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Politique

Affaire Benalla : L'étau se resserre autour de l'Elysée

Emmanuel-Macron-et-Gerard-Collomb

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb et le préfet de police de Paris Michel Delpuech ont répondu ce lundi 23 juillet aux questions des députés de la commission des Lois de l'Assemblée nationale chargée de faire la lumière sur l'affaire Benalla.

Gérard Collomb et Michel Delpuech se défendent de tout manquement. Pas question pour eux de servir de fusible dans une affaire qui, d'après eux, ne les concerne pas.

Chacun leur tour, le ministre de l'Intérieur et le préfet de police de Paris ont été passés sur le gril des députés de la commission des Lois qui cherchent à comprendre comment Alexandre Benalla, ce proche collaborateur d'Emmanuel Macron, s'est retrouvé à frapper des manifestants aux côtés des CRS lors de la fête du Travail. Et surtout pourquoi personne n'a saisi la justice après avoir eu connaissance des faits. Car l'article 40 du Code de procédure pénal est clair : tout fonctionnaire ayant connaissance d'un délit doit en informer le procureur de la République.

Collomb et Delpuech se dédouanent

Premier à être interrogé, Gérard Collomb a d'abord affirmé ne pas avoir été prévenu par avance de la présence de M. Benalla comme observateur avec la police lors des manifestations du 1er-Mai, et avoir été informé des faits de violence dès le lendemain. Aussitôt, a-t-il déclaré sous serment, il s'est assuré que la préfecture de police et le cabinet de la présidence de la République avaient été destinataires de l'information. C'était à eux d'agir, a estimé le ministre. « C'est la règle pour tous les manquements », a-t-il assuré.

Deux heures plus tard, assis à la même place, le préfet de police s'est à son tour dédouané. Après avoir appris l'existence d'une vidéo attestant du dérapage du proche du président, Michel Delpuech dit avoir contacté le ministère de l'Intérieur, qui lui aurait répondu être « déjà en liaison » avec la présidence de la République. Dès lors « il était établi pour moi que le sujet Benalla était traité par l'autorité hiérarchique dont il dépendait », a-t-il indiqué.

Michel Delpuech s'est également défendu d'avoir lui-même autorisé la présence de Benalla aux côtés des forces de l'ordre ce 1er mai. « Je n'ai jamais été sollicité par qui que ce soit dans ce sens », a-t-il assuré. Selon lui, c'est là encore l'Elysée qui aurait décidé d'intégrer Alexandre Benalla en demandant directement à la division qui gérait la sécurité de la manifestation, sans passer par lui. Pour lui, ces liens entre certains collaborateurs de l'Elysée et des gradés des forces de l'ordre relèvent du « copinage malsain ».

La version du pouvoir un peu plus malmenée

Troisième à être interrogé ce lundi par la commission d'enquête, le directeur de l'ordre public et de la circulation (DOPC), Alain Gibelin, est allé dans le même sens que son supérieur. « Alexandre Benalla ne bénéficiait d'aucune autorisation de la préfecture de police pour être sur cette manifestation » en tant qu'« observateur », a-t-il répété. Ce haut-gradé, chargé notamment de la gestion des opérations de maintien de l'ordre lors des grandes manifestations, contredit ainsi la version livrée par le porte-parole de l'Élysée Bruno Roger-Petit qui, jeudi, affirmait que M. Benalla bénéficiait d'une autorisation en tant qu'« observateur ».

L'ex-collaborateur d'Emmanuel Macron a également assuré ce lundi, dans un communiqué de ses avocats, avoir « été invité » par la préfecture de police de Paris. Mais d'après Alain Gibelin, cette invitation avait été accordée, sans en référer à sa hiérarchie, par l'un des trois cadres de la police soupçonnés d'avoir transmis à Alexandre Benalla des images de vidéosurveillance tournées au moment des faits et mis en examen dimanche.

Questionné par la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen, M. Gibelin a également reconnu qu'Alexandre Benalla était présent à des réunions entre ses services et l'Elysée entre le 4 et le 19 mai, période pendant laquelle l'adjoint au chef de cabinet d'Emmanuel Macron était censé être sous le coup d'une mise à pied de quinze jours.

Les regards braqués vers l'Elysée

Tous les regards se tournent désormais vers le sommet de l'Etat. Le directeur de cabinet de la présidence Patrick Strzoda, celui qui, précisément, était censé avoir sanctionné Alexandre Benalla, doit à son tour être entendu ce mardi. Le secrétaire général de l'Elysée Alexis Kohler est prévu jeudi. Mais pour certains élus de l'opposition, Emmanuel Macron doit lui-même être convoqué par la commission d'enquête de l'Assemblée.
« Je pense que Collomb est démissionné d'office. Il ne peut plus être cru par personne. Ni par les policiers qui comme vous l'avez vu ont très mal pris cette espèce d'inversion des responsabilités, ni par le président de la République qui vient de se rendre compte que M. Collomb était prêt à le lâcher en audition ni par nous, parlementaires, qu'il a refusé de rencontrer plus tôt », a déclaré plus tard sur LCI le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon.
L'ancien candidat à la présidentielle et fondateur du mouvement Génération-s Benoît Hamon a de son côté posté sur Twitter une vidéo où il demande que les commissions d'enquête de l'Assemblée et du Sénat convoquent « le président de la République ». « Parce que c'est bien autour de lui que tout se joue », estime-t-il.

