Vernissage exposition en Rochelle : L’Art contemporain béninois à l’honneur

739

Get real time updates directly on you device, subscribe now.

9 artistes de renom, 5 lieux historiques du centre-ville investis et 4 mois de programmation : le Bénin se révèle à La Rochelle à travers « Empreintes », une passionnante exposition au long cours imaginée par l’artiste-peintre et commissaire Dominique Zinkpè et Olivier Sieber de l’association Art&Co.

La Rochelle revisite son histoire à travers des artistes béninois. C’est au sein du Cloître des Dames Blanches, lieu d’exposition de la ville et ancien couvent des Récollets, ces religieux franciscains installés à La Rochelle en 1629, que sont réunis jusqu’au 11 octobre tous les artistes béninois de l’exposition au longcours « Empreintes ». Entre autres on a : Aston Richard Korblah, Prince Toffa, Gérard Quenum, Tchif, Nathanaël Vodouhé, Julien Vignikin, Didier Viodé et Dominique Zinkpè. Dans les galeries à colonne sont exposées plusieurs dizaines d’œuvres donnant à voir un aperçu de la création contemporaine de l’ancien Royaume du Dahomey.  La  liberté toute récente dudit royaume ne peut cependant pas faire oublier que durant près de trois siècles, La Rochelle, comme les ports de Nantes et Bordeaux, a allègrement prospéré sur les richesses du Royaume et de ses pays frères. Depuis 2001 et au travers de son engagement envers la scène contemporaine africaine, la cité maritime revisite cette sombre histoire et débat sur de grandes questions existentielles dont celle de la mémoire de l’esclavage et de ses empreintes. Au Cloître, les œuvres exposées questionnent subtilement les problématiques de nos sociétés : la mémoire, les rapports nord-sud, la mondialisation, le développement durable, l’impact des traditions… Une des plus saisissantes de ces œuvres : Pourquoi moi ? De Gérard Quenum, acrylique sur toile de 2015 qui par son dépouillement exprime le désarroi d’un Africain face à son destin et par extension, celui de son peuple. Son confrère Didier Viodé nous rappelle, n’en déplaise à Courbet, que L’Origine du Monde se situe sur ce continent aux plaies ouvertes. Un continent qui peine encore aujourd’hui à unir harmonieusement les couleurs blanches et noires (Séparation de Didier Viodé). Entre mondialisation, où la question du développement durable est de plus en plus Préoccupante, et tradition, Aston, Julien Vignikinet Prince Toffa imaginent des univers singuliers. On songe au personnage du dessin animé Wall-E en observant les bonshommes d’Aston faits de mille et une pièces de récupération. Des personnages auxquels l’on pourrait porter des habits de lumières de Prince Toffa, s’ils avaient taille humaine. Dans le monde des arts plastiques, notamment de la sculpture en couture, Prince Toffa s’identifie par son style original qui allie mode, arts plastiques, assainissement de l’environnement, valorisation de la culture africaine et transmission de l’histoire du Bénin. L’assemblage de canettes de boisson, sachets divers dont ceux d’eau « pure water », gobelets en plastique, papiers de journaux, sacs de provende, cuillères jetables, etc. qu’il ramasse sur les plages et ailleurs, lui sert de tissu dans lequel il coupe et coud des costumes royaux et ordinaires, et des robes. Plus sobre mais tout aussi saisissante, les sculptures de Richard Korblah, plasticien béninois plus inspiré par les réalités cultuelles et culturelles des Peulhs au Nord-Bénin et dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest. Autre regard du Bénin d’aujourd’hui, celui, photographique, de Tchif. À 45 ans, il se distingue par la force de ses toiles, des poésies en grand format qu’il expose et vend à travers le monde, tout en restant ancré à Cotonou, où il a ouvert un espace culturel qui porte son nom. Son ambition : partager son expérience avec d’autres artistes en devenir, dans un Bénin créatif mais dépourvu de toute école des Beaux-Arts. Créatif incontestablement le Bénin l’est. Empreintes, qui se déploiera à La Rochelle jusqu’au 15 décembre au cœur de cinq sites historiques et culturels de la ville en témoigne. Sous le commissariat de Dominique Zinkpé et le co-commissaire Olivier Sieber (de l’Association Art & Co qui depuis 2001 invite à La Rochelle des artistes du continent africain) et en partenariat avec le centre Arts et Cultures de Lobozounkpa de Cotonou et la Galerie Vallois (Paris). Au programme : des conférences, débats et spectacles qui contribueront à saisir dans tout son dynamisme, l’élan créatif du Bénin actuel. Cette exposition précède un Festival du Bénin à la Rochelle prévu pour la mi-novembre.

Cédric Chaory (Journaliste français Coll.)

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site utilise les cookies pour améliorer votre expérience. Êtes-vous d'accord ? Vous pourrez le désactiver à tout moment. Accepter Lire la suite