Contentieux électoral présidentiel au Cameroun : Le droit constitutionnel en naufrage

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La contestation des résultats de la présidentielle au Cameroun est portée devant le conseil constitutionnel, seul organe habileté à proclamer les résultats de l’élection présidentielle et à connaître du contentieux. Maurice Kamto, le principal challenger de Paul Biya a introduit un recours en annulation partiel des résultats.  Y croit-il vraiment ? Ce qui est certain, ce contentieux électoral africain montre une fois encore comment la démocratie est malade en Afrique centrale  (1) avec un juge constitutionnel en faillite morale (2)

 

  1. Une démocratie « africainement » centrale malade

L’élection présidentielle au Cameroun est-elle démocratique ? L’élection a connu des ratées avec des fraudes par- ci et par- là. Les observateurs non dépendants ont pu le remarquer. Tout le territoire n’a pas été  couvert. C’est déjà une faille importante. En dehors de cela, les contestations portent sur la manipulation des procès-verbaux.  Ce n’est pas inédit. Les élections en Afrique présentent le même visage.  La manipulation est consubstantielle  à l’intelligence électorale en Afrique. Pour gagner une élection en Afrique centrale, le résultat de vos performances ne compte pas. Ce qui compte, c’est plutôt comment vous parvenez à assujettir les organes constitutionnels et les leaders politiques. Le problème de la démocratie en Afrique centrale se résume à tenir les grands électeurs par la distraction et le manger. Dès lors, on doit s’interroger sur la nécessité des élections dans cette région du monde.

 

  1. Un juge constitutionnel en faillite morale

Maurice Kamto demande au conseil constitutionnel de se dessaisir lui-même. C’est symptomatique de ce que plus rien ne va dans cette institution composée de « sages » sans sagesse. Le mal camerounais est un mal africain. Au point où on est en droit d’’interroger l’état de santé de la  justice constitutionnelle en Afrique.  Plus rien ne va. Les Cours ou conseils constitutionnels ont tourné dos à la déontologie. Les principes sont massacrés. Si la justice constitutionnelle est en naufrage que peut-on espérer des droits humains ? Il se pose la question du type de régime qu’il faudra instaurer en Afrique. Toutefois quelques exemples forcent l’admiration. Ces exemples viennent de quelques états anglophones. Ce sont des exceptions comme le Nigéria, le  Ghana, l’Afrique du Sud. Ces rares exceptions confirment que la faillite morale n’est pas à généraliser.

En somme, le contentieux électoral n’a de sens que s’il s’achève sur des enseignements. Et ce, il eut fallu avoir de juge constitutionnel normal. Ce n’est le cas au Cameroun, à en croire le Professeur Maurice Kamto.

 

H-Tauyé

Juri-Journaliste.

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