Benoît Hamon

« Il faut désormais que les commissions d’enquête à l’Assemblée et au Sénat convoquent le Président de la République, parce qu’il détient la plupart des clefs de la vérité.«

« Depuis le début, c'est un peu la course à l'échalote, a réagi la députée En Marche Naïma Moutchou. Après avoir demandé la convocation, séance tenante, du ministre de l'Intérieur, du Premier ministre, la constitution d'une commission d'enquête, la motion de censure, la destitution du président de la République, on entend tout. »

Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a quant à lui qualifié de « tribunal politique » la commission d'enquête parlementaire de l'Assemblée nationale. « Quand vous avez dès ce matin, avant même que les auditions ne se soient déroulées, le co-rapporteur, Guillaume Larrivé, qui explique qu'on a affaire à une milice parallèle, à une organisation souterraine, et que c'est une affaire d'Etat, moi je m'interroge sur la déontologie de cette commission », a-t-il déclaré sur LCI.

Quelles options pour Macron ?

Depuis les révélations du Monde mercredi 18 juillet, le chef de l'Etat reste quant à lui muet. Il s'est contenté de faire savoir dimanche via son entourage, à l'issue d'une réunion à l'Elysée, qu'il considérait les faits reprochés à son ex-collaborateur « inacceptables » et qu'il n'y aurait « pas d'impunité ». Le président a par ailleurs annoncé qu'il n'assisterait pas à une étape du Tour de France mercredi dans les Pyrénées. « Rien à voir » avec l'affaire Benalla, a affirmé son entourage.
On peut cependant en douter. En pleine crise, Emmanuel Macron ne pouvait pas donner l'impression de ne pas prendre la mesure des événements en se rendant sur les routes ensoleillées du Tour comme si de rien n'était.

Les propos tenus en privé dimanche soir par le chef de l'Etat et rapportés par son entourage, selon lesquels il serait déterminé « à établir la vérité », ne pourront suffire à calmer les esprits et à lui permettre de se dégager de toute responsabilité aux yeux des Français. Emmanuel Macron va devoir aller plus loin. En s'exprimant publiquement ? Certainement. Il a fait savoir qu'il le ferait en temps utile. Mais peut-être pas avant d'avoir pris des décisions concrètes et trouvé un fusible. Reste à savoir qui.

Rfi

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Centrifugeuse au PDCI-RDA : Bédié en bon chef baoulé

Bedie

Les cadres  du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) qui ont bravé la directive du parti de ne pas s’associer à la création au forceps du parti unifié RHDP ont été exclus sans tam-tam. En procédant à l’exclusion des cadres ayant assisté à l’assemblée générale constitutive du parti unifié, le 16 juillet 2018, le Président Henri Konan Bédié  réaffirme ainsi le statut philosophique du chef baoulé qu’il demeure (1) tout en donnant une leçon d’éthique politique aux rebelles du parti (2)

1. Un chef baoulé pur sang

On ne brave pas un chef baoulé impunément. En tout cas, le Président du PDCI-RDA n’a pas tardé à sortir son stylo à bille pour donner sens et valeur à un acte d’honneur.  C’est ainsi qu’il tient à montrer à l’opinion  qu’il est un chef. Surtout que la parole du chef se respecte.  Lorsque le roi est bafoué dans  sa majesté, il cesse d’être un roi. Dans cette Afrique où la tradition est pesante, il n’est pas possible d’appréhender les phénomènes politiques sans les circonscrire aux codes sociologiques.   La parole de Bédié a été bafouée. Elle n’a pas été respectée. Quand l’outrage  vient  de « ministres » de la cour, ce n’est pas seulement une rébellion, on dit que «  le roi se dénude ». Quand le pagne du roi commence à tomber, il le réajuste rapidement. C’est un attribut essentiel du pouvoir . Le chef baoulé ne pouvait  qu’agir ainsi pour donner de l’autorité à son office.

2. Précis d’éthique politique

Peut-on appartenir à la  fois à deux partis politiques  dans le même pays ? De deux choses l’une. Un cadre se respecte en respectant les directives de son parti. Que peut-on espérer  de ceux qui bravent la direction de leur parti pour aller clandestinement se constituer avec d’autres pour fonder un parti ?
Les mêmes causes produisent les mêmes effets dans les mêmes conditions. La sanction d’exclusion est une pédagogie.  On ne saurait laisser  prospérer ces comportements de cadres africains sans principes. Obnubilés par les avantages précaires, ils renoncent à eux mêmes et sont prêts à se prêter à des jeux qui les rendent vulnérables. Ce qui est fort, c’est moins l’homme que le parti. Un parti , c’est d’abord des valeurs . On est fort que lorsqu’on est dans un ensemble fort.  Un homme fort sans un ensemble fort est vulnérable. C’est l’enseignement essentiel de l’exclusion des cadres rebelles du PDCI-RDA.

