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Géraldo Gomez à propos de la chronique de Gbégnonvi : «Le Vodun est mort, vive le Vodun»

Geraldo-Gomez

Bientôt la fête du Vodun au Bénin ! Pour célébrer ce rendez-vous culturel et cultuel, nous avons pris l’habitude, malgré nous je dois dire, de lire ou de nous rappeler les écrits du Professeur GBEGNONVI. Nous le faisons en tant que dignes fils de nos parents africains, béninois : par déférence a minima alors même que nous n’en percevons aucune nécessité tant la répétition des propos et des arguments qui sont assénés contre le Vodun manquent de pertinence et de profondeur.

25 ans après avoir décrété « le Vodun disqualifié », le Professeur Roger GBEGNONVI passe donc au carnet noir, titulaire des pages nécrologiques d’une chaîne de télévision nationale qui a construit son modèle économique sur ces annonces de décès. Nous n’irons pas à penser que la fronde du Professeur contre le Vodun est un fonds de commerce ! Mais ça y ressemble bien.

Pour le Professeur GBEGNONVI, enfin en 2017 le Vodun est mort. Nous faisons alors, à sa place, la promesse que l’an prochain il n’en parlera plus et que d’autres voix plus autorisées à parler des morts prendront la relève. Le Vodun est mort ! Alors vive le développement de Ouidah, d’Allada, d’Abomey, d’Haïti, de Harlem etc…., du moins si le Professeur GBEGNONVI pense toujours avoir raison !

Entre « Le Vodun disqualifié » et « Le Vodun est mort », on notera de grandes ressemblances. Des pans entiers et/ou schémas d’analyse du texte de 1992 sont repris dans « Le Vodun est mort » de 2017. Ce qui consacre l’évolution ‘vodouesque’ de l’auteur : on bouge à reculons pour ne pas dire que rien n’a changé. Mais ceci reste un droit pour l’auteur de ne pas changer d’avis. Toutefois, d’un point de vue analytique, il est difficilement soutenable de produire les mêmes faits, les mêmes règles, les mêmes analyses et aboutir par contrainte intégrée à une conclusion différente, la dernière plus radicale que la précédente : la mort, la disparition. Souvenons-nous ! En 1992, le Professeur évoquait déjà ces fameux sexagénaires et septuagénaires convertis au crépuscule de leur vie ; ce Ouidah ténébreux sans lumières ; Haïti dont les dirigeants portés au pouvoir par la ‘force’ du vodun s’en méfiaient ensuite systématiquement, double terre de misère ….

Le péché originel du Professeur GBEGNONVI dans son approche du Vodun est qu’il choisit (un droit intellectuel inaliénable) de ne pas parler du Vodun. Il s’offrait pourtant à lui trois grilles de lecture du Vodun : l’angle sociologique (et anthropologique), l’angle cultuel et l’angle culturel. A tous ses aspects très féconds pour renseigner tout néophyte sur ce qu’est le Vodun, le Professeur GBEGNONVI semble invariablement préférer un Vodun providentiel et utilitariste qui, s’il ne produit ni bonheur, ni développement économique, est disqualifié ! Et si ce Vodun ne s’empressait point de correspondre aux injonctions de Roger GBEGNONVI, son certificat de décès lui était garanti. Et même lorsque le Professeur croit parler des pratiques du Vodun, c’est dans une confusion hardie de différentes fonctions : vodun, prêtres vodun, bokonon et autres sorcelleries. …

En 1992, après lecture de « Le Vodun disqualifié » du Professeur GBEGNONVI, j’exprimais quelques interrogations ouvertes sur cette vision utilitariste du Vodun par le Professeur GBEGNONVI. Doit-on attendre du Vodun qu’il réalisât tous les espoirs du Professeur GBEGNONVI avant de l’admettre pour ce qu’il doit être ? Si oui, qu’est-ce qui a fait la gloire de la Grèce et de la Rome Antiques ? Et qu’est-ce qui en a provoqué le déclin ? Le Dieu des Juifs les a-t-il préservés du funeste gazage dont ils furent victimes et qui constitue à nos jours l’un des plus honteux crimes de notre humanité sur elle-même ? Le Dieu des Catholique a-t-il pu empêcher leurs auteurs d’avoir la macabre idée puis de la mettre en œuvre : celle de la traite négrière, un autre crime contre l’humanité ?

Des voix autorisées pour exposer ce qu’est le Vodun pourront le faire en détail et tenter de convaincre le Professeur GBEGNONVI. La tâche leur serait plus facile s’il admettait déjà ce préambule que je m’accorde, à savoir : nous mettre d’accord sur une méthodologie scientifique pour approcher un fait social, en l’objectivant, et le sérieux des analyses comparatives historiques nous permettant de tirer des conclusions valables.

Avec Max Weber, il y a eu une très belle lecture du "protestantisme et l'esprit du capitalisme". L'auteur y exposait ce qui pouvait expliquer une certaine propension des Protestants à marquer une présence matérielle favorable dans la société à l'opposé des catholiques par exemple. Tout tournait selon Max Weber autour de la perception par chacun de sa "vocation". Cette Vocation est justifiée dans une quête constante de perfectionnement et d'amélioration constante de chaque situation antérieure (la Beruf). Il s'agit donc d'une tension de l'esprit qu'on peut mieux comprendre avec Hegel qui parle de ce même objectif en terme de liberté qui n'est autre chose que l'état dans lequel nous nous trouvons lorsque l'esprit devient son propre sujet. Cette même prédisposition existe dans l'approche cultuelle du Vodun qui reçoit toute forme de philosophies et de religions comme outils complémentaires de ce perfectionnement de soi par ouverture au monde.
Le VODUN EST MORT, VIVE LE VODUN !

Géraldo GOMEZ

Dernière modification lejeudi, 12 janvier 2017 04:51
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