Lutte contre l’impunité par la Criet : Quels sont les critères de sélection des dossiers ?

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Une nouvelle cour fait parler d’elle dans le paysage juridique au Bénin. La Cour de répression des infractions économiques, du terrorisme, du trafic de stupéfiants et des infractions connexes (Criet) est née de la volonté du chef de l’Etat Patrice Talon de rendre plus efficace et plus efficiente la gestion des cours et tribunaux. Mais depuis qu’elle est devenue opérationnelle, la Criet se rend célèbre dans la poursuite d’une catégorie de personnes, les opposants au régime de la Rupture. Du coup, on se demande comment le procureur spécial près de la Criet fait-il la sélection des dossiers qui nécessitent des poursuites ?

Alors procureur de la république, l’actuel N°1 de la Criet, avait annoncé qu’il pouvait désormais partir des dénonciations de la presse pour s’auto-saisir. Une certaine presse dont Matin Libre l’avait pris au mot. Des dénonciations d’actes de prévarications avaient été faites preuves à l’appui. Comme par exemple la gestion de l’actuel président de la Ccib. Mais curieusement, il n’a été inquiété. Aujourd’hui, procureur spécial près la Criet, les dénonciations ne manquent pas non plus sur la gestion de certaines personnalités, l’exemple de l’ancien maire de Lokossa. Depuis quelques jours, une affaire de 4,5 milliards éclabousse la Cnsss. Une affaire partie de la révélation d’un jugement qui a fait le constat que les 4,5 milliards décaissés par la Cnss pour une souscription auprès de la Bibe ne sont jamais arrivés à destination.

Mieux, la mouvance au pouvoir regorge de gens qui ne sont pas exempt de soupçon dans la gestion de la chose publique quand ils étaient aux affaires. La décennie de gestion du pouvoir du Changement puis de la Refondation est émaillée de scandales qui, en son temps, ont fait couler beaucoup d’encre et de salive. Les affaires Cen-Sad, Maria-Gléta, Machines agricoles, Siège de l’Assemblée, PpeaII, Avion présidentielle, Logements sociaux, Icc-Services…n’ont jamais été complètement élucidées. Les populations veulent savoir ce qui s’est réellement passé. Elles attendent que ceux qui ont dilapidé des milliards du contribuable soient châtiés au nom de la lutte contre l’impunité comme l’a promis le chef de l’Etat. La plupart de ceux dont les noms sont cités dans ces différentes affaires de prévarication des ressources publiques sont aujourd’hui autour de Patrice Talon. Ministres, directeurs de sociétés d’Etat ou cadres à divers niveaux, sous le régime Yayi, ils sont aujourd’hui ceux qui défendent le mieux les actions du nouveau régime. C’est dire que ce ne sont pas les dossiers qui nécessitent une auto-saisine qui manquent. Au contraire, le procureur spécial n’aura que l’embarras de choix. Mais depuis, on ne voit rien. Si ce n’est que des affaires qui impliquent les personnalités de l’opposition. AtaoHinnouho, Sébastien Ajavon, Komi Koutché, Valentin Djènontin, Bako Idrissou, SimpliceCodjo, Amadou Djibril, Léhady Soglo et autres, voilà ceux dont les dossiers intéressent la justice béninoise. Certains sont attendus devant la Criet, d’autres devant la Haute cour de justice. Ce n’est pas mauvais puisqu’il faut commencer quelque part. Mais comment comprendre qu’aucun des dossiers impliquant les soutiens du Chef de l’Etat n’intéresse la Criet, encore moins le procureur de la République ? Dans de telles circonstances, comment ne pas donner raison à ceux qui parlent d’instrumentalisation de la justice contre les opposants ? La Criet gagnerait plus en crédibilité en faisant un équilibre dans le traitement des dossiers de détournement de deniers publics. A défaut, qu’elle explique à l’opinion les critères de choix qui conduisent presque toujours sur la trace de l’opposition.

 

M.M

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