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Société

Deuxième semaine du mouvement de grève des paramédicaux : L’intersyndicale impute la responsabilité au gouvernement

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Le mouvement de paralysie lancé la semaine dernière par les paramédicaux se poursuit dans le secteur de la santé cette semaine. Les hôpitaux seront à nouveau paralysés trois jours durant. Mais cette fois-ci, l’intersyndicale attribue la responsabilité au gouvernement et non au ministère de la santé.
C’est parti encore pour 72heures de grèves cette semaine dans les hôpitaux. Lancé depuis la semaine dernière pour non satisfaction des revendications, le mouvement de grève des paramédicaux se poursuit dans le secteur de la santé. Le calvaire des patients va encore perdurer. À l’hôpital de la mère et de l’enfant(Homel) de Cotonou, les patients ne sont pas encore au bout de leur peine en ce sens qu’ils ont affaire désormais à un  personnel très réduit qui ne dispense qu’un service minimum. Approché, le secrétaire général du syndicat des travailleurs de cet hôpital, Roger Adjibi a confié que le service minimum observé au niveau des différents services de l’hôpital est le fruit d’une organisation interne. Il a également fait savoir que le service minimum est observé pour alléger les peines des patients hospitalisés et notamment celles des enfants. Selon les témoignages d’une patiente rencontrée sur les lieux, le service de la pédiatrie travaille normalement. Notons que cette motion de grève de 72heures reconduite par tacite reconduction chaque semaine a été lancée  dans le but d’obtenir une satisfaction des plates formes revendicatives, qui selon les paramédicaux, sont traitées avec légèreté.

Imputation de la responsabilité au gouvernement…
Le ministère de la santé n’est plus désormais responsable des mouvements de grève des paramédicaux. Selon les propos du coordonnateur de l’intersyndicale des ressources humaines de la santé, le ministère de tutelle aurait déjà joué sa participation en transmettant les différents points de revendications au gouvernement en vue de leur satisfaction. Pour lui, il revient désormais au gouvernement de donner son aval pour que les activités reprennent leur cours normal dans les hôpitaux. Rappelons que les paramédicaux revendiquent entre autres la signature de l’arrêté devant favoriser  l’octroi des indemnités de logement aux agents, le paiement des arriérées de salaires, la correction de la disparité concernant l’indemnité de logement aux personnels administratifs et paramédicaux, le paiement de la prime de motivation et la poursuite des travaux de reversement dans le secteur de la santé. Ils promettent durcir le ton dans les prochains jours en menant des actions précises et déterminantes allant même à une grève sans service minimum.

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Promesses pour une amélioration des conditions de 3000 policiers - Simplice Dossou Codjo : leurre ou lueur ?

codjo-dossou

Aussitôt après sa prise de service officielle vendredi 22 août 2014, le tout nouveau ministre de l’Intérieur, de la sécurité publique et des cultes a effectué en début de semaine, une visite de prise de contact avec la Police nationale.  Tellement les conditions de vie et de travail des flics préoccupent Simplice Dossou Codjo que visiblement, cette première sortie s’impose. Seulement, ce qu’il convient de se demander au lendemain de cette rencontre, c’est de savoir si les nombreuses promesses et assurances faites à ces agents de sécurité seront concrétisées ou ce ne sont que des illusions.  
Ça ne va pas à la Police nationale notamment au niveau des gardiens de la paix. L’image que projettent ces jeunes recrues dans la ville, à des carrefours, est simplement ahurissante. Beaucoup en trépassent même tragiquement sous les projectiles des chenapans. Le dire ainsi n’est pas encore hyperbolique, car c’est une lapalissade que ces flics sont souvent mal habillés, mal équipés pour la mission qui est la leur. Le comble, ce que dénoncent d’ailleurs les populations, c’est  le rançonnement parce que mal rémunérés. Et si ces mêmes constats sont faits et divulgués par le ministre de tutelle, à la suite du Synapolice, le syndicat maison, c’est que cela est d’autant plus vrai. Eh oui ! A la séance de prise de contact, Simplice Dossou Codjo n’a pas eu honte de l’affirmer urbi et orbi. Morceau choisi : « Mais tant qu’il reste à faire, rien n’est fait ! C’est donc le lieu de rassurer le Contrôleur général de Police Louis Phillipe Sessi Houndégnon, Directeur général de la Police nationale et toute la troupe que les doléances de la Police feront l’objet d’une attention particulière de ma part. L’une de mes missions prioritaires sera donc de vous donner les moyens en diversifiant les sources de financement. Je voudrais mettre un accent particulier sur le partenariat public-privé et la diplomatie sécuritaire pour accroître les ressources de la Police nationale. Pour ce qui concerne le projet de loi portant statut particulier du personnel de la Police nationale, il fait de ma part l’objet d’une attention particulière. 3000 policiers payés à moins de 40 000 francs par mois au 21ème siècle sera alors un lointain souvenir pour la corporation. C’est d’ailleurs le premier dossier sur lequel je me suis penché dès le vendredi après la cérémonie de prise de fonction. Mes premières investigations localisent le dossier à la Cour suprême. Le chef de l’Etat en personne, de même que le ministre de l’Intérieur, de la sécurité publique et des cultes que je suis, nous suivons avec une attention particulière ce dossier.
Je voudrais également rassurer les uns et les autres dans la maison Police que les diligences en fonction des ressources disponibles seront faites pour que les forces de Police soient équipées en matériels de protection (gilet pare-balles, casque…), en tenue, en lunettes à visé nocturne, en armes de pointe et tout ce qu’il faut pour vous permettre de faire face aux nouvelles menaces d’ordre sécuritaire. Le policier ne sera plus un chien à abattre par de vils individus. » C’est clair. L’autorité a parlé !

Discours ou paroles d’évangile?
 
Si cette déclaration du ministre de l’Intérieur avait été faite quelques années en arrière, on la situerait dans un contexte politique puisque Simplice Dossou Codjo serait ni plus ni moins dans sa vraie posture d’homme politique notamment de deuxième adjoint au maire de la Commune de Dangbo qu’il était. Devant ses mandants, ces propos seront taxés de politiques, d’électoralistes et n’engageraient que ceux qui vont y croire. Dans le cas d’espèce il semble qu’on soit bien loin de ce scénario puisque les vis-à-vis du ministre sont des mandants pas comme les autres. Mais est-ce une raison pour ne pas s’interroger sur le message du ministre Simplice Dossou en direction des flics ? C’est un discours qui fait rêver. Quel jeune policier ne veut voir ses conditions de vie et de travail s’améliorer ? C’est sûr même que pendant que le ministre rassurait, certains dans les rangs s’imaginaient déjà  le bâton magique qui pourrait changer sur place, et ceci de façon radicale les choses. Mais il va falloir encore patienter. Et peut-être longtemps parce que si le ministre a la volonté, la décision finale se prend soit par le chef de l’Etat ou à la limite en conseil des ministres. Sinon, pourquoi les différents ministres qui se sont succédé à la tête de ce département ministériel depuis 2006 n’ont pu refaire ce mauvais tableau qu’a peint Simplice Dossou Codjo ? A défaut, de relever les salaires, ils pouvaient tout au moins acquérir beaucoup de gilets pare-balles, des armes de pointe, etc., si c’était si simple que ça. Sur quoi compte l’actuel ministre des flics pour bouger les montagnes ? Si l’actuel patron des policiers a de belles intentions et veut aller loin et vite, il n’en demeure pas moins qu’il y a beaucoup d’incertitudes qui peuvent freiner son élan.  