Dans une ironie dont il a seul le secret, Narcisse Ndri Kouadio, le porte-parole du Président du PDCI-RDA  estime que «  l'exclusion des ministres (du secrétariat exécutif du parti)  leur permettra de mieux servir l'intérêt général des Ivoiriens. La messe est dite. Une nouvelle page s’écrit au sein du parti de Félix Houphouët Boigny.

Herbert de Saint Tauyé HOUNGNIBO

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Macron au Congrès à Versailles : Ce qu’il ne faut pas retenir

Emmanuel-Macron

Le Président de la République de France, M.  Emmanuel Macron s’est exprimé devant  900 parlementaires réunis en Congrès au château de Versailles, son discours annuel de politique générale. Le  lundi 09 juillet 2018.  Dans le prononcé de son discours de politique générale, le Chef de l’Etat français a fait des annonces  tout aussi rassurantes les unes que  désespérées les autres. Il y a  qu’on ne doit pas retenir qu’un Président ne réussit pas tout (1)  et serre la vis en faisant des choix forts (2).

1.Un Président réussit tout

« Il y a une chose que tout président de la République sait : il sait qu'il ne peut pas tout, il sait qu'il ne réussira pas tout. Et je vous le confirme, » Aveu d’échec ou prime à la démagogie ? Un candidat à la Présidence de la République, ancien Ministre de l’Economie et des Finances ne devrait pas dire ça. Au commencement était le Programme de campagne puis le programme d’actions. La parole du politique en campagne c’est comme un jeune parisien qui fait la cour à une fille de province. C’est une parole rêveuse. Mais devant la réalité, on tient un programme conséquent. Lorsqu’on a programmé ce qui est réalisable, on réussit tout ce qui est programmé, dit, annoncé, argumenté avec force et convictions. Ne pas réussir son Programme d’Actions de Gouvernement, c’est une expression de dysfonctionnements, de prévisions trop optimistes et d’ appréhension minimale de certains leviers de la vie économique, laquelle est dynamique. Les promesses de campagne, ce sont des vers d’artiste comédien. Elles emballent plus par rapport à l’émotion  du moment. Le Pouvoir a sa réalité. Un Président de la République, il n’est plus le candidat, prisonnier de ses promesses car il a la lecture réelle du pays, de ses problèmes, de ses difficultés et de ses contradictions. Si malgré tout cela, il persiste dans ses promesses de campagnes à longueur de discours de politique générale, alors un Président ne devrait pas renoncer à ses directives de campagnes.  Dès lors, il réussit tout. C’est trop facile et simpliste d’affirmer qu’un Président ne peut pas tout. Un Président n’est pas obligé de dire qu’il mettra l’océan dans un sceau. Il se doit de réussir ce qu’il a programmé en connaissance de  cause. A s’y dérober, il devient un démagogue joyeux qui s’enferme dans un verre d’ombre.

2.Desserrer la vis par choix non violents

La politique néo libérale de Macron est sans pitié. Elu dans la confusion idéologique  dans une République qui a marché dans la confusion ancrée dans l’ambigüité idéologique du moment de son élection, le Président  de la République de France vaudrait mener une politique fiscale à l’antipode  de la protection des plus fragiles.  L’option de choix forts ne devrait  pas exclure l’indispensable justice  fiscale. Toutefois, il convient de noter que le plan de baisse des dépenses publiques sera accompagné d’une «  d’une réorganisation de l’Etat à travers plus de présence sur les territoires, plus de souplesse de gestion ». a-t-il dit.  Présence de l’Etat et souplesse de gestion, ce sont des lieux communs de commandement. Il ya cependant une vérité qui a besoin  d’avoir au préalable  un visage social.  Cette vérité, c’est bien qu’il est «  mensonger de défendre les salariés, si on ne défend pas les entreprises. Il est impossible de prétendre distribuer quand on ne produit pas assez ». Oui Mais sans salariés, les entreprises sont de géantes coquilles au trois-quart vide. D’où une politique du travail et de l’emploi à visage humain pour l’avènement sans heurts du « capitalisme » populaire.

Herbert de Saint Tauyé HOUNGNIBO

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Présidentielle du 29 juillet 2018 au Mali : La rareté de la candidature féminine

presidentielles-Mali

Au Mali, le 29 juillet prochain, le peuple malien  choisira son nouveau Président de la République. La Cour constitutionnelle du Mali a rendu publique la liste des candidats. Ils sont au nombre de 24,  les prétendants au fauteuil présidentiel. Parmi ces candidats, il y aune seule femme qui répond au nom de Kanté Djebou Ndiaye.  La rareté de la candidature féminine (1)dans l’élection présidentielle au Mali pose le problème de la représentativité des femmes maliennes  dans la course pour la présidence de la République (2)

