Session extraordinaire au Parlement : Vers la réduction au strict minimum des jours de grève au Bénin

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(Les récents statuts des Magistrats bientôt abrogés)

La session extraordinaire en cours au Parlement pourrait révolutionner le syndicalisme au Bénin. A en croire les nouvelles propositions en étude, les travailleurs devraient disposer désormais au plus de 10 jours dans l’année pour exercer le droit de grève.

La loi sur le droit de grève devrait connaître de profondes modifications dans les prochaines heures. Selon les informations qui parviennent du Parlement, les magistrats et les acteurs de la santé devront pouvoir exercer leur droit de grève.

 Les enseignants qui étaient dans le viseur du gouvernement ne perdront pas ce droit fondamental. Seulement, plus rien ne sera plus comme avant. De sources proches du Parlement, la Commission des lois a en effet examiné et adopté hier mercredi 29 août 2018 dans ce cadre deux rapports. Le premier est relatif à la proposition de loi portant abrogation de la n°2018-01 du 04 janvier 2018 portant statut des magistrats en République du Bénin. Ce texte devrait retirer à en croire nos sources les faramineux avantages accordés il y a peu aux magistrats. Le deuxième rapport porte sur la proposition de loi modifiant et complétant la loi N°2001-09 du 21 juin 2002 portant exercice du droit de grève en République du Bénin. Ce texte apporte quelques changements dans l’exercice du droit de grève. Selon les mêmes sources, la durée totale de la grève ne peut plus désormais excéder dix (10) jours au cours d’une année, sept (07) jours au cours d’un semestre et deux jours dans un même mois. C’est dire que les magistrats, les acteurs de la santé et tous les travailleurs bénéficiant déjà de ce droit, pourront continuer à l’exercer mais il s’agira désormais d’un droit encadré. Si ces modifications sont adoptées en plénière au cours de la session extraordinaire ouverte depuis le lundi dernier, ce seront de véritables changements que les députés du Bloc de la majorité parlementaire (Bmp) auront introduits au sein du mouvement syndical béninois. Plus qu’un simple encadrement, c’est une vraie restriction que le Parlement imposera aux organisations syndicales. En effet, le droit de grève  n’existera désormais que de nom au Bénin. Il n’y aura plus de cessation concertée de travail prolongée. Et si c’est le cas, aucun mouvement de grève ne pourra plus réussir à faire infléchir le gouvernement sur une question donnée. Par conséquent, le droit de grève, droit pour une personne employée de cesser le travail afin de défendre ses intérêts ou manifester un désaccord, sera vidé de son sens sous la Rupture. Le gouvernement aura ainsi atteint son objectif : réduire au silence le monde syndical.

Mike MAHOUNA      

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