Ce qu’il faut déjà relever

Est-ce parce que Simplice Dossou Codjo a pris la mesure des choses que dans son discours il se dédouane par anticipation ? Tenez. Dans ses propos, le ministre a bel et bien dit qu’il va diversifier les sources de financement en insistant sur le partenariat public-privé. Et ce partenariat étant ce qu’il est, Simplice Dossou Codjo prévient que lui ne mettra les moyens nécessaires qu’en fonction des ressources disponibles. A bon entendeur…

L’autre probable frein

Relever les salaires de 3000 policiers et peut-être plus, les recrutements se poursuivant, n’est forcément pas chose aisée. C’est une grosse incidence sur le Budget national. Et quand l’on se souvient que le chef de l’Etat dans un passé récent a affirmé que le Bénin, en terme de ratio masse salariale, est un mauvais élève dans l’espace Uemoa, il y a de quoi s’inquiéter. Au regard de tout ce qui précède, on peut se demander si le ministre Dossou Codjo est allé vendre du vent à la troupe policière ou si ses propos tenus sont sincères. De toutes les façons, l’essentiel est qu’il y ait la collaboration mutuelle pour que règne la sécurité.

Depuis son installation, le Médiateur de la République fait partie des institutions qui ne sont pas connues des populations. Pourtant son rôle est important dans la résolution des conflits qui opposent les citoyens à l’administration publique en général. Au nombre des raisons qui justifient cet état de choses, il faut noter la méfiance des Béninois mais surtout le manque de communications.
La descente  de  la 4è promotion des commissaires principaux de police en formation à l’Ecole nationale supérieure de la police pour l’obtention du Diplôme d’études supérieures appliquées de police (Desap) au siège du Médiateur de la République hier mardi 26 août 2014 pose à nouveau la problématique de la nécessité de l’institution dirigée par Joseph Gnonlonfoun, un poulain du professeur Albert Tévoédjrè. Sans pouvoir exagérer  ou  être trop pessimiste, nombre de Béninois se demandent encore à quoi sert le Médiateur de la République. Ou encore ses attributions et son fonctionnement. Face à cette pile d’interrogations, que ce soit l’immense professeur  Albert Tévoédjrè dont l’ombre plane encore sur l’institution ou encore son successeur Joseph Gnonlonfoun, aucun d’eux n’a réussi à graver le Médiateur de la République dans la mémoire des Béninois. Peut- être que le projet de révision de la constitution  qui fait monter la tension, reléguera, une fois accepté,  le Médiateur de la République au rang des institutions fortes à l’image de l’Exécutif, du Législatif, de la Cour constitutionnelle, de la Cour suprême, du Conseil économique et social (CES). En plus de ce qu’il n’est pas un  pouvoir coercitif, pour saisir le Médiateur de la République, il faut écrire et venir jusqu’à son siège à Porto-Novo. Beaucoup de Béninois ne pourront pas s’offrir ce luxe. Seule l’annexe de Parakou est opérationnelle pour desservir la partie septentrionale. Pour le moment, des clins d’œil sont faits pour bénéficier de la magnanimité financière du président  Yayi Boni  afin d’ouvrir d’autres annexes, à en croire Joseph Gnonlonfoun face aux cadres de la police. En réalité, le Médiateur de la République souffre de deux maux majeurs. Il s’agit de la méfiance des Béninois vis-à-vis du géniteur de l’institution en la personne du professeur Albert Tévoédjrè d’une part et d’autre part du manque de moyens pour mieux communiquer autour de l’institution.

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Remise du 11ème don hors projet : Le Japon octroie plus de 13 000 tonnes de matériels de construction au Bénin

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Le Bénin vient de bénéficier pour la onzième fois, du don hors projet offert par le gouvernement japonais. Au cours de la cérémonie de remise du don, l’ambassadeur du Japon près le Bénin, Daini Tsukahara a remis plus de 13 000 tonnes de matériels de construction au ministre des affaires étrangères, Nassirou Arifari-Bako.
Un milliard de yen japonais soit environ 6 milliards de FCFA, c’est le coût global des matériels de constructions offerts au Bénin par le gouvernement japonais. Constitués de 11.650 tonnes de fer à béton et de 2000 tonnes de feuilles de tôle, ces matériels de construction ont été offerts  dans le cadre du 11ème don hors projet de l’année fiscale 2012. Notons que la décision d’octroyer ce don est l’un des fruits de la visite au Japon du Chef de l’Etat. Prenant la parole,  l’Ambassadeur Daini Tsukahara a rappelé que beaucoup de réalisations ont été faites par le don hors projet dans le passé. Se justifiant, il a confié que le 10ème don de l’année fiscale 2009 pour un montant de cinq cent millions de yen japonais soit environ 3 milliards de FCfa, a aidé le Bénin dans l’acquisition des matériels roulants et autres équipements pour le renforcement des capacités techniques afin de  faire face aux catastrophes naturelles. Poursuivant, il affirme que les 8ème et 9ème dons de l’année fiscale 2007 et 2008 ont permis d’acquérir des matériels constitués respectivement des engrais pour un montant de cinq cent millions de yen japonais soit environ 3 milliards de FCfa pour soutenir la production agricole, et des fers à béton pour un montant également de cinq cent millions de yen japonais soit environ 3 milliards de FCfa pour encourager la réalisation des infrastructures dans le pays. Après avoir rappelé que le présent don du Japon a un double objectif dans la mesure où il a permis au Gouvernement béninois non seulement de se doter des matériels de construction répondant aux besoins des populations mais également de pouvoir réaliser des projets de développement socio-économique grâce à un fonds de contrepartie qui sera constitué à partir des ventes de ces matériels. « ce dont permettra aussi la réalisation du projet d’approvisionnement en eau potable dans les départements de l’Atacora et de la Donga pour un coût global de plus de 3 milliards de FCfa » a-t-il déclaré.
A sa suite, le ministre des affaires étrangères, Nassirou Bako-Arifari, a remercié très chaleureusement le peuple japonais puis confié que ce projet permettra de faire fonctionner l’économie béninoise en aidant le secteur privé à mener des activités de vente des matériels octroyés. Pour finir il a promis que le gouvernement du Bénin fera un bon usage de ce don.

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Affrontements entre des brigands et les populations de Zongo : Les musulmans exigent la destruction des ghettos

zongo

Scène déplorable, ce dimanche en face de la mosquée centrale de Zongo. Des individus mal intentionnés  et les populations environnantes se sont affrontés face au refus des brigands de se retirer des alentours de ladite mosquée. On dénombre des blessés dans les deux camps.
Les populations de Zongo sont finalement sorties de leur gong, ce dimanche pour exprimer leur real-le-bol et leur mécontentement face au refus des brigands de déguerpir des contours de la mosquée centrale de Zongo. En effet, selon des sources proches de la communauté musulmane de Zongo, il y a de cela quelques mois, le groupe Bolloré a dù cassé une bonne partie de la clôture de ladite mosquée afin de s’installer. Mais depuis lors, des brigands ont pris d’assaut les contours de la mosquée qui leur servait de refuge pour mener leurs opérations de braquage, de vol et autres. Selon les mêmes sources, une plainte aurait été déposée au Commissariat Central de Cotonou, depuis bientôt deux semaines, dans le but de solliciter l’appui des forces de l’ordre pour renvoyer ces cambrioleurs des alentours de la mosquée. Mais rien n’y fit. La plainte serait restée sans issue favorable. C’est ainsi, que ce dimanche matin, les populations lassées de subir les affronts de ces brigands, ont simplement décidé de se rendre justice en contraignant ces derniers à plier bagages. La situation aurait ainsi dégénéré et conduit à un affrontement qui a duré des heures. Des blessés ont été enregistrés dans les deux camps. Face à la situation, la communauté musulmane de Zongo lance son cri de détresse face au silence coupable des éléments du Commissariat Central de Cotonou. Elle exige à tout prix, le déguerpissement des ghettos installés aux alentours de la mosquée centrale de Zongo. Il est vivement souhaitable que les forces de l’ordre interviennent pour trancher la situation afin que ce lieu de prière des musulmans ne soit perçu comme un nid des brigands.