1.    La rareté de la candidature féminine

Au finish, Kanté Djebou Ndiaye sera la seule femme à tenter sa chance. Rakia Alphadi  qui préside le  parti AFP-Mali, que son mari Abidine Ould Ahmed Ganfoud a créé  en 2011 ne sera pas de la partie. A 45 ans, Rakia Alphadi  annoncée pour être de la course   n’a pas été remarquée parmi les candidatures validées par la Cour Constitutionnelle. Par contre Kanté Djebou Ndiaye a eu le quitus pour se faire examiner dans les urnes. Pour être candidat au Mali,il faut être parrainé soit par 10 députés, soit par 45 élus communaux. Malheureusement, Rakia Alphadi  n’est pas de lapartie. On peut regretter cette absence. Et pour cause, sans que cela participe à la cosmétique électorale, ses soutiens peuvent donner la bonne impression de l’inclusion. En effet, elle est originaire de Tombouctou. Une légitimité s’en dégage ainsi  en ce qui concerne la représentativité du Nord du pays en proie au non- droit.  Les ralliements annoncés des mouvements qui défient le pouvoir légitime de Bamako ont très tôt de donner une coloration à cette candidature féminine. Il s’agit du  MNLA, du Haut conseil pour l'unité de l'Azawad (HCUA), mais aussi par le Mouvement arabe de l'Azawad (MAA).

Madame  Kante Djebou Ndiaye  quant à elle a eu le soutien politique nécessaire pour être sur le bulletin électoral.

2.    La représentativité des femmes dans le derby présidentiel

Les femmes du Mali n’ont pas un dégoût pour la chose politique puisqu’ellesmilitent dans les partis politiques. Elles sont à l’Assemblée Nationale et au niveau des conseils communaux. Pas en nombre suffisant, sans doute ! Celles qui voudraient représenter la femme du Mali pour la course à la Présidence de la République, tiennent un discours qui pose beaucoup de problèmes. Par exemple,  Madame Kanté Ndiaye a déclare à Rfi qu’elle « candidate candidate parce qu’elle est  révoltée de ce que les hommes qui sont là sont en train de faire des histoires. Ils ne pensent qu’à eux-mêmes ».Son slogan  fait sourire plus d’un de Cotonou à Abidjan en passant par Lomé et Accra: « Les hommes ont échoué, votez cette fois-ci pour une femme. »

Il y  comme une faiblesse de l’argumentaire. C’est assez simpliste comme slogan. Il s’agit d’une élection présidentielle.  On parle de gestion d’un  Etat. Ce n’est pas une ONG. On peut comprendre que les femmes au Mali ne soient  pas prêtes. Elles se donnent sans doute  le temps de murir  pour affronter sans heurts les obstacles sociologiques afin de  proposer par le poids des idées les solutions aux problèmes du Mali. La question de la sécurisation du pays, de l’unité territoriale, de la gestion de l’économie, de la pauvreté,  du chômage, de la géopolitique, de la monnaie …Ce sont autant de thématiques qui valent plus qu’un slogan de jeu de marelle.

Il y a lieu pour la seule femme candidate pour la présidentielle de choisir un slogan à la hauteur de ce qu’on pense de la femme africaine et celle du Mali en particulier.

Herbert de Saint
Tauyé HOUNGNIBO

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Mondial de football 2018 : La Perestroïka diplomatique de Poutine

Vladmir-Poutine

Derrière le jeu, il y a la politique. Derrière le football, sport roi, très coûteux, il y a une diplomatie de sport à l’allure de géopolitique. La Russie de Poutine après avoir gagné le pari de l’organisation (1) s’illustre, monte en galons d’interlocuteur légitime (2).

1.  Le pari de l’organisation

Au commencement  était la question de savoir si la Russie peut relever le défi de l’organisation et de la participation qualitative de l’équipe nationale.  Ceci d’autant plus  que le doute planait sur la capacité de la Russie  à être dans le sens de la performance. En effet, quelques faits sont évocateurs de ce qu’on devrait afficher une assurance relative  à l’égard  de la Russie. En effet, le contexte  d’avant juin 2018  était marqué par les sanctions économiques de la part des Européens et des Américains, l'annulation du G8 prévu en mars 2014 à Sotchi. Dans ce cas, on comprend bien la précaution de la Russie à montrer à la face du monde qu’elle est un pays fréquentable et capable. Le Mondial 2018 lui offre l’occasion.  

Les contre-performances ont été domptées en ce que le pays est parvenu à passer le premier tour. Ce n’était pas donné à l’avance. Et c’est assez suffisant  pour oublier le cauchemar  des JO de l’hiver 2014. Tout se passe comme si relèvent du passé l’annexion de la Crimée, la guerre dans le Donbass, la  législation sur des homosexuels, le sujet qui fâche les officiels russes, le dopage des athlètes

2. Un interlocuteur fréquentable

Les pays comme l’Allemagne, la France, l’Espagne  sont éliminés. La  Russie pourrait bien justifier l’absence de leurs Présidents ou chef de Gouvernement à un show médiatique éventuel. Un bel alibi pour renforcer l’image de la Russie Normale.  L’attrait des investisseurs en ligne de mire, l’organisation a fait le choix de la facilité du transport pour les touristes  occidentaux.

Le succès d’image est en construction. C’est assez tôt pour le dire car une finale avec la Russie  est forcément un acte de réussite sportive et  diplomatique. La communication politique de la Russie pourra-t-elle effacer sa brouille tenace avec l’Angleterre qui par la voix de la Première ministre britannique Theresa May  avait annoncé qu’aucun   membre du gouvernement anglais  et de la famille royale ne se rendra en Russie entre le 14 juin et le 15 juillet 2018 ?  La pomme de discorde c’est  l'empoisonnement d'un ex-espion russe sur le sol anglais.

