listes électorales en confection. Or le Chef de l’Etat a pour projet de travailler avec deux blocs politiques. Manifestement, les lois imposées par le pouvoir n’ont pas encore donné les effets escomptés.  On continue de travailler  pour la création des futurs deux blocs de la majorité présidentielle. Mais tout porte à croire qu’un échec se profile à l’horizon. En réalité, les acteurs politiques ont pendant longtemps été habitués à  garder leur autonomie. Et les résistances notées ici et là montrent que les formations politiques ne sont pas encore prêtes à faire les concessions nécessaires pour les fusions souhaitées par le Chef de l’Etat. Il va sans dire que les réformes imposées à travers des lois décriées n’ont pas été bien préparées. On est tenté de soutenir qu’elles ne tiennent vraiment pas en compte la sociologie politique béninoise. Mieux, Patrice Talon n’a jusque-là pas encore su gérer les intérêts ni les susceptibilités des politiciens qui s’affichent à ses côtés.  En somme, la réforme du système n’est peut-être pas un mort-né. Mais elle reste un enfant qui pourrait connaitre de graves crises de croissance.

 

Mike MAHOUNA

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