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Braquage d’un véhicule de transfert de fonds du Cdpa hier : Jean-Baptiste Satchivi sacrifie son personnel

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Un véhicule de transfert de fonds de la société Comptoir de distribution des produits agroalimentaires (Cdpa) a fait l’objet d’un sanglant braquage hier jeudi 21 août 2014 à Cotonou. On y a dénombré des morts. Et tout bien pesé, la responsabilité du patron de cette société est bien établie. Il a fait preuve de légèreté dans la sécurisation de son entreprise selon bien des observateurs.
Les gangsters ont agi sans état d’âme comme à l’accoutumée. Ils n’ont pas fait de cadeau au Caissier principal du Cdpa. Ils ont plombé son corps. Les images étaient macabres. Insoutenables. Hier, le spectacle était vraiment horrible. Les populations témoins de la scène croyaient vivre un rêve. Mais c’était bien un braquage. Certainement savamment orchestré. Selon les témoignages recueillis, le crime a été perpétré hier matin.  Des malfrats informés de l’opération bancaire que devrait réaliser une équipe de Cdpa, ont anticipé. Ils ont filé en moto le véhicule de convoyage de fonds qui avait quitté la Direction générale du Cdpa. Arrivés au niveau de l’Ecole primaire publique de Scoa-Gbéto, ils ouvert le feu sur leur objectif.  Le véhicule a essuyé les tirs nourris des deux hors-la-loi. Dans la voiture, le Caissier principal du Cdpa a été mortellement touché, d’autres individus ont été blessés. Dans la panique créée par l’attaque, les deux malfrats ont réussi à s’emparer des numéraires transportés par les malheureux agents du Cdpa. Des sources non confirmées, il s’agit de plusieurs millions de francs Cfa. On apprend que jusqu’au moment où nous mettons sous presse les auteurs du vol à main armée sont introuvables. Ce braquage, faut-il noter, rappelle un autre perpétré contre la même société en octobre 2012. A l’époque, l’Agence Cdpa Agrisatch sise au quartier Akpakpa habitat avait été dévalisé. Des individus surarmés avaient tenu en respect l’agent de sécurité en faction sur les lieux avant de s’emparer d’importantes sommes d’argent. Aujourd’hui, le plan des braqueurs a coûté la vie à un citoyen. C’est déplorable. Et certains trouvent que les responsables du Cdpa font peu pour protéger leur personnel.

L’incapacité de Jean-Baptiste Satchivi
Bien des observateurs ne contredisent pas la lecture que font de simples citoyens sur la gestion du Cdpa. Pour eux, la Direction de ladite entreprise a choisi délibérément d’exposer son personnel à la mort. Faire travailler des gens dans une société de la taille de Cdpa Agrisatch sans mesures de sécurité, c’est criminel, ont-ils réagi. Selon eux, la responsabilité du patron dudit groupe, Jean-Baptiste Satchivi qui plus est, président de la Chambre de commerce et  d’industrie du Bénin (Ccib), est bien établie. Et tout le monde peut être d’accord avec ces observateurs pour reconnaître que laisser son personnel se balader à Cotonou, ville à hauts risques, avec de la fortune sans sécurité renforcée est un drame. Car c’est les condamner à une mort certaine. Cela dénote même d’un manque d’anticipation, de légèreté ou encore d’amateurisme dans la gestion d’une entreprise aujourd’hui. Et beaucoup de citoyens n’hésitent pas à souligner que Jean-Baptiste Satchivi n’a cure de la sécurité de son personnel. Son seul souci, pour eux, c’est le goût du profit. L’expression de la sauvagerie du capitalisme débridé.

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La piteuse stratégie…
Hier, pour répondre aux dénonciations des populations, la Direction générale du Cdpa s’est fendue d’un communiqué de presse laconique dans la soirée. C’est un message qui a confirmé la mort du malheureux Caissier sans d’autres précisions. «La Direction générale du Groupe Cdpa, s’engage à faciliter toute information liée à ce malheureux évènement», ont négligemment écrit les responsables du Cdpa  abandonnant la famille du défunt dans l’accablement et l’incertitude.

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Pèlerinage marial de Dassa-Zoumè : Les dispositions du Clergé contre le virus Ebola

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Les chrétiens catholiques effectueront leur pèlerinage annuel à Dassa-Zoumè, le dimanche 24 août prochain. C’est dans ce cadre que le clergé catholique béninois est monté au créneau, ce mardi 19 août, pour rassurer les pèlerins que toutes les dispositions sont prises contre le virus Ebola durant ledit pèlerinage. « Toutes les dispositions sont prises pour assurer la sécurité des pèlerins », a déclaré Monseigneur Antoine Ganyè, archevêque de Cotonou. Pour lui, il ne serait pas responsable que le clergé ne se prononce pas sur le virus Ebola, vu les ravages que cause cette maladie à travers l’Afrique. A ce titre, il a invité tous les Béninois à respecter les mesures d’hygiènes recommandées. Pour finir, il a exhorté les fidèles catholiques à toujours recourir à la prière dans n’importe quelle circonstance.


Lire l’intégralité de la déclaration

Message de Mgr Antoine Ganye, Archevêque de Cotonou sur le virus Ebola
Chers frères et sœurs en Christ, la paix de notre Seigneur Jésus-Christ soit toujours avec vous. A la suite du pape François, des évêques dans notre sous-région ont déjà instruit les fidèles du Christ face à la tragédie de la maladie à virus Ebola.
Par la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ et l’amour de Dieu le Père, je viens aussi vous inviter à rendre plus actives et plus priantes notre communion et notre solidarité avec nos frères et soeurs de l’Eglise famille de Dieu en Afrique de l’Ouest, victimes de ce virus dangereux. Le drame qui se joue non loin de nous est d’une telle gravité que nous n’avons pas le droit de rester indifférents ou insensibles. Avant de nous inquiéter pour nous-mêmes, nous devons nous faire proches de notre prochain. Les citoyens, les membres du corps médical, les chrétiens, les religieuses et les prêtres qui ont perdu leur vie à cause de ce virus dangereux sont tous nos frères et sœurs. Chacun d’entre eux est notre prochain.
Ne tournons pas la tête, ne fermons pas nos yeux, nos oreilles et nos cœurs comme le prêtre et le lévite dans la parabole du Bon samaritain (Luc 10, 25-37). Organisons-nous pour rester mieux informés, pour prier davantage et pour rendre notre solidarité chrétienne plus agissante envers notre prochain.
Quant aux précautions que nous devons prendre chez nous, l’expérience douloureuse des pays frères et des Eglises sœurs frappés par cette épidémie nous instruit assez pour que nous fassions montre d’un grand sens de prudence et d’anticipation. Si nous attendons la confirmation de la présence du virus sur notre sol avant d’intensifier la sensibilisation et la mobilisation, ce ne serait pas responsable de notre part. Pour éviter la panique et la désinformation, je voudrais vous inviter à informer et à former les communautés chrétiennes et les familles sur l’existence du virus Ebola, sur ses modes de propagation et sur les précautions à prendre pour se protéger contre son extension. J’exhorte expressément tous les chrétiens à devenir artisans et messagers de la prévention selon les recommandations des autorités médicales. Même sans de grands moyens financiers et techniques, la prévention est possible. C’est d’abord une question de volonté et d’organisation. Et c’est la réponse la plus efficace à ce jour.
A l’occasion des célébrations eucharistiques, je demande, jusqu’à nouvel ordre, que le célébrant omette le rite optionnel du signe de la paix et donne de préférence la communion dans la main avec toute la vigilance et le respect exigés. Sur les paroisses, dans les communautés et les institutions d’Eglise, je demande que les règles d’hygiène soient renforcées de la manière la plus responsable et la plus pédagogique possible tout en évitant la stigmatisation et l’affolement.
Toutes les dispositions son prises pour assurer la sécurité des pèlerins à la grotte mariale de Dassa Zoumé. Certains de nos frères étrangers tels que les pèlerins venus du Nigéria on préféré rester en union de prière avec nous. Dans la foi et la ferveur, intensifions nos prières pour l’éradication de ce virus de fièvre et d’hémorragie. Prions pour les malades, pour les agents de la santé et pour les autorités en charge de la Santé publique. « N’ayez pas peur » (Jean 6,20), nous dit Jésus-Christ. Ce n’est donc pas le moment de paniquer mais plutôt d’apprendre dans la foi à « ne pas attendre des autres ce que nous pouvons faire de nous-mêmes » (Saint Jean-Paul II). Avec la bénédiction du Seigneur, restons confiants et responsables.