La Coupe du monde est la bonne occasion pour le Président russe  de parfaire son image. Il s’y attèle de toute vraisemblance.

Herbert de Saint Tauyé HOUNGNIBO

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Bénin, L’obsession révisionniste de la majorité parlementaire : L’éclatante noirceur d’une contorsion

adrien-houngbedji

Quand on cherche à comprendre un désir irrésistible  ou une tendance indomptable, on lit soit le Coran soit la Bible pour en savoir davantage sur les agissements des hommes et des institutions. Quand on y arrive pas, pour des raisons diverses, on ouvre le grand livre de la mythologie grecque pour comprendre le sort de Sisyphe condamné à rouler  un énorme rocher en haut d’une montagne, qui retombait à chaque fois de l’autre côté et qu’il  devait ramener de nouveau au sommet. Ainsi le traître, le malin, le rusé Sisyphe roula son rocher jusqu’à la fin des temps. La révision de la Constitution béninoise du 11 décembre 1990 fera encore l’actualité au Bénin suite à une batterie « d’amendements » introduite avec fracas  à la commission des lois pour atteindre l’objectif manqué de la révision  un an plutôt dont les représailles se font sentir à l’égard des députés ayant opposé un non catégorique. En proposant à nouveau de réviser la Constitution du 11 décembre 1990 par la voie détournée  d’amendement à la Constitution, la majorité parlementaire au Bénin opère une contorsion de droit (1)  pour promouvoir l’autoritarisme politique(2)

1. Une contorsion de droit

Du héros au zéro ? Inévitablement, le modèle béninois dégringole. En si peu de temps, brutalement, avec nervosité et haine  la majorité parlementaire au Bénin, rassurée par les derniers revirements violents de jurisprudence d’occasion, fonce droit tel un bélier en manque d’affection.  C’est ainsi qu’après avoir butté contre la révision de la constitution dans les règles, la majorité parlementaire conduite par les anciens Présidents de l’Assemblée Nationale encore- députés - tente un coup de force par le vocable « Proposition d’amendement  de la  Constitution ». Ce qui sonne bien faux. En effet, le droit d’amendement ne saurait être un  droit de révision. La révision est encadrée.   Le dictionnaire de droit constitutionnel, 2ième édition enrichie et mise à jour nous éclaire davantage : « Selon le sens général du mot amendement, l’amendement législatif a en principe pour objectif l’amélioration du texte en discussion. » Le conseil constitutionnel français, saisi de la conformité à la constitution de la procédure d’adoption d’une loi, a été amené à censurer  certaines dispositions introduites dans le texte sous formes d’amendements gouvernementaux, au motif qu’un amendement ne doit pas être dépourvu de tout lien avec le texte auquel il s’ajoute. Exemple. CC 13 décembre 1985 « amendement Tour Eiffel » ; 16 mars 2006, « Egalité salariale entre les femmes et les hommes ». Comme on peut l’apercevoir, le choix du lexique « Proposition d’amendement à la Constitution » est une nouvelle monstruosité qui affaiblit le modèle béninois qui ressemble de plus en plus à un effrayant masque. En jouant avec le lexique des termes juridiques, les auteurs de la proposition dite d’amendement de la Constitution jouent au festival et sont visiblement résolus à consumer en des réflexions non approfondies 25 ans d’histoire post-conférence nationale. Rassurée par la main à peine  invisible, la majorité arithmétique tient à procéder à la révision à la va vite au mépris du « Consensus national dégagé par la Conférence des Forces Vives de la Nation de février 1990 et consacré par la Constitution ». La révision constitutionnelle amorcée avec autant  de précipitation    peut représenter un danger pour le processus et la consolidation de la démocratie béninoise. Agir ainsi, c’est donner du crédit  que changer une constitution est  un acte banal et peu solennel.

2. L’autoritarisme politique

Comme on l’aperçoit à travers l’institution  de la Cour des Comptes  (qui n’est pas un amendement, c’est la plus grosse supercherie), la révision constitutionnelle déguisée en amendement de la constitution est un  enjeu pour la lutte pour le pouvoir : la majorité voudrait modifier la Constitution pour s’assurer un avantage décisif imminent comme 7 ans de députation avec la nouvelle législature de 2019 dont ils disent, -hors micro, assurés de siéger. Par quelle alchimie ? Ils se contentent de sourire… ADJA Djounfoune, Chercheur tchadien  nous éclaire en ce que  la révision constitutionnelle est perçue d’abord comme « une technique d’établissement de la monopolisation du pouvoir par le chef de l’Etat » ; et ensuite comme « un instrument de pérennisation du système politique » L’élite intellectuelle du pays de Hubert Maga  se mure dans un silence compréhensible par la montée en puissance du «  terrorisme judicaire ». Par  la peur instaurée par la violence de l’interprétation de la loi, la majorité  hétéroclite aux convictions illisibles promeut un   modèle  qui consacre l’autoritarisme politique. Le Bénin a fait son choix à respecter. Rentrer dans l’histoire à reculons.   Le parlement voudrait s’inscrire dans le courant de l’inflation révisionniste de la  Constitution comme en Guinée –Conakry, au Tchad, au Burkina Faso, en Tunisie, au Togo, en Ouganda. Le toilettage dans l’urgence est un motif de méfiance.

