1ère édition du Saga, en février 2019 à Cotonou : Garants, banques et Pme fédèrent les énergies pour l’atteinte des objectifs

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Cotonou va abriter les 21 et 22 février 2019, le Salon africain de garantie (Saga). En prélude à cet événement qui est à sa première édition, une conférence de lancement a été organisée, vendredi 5 octobre dernier à l’hôtel Golden Tulip, sous la houlette du ministre d’Etat en charge du Développement et du plan, Abdoulaye Bio Tchané.  Il avait à ses côtés, le Ministre des petites et moyennes entreprises et de la promotion du secteur privé, Modeste Kérékou.

Autour du thème « Enjeux d’une plateforme d’échanges entre garants, Banques et Pme », la conférence de lancement a permis aux participants d’en savoir davantage sur le Saga en vue. Pour Naka Gnassingbé de Souza, présidente en exercice de l’Association professionnelle des institutions de garantie d’Afrique (Apiga), maillon essentiel dans la chaîne de financement des économies des Etats et regroupant 8 institutions de garantie du continent, le lancement de ce salon est l’aboutissement d’un travail collectif entrepris par les organisateurs en l’occurrence les institutions  membre de l’Apiga. « L’organisation du Salon africain de la garantie s’inscrit dans la droite ligne des principales missions de notre association. En effet, ce salon permettra à notre association, conformément à ses missions, de créer une tribune internationale pour mettre en œuvre un cadre de concertation et de dialogue en vue d’améliorer nos outils et mode d’intervention, de normaliser notre profession, d’harmoniser nos règles prudentielles, de promouvoir une meilleure compréhension du métier  de la garantie et d’accroître la visibilité ainsi que la notoriété de l’Apiga au plan international (…) Ainsi, au-delà de l’Apiga, le salon permettra aux banques et autres institutions de financement qui y participeront, de bénéficier des retombées positives attendues d’une tribune où se rencontreront tous les acteurs de la chaîne de financement des économies », a-t-elle expliqué. Et de rassurer ensuite que « l’Apigas’est engagée résolument et conduira, avec l’Agence de communication retenue, toutes les étapes  et travaux nécessaires à la tenue en février prochain d’un salon de haut niveau qui marquera sans nul doute un pas dans la reconnaissance du métier de garant ».Institution incontournable de la garantie (plus de 40 ans au service du développement économique et social de ses Etats membres, et du renforcement de ses interventions au profit des Petites et moyennes entreprises), leFonds africain de garantie et de coopération économique(Fagace), membre de l’Apiga, n’est pas resté en marge du lancement du salon. Il y était représenté par son Directeur général, Mme Minafou Fanta Coulibaly-Kone qui, après avoir présenté la réalité du marché financier en pleine mutation, à appeler à repenser et réorganiser le modèle de financement du développement sur le continent. « Dernièrement, pour citer le cas de  la zone Uemoa, nous avons assisté à la mise en œuvre des nouvelles mesures prudentielles BALE 2 et BALE 3 avec un impact conséquent sur nos approches.Dans la pratique, comment cela se matérialise-t-il ?En effet, la mise en œuvre des normes bâloises présente de nouvelles contraintes pour les  banques pour le financement des projets. Désormais chaque sûreté prise pour couvrir un crédit doit être pondérée. Dans ce contexte, les couvertures apportées par les Fonds de garantie multilatéraux tels que le Fagace, le Fsa sont pondérées à 0% ou au pire des cas à 20% selon certains banquiers. Cependant, les couvertures apportées par les Fonds de garantie nationaux et privés agréés sont pondérées en fonction de la pondération octroyée par la commission bancaire de la zone concernée.Désormais, les banques doivent systématiquement s’assurer de toutes les garanties nécessaires avant d’octroyer les prêts. Cette disposition a pour risque de freiner l’accès des Pme/Pmi aux financements et ralentir incidemment, la reprise de la croissance dans nos économies. En outre, ce n’est pas dévoiler un secret que de dire que nos partenaires que sont les banques rencontrent aujourd’hui des difficultés réelles et les chiffres concernant le niveau de dégradation  et le taux de provisionnement appellent des solutions urgentes. En effet, (conformément au rapport annuel de la commission bancaire,) le taux de dégradation brut des banques de l’Uemoa, au cours de ces dernières années, varie entre 15,1%, et 13,5% avec des niveaux de provisionnement de plus 60%.