Cotonou, le 19 Août 2014

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La Mairie de Cotonou étale son incapacité

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Les autorités de la Mairie de Cotonou ont visiblement établi leur incapacité à assainir la ville. La capitale économique du Bénin est mal entretenue. Et les administrés s’en plaignent.

De nombreux Béninois s’interrogent de plus en plus sur le rôle que jouent les autorités de la mairie de Cotonou en ce qui concerne l’assainissement de la ville. Si des actions sont annoncées à grands renforts médiatiques, sur le terrain, les populations continuent de souffrir le martyre. Les travaux de désensablement de certaines artères publiques ne comblent pas encore les attentes. Les structures sollicitées par Cotonou pour les accomplir, produisent des résultats médiocres. Le tronçon Etoile rouge-Toyota est souvent jonché de sable. Les grains de sable soulevés souvent par le vent perturbent la vue sur ce trajet très pratiqué. Sur l’axe Stade de l’amitié-‘’Echangeur’’ de Godomey, le sable est enlevé mais abandonné souvent sur les pistes cyclables. Le boulevard des armées reste constamment insalubre. Il n’y a pas de moment où le citoyen qui prend par ce boulevard ne découvre des déchets exposés aux abords de la voie ou n’avale la pestilence se dégageant des tas d’ordures. Lors des préparatifs de la célébration du 1er août 2014, les autorités militaires gênées par la malpropreté du boulevard ont dû interpeller à plusieurs reprises qui de droit avant que les abords de la voie ne soient assainis. Les riverains ont perdu les mauvaises habitudes le temps que finissent les manifestations officielles marquant la commémoration de l’accession du Bénin à l’indépendance. Aujourd’hui, les terre-pleins sont à nouveau occupés sous les regards impuissants de la Mairie. Pourtant il existe une Direction des services techniques (Dst) et une police municipale alimentées, avec les impôts et autres taxes des administrés.

Saison pluvieuse et l’impuissance….

Comme à chaque saison des pluies, Cotonou essaie de faire face aux inondations cette année. Ainsi, le curage des caniveaux et d’autres travaux d’assainissement dans la ville ont été entrepris. Seulement les efforts sont restés insuffisants. L’eau a une fois encore assiégé la ville cette année. Le constat est criard au niveau du tronçon Agla-Godomey ( au moment où nous mettons sous presse, il y a encore de l’eau avant la pharmacie d’Agla Hlazounto et devant Nad Informatique à Gbégamey). Et avec l’ampleur de la situation chaque année, on est tenté de dire que la solution appropriée n’est pas encore trouvée. Tout porte à croire que la Direction des services techniques de la Mairie est en panne d’inspiration. Sur le terrain, la situation s’aggrave mais on peine à trouver de nouvelles solutions ; les solutions qu’il faut pour soulager les populations. Les autorités s’accommodent des services médiocres voire piteux qu’offrent les structures avec lesquelles elles signent les contrats de prestation. Le travail n’étant pas souvent bien suivi, il est bâclé et ce sont les cotonois et cotonoises qui en font les frais. Visiblement, soit la Mairie s’en moque, soit ses instructions sont bafouées. Au lieu d’y réfléchir, elle a préféré accompagner d’autres initiatives dont la finalité ne convainc pas encore grand monde. Cotonou soutient le projet d’érection des cabanons dans la ville qui a pour objectifs de rendre attrayante la capitale économique. Or il est évident que ce projet célébré jeudi 14 août 2014 transformera difficilement la ville si une vraie politique d’assainissement n’est pas conçue et exécutée. Autrefois, c’était le non transfert des ressources par l’Etat central qui était agité comme la principale cause de cette incapacité. L’autre prétexte, Cotonou est sous l’eau. Mais jusque-là le projet 3CI, Cotonou en campagne contre les inondations, n’a pu rien faire. On nous parlera certainement des projets d’érection de pont au niveau de Fidjrossè calvaire, des ouvertures de tranchées, ou du rafistolage de la voie pavée d’Agla Hlazounto dans le 13ème arrondissement. Qu’à cela ne tienne. A la veille des joutes électorales on peut se plier en quatre pour mobiliser les ressources pour du saupoudrage, mais passés les enjeux électoraux, on peut végéter dans son état de dormance habituelle. Décidément cette équipe municipale, depuis plus de dix ans peine à convaincre ses administrés, attendant tout de l’Etat central. Dans ces conditions, Cotonou, la ville qui se veut la vitrine du Bénin pourra-t-elle un jour devenir Singapour que les autorités de cette Mairie aiment citer tant ?

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L’Unamab et le Syntrajab suspendent leur mouvement de grève

greve

Dans une motion conjointe signée par l’Union nationale des magistrats du Bénin (Unamab) et le Syndicat des travailleurs de justice et assimilés du Bénin (Syntrajab),  les acteurs de la justice ont décidé de reprendre le travail. Ils ont ainsi mis à un mouvement de grève qui dure depuis le 12 mai 2014. Lire la motion.

