Tricherie et exclusion du Bénin à la Can U-17 : Des démissions attendues du ministère jusqu’à la Fbf

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(Talon doit sévir sans état d’âme)

Le Bénin ne prendra pas part au tournoi préliminaire  U17 Ufoa-B 2018. La Confédération africaine de football (Caf) a jugé non éligibles la majorité des joueurs présentés par les autorités béninoises. C’est une nouvelle humiliation qui doit être sanctionnée.

L’image du Bénin est écornée. Et pour cause, le pays a été épinglé pour tricherie. La commission médicale  de la Caf a en effet  constaté que le Bénin a fraudé en intégrant dans l’équipe présente au Niger pour le compte du tournoi préliminaire  U17 Ufoa-B 2018 des joueurs non éligibles. Sur 18 joueurs, 10 ont été disqualifiés suite au test d’Imagerie à résonnance magnétique (IRM) organisé par la Caf. Autrement dit, le Bénin a envoyé en lieu et place des jeunes de moins de 17 ans, des vétérans.  A en croire le rapport de la confédération africaine publié le 1er septembre 2018, le Bénin est le pays ayant aligné  plus de joueurs matures en violation des règles organisant le tournoi. La Caf ne s’est pas montrée complaisante : toute l’équipe béninoise a été sommée de quitter Niamey. Dans la foulée, le comité exécutif de la Fédération béninoise de football (Fbf)  «s’est réuni en urgence » hier dimanche 02 septembre à Cotonou.  Dans un communiqué signé de son tout nouveau président, Mathurin de Chacus, il a déploré « la situation qui met à mal la réputation du Bénin et son football ». Il a aussi rappelé que « le ministère du Tourisme, de la culture et des sports a joué un rôle important dans le but d’éviter qu’une telle dérive ait lieu, en apportant un soutien substantiel pour la réalisation des tests supplémentaires d’IRM à Cotonou».Pour montrer que des contrôles ont été effectués à Cotonou, le Rapport IRM effectué sur l’équipe béninoise ainsi que plusieurs factures constatant les sommes dépensées par l’Etat dans ce cadre ont été publiés sur les réseaux sociaux. Le ministre des Sports, Oswald Homeky en visite actuellement en Chine,a, lui aussi, réagi.  Il a trouvé inadmissible ce qui s’est passé à Niamey. « (…) Je voudrais porter à la connaissance de tous qu’en dépit des IRM qui avaient été effectués par la Fédération depuis deux  mois, j’ai demandé qu’une contre-expertise soit faite pour l’ensemble des joueurs avant le départ de la délégation pour Niamey. Nous avons mis les ressources à disposition et les examens ont été faits sous la direction du staff médical de l’équipe», a écrit le ministre Homéky pour souligner son indignation. Mais le mal est fait. Si le Bénin avait pu réellement prendre ces précautions soulignées avant l’incident de Niamey, c’est qu’il y a véritablement de sérieux problèmes. Et des têtes devraient commencer à tomber depuis le 1er septembre 2018. Dans un Etat responsable, une telle situation devrait déjà avoir provoqué de nombreuses démissions aussi bien au ministère des Sports  qu’à la Fbf. Car, s’il n’existait pas un réseau de fraudes bien organisé, il y a eu tout de même négligence. Les hauts responsables du ministère et de la Fbf ont une lourde responsabilité dans  l’humiliation infligée au Bénin. En effet, une réelle et rigoureuse implication desdits responsables aurait pu permettre de déceler les anomalies constatées à Niamey. Puisqu’il s’agissait des jeunes de moins de 17 ans, on pouvait même à l’œil nu soupçonner déjà au Bénin les cas débusqués par la Caf. Il y a manifestement négligence, légèreté ou encore complicité au ministère des Sports et à la Fbf. Et avant l’intervention du Chef de l’Etat, qui doit rapidement mettre en place une commission indépendante pour faire la lumière sur cette nébuleuse, la honte étant nationale, plusieurs responsables devraient déposer le tablier quitte à être reconduits par une nouvelle décision. Il faut que la culture de la démission soit enfin instituée au Bénin. Des démissions sont donc attendues sur toute la chaîne, du ministère des sports jusqu’à la Fédération. Parallèlement, le président Patrice Talon doit sévir, sans complaisance, sans état d’âme, toutes les personnes dont les responsabilités seraient engagés d’une manière ou d’une autre.

Assainir le football national…

En réalité, ce n’est pas la première fois que le Bénin est épinglé dans une telle affaire. En septembre 2014, quatre joueurs qui ne remplissaient pas les critères d’âge, avaient été sélectionnés par le Bénin lors d’un match contre le Mali comptant pour les éliminatoires du championnat d’Afrique U17, Niger 2015. Le Bénin avait été lourdement sanctionné à l’époque. Il est donc temps que le football béninois soit assaini. Et pour y arriver, il faut commencer déjà à détruire ou neutraliser cette mafia des âges falsifiés.

 

Mike  MAHOUNA        

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