Rentrée scolaire 2018-2019 : Déjà des indices d’une nouvelle année scolaire perturbée

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Les enseignants ayant boycotté les dernières évaluations intellectuelles et pédagogiques sont sous la menace de sanctions administratives, voire de radiation. C’est ce qu’il convient de retenir, du moins des propos tenus par le Ministre des enseignements maternel et primaires, Salimane Karimou sur la télévision nationale vendredi dernier. Des propos abondamment relayés par plusieurs médias, sur les réseaux sociaux et qui, visiblement, risquent de sortir à nouveau les organisations syndicales des enseignants de leurs gongs. Et pourtant, au cours du même entretien télévisé, l’autorité a rassuré que l’année scolaire 2018-2019 qui démarrera le 17 septembre, ne connaîtra aucune perturbation.

« Après avoir pris acte du boycott organisé en bande par les enseignants du sous-secteur, le Ministère a décidé de les faire rentrer dans le plan de formation s’ils tiennent à rester dans le système… Tous les enseignants qui ne tireront pas leur épingle du jeu au cours des formations seront expulsés du système éducatif », menace l’autorité ministérielle. Et d’être plus ou moins précis : « c’est une sanction administrative que moi, je ne saurais dévoiler ici ». C’est donc clair, les enseignants de la maternelle et du primaire qui ont boycotté la reprise de l’évaluation intellectuelle et pédagogique ne seront pas impunis. Mais la riposte risque également de ne pas se faire attendre dans le camp des enseignants et organisations syndicales. Surtout qu’ils n’avaient obtenu aucune satisfaction de leurs revendications après près de cinq mois de grèves, ces derniers pourraient bien profiter de cette nouvelle menace pour recourir encore à cette arme fatale pour paralyser les activités académiques qui démarrent sous peu. A en croire le ministre, la loi sur la fonction publique prévoit des sanctions à l’endroit de tout agent qui se met dans une position de manquement à l’autorité, dans une situation d’insubordination. S’il a, par ailleurs, écarté de probables mutations punitives, cette réaction du ministre Salimane Karimou fait déjà entendre certains syndicalistes. « Ne nous laissons pas intimider chers camarades. Ce sont des menaces stériles… Le Memp parle d’insubordination et de sanctions administratives prévues par le statut général de la fonction publique à infliger aux enseignants qui ont boycotté la réévaluation du 28 juillet 2018. Il méconnait le texte qu’il évoque lui-même, texte sur la base duquel il décide de punir. La loi portant statut général de la fonction publique intègre-t-elle désormais le samedi comme jour ouvrable, jour de travail ? L’administration béninoise est-elle ouverte désormais les samedis sous la Rupture pour que l’appel manque d’un enseignant un samedi jour de repos de tout fonctionnaire béninois fasse objet de sanction administrative ? Les fonctionnaires béninois sous Talon ne disposent-ils plus librement de leur week-end, des samedi et dimanche pour leur famille, leur religion et leurs occupations personnelles ? En lequel de ses articles la loi portant statut général de la fonction publique prévoit-elle cette forme d’évaluation des capacités intellectuelles et pédagogiques des fonctionnaires en cours d’emploi ?…Evidemment, le poids de l’âge et la retraite pourraient avoir raison de l’homme pour qu’il oublie tant de réalités et les limites des textes en vigueur…

Ne nous laissons pas intimider chers camarades. Ce sont des menaces stériles » a confié le syndicaliste Lokonon dans les colonnes du journal Fraternité. Il n’y a donc plus de doute, ceux d’en face n’entendent également pas se laisser faire. Ils disposent toujours du droit de grève. « Si l’arbre ne se repose pas, qui le dandine ne se repose pas non plus ! Retenez une fois pour de bon que tout le temps que durera ce régime de retraités et de privés, nous serons en perpétuel combat contre toutes les formes de provocation et d’abus… », menace et prévient déjà le même syndicaliste. A cette allure, et si les deux parties restaient campées sur leurs positions respectives, on peut sans risque de se tromper, prédire une nouvelle année scolaire perturbée même si la rentrée a lieu. Et pourtant, il y a quelques jours seulement, le ministre Salimane Karimou, dans un entretien sur la télévision nationale, rassurait l’opinion que l’année scolaire 2018-2019 ne connaîtra pas du tout de perturbation. Ça craint en tout cas, alors même qu’on n’a pas fini d’avoir des regards critiques sur les derniers résultats catastrophiques de cette année qui s’en va s’achever. Les mêmes causes risquent de produire les mêmes effets si on n’y prend garde! Et au finish, ce sont les apprenants et candidats aux examens scolaires qui sont sacrifiés. Faut-il le rappeler, les enseignants avaient opté pour un boycott collectif de la reprise de l’évaluation intellectuelle et pédagogique pour diverses raisons. Pour ces derniers, il n’est point question qu’ils fassent objet de torture morale après une première évaluation, annulée en Conseil des ministres pour des cas d’irrégularités, selon le gouvernement. Les syndicalistes exigent alors des sanctions à l’encontre des organisateurs de l’évaluation.

Aziz BADAROU

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