Ouattara- Gbagbo : L’oiseau qui rêve de se marier au poisson dans l’eau

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Si en politique deux droites parallèles peuvent se rencontrer en un point, il n’en demeure pas moins que pour l’entendement la mission est impossible comme cet oiseau qui rêve courtiser un poisson  dans son milieu aquatique. L’ordonnance d’amnistie de Simone Gbagbo, l’épouse de Laurent Gbagbo accusée d’atteinte à la sûreté de l’Etat dans la crise postélectorale n’est pas moins un investissement politique (1) qu’un imbroglio judiciaire (2)

1. Un investissement politique

Le Président de la République de Côte d’Ivoire a décidé  d’amnistier plusieurs personnalités de la galaxie Laurent Gbagbo dont la plus médiatique, Simone Gbagbo, ex Première Dame de Côte d’Ivoire. La formule protocolaire est bien trouvée. Il s’agit de l’attachement à la paix et à la réconciliation. Qu’on ne s’y trompe guère, un banquier en politique est un calculateur. Il n’investit pas pour ne rien espérer en retour comme gain personnel. Le geste intervient dans un contexte marqué par la création au forceps du RHDP, un parti unifié boycotté par le PDCI-RDA et l’exclusion pédagogique de ceux qui contestent l’autorité établie du Président Bédié au sein du parti de Boigny. Au sein du RDR, le parti de M. Ouattara, le dauphin semble ne pas avoir tous les leviers de l’appareil politique et est en concurrence ouverte avec le Président de l’Assemblée Nationale qui a trouvé tôt la réconciliation comme dernier élément de langage pour une campagne anticipée. A l’extérieur du pays, plus précisément à la Haye où est détenu le leader charismatique du Front Populaire Ivoirien, Laurent Gbagbo, les choses semblent tourner à la lucidité et à la raison, suite à l’acquittement de Jean Pierre Bemba à l’issue d’un procès à la procédure douteuse. En France aussi, la cellule africaine de l’Elysée affine ses notes de clairvoyance quant à la problématique de la paix en Côte d’Ivoire.

Lâché par ses partenaires traditionnels du fait de sa parole qui fluctue comme le cours du dollar, le Président Ouattara tente de chasser sur les terres « frontistes » populaires. En attendant, l’imminent retour de Laurent Gbagbo, le Président Ouattara , tente de préparer une alliance  virtuelle pour contrer le PDCI-RDA. Cet investissement aura-t-il de retour quand on connaît le courant majoritaire Pro Laurent Gbagbo qui a toujours rejeté jusqu’ici, toute compromission ? Au plan judicaire, l’ordonnance  d’amnistie soulève quelques questionnements.

2. Un imbroglio judiciaire

Qui mieux que Pierre Veron peut donner une explication de l’amnistie : « L’amnistie est un acte par lequel les gouvernements pardonnent les injustices qu’ils ont commises ». Le procès de Simone Gbagbo a été entaché d’importantes irrégularités tant pour les moyens de la défense que pour l’administration des preuves.  Toutes les audiences ressemblaient à une parade des vainqueurs. La Cour Suprême avait cassé le jugement d’acquittement  des assises sur le cas Simone Gbagbo. C’est pendant ce temps que l’amnistie est intervenue après un réquisitoire sévère de l’Union européenne sur la gouvernance judiciaire dans ce pays.

Ce qui en cause c’est l’indépendance de la justice dans ce dossier. Comme on le constate l’ennui du pouvoir judiciaire c’est l’exécutif ivoirien. Car on pourrait bel et bien passer à la réconciliation par le droit. C’est –à-dire une justice équitable et juste aurait déjà pansé les plaies. Quand les vrais criminels sont en balade dans les villes et ne sont pas inquiets, il y a lieu de s’interroger. C’est un imbroglio judiciaire. L’essentiel est de faire en sorte que « prendre les armes » en Côte d’Ivoire ne soit plus jamais une vertu.  A-t-on atteint l’objectif par cette réconciliation dictée ? Telle est la difficulté principale.

Herbert de Saint Tauyé HOUNGNIBO

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