Règlementation de l’exercice en clientèle privée : Ça grogne déjà dans le secteur de la santé

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(Médecins et Praticiens hospitalo-universitaires très menaçants)

Ça grogne à nouveau dans le secteur de la santé. Les praticiens hospitalo-universitaires sont mécontents. Ces derniers exigent l’élaboration et l’adoption de leur statut particulier. Réunis au sein du Syndicat national des Hospitalo-universitaires du Bénin (Synhub), ils s’indignent notamment contre le fait qu’ils ne soient toujours pas reconnus comme des professionnels de la santé. « Ce corps jouit à ce jour uniquement du statut du corps des personnels enseignants des Universités Nationales du Bénin alors qu’il consacre la plupart de son temps de travail pour le service hospitalier. Cette absence de reconnaissance a fait l’objet de plusieurs démarches à l’endroit des gouvernements successifs de notre pays pour la prise du décret consacrant leur bi-appartenance. Toutes ses démarches sont restées sans suite depuis plus d’une décennie… Les conséquences liées à l’absence du statut particulier de ce corps sont entre autres, la non reconnaissance de ces enseignants par les différentes administrations hospitalières qui les tolèrent et abusent de façon éhontée de leur générosité et de leur humanisme » déplorent ces praticiens hospitaliers qui ne sont toujours pas rémunérés pour leur fonction hospitalière. « La base indiciaire du traitement de l’Hospitalo-Universitaire demeure jusque-là celui du médecin généraliste et de la fonction enseignante à la retraite. Ce qui a pour corolaire une escroquerie administrative et la non jouissance de la spécialité à la retraite » peut-on lire dans la déclaration du Synhub. Tout en exigeant la reconnaissance de la bi-appartenance des médecins enseignants par la prise du décret portant statut particulier des Praticiens Hospitalo-Universitaires, ils menacent de s’abstenir des activités de soins pour s’occuper uniquement de l’encadrement hospitalier et des activités d’enseignements et de recherche dans la limite des 40 heures de travail prescrit par le code du travail.

Les médecins réunis au sein duSyameb, fâchés aussi…

 Par décret présidentiel portant exercice en clientèle privée dans le secteur de la santé, le gouvernement a donné un ultimatum aux médecins pour choisir soit de servir dans le public soit de poursuivre au niveau du privé. Si les médecins n’ont levé jusque-là le ton pour s’opposer à cette mesure radicale, ils fustigent tout de même, l’image servie des médecins à l’opinion publique. Ainsi, réunis au sein du Syndicat autonome des médecins du Bénin (Syameb), ces derniers n’approuvent pas le traitementà eux fait dans les mass média. «…force est de constater que depuis quelques semaines, les médecins sont livrés à la pâture, à la limite aux vindictes. L’image de la corporation des médecins béninois est écorchée, vilipendée, peinte en noire par diverses propagandes. De médecin escroc à l’assassin en passant par le voleur, le détournement de patients et de matériels, l’inconscience professionnelle…telles sont les descriptions faites de l’image du médecin béninois dans la presse par certains journalistes en perte de repaire, dépourvus de déontologie et de professionnalisme, sur les réseaux sociaux, sur les chaines de télévision et dans l’opinion publique » dénonce le bureau exécutif du Syameb dans une déclaration rendue publique à l’issue de leur assemblée générale extraordinaire du vendredi 24 août 2018. Les médecins s’insurgent contre “cette attitude et fustigent ce comportement qui tente de faire croire à l’opinion public que les médecins sont à la base du déclin actuel du système de Santé déjà en agonie depuis des décennies“. « Le Syameb ne saurait tolérer de tel mépris et insultes à une corporation si noble, élite de toutes nations, patriotes à nul autre égal car aucune corporation ne saurait consentir autant de sacrifices pour le développement de la nation. Pour preuve, les médecins sont les seules au monde à consentir des études longues, à sacrifier leur temps et conditions de vie pour sauver les malades, à être payé au Bénin moins qu’un titulaire de licence au nom du serment d’Hippocrate et du patriotisme… » lit-on dans la déclaration. L’organisation syndicale des médecins insiste, par contre, sur le caractère libéral de la profession et invite le gouvernement à prendre les mesures idoines pour que cesse cette propagande nuisible à la corporation. Tout en appelant à un dialogue franc et sincère avec les médecins toutes catégories sans discrimination, le Syameb plaide pour le vote de la loi portant statut particulier des médecins au Bénin. Les médias sont également invités à ne plus jeter du discrédit sur la corporation des médecins.

Aziz BADAROU

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