Herbert de Saint Tauyé HOUNGNIBO
Droit International, Institutions Diplomatiques et Consulaires.
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Conseil des ministres de l’Uemoa : Wadagni, président en exercice pour 02 ans

Romuald-Wadagni

Le ministre béninois de l’économie et des finances Romuald Wadagni a participé, le 29 juin 2018 à Dakar, à la session ordinaire du Conseil des ministres de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa). Au terme des travaux Romuald Wadagni a été désigné pour présider pendant les deux (02) années à venir le Conseil des ministres.

Plusieurs décisions ont été prises lors de cette session ordinaire du Conseil des ministres de l’Uemoa. Au titre de la Bceao, le Conseil a noté la poursuite de la bonne tendance de l’activité économique. Ce qui se traduit par la croissance du produit intérieur brut (Pib) qui s’établit à 6,5% au premier trimestre de 2018 contre 6,4% le trimestre précédent. En 2017, le Pib de l’Union a progressé de 6,6%, après 6,5% en 2016. Cette évolution est soutenue par la bonne tenue des activités commerciales et des services de transport et de télécommunication. Cependant, le Conseil a relevé la hausse modérée du niveau général des prix à 0,9% au premier trimestre 2018.

En examinant le rapport semestriel d’exécution de la surveillance multilatérale du premier semestre 2018 de la Commission de l’Uemoa, le Conseil s’est félicité de la poursuite du dynamisme de l’activité économique avec un taux de croissance de 6,7% en 2017 après 6,5% en 2016. Cependant, le Conseil a noté que cette croissance reste fragile du fait de la persistance du niveau élevé du déficit budgétaire qui représente 4,2% du Pib en 2017. Face à cette situation, le Conseil a recommandé  que priorité soit accordée à la mobilisation accrue des recettes fiscales par la poursuite des investissements indispensables au développement des économies des Etats membres. 2017 a été une année charnière en ce qui concerne l’état de la gouvernance. En effet, en 2017, trois Etats membres de l’Union ont respecté l’ensemble des critères de convergence de premier rang. Ce qui n’était pas le cas en 2016. Le Conseil a pris connaissance du Bilan des réalisations de la Boad à mi-parcours des prévisions financières de l’exercice 2018.

Au cours de cette session à laquelle ont pris part le président de la Commission de l’Uemoa Abdallah Boureima, le gouverneur de la Bceao Tiémoko Kone, le président de la Boad Christian Adovèlandé, le Bénin a été désigné en la personne du ministre des finances Romuald Wadagni pour présider le Conseil des ministres les deux prochaines années.

M.M

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31ème sommet de l’Union Africaine et lutte contre la corruption : Peuvent-ils balayer d’abord la maison ?

Union-Africaine

Depuis hier se teint à Nouakchott en Mauritanie, le 31ème sommet des Chef d’Etat de l’Union Africaine. Un sommet dont le thème retient plus l’attention. Il s’agit du fléau que constitue la corruption. Un drame qui plonge l’administration publique africaine dans les profondeurs d’une bureaucratie qui ne soutient pas le développement. S’il existe des mécanismes de lutte contre la corruption dans tous les pays, il reste leur  mise en œuvre et les actes forts d’une volonté politique qu’on ne saurait mettre en doute. Poser des actes forts, c’est commencer à examen les rapports d’audits(1) du Nepad, du parlement africain et du conseil consultatif de lutte contre la Corruption. Aussi devra-t-on mettre en œuvre un programme civique conséquent pour  l’éducation nationale des citoyens (2)

1.    Les rapports d’audit.

Les Chefs d’Etat et de gouvernement sont conscients des ravages que la corruption occasionne dans leurs pays. Pour le discours officiel, les mots n’ont jamais manqué pour clamer et proclamer la bonne foi des dirigeants. Et pourtant, il y a bien d’une part le discours et d’autre part la pratique. La corruption si elle est aussi vieille que le monde, elle n’en demeure pas moins un problème. Obtenir un service de droit par des mécanismes douteux et onéreux n’est pas une gloire. Certains y trouvent un motif de satisfaction et de reconnaissance de l’intelligence. En Afrique le corrupteur est désigné comme un « Cerveau ». Les lieux d’expression de la corruption tentaculaire c’est bien les marchés publics et les institutions au contrôle interne assez faible. Ce que perdent les Etats du fait de la corruption est important et mérite qu’on s’y attarde. Par exemple dans les travaux publics, la qualité des infrastructures  est en cause. De fait les routes ont des épaisseurs en deçà de la norme et sont constamment reprises.

Les chefs de l’Etat sont ils prêts pour lutter contre la corruption ? Ils ont sur leur table des rapports d’audit du fonctionnement du parlement africain, du  nouveau projet de développement de l’Afrique (Nepad) dont on ne sait pas  s’il a eu un moindre résultat, le Conseil Consultatif de lutte contre la Corruption.  Quelles seront les suites à donner à ces dossiers ? C’est bien à ce niveau que ces Chefs d’Etat démontreront qu’ils sont vraiment prêts à lutter contre la corruption aulieu de se jeter, une arrivés dans les pays » sur la petite corruption alors que la grande corruption crapuleuse se passe à leurs  yeux et à leur barbe. En attendant ces actions de grande portée, il convient d’imaginer un programme civique conséquent pour prévenir le mal à la base.

