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Appel à la création de la Cour des comptes : Pourquoi ce réveil soudain de la société civile?

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Les organisations de la Société civile (Osc) ont appelé la semaine écoulée à la création de la Cour des comptes. Beaucoup ont jugé curieux ce brusque réveil qui coïncide avec l’installation de la 6ème mandature de la Cour constitutionnelle.

Faut-il se méfier de la mobilisation subite des Osc autour du projet de création de la Cour des comptes au Bénin? Il y a  en tout cas des indices qui amènent à réfléchir sur les vrais objectifs de la coalition des Osc « Maintenant la Cour des comptes au Bénin». Dans une déclaration publiée le 08 juin dernier, plusieurs Ong et autres structures ont souligné la nécessité de créer enfin au Bénin la Cour des comptes. « Il n’y a pas de bonne gestion des finances publiques sans un contrôle efficace dévolu à une juridiction financière indépendante et dotée de pouvoirs et de capacités d’investigation étendues », ont-ils souligné dans le document rendu public citant ainsi la Directive n°002/2000/Cm/Uemoa du 29 juin 2000 portant Code de transparence dans la gestion des finances publiques au sein de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa). La coalition a même été très claire par rapport à la procédure devant permettre la concrétisation de cette réforme. « Nous lançons solennellement un vibrant appel à l’Assemblée nationale pour Maintenant la Cour des comptes au Bénin à travers une révision ciblée des articles 131 et 134 de la Constitution du 11 décembre 1990», a-t-elle déclaré. L’idée de la réforme est bonne puisqu’elle devrait permettre au Bénin d’assainir davantage ses finances publiques. La Cour des comptes devrait donner plus d’importance au sein de l’opinion aux juges financiers et pourrait bien influencer les comportements des responsables ayant en charge la gestion de l’argent public. Cependant, beaucoup s’interrogent sur le timing  de cette mobilisation. Pourquoi maintenant? Pourquoi cette coalition a-t-elle décidé de faire ce plaidoyer maintenant? Pourquoi, elle ne l’a pas fait il y a trois ans? Quelles sont les vraies motivations de la coalition? En réalité, dans l’opinion, certains n’ont pas encore réussi à trouver des réponses à ces questionnements. La création de ladite Cour avait bien été proposée par l’ancien régime. Mais on n’avait pas enregistré une telle mobilisation de la société civile. Bien au contraire, certaines Osc ont combattu le projet en le qualifiant d’opportuniste. Aujourd’hui, presque les mêmes Osc trouvent cette réforme nécessaire et déterminante pour la réussite de la lutte contre la corruption au Bénin. Or, avec la Chambre des comptes logée à la Cour suprême, le Bénin fait déjà de petites prouesses. Dans un post fait ce week-end sur sa page Facebook, l’ancien président de l’Union nationale des magistrats du Bénin (Unamab), Michel Adjaka a écrit à propos de la question : « (…) si la création d’une Cour des comptes était la panacée contre la gangrène  que constitue la corruption, certains pays de l’Uemoa, qui en disposent, auraient  réduit leur corruption et surclassé le Bénin dans le classement 2017 de l’OngTransparency international sur l’indice de perception de ce fléau. Au contraire, malgré sa chambre des comptes, accusée à tort, le Bénin était 15ème  au plan africain derrière le Sénégal et le Burkina-Faso et 86ème au plan mondial». Le magistrat Adjaka a ainsi démontré l’efficacité de l’actuelle chambre des comptes qui devrait briller davantage si elle était dotée de gros moyens. Il n’y a donc visiblement aucune urgence à faire cette réforme, sauf l’obligation qu’a le Bénin à se conformer à une directive d’une organisation sous-régionale. Ce qui parait davantage curieux, c’est que cet appel de la coalition intervient au moment où la nouvelle Cour constitutionnelle s’installe. Une Cour dont la quasi-totalité des membres est réputée proche du gouvernement et de la majorité parlementaire. S’il n’y a pas de liens rationnels entre les deux évènements, on pourrait cependant  souligner que la Coalition née le 21 mai dernier a attendu qu’une Cour, dont les membres sont acquis a priori à la cause de la Rupture, s’installe pour passer son message. Et certains observateurs soulignent qu’en osant proposer la  seule voie à suivre pour concrétiser la réforme, la Coalition semble désormais militer pour la révision de la Constitution et serait dans une mission précise : préparer les esprits à accepter le projet.  « Maintenant la Cour des comptes au Bénin» serait-elle en train de faciliter la tâche au gouvernement de la Rupture qui n’a pas encore rangé ses réformes constitutionnelles jugées liberticides et rejetées par la population? Son choix amène à tout le moins certains citoyens à douter de son objectivité et de son impartialité. Le réveil est soudain et l’intérêt brusque. L’attitude de cette nouvelle coalition présidée par Martin Assogba est inattendue. Beaucoup craignent qu’elle soit simplement au service du gouvernement.

Mike MAHOUNA    

Dernière modification lemardi, 12 juin 2018 05:15
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