Motion conjointe de suspension de grève
Unamab-Syntrajab
A
-Monsieur le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, de la Législation et des Droits de l’Homme,
-Monsieur le Ministre du Travail et de la Fonction Publique, de la Réforme Administrative et Institutionnelle, chargé du Dialogue Social,
Cotonou
Le Bureau Exécutif de l’Unamab et le Bureau Directeur National du Syntrajab,
Vu la Convention 87 de l’Oit de 1948 relative à la liberté syndicale et la protection du droit syndical ratifiée par le Bénin ;
Vu la Constitution de la République du Bénin du 11 décembre 1990, notamment en son titre VI ;
Vu la Loi n°2001-37 du 27 août 2002 portant organisation judiciaire en République du Bénin ;
Vu la Loi N°94-027 du 15 juin 1999 relative au Conseil Supérieur de la Magistrature ;
Vu la Loi N°2001-35 du 21 février 2003 portant statut de la magistrature ;
Vu la Loi N°2007-01 du 29 mai 2007 portant statut des corps des greffiers et officiers de justice en République du Bénin ;
Vu la Loi N°86-013 du 26 février 1986 portant statut général des Agents Permanents de l’Etat ;
Vu la Loi N°2001-09 du 21 juin 2002 portant exercice du droit de grève en République du Bénin ;
Vu le décret N°2004-716 du 30 décembre 2004 portant statuts particuliers des corps des personnels des services judiciaires du Bénin ;
Considérant le rôle du pouvoir judiciaire dans l’édification d’un Etat droit ;
Considérant la motion conjointe de grève de l’Unamab et du Syntrajab en date du 12 mai 2014 et les différentes motions de renouvellement ;
Considérant l’inaction du Gouvernement face aux légitimes revendications de l’Unamab et le recours qu’il
a fait à l’Assemblée pour retirer... aux magistrats le droit de grève ainsi que divers autres droits reconnus et garantis à tout citoyen par la constitution ;
Considérant la réaction spontanée de solidarité et sympathie des forces sociales, des organisations de la société civile et des citoyens épris de justice, de paix et de démocratie aux différentes actions et marches de protestation organisées les 10, 17 et 24 juillet 2014 par l’Unamab  contre cette initiative liberticide de certains députés de la majorité présidentielle;
Considérant le renvoi sine dine par le Président de l’Assemblée Nationale de cette proposition de loi ;
Considérant le démarrage des vacances judiciaires pour compter du lundi 18 août 2014 ;
Considérant que ces vacances, période de ralentissement naturel du fonctionnement des juridictions, en tant que droit acquis au profit du personnel judiciaire, sont en principe incompatibles avec un mouvement de grève ;
Considérant les résolutions de l’Assemblée Générale de l’Unamab du jeudi 14 août 2014 ;
Considérant les résolutions du Bureau Directeur National du Syntrajab des 09 et 14 août 2014 et les résolutions des Assemblées Générales sectorielles organisées par les sous-sections ;
Considérant les engagements pris par le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, de la législation et des Droits de l’Homme au cours de la séance de négociations tenue avec le Bureau Directeur National du Syntrajab le 14 août 2014, contenus dans un procès-verbal dressé séance tenante;
Considérant que de ce procès-verbal il ressort l’engagement du Garde des Sceaux à envoyer, dès le lundi 18 août 2014, une lettre aux présidents de juridiction pour les instruire à étendre le paiement de la dotation en carburant à tout le personnel judiciaire et à transmettre au Secrétariat Général du Gouvernement les conclusions des travaux relatifs à la prise des textes d’application de la loi n°2007-01 du 29 mai 2007 portant statut des corps des greffiers et officiers de justice en République du Bénin et du décret n°2004-716 du 30 décembre 2004 portant statuts particuliers des corps des personnels des services judiciaires du Bénin ;
Considérant par ailleurs l’engagement du Garde des Sceaux à s’investir personnellement auprès de ses collègues des finances et de la fonction publique aux fins du paiement de la prime de risque au personnel sanitaire en application de l’arrêté interministériel n°489/Ms/Mtfp /Mef/Dc/Sgm/Sa du 07 février 2011, ainsi que l’organisation des concours professionnels au profit des greffiers aspirant aux fonctions d’officier de justice ;
Considérant enfin la réception le mercredi 13 août 2014 des toges des greffiers en fin de formation et l’engagement du Garde des Sceaux à faire prêter serment aux intéressés avant la fin des vacances judicaires ;
L’Unamab et le Syntrajab, soucieux de montrer leur bonne foi et de prendre à nouveau à témoin l’opinion publique,
Décident:
De suspendre la motion conjointe de grève en date du 12 mai 2014 à compter du mardi 19 août 2014 à 00 heure.
En conséquence, ils invitent leurs militants, qui ne sont pas en vacance judiciaire, à se présenter à leur poste respectif de travail dès le mardi 19 août 2014 à huit (08) heures précises.
Ils les exhortent néanmoins à rester mobilisés pour reprendre à tout moment le flambeau de la lutte en cas d’inaction ou de diversion du Gouvernement.

Fait à Cotonou, le 18 août 2014
Pour L’Unamab,   
Le Président
Michel Adjaka
   Pour le Syntrajab
            Le Secrétaire Général
        Corneille Gilles Hugues D. Affoukou

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Assomption: Marie a été «assumée» corps et âme au ciel

assomption

Pour les catholiques, le 15 août est la fête de l’Assomption de Marie, appelée Dormition de la Vierge chez les orthodoxes. Créée toute pure par la grâce de Dieu, Marie ne pouvait pas connaître la dégradation de son corps dans la mort. C’est la tradition populaire qui, tout au long des siècles, a poussé l’Eglise à définir l’Assomption de Marie comme un dogme, en 1950. Retour sur le sens toujours renouvelé de l’une des plus grandes fêtes du christianisme.

Marie a été « assumée »


Marie a accueilli sur terre son Fils venu du ciel et Lui accueille au ciel sa mère avec tous ses disciples. Marie n’est pas « montée » : elle a été « assumée » c’est-à-dire prise-avec. Son Fils Jésus, parce que Fils de Dieu, a pu effectuer son « Ascension » près de son Père et il pouvait dire : « Je monte vers mon Père » (Jn 20, 17).
Confesser l’Assomption de Marie, c’est croire que l’humanité n’est pas enfermée dans « la sphère terrestre », qu’elle s’accomplit dans un passage au Père qu’elle est incapable de réaliser par elle-même car ni ascèse ni mystique, ni politique ni science ne peuvent introduire dans le Royaume de Dieu.
C’est également s’engager à vivre dès maintenant à son exemple dans l’amour, un amour vrai qui s’abaisse, qui « descend » dans le service pour se laisser « monter » dans la Gloire.
Ensuite c’est espérer être « pris par » l’Esprit non dans l’espace des planètes mais dans « la Maison du Père », c’est-à-dire dans une communion et une paix où tous les humains se reconnaissent comme enfants du même Père.

Corps et âme


Les premiers chrétiens n’ont pas gardé trace de Marie : sa grandeur unique était ce qu’elle avait vécu, ce que les évangiles disaient d’elle. La dévotion à son endroit ne consistait pas à se rendre sur les lieux précis de son existence passée mais à croire en sa présence actuelle, au sein de l’Eglise. En effet la dernière fois où les Ecritures parlent d’elle, c’est pour signaler sa présence au cénacle où elle priait en compagnie des apôtres et des autres femmes dans l’attente de l’Esprit promis par son Fils (Ac 1, 14). Luc ne dit rien de « son enlèvement » ultérieur. Marie est en prière pour que nous suivions son chemin.
« Son amour maternel la rend attentive aux frères de son Fils dont le pèlerinage n’est pas achevé, ou qui se trouvent engagés dans les épreuves, jusqu’à ce qu’ils parviennent à la Patrie bienheureuse » (Vatican II- L’Eglise - § 62)

La grandeur du corps


La fête de l’Assomption souligne la grandeur du corps : celui-ci n’est pas que l’enveloppe de l’âme, la dépouille que l’on peut abandonner à sa destruction.
Le christianisme, contre toutes les critiques qui courent, tient au respect du corps. Le sommet de l’Amour de Dieu n’est-il pas que son Verbe ait pris un corps humain et se soit « incarné » ? La grandeur de Marie n’est-elle pas d’avoir donné corps à Celui qui était Esprit ? Le sommet de la haine des hommes n’est-elle pas d’avoir crucifié un corps ? Jésus n’a pas proclamé un message pour âmes pieuses, il a toujours montré de la compassion pour tous ces corps blessés par la maladie ou abîmés par un handicap. Jamais il n’a parlé de résignation, sans cesse il a cherché la guérison.
Le corps enlevé au ciel n’est pas un prodige à expliquer : c’est la façon d’affirmer que le corps qui doit retourner à la poussière (Gen 3, 19) peut, par grâce, devenir lumière.


L’Assomption de Marie au Ciel : l ’historique


La chrétienté a cru à l’Assomption de la Vierge Marie dès les tous premiers siècles de son histoire et la tradition de la fête officielle de l’Assomption remonte ainsi probablement au VI° siècle déjà.
Comme l’écrit Mgr Michel Dubost (évêque de France) dans son livre «Marie» (ed. Mame, Paris 2002) : «La fête de l’Assomption est née à Jérusalem, mais il est difficile de savoir à quelle époque. L’origine de la fête vient peut-être de la consécration par l’évêque Juvénal (422-458) d’une église dédiée à Marie, à Kathisma (étape supposée de la Vierge entre Nazareth et Bethléem). Elle a plus probablement pour origine la consécration d›une autre église à Gethsémani, à côté de Jérusalem, au VI° siècle. Quoi qu›il en soit, la fête fut étendue à tout l›Empire par l›empereur Maurice (582-602) sous le nom de Dormition de la Vierge Marie. Elle fut toujours célébrée le 15 août. L›année liturgique des Orientaux commençant le 1er septembre, elle s›ouvre vraiment avec la Nativité de la Vierge et se clôt avec son entrée dans la gloire le 15 août.»
Mais ce ne sera qu’au milieu du XX° siècle que l’Assomption de la Vierge Marie, sera proclamée «dogme de l’Eglise», par le pape Pie XII, en 1950.
«Enfin la Vierge immaculée, préservée par Dieu de toute atteinte de la faute originelle, ayant accompli le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire du ciel, et exaltée par le Seigneur comme Reine de l’univers, pour être ainsi plus entièrement conforme à son Fils, Seigneur des seigneurs, victorieux du péché et de la mort» (Vatican II, Lumen gentium §59).
L’Assomption de la Sainte Vierge est une participation singulière à la Résurrection de son Fils et une anticipation de la résurrection des autres chrétiens»


