Election Présidentielle en RDC : Le Palu tourne dos à Lumumba

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Un débat de vivant sous la houlette d’un mort.  Le Parti Lumumbiste Unifié (Palu) est en crise. Et pour cause son ralliement au candidat Emmanuel Ramazani Shadary, candidat de la famille politique de Joseph Kabila.  Le Président du Parti Lumumbiste, Antoine Gizenga a surpris plus d’un en ravalant sa vomissure à travers un revirement idéologique (1) qui compromet l’image historique du Premier Ministre Patrice Lumumba (2)

 

  1. Un revirement idéologique

 

Les lignes ne sont pas bien fixées entre la majorité et le Parti Lumumbiste Unifié. Coup de théâtre : ce samedi 20 décembre 2018, le parti d’Antoine Gizenga a demandé  à ses partisans de soutenir la candidature d’Emmanuel Ramazani Shadary, candidat du pouvoir pour l’élection présidentielle du 23 décembre. La déclaration de soutien est lue par le Secrétaire permanent du Palu, le fils d’Antoine Gizenga, Lugui Gizenga.

Cette crise de paludisme politique au Palu est l’expression d’un revirement idéologique. Les alliances africaines en politique ne se fondent sur aucune idéologie et mettent la logique à rude épreuve. Ce n’est pas surprenant. Au Congo, les alliances se font en termes de tout sauf en fonction des idées. C’est pourquoi, le revirement observé chez les « Lumumbistes » est le reflet de l’identité réelle de la classe politique du Congo.  Qui prendrait le pari au lendemain des déclarations du Palu contre le Front Commun Congolais que ce parti  reviendrait avaler avec appétit sa vomissure ? Embarrassé  par ce choix pénible du point de vue de l’éthique, le Palu s’est contenté d’un laconique communiqué qui annonce son ralliement à la mouvance sans crier gare. Pas de dissertation. Le Choix est fait. Point final. Les militants étant considérés comme du bétail électoral, il n’y a pas à leur expliquer ce choix discutable. Lumumba a –t-il eu tort de croire en la force des idées, à la démocratie et aux droits humains ? Le Palu a fait le choix de mettre l’œuvre de Lumumba entre parenthèse pour régler des questions politiques de compromission préjudiciables à l’image de Patrice Lumumba.

 

  1. L’image de Lumumba compromise.

 

Ceux qui sont morts ne sont jamais partis. Ils sont dans l’ombre qui s’éclaire Et dans l’ombre qui s’épaissit, Les morts ne sont pas sous la terre Ils sont dans l’arbre qui frémit, Ils sont dans le bois qui gémit, Ils sont dans l’eau qui coule, Ils sont dans la case, ils sont dans la foule Les morts ne sont pas morts. Birago Diop, dans « le souffle des ancêtres » nous convainc que Patrice Lumumba n’est pas parti. Il est au Congo ; son esprit plane sur le Palu. C’est donc à raison que  Jean-Jacques Lumumba, l’un des petits neveux de Patrice Lumumba, est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il considère comme un piétinement de la mémoire  du Premier ministre du Congo, Patrice Emery Lumumba. Comment comprendre  que le Palu puisse soutenir un régime où la liberté est confisquée et que les droits humains sont à rude épreuve. C’est inadmissible. C’est un mélange des genres. Jean Jacques Lumumba rappelle à dessein les valeurs que défendait l’Ex -Premier Ministre du Congo : amour du Congo, le droit des autochtones à une vie décente.

Le Palu a tourné le dos aux valeurs qui fondent le Lumumbisme. Ce revirement spectaculaire rappelle bien un homme politique togolais, Gilchrist Olympio dont le parti a sauté pieds joints dans la mouvance du Rpt du Père Eyadéma, laquelle mouvance est  devenue Unir du Fils Eyadéma. Comme quoi, la logique en politique est à géométrie variable

 

H-Tauyé Juri-Journaliste

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