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Inondations dans les villes d’Afrique de l’ouest : Abidjan, miroir d’une fatalité non vaincue

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Abidjan d’abord ! Peut–être en attendant d’autres. La capitale économique de la Côte d’Ivoire s’est réveillée le mardi 19 juin 2018 dans une pluie torrentielle aux conséquences effroyables : dix (10) morts, des voitures recouvertes d’eau, des commerces endommagés, portes et portails  défoncées par la  puissance de l’eau. La fatalité des inondations a encore  frappé Abidjan et relance la problématique de la vulnérabilité des populations (1) face à une planification urbaine à polémique (2) en Afrique de l’Ouest.

1.    La vulnérabilité des populations

La pluie torrentielle qui s’est abattue sur Abidjan  n’est pas inédite. Les inondations en Côte d’Ivoire sont récurrentes et mettent en  exergue la vulnérabilité des populations.  Derrière le phénomène de la pluie diluvienne se cachent bien de questionnements relatifs aux changements climatiques et la  gestion du risque. Par le passé, le drame qui a frappé Abidjan n’a  épargné aucune capitale en Afrique de l’Ouest. La vulnérabilité à la base, c’est la question du logement. Où habiter ? Comment construire ? Quels matériaux utilisés ? Comment positionner les habitats ?  Ces questions répondent à une discipline : l’aménagement du territoire. Face à l’absence de mise en œuvre rigoureuse de politiques d’aménagement des territoires, les populations s’installent n’importe comment et occupent le lit naturel des eaux  de ruissèlement.   La pauvreté ambiante est devenue un facteur limitant pour la décision.  La décision de ne pas subir les effets néfastes des changements climatiques se heurte à l’incapacité de contrôler la croissance démographique  avec son inducteur d’exode rural. A cela, il convient d’ajouter des sols spécifiques dont l’imperméabilité complique les solutions artisanales d’élus locaux désespérés. On ne saurait dans une Afrique attachée aux croyances, penser qu’il s’agit de la fureur des « dieux » des eaux. Loin s’en faut.  Il convient de passer au peigne fin les facteurs de l’environnement urbain et  envisager la capacité des acteurs à gérer et surtout à s’adapter aux changements climatiques.

2.    Une planification urbaine à polémique

Il est impossible de maîtriser un phénomène sans le connaître ou sans le définir.  C’est ainsi  qu’il est  nécessaire de connaître le phénomène et de gérer les risques qui y sont liés.  Place donc aux géographes et autres climatologues dont on espère (enfin !) que les recherches aboutiront à des recommandations qui obligeraient les architectes et constructeurs de routes, ponts et chaussées.

Il est primordial d’anticiper les évènements pluvieux et que les populations s’approprient la notion de gestion de risque.
La  planification urbaine participative, suppose un schéma directeur d’aménagement du territoire compris par tous et adopté par tous. La concertation, la participation et la sensibilisation constituent les ventricules du cœur de la planification urbaine. L’inondation n’est pas une fatalité. Elle peut être maîtrisée par des infrastructures  solides comme les caniveaux non encombrés et la libération des espaces publics naturels d’écoulement de l’eau. Il appartient à l’Etat de dégager sans état d’âme les occupants de ces lieux. On ne résiste pas à l’eau sinon elle  devient rebelle.

En conclusion, la nature par Abidjan lance un signal. L’inondation est un évènement climatique. Il peut être géré avec méthode, intelligence et anticipation. Au regard de ses conséquences, l’inondation a des impacts sur la santé, les moyens de subsistance, les biens matériels. Les dommages, on peut bien l’imaginer, sont perceptibles chez, les populations à faibles revenus, sur les enfants, les femmes et les personnes âgées.  L’ennui de l’urbanisation en Afrique de l’Ouest et principalement dans le Conseil de l’Entente, c’est  l’urbanisation au galop. Il est de la responsabilité des Etats de vaincre la fatalité des inondations. Bien sûr qu’ils en sont capables.

Herbert de Saint Tauyé HOUNGNIBO
Droit International, Institutions Diplomatiques et Consulaires.

Dernière modification lejeudi, 21 juin 2018 05:47
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