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Lutte contre la corruption : Amnesty international Bénin dénonce une trahison de l’esprit d’Alédjo

Emmanuel-Adjanon

Il n’est pas allé de main morte pour exprimer le désenchantement de la jeunesse béninoise. Il n’y est pas allé du dos de la cuillère pour exprimer son indignation face au mépris des textes, au déchirement de la démocratie. Emmanuel Adjanon, Président du Bureau exécutif national d’Amnesty international Bénin (Aib),  vendredi 27 juillet 2018, au Codiam à Cotonou, au cours du lancement de l’édition 2018 du Forum national des jeunes (Fnj) de l’Aib, a exprimé son désarroi. Lire un extrait de l’interview à la presse accordée.

«…Des députés sont impliqués. Il faut pouvoir continuer à lever l’immunité. Machines agricoles et que sais-je ! Nous avons eu beaucoup de choses, beaucoup de rapports. Je disais à l’un de vos confrères hier, s’il faudrait en arriver à un blocage de l’Assemblée nationale parce qu’il y a sous effectif, parce qu’il va avoir un nombre élevé de députés qui soient devant la justice, il faudra pouvoir le faire. Et, c’est seulement à cela que le gouvernement et le parlement vont pouvoir démontrer leur crédibilité et leur bonne foi pour une lutte contre la corruption et l’impunité de façon impartiale. Le deuxième dossier que vous évoquez, le dossier concernant le Conseil supérieur de la magistrature, c’est un dossier qui nous donne de l’insomnie et de l’inquiétude. Parce qu’au départ, le candidat Talon nous a séduits par une réforme de taille. Cette reforme de taille, c’est écrit noir sur blanc dans son projet de société. C’est-à-dire que le constat a été fait que le Président de la république dans notre système démocratique est surpuissant et qu’il faudra édulcorer, ralentir cette puissance là, pour équilibrer les institutions de la république. Et c’est écrire noir sur blanc que le Président de la république sous le gouvernement Talon, ne siègera plus au Conseil supérieur de la magistrature. Cela renforçait l’esprit et la lettre de l’article 127 de la Constitution, qui fait obligation au Président de la république, de garantir  l’indépendance de la justice. Mais, qu’est-ce que nous avons remarqué ? Déjà au niveau du Pag! Nous avons remarqué au niveau du Pag que toute cette bonne intention a été résumée en une phrase très laconique. ‘’Modifier la loi organique du Conseil supérieur de la magistrature’’. On sait bien que peut-être, c’est par principe de planification  stratégique que cela a été résumé. Mais, début juillet, quand nous avons vu la loi modifiant et complétant l’ancienne loi organique, grande fut notre surprise et grande notre peur et stoppeur. Parce que, non seulement le Président de la république continue à siéger donc  envers et contre la promesse électorale qui a été faite, mais en plus, nous avons vu que le gouvernement a renforcé sa présence par la présence de deux autres ministres en tant que membres de droit. Ça veut dire que pour des rencontres restreintes, le gouvernement est influent et majoritaire, au niveau du Conseil supérieur de la magistrature. Ça peut paraître encore anodin, mais je vous rappelle que l’inamovibilité du statut du juge, du magistrat de siège a été préalablement fragilisée par des décrets antérieurs du Ministère de la justice. Donc, quand nous nous retrouvons dans un Conseil supérieur de la magistrature qui est aux mains du gouvernement…derrière le magistrat fragilisé par sa position d’affectation et autres, nous sommes en droit de craindre que ce haut lieu de la justice, que ce haut lieu de contrôle de la qualité de justice, qu’est le Conseil superieur de la magistrature risque d’être un lieu politique ou tout au moins un lieu partial dans ses décisions, surtout que, apparemment, quand on voit la tension qu’il y a eue depuis des années entre les magistrats et le Ministère de la justice, on pourrait craindre même une chasse aux sorcières et c’est cela que nous sommes en train de dénoncer. Pour pouvoir le dénoncer, nous ne le dénoncerons pas seul. Nous pensons compter sur toute la jeunesse Béninoise. C’est pour cela qu’à l’occasion de ce Forum, nous avons essayé d’associer les autres organisations de la jeunesse. Nous pensons donner suffisamment d’informations à la jeunesse, pour que désormais- la démocratie, c’est la gestion du peuple par le peuple et avec le peuple- si les parlementaires en prenant de telles décisions craignaient que demain, de façon mobilisée et massive, ils auront devant eux, mille, deux mille, trois mille… jeunes, qui de façon non violente viendront leur dire que vous avez trahi la cause. Si le gouvernement en prenant telle ou telle décision devrait craindre que des jeunes se mobilisent, puisque nous faisons quand-même 60 à  65% dans ce pays, devant lui, je pense qu’il ralentirait. C’est le message que nous sommes en train de donner. Si vous appelez ça de la subversion, nous appelons ça de la subversion positive, nous appelons ça de la subversion intellectuelle, nous appelons ça de la subversion pour un militantisme social et pour les droits humains de qualité…

On nous prône quelque chose et on est en train de faire le contraire. Nous, on ne fait pas de la politique, mais on veut juste que, entre les déclarations, entre les principes, et les valeurs que nous nous sommes consensuellementdonnés et les actes, qu’il y ait concordance. Et pour le moment, il n’y a pas de concordance. Et, si jamais, on laisse tomber comme ça, au moment de se réveiller, vous serez étonnés…Le code semble interdire tout attroupement et semble nous mettre dans un régime maintenant d’autorisation, alors que nous étions dans un régime déclaratoire des manifestations. Vous imaginez d’où nous sommes partis ? Est-ce que c’est l’esprit d’Alédjo ça? Quelqu’un a dit : allumons notre cerveau».

Cyrience KOUGNANDE, Janvier GBEDO

Dernière modification lemercredi, 08 août 2018 05:25
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