Marche de protestation des travailleurs à Cotonou : La Cstb et l’Unstb dénoncent la violation des libertés individuelles et collectives

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Les secrétaires généraux de la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (Cstb) et de l’Union nationale des syndicats des travailleurs du Bénin (Unstb) n’ont pas pris part aux négociations avec le gouvernement ce jeudi, 13 septembre 2018. Mais ils étaient descendus dans les rues de Cotonou avec leurs militants pour protester contre les actes de violation des libertés individuelles et collectives en négation de la Constitution, les lois et règlements du pays et des conventions internationales ratifiées par le Bénin.

 Prévue pour démarrer à 8heures, la marche de protestation a finalement démarré après 10heures. Partis de la Bourse du travail pour la place de l’Etoile rouge, en passant par le carrefour Unafrica et le commissariat central de Cotonou, les partenaires sociaux ont battu le macadam pour dénoncer les dérives du gouvernement et des actes menaçant les acquis démocratiques. Pour le secrétaire général de la Cstb, Kassa Mampo, le gouvernement a voulu empêcher ladite marche en conviant les centrales et confédérations syndicales aux travaux de la de la deuxième session ordinaire de la Commission nationale permanente de concertations et de négociations collectives le même jour. Dans une déclaration lue au terme de la marche, les responsables syndicaux de la Cstb et de l’Unstb ont exprimé leur indignation. « Depuis le 06 Avril 2016,  les travailleurs et le peuple béninois sont confrontés à la remise en cause quotidienne par le pouvoir de la rupture des acquis démocratiques conquis de ses hautes luttes par les travailleurs et le peuple qui n’ont reculé devant aucun sacrifice pour conquérir des libertés publiques et individuelles pendant les 28 ans du renouveau démocratique » a déclaré le Sg/Cstb. Ainsi, ils dénoncent la fermeture de plusieurs sociétés étatiques avec des licenciements massifs des travailleurs, des déguerpissements des pauvres commerçants sans aucune mesure d’accompagnement, la suppression des primes et autres avantages sociaux dans la fonction publique; la privatisation des hôpitaux et de plusieurs secteurs stratégiques ; le vote de lois scélérates consacrant la privatisation progressive de la fonction publique et la précarité de l’emploi (loi sur l’embauche, loi sur les collaborateurs externes, etc…); la vassalisation des institutions de contre-pouvoir et la politisation à outrance de l’administration publique; le refus du dialogue social et la répression des travailleurs grévistes et des responsables syndicaux (affectations punitives et provocatrices des enseignants de la maternelle, du primaire et du secondaire ; suspension des inspecteurs de l’enseignement secondaire ; l’inflation, la multiplication et la hausse des impôts et taxes pour éroder le pouvoir d’achat des travailleurs; la suppression des bourses et des secours universitaires des étudiants et l’augmentation discriminatoire des tarifs d’inscription dans les universités publiques; la violation constante de la constitution et notamment des textes protégeant le travail et les travailleurs ; la remise en cause des libertés fondamentales consacrées par la constitution et les conventions internationales, notamment celles de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) etc. « Avec le vote, le 04 septembre dernier de la loi modifiant la loi 2001-09 du 21 juin 2002 portant exercice du droit de grève au Bénin, notre parlement vient de remettre en cause un acquis démocratique universel des travailleurs conquis de hautes luttes et consacré par la constitution de notre pays et des conventions internationales ratifiées par le Bénin. Avec la suppression de cette arme ultime des travailleurs, la grève et la menace de prévoir dans le statut général des agents de la fonction publique, des radiations d’office sans procédures disciplinaires, que reste-t-il alors aux travailleurs béninois? Absolument rien » dénonce Kassa Mampo. Un appel a été lancé aux travailleurs en vue d’une mobilisation générale contre les actes attentatoires aux libertés publiques et individuelles.

 

Aziz BADAROU

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