Acharnement décrié contre l’opposition : Et la saga se poursuit

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(La Rupture dans sa logique, même Yayi avait tenté quelque chose contre son camp)
Depuis 2016, l’opposition est dans le viseur du gouvernement. Plusieurs personnalités politiques ont été fragilisées. D’autres sont toujours pourchassées. La Rupture donne ainsi l’impression de terroriser ses adversaires pour s’offrir un vrai boulevard dans l’arène politique nationale.

Plusieurs personnalités ont depuis peu maille à partir avec la justice. Dans leur rang, il n’y a presque que des opposants. En effet, au nom de la lutte contre la corruption et les crimes économiques, des procédures judiciaires ont été engagées contre plusieurs personnes. Le syndicaliste Laurent Mètongnon affronte la justice depuis plusieurs mois. L’immunité parlementaire des députés Idrissou Bako, Mohamed AtaoHinnouho et Valentin Djènontin a été levée. Les anciens ministres Komi Koutché, Fatima Amadou Djibril, Aboubakar Yaya, et SimpliceCodjo pourraient subir le même sort au cours de la 3ème session extraordinaire du Parlement qui s’ouvre le 27 août 2018. Le gouvernement de la Rupture a également essayé de décharger tous les Maires qui se sont opposés au candidat Patrice Talon ou qui n’ont pas voulu faire allégeance au successeur de Yyai Boni. Entre autres, Sévérin Adjovi a été destitué de son poste de Maire de Ouidah, LéhadySoglo a été révoqué de la Mairie de Cotonou et une poursuite judiciaire est engagée contre lui. Dans le même temps, la justice n’a pu épingler que deux personnes proches du gouvernement. Il s’agit d’Antoine Dayori, l’ancien Directeur général du Conseil national des chargeurs du Bénin (Cncb) et de l’ancien candidat à la présidentielle YoussaoAboudou, tous deux de vrais soutiens de Patrice Talon. Or, au sein de la majorité présidentielle, il y a de nombreux députés qui trainent des casseroles. Plusieurs membres du Bloc de la majorité parlementaire (Bmp) sont en effet cités dans le scabreux dossier « Siège de l’Assemblée nationale». Jusque-là, aucun d’eux n’est encore inquiété. Depuis 2016, le régime de la Rupture continue de confirmer les critiques formulées contre lui : la chasse aux sorcières. Les opposants sont devenus des cibles à abattre. Toutes les voix discordantes sont à détruire pour faire triompher la seule logique de la Rupture. Et ce qui est davantage inquiétant, c’est que les critiques semblent ne pas du tout ébranler le Chef de l’Etat. En effet, lors de l’entretien accordé aux médias la vieille du 1er août 2018, Patrice Talon a semblé même couvrir ses proches sur qui pèsent des soupçons. « Les crimes économiques sont désormais imprescriptibles, notamment en ce qui concerne le bien public. Alors ceux qui, aujourd’hui vont échapper à cette dynamique vont répondre un jour», avait il déclaré pour justifier l’impunité dont bénéficient aujourd’hui certains membres du Bmp. Parce que ces députés peuvent être rattrapés par leurs actes sous un autre régime, ils peuvent se la couler douce aujourd’hui, a semblé expliquer le Chef de l’Etat. Il y a manifestement une politique « de deux, deux mesures» qui va noyer tous les efforts faits par la Rupture pour renforcer la bonne gouvernance au Bénin. Les corrompus et les corrupteurs ne sont pas que dans le rang de l’opposition. La Rupture doit pouvoir copier les anciens régimes.

Yayi avait exposé son propre camp…

Sous Yayi Boni, les opposants étaient visés par la justice. Mais ses proches ont également été inquiétés. Dans le dossier de « Siège de l’Assemblée nationale », deux ministres à savoir Blaise Ahanhanzo et François Noudégbessi ont été écoutés par la justice. Dans le même dossier, une demande d’autorisation de poursuite avait été envoyée au Parlement contre les ministres François Noudegbessi et Soulé Mana Lawani. Le scandale Programme pluriannuel d’appui au secteur de l’eau et de l’assainissement (Ppea II) avait fait trembler un autre ministre en fonction. Une demande d’autorisation de poursuite a aussi été déposée au Parlement contre Barthélémy Kassa pour répondre de ses actes. Seulement, lesdites demandes de poursuite n’avaient pas prospéré à cause du blocage du Parlement. Néanmoins, le président Yayi avait osé taper dans la fourmilière. La Rupture pourrait au moins faire de même afin de montrer sa bonne foi.

Mike MAHOUNA

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