Pie XII proclame le dogme de l’Assomption


[Le dogme s’appuie sur les écrits anciens, sur la foi des fidèles et sur la liturgie]
Alors, puisque l’Eglise universelle, en laquelle vit l’Esprit de vérité, cet Esprit qui la dirige infailliblement pour parfaire la connaissance des vérités révélées, a manifesté de multiples façons sa foi au cours des siècles, et puisque les évêques du monde entier, d’un sentiment presque unanime, demandent que soit définie, comme dogme de foi divine et catholique, la vérité de l’Assomption au ciel de la Bienheureuse Vierge Marie - vérité qui s’appuie sur les Saintes Lettres et ancrée profondément dans l’âme des fidèles, approuvée depuis la plus haute antiquité par le culte de l’Eglise, en parfait accord avec les autres vérités révélées, démontrée et expliquée par l’étude, la science et la sagesse des théologiens - nous pensons que le moment, fixé par le dessein de Dieu dans sa Providence, est maintenant arrivé où nous devons déclarer solennellement cet insigne privilège de la Vierge Marie.

[La proclamation dogmatique glorifie Dieu en orientant les hommes vers Dieu]

Nous, qui avons confié Notre pontificat au patronage particulier de la Très Sainte Vierge, vers qui Nous Nous réfugions en tant de vicissitudes des plus tristes réalités, Nous qui avons consacré à son Coeur Immaculé le genre humain tout entier en une cérémonie publique, et qui avons éprouvé souvent sa très puissante assistance, Nous avons une entière confiance que cette proclamation et définition solennelle de son Assomption apportera un profit non négligeable à la société humaine, car elle tournera à la gloire de la Très Sainte Trinité à laquelle la Vierge Mère de Dieu est unie par des liens tout particuliers.
Il faut, en effet, espérer que tous les fidèles seront portés à une piété plus grande envers leur céleste Mère ; que les âmes de tous ceux qui se glorifient du nom de chrétiens, seront poussées au désir de participer à l’unité du Corps mystique de Jésus-Christ et d’augmenter leur amour envers Celle qui, à l’égard de tous les membres de cet auguste corps, garde un coeur maternel.
Et il faut également espérer que ceux qui méditent les glorieux exemples de Marie se persuaderont de plus en plus de quelle grande valeur est la vie humaine si elle est entièrement vouée à l’accomplissement de la volonté du Père céleste et au bien à procurer au prochain ; que, alors que les inventions du «matérialisme» et la corruption des moeurs qui en découle menacent de submerger l’existence de la vertu et, en excitant les guerres, de perdre les vies humaines, sera manifesté le plus clairement possible, en pleine lumière, aux yeux de tous, à quel but sublime sont destinés notre âme et notre corps ; et enfin que la foi de l’Assomption céleste de Marie dans son corps rendra plus ferme notre foi en notre propre résurrection, et la rendra plus active.

[La définition dogmatique]

C’est une très grande joie que cet événement solennel arrive, par un dessein de la Providence de Dieu, alors que l’Année Sainte suit son cours, car ainsi nous pouvons, pendant la célébration du très grand Jubilé, orner le front de la Vierge Mère de Dieu de ce brillant joyau et laisser un souvenir plus durable que l’airain de Notre piété très ardente envers la Mère de Dieu.
Nous proclamons, déclarons et définissons que c’est un dogme divinement révélé que Marie, l’Immaculée Mère de Dieu toujours Vierge, à la fin du cours de sa vie terrestre, a été élevée en âme et en corps à la gloire céleste.

[Aspects disciplinaires]
C’est pourquoi, si quelqu’un - ce qu’à Dieu ne plaise - osait volontairement nier ou mettre en doute ce que Nous avons défini, qu’il sache qu’il a fait complètement défection dans la foi divine et catholique. Et pour que Notre définition de l’Assomption au ciel de la Vierge Marie dans son corps parvienne à la connaissance de l’Eglise universelle, Nous voulons que Nos
lettres apostoliques présentes demeurent pour en perpétuer la mémoire, ordonnant que les copies qui en seront faites, ou même les exemplaires qui en seront imprimés, contresignés de la main d’un notaire public, et munis du sceau d’une personne constituée en dignité ecclésiastique, obtiennent foi absolument auprès de tous, comme le feraient les présentes Lettres elles-mêmes si elles étaient exhibées ou montrées.
Qu’il ne soit permis à qui que ce soit de détruire ou d’attaquer ou contredire, par une audacieuse témérité, cet écrit de Notre déclaration, décision et définition. Si quelqu’un avait la présomption d’y attenter, qu’il sache qu’il encourrait l’indignation du Dieu Tout-Puissant et des bienheureux apôtres Pierre et Paul.
Donné à Rome, près de Saint-Pierre, l’année du très saint Jubilé mil neuf cent cinquante, le premier novembre, en la fête de tous les Saints, de Notre pontificat la douzième année.»
Pie XII,
Constitution apostolique «Munificentissimus Deus», définissant le dogme de l’Assomption, 1er novembre 1950

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Sa majesté SABI NA YINA III intronisé Roi de Nikki vendredi dernier

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Le successeur du roi défunt de Nikki, SERO KORA III, a rejoint le palais où il a été intronisé, le vendredi dernier. Désigné comme roi de Nikki parmi vingt-sept (27) prétendants issus de cinq (5) dynasties, à l’issue d’une phase de sélection, sa majesté SABI NA YINA III a passé une semaine au couvent où il a subi les rituels qui s’imposent, avant son intronisation au palais royal. Il devient ainsi le 4Oème roi du Nikki, selon les cahiers de l’administration et le 41ème selon la tradition orale.

Le film de l’intronisation du roi de Nikki

Sa majesté SABI NA YINA a été intronisé nouveau roi de Nikki, Vendredi 8 août 2014, au palais royal en présence des tètes couronnées, des princes du royaume, des sages, notables et des invités de marque. La cérémonie d’intronisation s’est déroulée suivant des étapes précises. D’abord, le privilège a été accordé au premier ministre, le SINA DUM WIRU, pour transmettre le relais à sa majesté SABI NA YINA III. Ainsi, à l’entrée principale du palais de Nikki, à califourchon puis couché en attitude de vénération, le premier ministre le SINA DUM WIRU prononça les derniers mots de la transition : « ici s’arrête ma mission ».le relais venait d’être transmis à sa majesté SABI NA YINA III. Une semaine après sa désignation, le nouvel empereur de Nikki sort du couvent et regagne le palais. La cérémonie de rasage consacre le démarrage officiel de son règne. Fin d’office, par contre, pour le premier ministre, le SINA DUM WIRU qui assurait la transition depuis le 12 avril 2014 où, SERO KORA III, l’ancien empereur s’est enfoncé dans le sommeil sans retour, « le sommeil profond», pour rester fidèle à la rhétorique culturelle. Pour presque quatre mois du calendrier grégorien, mais cinq mois du calendrier lunaire, tout est allé très vite pour que le peuple béninois salue une transition atypique, pacifique, sans corruption ni contestation dans un pays en proie à une gangréneux marché d’« inflation des rois », pour paraphraser l’historien Djibril DEBOUROU. Nikki devrait avoir sonné le glas des doubles rois qui saquent l’image des civilisations béninoises depuis peu. Mais le film est bien long et chacun pourrait y choisir la scène qui lui plaira le mieux.

