Habib Oroukoubou, militant FCBE au sujet du nouveau code électoral : « La Constitution est vidée de toute sa substance »

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Le nouveau code électoral voté par les députés, ne manque pas de susciter des commentaires et analyses tant de citoyens ordinaires que des acteurs de la vie politique. Habib Oroukoubou, militant du parti des forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) et enseignant chercheur à l’Université de Parakou, donne sa lecture des grands aspects de ce nouveau code électoral. 

« Les auteurs de ce code électoral, lui ont trouvé des innovations. Il s’agit de la caution pour l’élection présidentielle qui passe de 15 millions à 250 millions et pour les législatives qui est fixé à 249 millions avec 10% des suffrages à obtenir avant de se voir attribuer un siège. A cela, il faut ajouter le quitus fiscal délivré par le directeur général des impôts et plus d’alliances de partis politiques pour les deux types d’élections. Pour moi et pour mon parti, ces éléments évoqués ne peuvent pas être considérés comme des innovations. C’est bien au contraire, un véritable recul démocratique pour notre pays. L’objectif évoqué qui a motivé les cautions est la réduction des partis politiques et la flopée de candidatures. Mais, je reste convaincu, que l’argent ne saurait être la seule solution. Avec ce code, l’argent a été érigé comme élément de sélection des futurs gouvernants. Ce n’est pas pertinent, c’est même décevant. Les riches ne sont pas les plus intelligents de la République pour diriger ce pays. C’est une aberration. Je pense pour ma part, qu’on aurait pu réfléchir et proposer autre chose. Ce qui a été fait est totalement contraire à l’engagement pris par le Chef de l’Etat à lutter contre le rôle de l’argent en politique dans son discours d’investiture en avril 2016. On serait tenté de croire que le BMP n’est pas en phase avec le Chef de l’Etat.

Le drame est que cela installe le règne de l’argent en politique et l’exclusion de fait d’une certaine catégorie de citoyens, qui malgré leurs idées, leurs bonnes propositions pour le développement ne pourront pas être candidats. Plus grave, c’est la jeunesse qui va payer le plus lourd tribut de cette loi qui vient d’être votée. C’est une loi qui réduit les pauvres et démunis à l’esclavage politique qui vont travailler pour des commerçants politiques et seuls les riches vont gouverner, avec le risque que ces derniers, une fois élus vont s’investir dans une démarche de rentabilisation de leurs investissements de la période de conquête du pouvoir. Ce qui est préjudiciable au développement du pays. Or ce n’est pas cela, la fonction première d’un élu, il doit être au service du peuple et de l’intérêt général.

Le quitus fiscal, voilà une autre incongruité de cette loi. Il est dit que c’est le directeur général des impôts ou son adjoint qui sont les seuls habilités à le délivrer. Or, il se fait que ces deux-là sont des fonctionnaires de l’administration publique, nommés par le Chef de l’Etat. Le problème est comment garantit-on leur impartialité qui doit assurer la transparence de la compétition électorale. Je pense que c’est de la poudre aux yeux et un autre élément de blocage de certains citoyens. Ce qui est contraire aux fondamentaux de la conférence nationale des forces vives de Février 1990. Et c’est dommage ».

Propos recueillis par Albérique H.

(Br Borgou-Alibori)

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