Déstabilisation de l’appareil judiciaire : Où sont passés Dadaglo et l’Unamab?

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 Alors que l’appareil judiciaire national traverse une période plutôt difficile, les acteurs judiciaires brillent par leur absence. Notamment, l’Union nationale des magistrats du Bénin (Unamab)  et son président Robert Dadaglo  ne font pour le moment rien pour défendre le troisième pouvoir  désormais sous le contrôle total de l’Exécutif.   

Le très influent syndicat des magistrats du Bénin n’existerait plus. Sur le terrain, l’Unamab ne mène plus d’actions. Elle est invisible. On n’entend plus son président, Robert Dadaglo qui a succédé il y a quelques mois au très médiatique magistrat Michel Adjaka. Toute l’équipe de l’Unamab s’est emmuré dans un silence inquiétant depuis quelques mois. Or les sujets de grande préoccupation ne manquent pas dans le secteur judiciaire. En effet, depuis son communiqué du 22 juillet 2018 dans lequel le syndicat avait appelé ses membres à «  rester mobilisés contre la déstabilisation et la forfaiture qui s’annoncent » en dénonçant certains dysfonctionnements au sein de la justice, particulièrement l’invasion du Conseil supérieur de la magistrature (Csm) par des allogènes, on n’a enregistré plus d’actions. Alors, comment peut-on expliquer ce mutisme  des magistrats quand on sait que l’Exécutif et ses complices logés au Parlement essaient de fragiliser tout l’appareil judiciaire à travers des initiatives législatives qui relèvent d’une période révolue? Il faut rappeler que les alléchants avantages accordés récemment aux magistrats à travers une loi leur ont été retirés et le droit de grève  leur a été presque interdit. Pis, une juridiction d’exception dénommée Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet)  a été créée et installée fin août 2018 avec beaucoup de remous dans l’opinion.  Des enseignants de droit, des spécialistes du droit pénal voient à travers cette excroissance de la justice, un vrai recul de la démocratie et une déstabilisation de l’appareil judiciaire. Mais ces évènements n’ont pas fait réagir jusque-là le président Robert Dadaglo et ses pairs. Le silence est tellement assourdissant   que certains se demandent si l’Unamab et son président sont dans un repli tactique. D’autres se demandent s’ils sont dépassés par les évènements. Au regard de son mode de fonctionnement et de ses choix, l’équipe de Dadaglo n’est-elle pas en train de donner raison à ceux qui regrettaient  il y a quelques mois le départ du magistrat Michel Adjaka de la tête de l’Unamab? L’Unamab  a-t-elle délibérément opté pour le mutisme ou a-t-elle subi des menaces du pouvoir Exécutif ? Ce dont on est sûr pour le moment, c’est que la situation n’est pas très reluisante dans la Maison Justice. L’appareil judiciaire pourrait être mis au pas pour répondre pendant longtemps aux seuls désidératas de l’Exécutif.

Mike MAHOUNA

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