2.     Un programme civique conséquent.

Si certains pays sont dans l’effort en matière de respect du bien public, il y a encore d’autres  qui traînement le pas. Comment produire  des hommes et femmes qui ont la mentalité et le réflexe  du respect de la loi ?  La solution c’est la famille et l’école. La famille et l’école doivent se soutenir pour mettre en œuvre un programme civique national. La corruption à l’école commence par les présents qu’on donne aux enseignants pour faire passer les enfants. La corruption dans les examens et concours est un drame récurrent. Que peut-on espérer d’un candidat qui entre dans la fonction publique par des moyens de corruption ? Rien si ce n’est perpétuer la corruption à son niveau. La connaissance théorique est importante mais elle est insuffisante sans la pratique par les modèles. La crise de modèle en Afrique est une plaie pour l’éducation civique. Le bandit ne  saurait être un modèle. La corruption n’est pas une fatalité. Elle peut être vaincue par une éducation débarrassée de ses tares.

Herbert de Saint Tauyé HOUNGNIBO

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Présidentielle 2020 au Burkina Faso : Kaboré dans les règles de l’art

Christian-Kabore

Bilan de mi-mandat et une annonce de candidature à la présidentielle de 2020. Roch Marc Christian Kaboré incarne la nouvelle génération d’Homme politique qu’on souhaiterait pour l’Afrique de l’Ouest. Pas d’hypocrisie, pas de reniement de soi, pas de discours radio-télé tortueux et contradictoire. Le Président sortant a été clair et direct : Il sera candidat pour la présidentielle de 2020. En délaissant  la vieille méthode onéreuse des marches payantes de réclamation de candidature, Roch Marc Christian Kaboré fait les choses dans les règles de l’art (1) et assume son bilan sans hypocrisie aucune (2).

1. Les choses dans les règles de l’art.

Un homme d’Etat assume son bilan. Il n’a pas de l’aversion pour la fonction pour laquelle il s’est battu pour l’avoir.  C’est à l’occasion de la présentation de son bilan de mi-mandat, ce dimanche 24 juin 2018 que   le Président Kaboré a  annoncé son intention de solliciter à nouveau les suffrages des Burkinabè pour poursuivre sa mission. « Dans la loi, j'ai droit à deux mandats. Je me battrai pour réaliser mon programme (actuel) et solliciter un deuxième mandat en 2020.», a indiqué le Président du Faso. Un chef d’Etat qui a un langage sincère et franc est d’abord respectueux de lui-même et de son peuple. Pas de subterfuge. On ne saurait solliciter un second mandant par nervosité ou en revanchard pour faire du mal. C’est la loi qui l’autorise à faire deux mandats. Pas question d’acrobatie de juriste de pacotille pour réviser en catimini la constitution afin d’instaurer de nouvelle république au mandant présidentiel anormalement long. Le Président Compaoré en a appris à ses dépens. Et lui, et ses « juristes de niveau » qui s’amusaient à sur- interpréter la constitution  en ont eu pour leur compte.  Faire les choses dans les règles de l’art, c’est respecter la constitution, la loi fondamentale. C’est la loi des lois. Elle au-dessus de l’intelligence artificielle qu’on accorde aux Présidents une fois élus.  Ce qui était au menu du bilan du Président Roch Marc Christian Kaboré, c’est le  Plan national de développement économique et social (PNDES) évalué  à plus de 150 milliards $. Un chiffre lourd qui a pour but de soutenir la  croissance à un taux  moyen de 7,7% et  de reculer les frontières de la pauvreté et de la réduire à environ 35% à l’horizon de 2020. Le Président Rock Marc Kaboré  met son bilan  au cœur de la prochaine campagne présidentielle. Pour l’élégance, il change au moins l’image d’une campagne présidentielle d’un candidat à sa propre succession.

2. Assumer son bilan sans hypocrisie  

Rendre compte, ce n’est pas  un exercice facile pour les politiques. Celui qui a déterminé et conduit la politique de sa Nation, est obligé de faire le point. L’exercice en fait est important en ce qu’il s’agit d’une évaluation.  Ailleurs, on organise des élections de mi-mandat. Cela permet au peuple d’aviser et de donner des signaux pour la courbe de la conduite des affaires. Devrait-on s’étonner de l’élégance avec laquelle le Président Roch Marc Christian Kaboré  annonce sa candidature ?  Le parcours politique de cet intellectuel catholique Mossi est un éclairage : Roch Marc Christian Kaboré, (61 ans) a été  Premier ministre (1994-1996) et président de l'Assemblée nationale (2002-2012).  Ce n’est pas assez. C’est l’environnement  qui vous façonne. Pas d’environnement sans guide.  Le jeune en avait un qu’on appelle Charles Bila Kaboré ! Quand on a grandi sous l’influence remarquablement remarquée  du très charismatique Charles Bila  Kaboré, (Son géniteur !)  , on  a sans doute un double repère éthique et moral. En effet,  Charles Bila Kaboré, son  père a été d’octobre 1963 au 9 décembre 1965, Ministre des Finances, Ministre  de la Santé publique jusqu’à la chute de la première République, en janvier 1966.  Kaboré Père, a été secrétaire général de la présidence de la République jusqu’en 1975, puis vice-gouverneur de la BCEAO (Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest) jusqu’en 1982, avant de reprendre une place de conseiller technique puis de secrétaire général à la présidence burkinabè, jusqu’à sa retraite, en 1985. Grandir dans un tel feuillage vous donne sans le doute le sens de l’Etat et la notion du pacte républicain. Roch Marc Christian Kaboré  est une illustration de ce qu’on peut faire autrement la politique avec sa touche.

