Aboudramane Sangaré : Une vie, une ligne

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Une personnalité politique de la Côte d’Ivoire s’en est allée. Il s’agit de M. AboudramaneSangaré, ancien Ministre des Affaires Etrangères de la Côte d’Ivoire et figure emblématique de l’aile dure du Front Populaire Ivoirien (Fpi). Sa vie politique républicaine (1) est une ligne (2) de principe et de loyalisme.

1.  Une vie politique républicaine

 

Que retenir de la vie politique d’Aboudramane Sangaré, ce passionné du droit international, des institutions diplomatiques et consulaires ? Sans être une voix autorisée, on peut à la lumière de quelques actes  dresser quelques palmes pour cet enseignant titulaire d’un doctorat d’Etat en droit international obtenu à l’Institut du droit de la paix et du développement (Idpd)  de Nice.

D’abord, la providence a fait  de lui, un métis culturel ,reflet de l’esprit de l’unité nationale. Il est né d’un père musulman malinké d’Odienné au Nord et d’une mère chrétienne baoulée de Bodokro  au centre du pays. C’est un fait de la providence. Il n’a ni choisi son père ni sa mère.  Une belle prédisposition pour avoir une brillante pédagogie de l’unité nationale et de l’esprit républicain dans cette Afrique en proie au concept flou « d’équilibre interrégionale » qui plombe les efforts de redressement national.

On tombe en politique comme en religion. Comme la plupart des jeunes de sa génération dans les années 70, le campus a été le terreau de la flamme militante. Le Professeur ZadiZaourou  aura été celui qui l’a le plus influencé, lui et son compagnon, Laurent Gbagbo.  Depuis le congrès constitutif du parti en 1988 à Dabou près d’Abidjan, Sangaré a fait le choix du parti comme creuset de transformation de la Côte d’Ivoire. C’est ce qui justifie sans doute, qu’il soit resté comme Hollande au Parti Socialiste, un levier important. Professeur de Droit international, il croit en la force du droit communautaire. C’est dans ce sens qu’on retiendra bien son  avis sur la Cour Africaine des Droits de l’Homme : «  une décision de la Cour africaine s’impose aux parties. La Côte d’Ivoire était partie à ce procès, la Côte d’Ivoire a plaidé. La Côte d’Ivoire a perdu ». Tout en ayant une ligne, Sangaré aime son pays. Le souvenir qu’on gardera de ce bâtisseur d’avenir c’est sa dernière interview à Rfi où il déclarait : « Le FPI a ses problèmes, nous sommes en train de les régler. La Côte d’Ivoire a ses problèmes. Si on peut se mettre ensemble pour régler les problèmes de la Côte d’Ivoire, pourquoi pas. Pourquoi pas. ». Sangaré avait donc une ligne qui faisait son originalité.

2.   Une ligne de principe

 

Sa ligne, c’est sa loyauté à son camarade, Laurent Gbagbo. Un tel loyalisme qui  se mue en « subordination »  fait qu’il a du mal à prendre le devant des choses. C’est peut être aussi un défaut qui a été exploité par son rival Affi N’Guessan. La ligne de Sangaré, c’est le retour de Laurent Gbagbo. Mais cette ligne  n’a jamais souffert de contradiction. C’est cela toute la grandeur de sa fidélité. On peut reprocher à Sangaré de n’avoir pas réussi à compacter sa mouvance qui a été composée de gens qui  ont fluctué. Toutefois, il est à remarquer que la ligne de Sangaré a contribué à la décrispation récente de la problématique de la réconciliation. En posant comme préalable, la libération de tous les détenus politiques quels qu’ils soient avec en tête, Laurent Gbagbo, Sangaré, s’est illustré comme le gardien du temple.  S’il n’est pas parvenu à discipliner Affi N’guessan, ce sera peut-être le seul regret. Mais le contexte était une excuse face à des camarades qui désespéraient de l’ultime combat.

En somme Sangaré, a fait de son combat politique une expression du loyalisme républicain.

 

Par H-Tauyé,

Juri-Journaliste

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