Après l’adoption des textes électoraux au Bénin : Place désormais à la conquête de la Cena

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(Tiando et Cie vraiment en difficulté)

Les  membres de la Commission électorale nationale autonome ( Cena) sont sans doute  dans l’œil du cyclone. Ils auraient mal géré plusieurs millions de franc Cfa. L’équipe conduite par le Professeur Emmanuel Tiando pourrait avoir dans les prochains jours maille à partir avec la justice. Ils pourraient perdre leurs postes à six (06) mois des prochaines législatives.

Alors qu’elle finit son mandat en 2021, l’actuelle mandature de la Cena pourrait être remplacée d’ici là. La Commission est, à tout le moins, actuellement, secouée par certains dossiers pouvant emporter toute l’équipe dirigée par Emmanuel Tiando. Il faut, en effet, souligner que l’Inspection générale des finances (Igf) a mis en place, il y a peu, une commission chargée de vérifier certains faits dénoncés à la Cena. Ladite commission a découvert des opérations qui violent l’orthodoxie financière. Dans un rapport de 19 pages qui donne des détails sur la gestion des finances de l’institution chargée d’organiser les élections au Bénin, la commission de vérification a pu montrer que plusieurs millions de franc Cfa n’ont pu être justifiés. On reproche même aux membres de la Cena de s’être partagé des sommes importantes. Par ailleurs, le même document apprend que la procédure de passation des commandes a laissé aussi apparaître des irrégularités. Des faits assez graves pouvant justifier l’ouverture de procédures judiciaires contre certains membres de la Cena. Et si la justice réussit à établir la responsabilité d’un membre de la commission électorale dans ce supposé sandale dénoncé, il y a de fortes chances qu’il perde son poste. En effet, l’article 22 du nouveau Code électoral prévoit qu’ : « En cas de faute grave commise constatée par une décision de justice, les membres de la Commission électorale nationale autonome (Cena) sont relevés de leur fonction par décret pris en conseil des ministres. Il est aussitôt pourvu à leur remplacement selon la procédure prévue à l’article 20 ci-dessus». Il est donc clair que le mandat de certains membres de l’équipe dirigeant actuellement la Cena pourrait être écourté si les faits dénoncés les accablent. Une éventualité qui devrait permettre au gouvernement de positionner d’office, en tout cas majoritairement, ses partisans au sein de la nouvelle Cena. Il ne faut donc pas se leurrer. Au-delà de l’obligation de lutter contre la mauvaise gestion, il y a une coïncidence qui devrait surprendre plus d’un. Ce n’est que pendant que le Bénin s’est doté de lois électorales très décriées, taillées sur mesure, selon certains observateurs et analystes, qu’une telle actualité prend corps sur les réseaux sociaux. Les commentaires y vont bon train d’ailleurs. Beaucoup y voient dans ce dossier supposées malversations, une volonté  manifeste de contrôler la Commission électorale, une structure très importante dans le processus électoral au Bénin, et ce après le contrôle de la Cour constitutionnelle où le pouvoir en place est représenté à presque 100%. Si non qu’est ce qui justifierait une telle célérité de la part de la commission qui a travaillé sur le cas Cena alors même que depuis plusieurs semaines la presse et les populations de Lokossa appelent  sans suite à élucider  des malversations à la mairie de Lokossa sous l’ancien maire Dakpè Sossou aujourd’hui député et grand soutien du Président Patrice Talon? Les législatives prochaines étant un réel défi pour le gouvernement Talon et ses alliés, la réorganisation de la Cena est peut-être devenue un objectif à réaliser à tout prix. Pour beaucoup, l’adoption de la nouvelle charte des partis politiques et du nouveau Code électoral taillés sur mesure représente déjà une petite victoire pour la mouvance présidentielle. La Cour constitutionnelle qui joue aussi un rôle non moins déterminant dans les élections au Bénin étant présentée donc comme proche du gouvernement, la Cena reste le dernier plus grand instrument qu’il faut dompter pour être plus rassuré que l’on a effectivement la clé des prochaines élections en main. Des analyses objectives ou de simples allégations ? Ce qui est sûr, à l’ère de la Rupture, les rumeurs finissent toujours par être du concret.  Les prochains jours nous édifieront.

 Mike MAHOUNA      

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