12 avril 2014 : le roi Séro Kora III s’en va à l’âge de 102 ans….

Le samedi 12 avril 2014 aux environs de 1heure et demi, le matin, les services de l’état civil devront produire un acte de décès au nom de Kissira Zimé. La dynastie des Korarou enregistre le décès du prince Yerima Banenzi. Mais dans la rhétorique culturelle, le registre veut que l’on dise que le souverain « s’est profondément endormi ». Séro Kora III s’est éteint. L’empire baatonu pleure son souverain. Mais 102 ans sur terre, pour une mission du reste royalement bien accomplie, cela s’entend plus comme une fête qu’un deuil. Encore une fois, le monde entier ne se lassera pas de savourer la profondeur de la culture baatonu. Décès, obsèques et succession, au palais de Nikki, l’on parle bien plus que des vestiges d’une culture vive, sans la moindre ride depuis 600 ans. Dans un dialogue interculturel et interreligieux qui défie quelque politique de laïcité contemporaine.

Enterrement dans l’intimité de la lignée et suivant des rituels de couvent, mais aussi prière musulmane de huitaine pour le repos de l’âme du défunt. Car malgré son mérite inégalable d’avoir respecté la tradition dans ses moindres détails, SERO KORA III est mort musulman, baptisé … Et pourquoi le Chef de l’Etat, Boni YAYI s’empêcherait-il de lui rendre son dernier hommage en cette occasion? Juste à préciser que la prière musulmane la plus médiatisée n’était pourtant pas le clou des obsèques dues à l’empereur de Nikki. Il faudra encore compter trois mois de l’année lunaire.

Entre la sécurisation des biens du défunt, la gestion des affaires courantes de l’empire par le SINA DUM WIRU, le premier ministre, devenu régent du palais, les mois lunaires s’égrènent très vite. Parce qu’aussi, le comptage des mois lunaires en milieu baatonu ne tient pas rigueur aux jours et dates. Un mois entamé est un mois entier, même si l’événement survenait la veille de la disparition du dernier croissant, cet événement vieillira déjà d’un mois le jour suivant. Trois mois passent très vite. Du 12 avril au 26 juin, comptez trois donc.  

Cérémonie « ANANA », d’enlèvement de deuil de l’empereur Séro Kora III…

Jeudi 26 juin 2014. Il sonnait 17 heures. Les trompettes et les tambours sacrés étaient déjà positionnés comme aux grandes heures de célébration de la fête identitaire de la Gaani. L’ambiance des obsèques étaient celles des réjoissances. 102 ans àa se célèbre! Surtout quand y prennent part une bonne centaine de griots, les uns plus démonstratifs que les autres. C’est la phase ultime des cérémonies d’enlèvement de deuil de l’empereur de Nikki, Sero Kora III.  

Tout le dispositif annonce une longue veillée où tour à tour, plus d’une centaine de griots devront rendre un dernier hommage à leur souverain. C’est la cérémonie « ANANA », l’enlèvement de deuil dans la culture baatonu. Pour la dimension de l’empereur, la cérémonie doit durer jusqu’au lendemain à 9 heures.

Le déroulement de la cérémonie ANANA

La mort de l'empereur est semblable à celle d'un buffle abattu, symbole de la puissance du chasseur en milieux boo et baatonu. Comme le veut le rituel, les griots des grands chasseurs boo seront donc les premiers à prendre le tapis. Ils doivent exécuter le rythme Kèrè, du nom d’une guitare à trois cordes, fabriquée à la peau de buffle. Pendant que le chanteur égrène le chapelet des empereurs qui ont précédé le défunt depuis le XVeme siècle, et pendant qu’il déroule ensuite le panégyrique du défunt, les femmes griots, elles aussi, dansent d’un côté, alors que les hommes simulent une partie de chasse au buffle. Dans les cahiers de l’administration, SERO KORA III est le 39ème empereur, alors que la mémoire de la tradition orale, elles, mentionnent que le défunt est plutôt le 40ème. De quoi passer 7 heures de litanies sans se lasser une minute.

En tout cas, pour les règles de l’art, quelques intrusions revigorent les esprits. Les griots flutistes emprunteront quelques minutes aux maîtres du Kèrè. Vient ensuite se greffer le Korokou, lui aussi, griot de baatonu roturier, chasseur. Après arrive, avec sa guitare trois cordes supplantée de grelots métalliques en forme de boucles enroulées en bordures d’un morceau de tôle, l’intarissable YAARU DIGUIDIRU, le maître émérite de la parole historique. Point de place pour le sommeil. Même quand il passera le témoin à son dauphin naturel, MakoYe A Bia. Ballet de griot, disons-nous ! Le maître mot, trouver les assonances et les allitérations, les métaphores les plus originales, pour prouver combien SERO KORA III s’est fait digne de cette civilisation multiséculaire.

2heures du matin. Déjà le 27 juin. Au tout petit matin. La foule ne dégonfle pas. Les yeux brillent encore de mille lumières. Les esprits ne baissent pas de curiosité. Le Kèrè reprend place. Toujours en langue Boo. Pour une bonne demi-heure encore.

2 heures 30 minutes, fini le kèrè et place à la prière musulmane pour une trentaine de minutes bien chronométrées sous l’œil vigilent du Régent, SINA DUM WIRU et des autres "frères" de l’empereur.

Parlant de frères, il s’agit, en remontant dans l’histoire, des princes déçus pour avoir perdu le trône et qui ont émigré vers d’autres contrées pour créer leur royaume. Certains étaient des frères, d’autres des fils, d’autres encore des petits fils. L’on cite, dans la préséance, le BwèSounon, (frère) à Bouè, dans la commune de Bembèrèkè, le Kika Sounon, (frère) à Kika, dans la commune de Tchaourou, le SandiroSounon, (frère) à Sandiro, dans la commune de Pèrèrè, le TooSounon, (frère) à Birni, dans la commune de Kouandé, puis le Bagana, (petit fils) roi de Kouandé. Mais ces relations de parenté, quoique provenant de plusieurs lignées et donc de plusieurs empereurs, sont ainsi reconnues par la mémoire collective et considérées comme telles à ce jour, de sorte qu’en l’absence ou ou cas d’incapacité de l’empereur de célébrer la Gaani, c’est le BwèSounon qui lui supplée. Ainsi, d’indisponibilité en indisponibilité, le Roi de Kouandé, Bagana pourrait célébrer la Gaani (monter le cheval de l’empereur) à Nikki. D’ailleurs, les deux dernières Gaani ont été célébrées par le Bwèsounon, alors que SERO KORA III, encore vivant, était fragilisé dans son état de santé. C’est d’ailleurs pour cette raison que le concept d’empire correspond très bien à ce que le colonisateur a voulu appeler royaume de Nikki.

Retour à la cour du palais. Il est 3 heures du matin. L’ambiance ne tarit pas. Il ne manque d’ailleurs que les chevaux pour afficher l'ambiance de la Gaani. Mais nous sommes en deuil et la mobilisation est à son comble. Le sommeil est allé voir ailleurs arce que les vrais instants doivent démarrer. Le WorouTokoura, le Chef griot du palais, et ses pairs s'installent. Plus d’une centaine, ils ornent la cour tout en laissant jaillir les flammes très peu polluantes du lampion au beurre de karité et à la mèche de coton, au milieu du cercle et tout près de la baguette en argent qui symbolise le deuil. Ce deuil d’ailleurs ne sera terminé que lorsque la baguette sera déterrée, le lampion éteint.Cette baguette symbolise aussi les derniers offices de WorouTokura, griot personnel du défunt à son maître. Ainsi piqué au démarrage de la cérémonie, la baguette devrait être arrachée avant le lever du soleil.

