Abondance des cafétérias à Cotonou … Et pourtant ça ne génère pas grand-chose !

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Les cafétérias sont de plus en plus abondantes dans la ville de Cotonou et environs. Aujourd’hui, impossible de parcourir un kilomètre sans en avoir vu une cachée dans une ruelle ou exposée au bord de la circulation. Bon nombre de gérants de ces « petits restaurants » sont des étrangers venus d’autres pays d’Afrique : le Niger, la Guinée, le Sénégal, et le Mali dans l’espoir de se faire de l’argent. Et pourtant, la rentabilité est souvent d’une grande précarité.

Ils sont nombreux à quitter leurs pays, à cause du manque d’emploi qui est de plus en plus récurrent, presque partout en Afrique, pour venir s’installer au Bénin. Le job de cafétéria qui était avant une porte ouverte pour se faire de l’argent, est devenu de nos jours, pour la plupart une sorte d’anicroche. Ces difficultés sont toutes dues au manque de clientèle et souvent, les relations que ces gérants entretiennent avec les clients. « Il y a d’énormes difficultés dans la gestion d’une cafétéria. Non seulement, la cuisine est un casse-tête, mais aussi, les clients vous crient dessus à longueur de journée », s’indigne Halim, jeune guinéen et gérant d’une cafétéria à Akpakpa-Cotonou. Marié et père de deux enfants, Halim pense qu’il est, de nos jours, quasi impossible de vivre de ce job, de surcroit quelqu’un qui doit s’occuper d’une famille. « S’occuper d’une famille n’est pas une chose facile, vous avez des factures à payer, il y a le problème de la location…bref, tout cela est difficile si vous vous contentez uniquement de ce travail », souligne-t-il. Pis encore, certains sont pour la plupart employés. Les propriétaires les engagent à raison de quinze mille francs Cfa (15 000 f Cfa) comme salaire mensuel. Beaucoup d’entre-eux nourrissent l’espoir d’abandonner ce travail, au cas où ils arriveraient à trouver mieux. C’est le cas de Mouctar, jeune guinéen de 24 ans. « Quitter son pays pour venir travailler à cause d’une somme de quinze mille francs par mois (…) avec cette somme, est ce qu’on peut réaliser quelque chose et aider nos parents qui comptent sur nous ? » s’interroge-t-il, désespéré.

Malgré tout, le besoin oblige…

La plupart des gérants se sentent obligés de faire ce métier, parce qu’il apparaît comme la seule issue pour se tirer d’affaire, pour survivre. Ce métier devient donc une assurance pour eux, malgré le gain peu considérable qui en ressort. « Souvent, ce travail porte atteinte à votre honneur. Des clients mal intentionnés vous lancent des insultes, et pourtant, dans le souci de maintenir la clientèle, vous êtes obligés d’accepter », souligne Ayouba Nantoumé, gérant de cafétéria à Cotonou. Aujourd’hui, la quasi-totalité des gérants de cafétéria sont des étrangers venant du Niger, de la Guinée, du Mali et du Sénégal. Certains prétendent que leur chance est qu’ils ne comprennent pas les langues nationales du Bénin. Ceci leur permet de ne pas renchérir souvent à certains clients qui ronchonnent à la moindre erreur dans la cuisson de leur commande. Beaucoup de gérants préfèrent ne pas s’occuper de ces ‘’bêtises’’ qui peuvent déclencher des problèmes auxquels ils ne s’attendent pas.

Cependant, d’autres s’en sortent…

« Grâce à Dieu, je m’en sors très bien. Je suis avec ma femme et mes enfants, je paie le loyer, je paie des factures et j’arrive à subvenir aux besoins primordiaux de ma famille », précise Ayouba Nantoumé. Pour lui, c’est une affaire de respect envers les clients ainsi que l’assainissement du lieu. Ne dit-on pas qu’il y a exception dans toute règle ? On peut dire que ce métier n’échappe pas à cette assertion. En effet, il y a très généralement de gens de bonne volonté qui fréquentent sans cesse ces lieux, et avec lesquels, les relations deviennent fructueuses. « Tout dépend de la propreté de votre endroit et de ce que vous vendez. Tant que vous restez sain, les gens seront toujours au rendez-vous », souligne-t-il. Il en ressort quand même que beaucoup sont animés d’une grande passion pour ce travail. Quels que soient les coups qu’ils reçoivent dans ce commerce, leur modus faciendi exige d’eux une certaine retenue dans le souci de sauvegarder leur emploi. Ces places sont devenues le lieu de repos d’un certain nombre de clients qui, le plus souvent, choisissent d’y aller pour manger et suivre un match ou un film, histoire de se détendre et changer d’atmosphère.

Zakariahou Alhousseini (Stag)

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