S’agissant de la qualité du portefeuille, même si elle s’est légèrement améliorée en 2016, son niveau reste toujours inquiétant. L’encours des créances en souffrance brutes des établissements de crédit de l’Uemoa a augmenté de 194 milliards pour se fixer à 2 392 milliards  en 2016.Pour le cas spécifique du Bénin, le taux de dégradation s’établit à 21 % pour la même période avec des taux de provisionnement en constante progression. Tout ceci pour expliquer les raisons pour lesquelles les banques ne souhaitent s’engager que sur des projets  non risqués disposant d’une garantie conséquente,  ou à risque minimal.  Conditions difficiles à remplir pour la grande majorité  des Pme africaines.Au regard de ce qui précède, ce qui définira notre capacité à aller de l’avant, ce sera notre volonté de mutualiser nos stratégies  au service du bien commun », a laissé entendre le Dg du Fagace.  A sa suite, le ministre d’Etat, Abdoulaye Bio Tchané va crever l’abcès en montrant l’opportunité du Saga : « Comme vous le savez, 90% du secteur privé africain est composé essentiellement de Pme. Celles-ci sont souvent freinées dans leurs élans de promotion et de développement du fait d’énormes handicaps de financement. Leurs conséquences sur le tableau socio-économique du continent sont souvent sans appel : taux de chômage élevé, taux de sous-emploi important, creusement des inégalités, tassement de la croissance économique par endroit, précarité et vulnérabilité qui font parfois le nid à l’insécurité et aux conflits de toute sorte. Vous convenez avec moi, que le sous-financement, dont souffrent nos PME, constitue un sérieux frein au développement de tout le continent. Malgré cette forte contrainte qui limite leur épanouissement, les Pme font environ 20-30% du PIB africain contre environ 60 % en moyenne dans les pays développés. Ces niveaux sont relativement bas ; j’en conviens ; mais ils sont à l’origine de 20 à 40 % des emplois. Un taux qui atteint 70 % dans les zones rurales. C’est dire à quel point le potentiel des Pme pourrait être exploité dans la résolution des grandes préoccupations socio-économique de l’Afrique dont l’épineuse question du chômage des jeunes. Cette problématique a une dimension personnelle pour moi car c’est elle qui m’a amené à présider le Fonds Africain de Garantie (Agf) de 2012 à 2016.La question qui se pose à nous est comment alors transformer ce riche potentiel des Pme en opportunités pour nos pays ? C’est à cet exercice que je voudrais vous renvoyer dans le cadre de ce premier Salon africain de la garantie ». Avant d’inviter les différents acteurs au rendez-vous des 21 et 22 février 2019, le ministre d’Etat dit avoir espoir que ce salon serale catalyseur d’une prise de conscience plus importante des garants des écosystèmes financiers en Afrique. « Je souhaite qu’elle favorise les synergies d’actions nécessaires entre tous les acteurs pour impulser véritablement le financement des PME », a-t-il conclu. Après le retrait de la délégation ministérielle, une communication suivie de débats a été présentée par l’expert, Mme Géraldine Mermoux, sur la Garantie comme outil au service du développement économique. Le Directeur général du Fonds de solidarité africain (Fsa), Ahmadou Abdoulaye Diallo a aussi pris part à cette conférence de lancement, à l’instar de plusieurs chefs d’entreprise et des représentants d’institutions bancaires.

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