Herbert de Saint Tauyé HOUNGNIBO
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Droit international, Institutions Diplomatiques et Consulaires

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Tentative d’assassinat du Président du Zimbabwe : Un coup de force manqué

Emmerson-Mnangagwa

Le président  en exercice du Zimbabwe, M. Emmerson Mnangagwa a échappé de justesse à un attentat à la bombe le samedi 23 juin 2018 à    Bulawayo, la deuxième ville du pays, située à 369 km au sud-ouest  de Harare.  Si l’origine  de  l’explosion n’est pas encore déterminée, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’un acte d’origine criminelle qui vise à régler  un problème politique (1) par une méthode terroriste pour satisfaire les conservateurs (2)de la Zanu-PF , fidèles au patriarche déchu, Robert Mugabé

1. Un acte d’origine criminelle

L’explosion  visualisée  à partir d’une vidéo  qui a fait le tour des réseaux sociaux, laisse   libre cours à des interrogations diverses et variées. Pour l’essentiel, on retient que  l’attentat manqué contre le Président Emmerson Mnangagwa  a fait quinze blessés. A  un mois des prochaines élections générales, on peut bien comprendre l’origine de cet acte inacceptable  prémédité pour éliminer le Président candidat qui a été évacué mais qui serait en de bonne santé. . L’acte vise à éliminer l’équipe de campagne  du président sortant. C’est un acte regrettable qui ne saurait laisser indifférent aucun démocrate. D’ailleurs, le leader de l’opposition du Mouvement pour un Changement Démocratique a écrit sur Twitter  que la « Violence n’a pas sa place dans la vie politique » de son pays.

Qu’on ne s’y trompe guère, il s’agit d’un acte conçu avec des complicités au sein des services en charge de la sécurité du Président de la République.  Du moins, la défaillance du service de sécurité est en cause.  Ce recours à la bombe est souvent l’acte de gens désespérés mais obnubilés par le pouvoir comme on a vu en Guinée, en Egypte, ou en Tchétchénie.
Les auteurs de tels actes ne sont pas loin des terroristes. Cette situation ne saurait élucider les rancœurs au sein du parti au pouvoir. En effet, la démission forcée du président Robert Mugabe, reste comme une plaie béate qu’il faudra du temps pour cautériser.   Le contexte de l’ascension de Emmerson Mnangagwa est marqué par la crise de confiance entre l’armée et Robert Mugabé , et l’intrusion intempestive de son épouse Grace qui n’a plus la grâce du Parti au pouvoir.
Le Président Emmerson Mnangagwa a dit être habitué à ces genres de méthodes.  On peut chercher à en savoir plus lorsqu’on sait qu’il a été  ministre de la Sécurité de Robert Mugabe au début des années 1980 avec  sur sa conscience la guéguerre meurtrière entre Robert Mugabé et Joshua Nkomo qui a fait selon les archives nationales du Zinbabwe plus de 20 mille morts.  Il a sans doute une idée de ce  dont il  parle en pointant du doigt une méthode terroriste des conservateurs de la Zanu-PF

2. Une  méthode terroriste des conservateurs.

L’attentat manqué  de Bulawayo est une réponse des conservateurs fidèles au Président Robert Mugabé.  Les « guerriers » de l’indépendance ont des héritiers. On ne devrait pas s’en étonner. Car le Président Robert Mugabé a  dirigé le Zimbabwe d’une main de fer depuis son indépendance en 1980. Les nouvelles orientations prises par le nouveau chef d’Etat  sont de nature à perturber des habitudes et des  comportements endurcis. On peut comprendre la colère des uns et les grognes des autres. Ce n’est pas suffisant pour attenter à la vie de milliers de genres. Cette méthode terroriste vient perturber la campagne présidentielle. C’est un signe malheureux qui pourrait laisser croire que le terrain du Zimbabwe est favorable à des actes terroristes. C’est une image qu’il faudra corriger. Des poseurs de bombe ! Cela n’a rien de rassurant pour les touristes et les investisseurs étrangers.

Les problèmes politiques se règlent par la politique. Les méthodes terroristes sont des méthodes de ceux qui n’ont aucun respect pour la vie. La classe politique du Zinbabwe a besoin d’un sursaut pour corriger cette image.

Herbert de Saint Tauyé HOUNGNIBO
Droit International, Institutions Diplomatiques et Consulaires.

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