Mort massive de poissons dans le lac Toho : La société civile conteste les résultats du laboratoire central

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Les résultats des prélèvements effectués par le Laboratoire central de contrôle de la sécurité sanitaire des aliments (Lccssa) dans l’optique de déterminer la nature du poison qui a décimé plusieurs tonnes de poissons du Lac Toho (commune d’Athiémé), sont désapprouvés par des scientifiques, acteurs de la société civile. Réunis au sein du Groupe d’action sur l’intoxication du lac Toho, ces derniers remettent en cause la crédibilité des résultats du Lcssa et font des recommandations au gouvernement.

Si des résultats de laboratoire central, il ressort que deux médicaments vétérinaires (Tétracyclines et sulfamides) sont à l’origine de la mort des milliers de poissons, la société civile se réfère aux faits et avis des experts en la matière pour rejeter cette conclusion sur le drame. Composé entre autres du réseau Jinukun, de l’Ong “Les jardins de l’espoir“, de l’Ong Nature tropicale, de Crédi-Ong, le Groupe d’action pour le lac Toho s’estime insatisfait quant à la procédure et la méthodologie de prélèvement des échantillons (eaux, poissons et sédiments). La nature des molécules réellement recherchées dans les prélèvements jette du discrédit sur les résultats et leurs interprétations, fait constater la société civile. « Ces résultats qui imputent l’origine du drame à des produits vétérinaires (Tétracyclines et sulfamides) semblent peu crédibles et invraisemblables » ont-ils déclaré. Pour la société civile, au regard des multiples versions contradictoires sur l’origine du drame, il importe que les autorités compétentes et parties prenantes s’emploient à poursuivre les investigations en vue de parvenir à des conclusions fiables et crédibles. A cet effet, le Groupe d’action pour le lac Toho recommande au gouvernement, d’explorer plusieurs hypothèses. Il s’agit entre autres du rôle possible des pratiques de maraîchage répandues autour du lac surtout dans le bassin versant ; l’influence des carrières de graviers en exploitation non loin du lac ; les phénomènes géologiques potentiels ; les pratiques piscicoles ; l’apparition possible d’algues unicellulaires, type cyanobactérie ou euglène. La réalisation d’une étude fine sur les techniques de production et les intrants utilisés paraît plus que nécessaire, selon la société civile. Il est, de ce fait, recommandé au gouvernement, la mise sur pied d’un comité national pluridisciplinaire tout en associant les laboratoires compétents des universités nationales en vue des analyses pertinentes et crédibles.

Quid des résultats du laboratoire central…

Le Laboratoire central de contrôle de la sécurité sanitaire des aliments (Lccssa) a procédé lundi 21 mai 2018 à différents prélèvements (eaux, poissons et sédiments). Il a été procédé ensuite à un screening (exploration) sur les grandes familles de pesticides et de médicaments vétérinaires. Il en ressort que les résultats pour détecter les pesticides tels que les Organochlorés, Organophosphorés, Carbamates et Pyréthrinoïdes se sont révélés négatifs. Mais, les résultats se sont révélés plutôt positifs au niveau de deux médicaments vétérinaires à savoir les Tétracyclines (tétracycline) et sulfamides (sulfamétazine).  « Des résultats… il convient d’observer qu’aucune des matrices (eaux, poissons, sédiments) ne contient les quatre grandes familles des pesticides ; deux familles importantes de médicaments vétérinaires (Tétracyclines et sulfamides) ont été décelés dans la chair des poissons, mais non dans l’eau et dans les sédiments, présence probablement due à leur usage dans le bassin des alevins ; que le PH et l’alcalinité de l’eau sont neutres » commente le Directeur du Laboratoire, Kinnou Kisito Chabi Sika, dans sa correspondance adressée au ministre de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche. A l’en croire, l’hypothèse d’une contamination des eaux du lac par une quelconque famille de pesticide ou de médicaments vétérinaires est à exclure. Face à la contestation desdits résultats de part et d’autres, il convient de s’interroger sur les mobiles pouvant justifier un “éventuel trucage“ des résultats.

Aziz BADAROU

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