Les griots vont jouer de la musique funèbre et recevoir les dons de tout le peuple de l'empire, en l'occurrence les princes.La cérémonie ANANA est avant tout l'occasion pour les potentiels prétendants au trône de se faire discrètement remarquer par leur générosité à l'endroit des griots.Les griots BAA GUESSERE chantent en langue Sonraï, pendant que l'interprète traduit en baatonum, tout en restant fidèle à la grille musicale prescrite par la voix langoureuse du griot, qui met en compétition puissance de l’abdomen et puissance des cordes vocales, le tout dans un ton pathétique en mesure d’arracher quelques larmes aux plus sensibles. Tambours à grelots et trompettes comme un chœur de chanson, accordent quelques secondes de souffle aux griots qui reprennent du service. En ce moment, qui dans sa calebasse, qui dans son bol, les griots attendent leurs dons. Argent, tissu, tenues, nourriture, mais tout ceci dans un ordre disciplinaire bien millimétré.

Ce matin du 27 juin 2014, les veuves du défunt, toutes de blanc voilées, à peine identifiables ont défilé dans une procession à pas cadencés qui suscite pourtant lamentation et pitié, pour offrir leur présent à chacun de la centaine de griot, pour les remercier des loyaux services qu’ils ont rendu à leur défunt époux. Après eux, défilent les "frères" de l’empereur. Suivront alors les autres généreux anonymes parmi lesquels pourrait être désigné le successeur, qui sait peut-être !

Pour boucler la boucle, ce sera le SINA DUM WIRU. L’on déballe les présents. Chaque griot devra recevoir au moins un pagne neuf.

Le jour se lève sur Nikki et la cour du palais ne désemplit pas. C’est désormais la course contre la montre et contre le soleil qui n’apparaît pas encore à 7 heures, comme par enchantement. Un taureau est offert à WorouTokoura.

Les griots se dirigent alors vers la tombe du défunt pour exécuter leurs dernières louanges. Au retour, la baguette est arrachée. Le lampion éteint. Le deuil est terminé.

Le lendemain, samedi 28 juin, intervient le lavement des veuves et du cheval du défunt. En effet, en milieux baatonu et boo, le cheval est considéré comme une coépouse aux femmes. Les veuves seront rasées. Le partage de l'héritage du défunt mettra définitivement fin au séjour de la famille du défunt dans le palais. Le mur qui avait été élevé pour condamner l'entrée de la case de l'empereur est démoli. La succession est ainsi officiellement ouverte. Les candidatures peuvent commencer par se faire enregistrer dès cet instant.

La succession au trône

Les candidats au trône de Nikki se font enregistrer. Le délai courrait jusqu'au vendredi 4 juillet pour se faire connaître au collège électoral.

Au total, 27 prétendants au trône de Nikki issus de cinq dynasties ont été enregistrés. Il s’agit des Lafiaru (9) des Makararu (5), des Gbaasi (3), des Karawi( et des Koraru. Le collège électoral s’est réuni plusieurs fois pour repréciser les critères de désignation. Toute personne extérieure au collège électoral ne peut dresser la liste exhaustive de ces critères, mais l’on peut en citer quelques-uns.  

Etre prince Wasangari. Etre reconnu comme tel. Avoir des ascendants qui ont brigué avec ou sans succès. Etre de bonne moralité. Etre physiquement apte. Ne pas être jumeau. Ne pas être le quatrième fils de sa famille. Ne pas avoir des boutons de quelque nature que ce soit au visage. Etre orphelin de père et de mère. Ne pas être né au moment où votre père est au trône. Ne pas avoir des scarifications au visage. Dans tous les cas, les parents et les aînés sont favoris… Au fil de la concurrence, la barbe pourrait être un critère pour départager les prétendants les plus méritants.

Plusieurs conclaves ont eu lieu avec pour objectif, d’armer les membres du collège contre toute tentative de corruption.

Une désignation agréablement surprenante

Le 2 août 2014, le premier ministre SINA DUM WIRU convoque la réunion du collège électoral et des prétendants déclarés. L’objectif, disait-il est de signifier à chaque prétendant le ou les critère(s) qui le frappe(nt). Mais les princes wasangari sont loin d’être dupes. Ils savent que cette réunion pourrait être le conclave final. Aussi, le palais s’est-il mis dans une ambiance de fête. A 15 heures, il ne restait que trois candidats en lice. Le Général Bio KPO, Georges SACCA et Sidi   Amouda GOUNOU, tous de la dynastie des lafiaru. Au sein de cette même dynastie se trouvent deux clans que sont les Kpaï et les Wuré. En remontant l’histoire, l’on se rend compte que le dernier empereur issu de cette dynastie est du clan des Wuré. Le tour serait donc à celui des Kpaï. Georges SACCA se trouve ainsi éliminé. Quant à Général BIOKPO il se révèle que son concurrent est un grand oncle à lui. Il se trouve ainsi disqualifié.

Si nous étions au Vatican, nous dirions que la fumée s’apprête à s’échapper de la cheminée. Nous sommes à Nikki, et c’est la voix du griot qui a droit de cité. A 15heures 40 minutes, l’écharpe impériale se pose sur GOUNOU Sidi Amouda. Les trompettes retentissent. C'est fait.Gounou Sidi Amouda est le nouvel empereur de Nikki. Son nom de prince, Nom de prince : Bio Yerima Danri. Nom de règne, SABI NAINA III. Menuisier de profession. Les critères de désignation ont été scrupuleusement respectés. Pas de contestation. Le palais de Nikki est en liesse. L’agriculteur et Menuisier l’a emporté sur un Général et un sur un cadre du ministère des finances à la retraite. Le pari est gagné. SABI NAINA III entre au couvent.

Il n’en ressort qu’une semaine après. Le 8 août, c’est la cérémonie de rasage. Comme d’habitude, la cour du palais grouille encore de monde. Et comme l'exige la procédure, un des petits fils de l’empereur a été rasé symboliquement en lieu et place de l'empereur lui-même. Aux temps des guerres et des conquêtes, on craignait que la vie du souverain soit mise en danger. Aujourd'hui encore la tradition est restée.

Reste l'étape de Ouenou très importante qui doit rigoureusement intervenir avant la Gaani fin décembre. L'étape de Ouenou est prévue au mois d'octobre. La traversée de Ouénou, à 8 Kilomètres à l’Est de Nikki est une épreuve qui consacre la vraie intronisation de l’empereur. Il y subit différents rites d’initiation à la tombe de l’ancêtre SUNO SERO, le premier empereur de Nikki. A l’issue de l’initiation, l’empereur plonge la main dans un pot en argile au hasard parmi plusieurs. Ce qu’il en ressort présagera de l’image de son règne. Par exemple, une flèche symbolisera la guerre. Un bout de céréale ou de tubercule symbolise l’abondance alimentaire. Les cauris symbolisent la richesse. Des gouttes d’eau symbolisent la paix… Le défunt SERO KORA III en avait tiré de l’eau. C’est pourquoi son règne a été pacifique. L’on raconte même qu’à chaque Gaani sous son règne, il devait pleuvoir, la veille, le jour ou le lendemain, quelle que soit la saison. Au retour, dans les temps anciens, il fallait compter avec les embuscades des ennemis tout au long du parcours. C’est pourquoi des sentinelles sont piquées partout sur le chemin pour assurer la sécurité de l’empereur.

Ainsi tourne l’histoire de l’empire de Nikki.

Qui est SABI NAINA III ?

SABI NAINA III âgé d'environ 70 ans est d'abord cultivateur puis menuisier. Il est décrit comme un homme calme, effacé, intègre et très rigoureux. Ce qui lui a valu le poste de délégué du quartier Danri. Il est mari de cinq femmes et père de 25 enfants dont 17 vivants. Il n'est ni intellectuel, ni très fortuné. Aucune pression n'a politique n'a milité en sa faveur. Il a été désigné empereur de Nikki ce samedi 2 août 2014 à 15h40min. Il a passé une semaine au couvent avant d’ètre intronisé, le vendredi 08 aout 2014.

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