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Interdiction de chargement hors parc : Les conducteurs victimes de tracasseries policières

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(Bonjour la corruption sur les voies)
Vendredi 09 février 2018. Il est 06h 30mn. A bord d’un minibus en partance pour Pahou. Les fameux Tokpa-Takpa dont raffolent les femmes à cause de son prix relativement bas. 250FCfa du marché Tokpa au marché de Cococodji, 400 voire 300FCfa de Tokpa au marché de Pahou. Et ceci dans les deux sens. Arrivée à Agontikpon, le minibus s’arrête pour prendre un client au bord de la voie. Le comportement du chauffeur qui regardait à tout instant dans le rétroviseur de droite comme  de gauche renseignait que l’acte qu’il est en train d’accomplir n’est peut-être pas règlementaire. Le client qui prend assez de temps avant de monter à bord. Les autres passagers qui étaient déjà dans le bus, n’en pouvaient plus de patienter. Marchandes pour la plupart, les femmes ont pour devise : «  pour faire un bon marché, il faut y aller tôt ». Le client monte finalement dans le minibus mais  le conducteur ne démarre toujours pas. Excédées, les marchandes ont poussé un tel cri de colère que tous les regards étaient subitement braqués sur le conducteur. C’est à ce moment précis, qu’on voit le conducteur remettre 1000FCfa à deux agents de police sur une moto qui l’ont serré du côté chauffeur. Une fois la formalité remplie, les deux agents ont poursuivi leur chemin.

Quelques jours avant ce vendredi, à bord d’un autre minibus toujours sur le même itinéraire Tokpa-Pahou, un peu avant le carrefour Mènontin, carrefour Bénin marché, le conducteur s’est arrêté pour prendre un client. Mais arrivée au niveau du carrefour, un agent de police lui  fait signe de s’arrêter. Jusque-là, on pensait qu’il régulait la circulation et que c’était  juste pour permettre à ceux qui vont du côté de l’hôpital de Mènontin, de traverser la voie. Grande était donc la surprise du conducteur et des passagers quand l’agent demanda au conducteur de descendre du véhicule avec son livret de bord. « Qu’est-ce que j’ai fait ? », demanda éberlué le conducteur. C’est alors que l’agent a répondu : « il est interdit de faire des chargements hors parc ».

Depuis quelques temps donc, il est interdit aux conducteurs de taxi, que ça soit les minibus ou les véhicules à 5 places de prendre des passagers sur la voie. Ils doivent faire des chargements uniquement sur le parc à eux aménagé après l’opération de déguerpissement, quelque part en périphérie du marché Dantokpa. Le conducteur de taxi qui ne respecte pas cela, et qui prend le risque de faire des arrêts sur la voie, est alors assujetti à des tracasseries policières qui le condamnent à payer soit 1000f si les agents en face sont indulgents ou 2000FCfa quand il a à faire à des agents intransigeants. Il en est de même pour les conducteurs qui pratiquent l’axe Tokpa-Calavi. Des sommes qui ne vont presque jamais dans les caisses de l’Etat.

Une réforme mal pensée

A la question de savoir pourquoi certains conducteurs de taxi refusent de charger sur le parcet prennent la voie à la recherche de passagers au risque de payer 1000F ou 2000FCfa à des agents lorsqu’ils se font surprendre, il y a des raisons multiples. D’abord le chargement sur le parc coûte au conducteur 1500F. Pour un minibus rempli qui va à Cococodji par exemple, cela revient à 4500FCfa au conducteur, les quatre sièges de l’intérieur et les deux clients qui sont à côté du chauffeur. C’est donc de ces 4500FCfa, qu’il faut déduire les 1500F à payer sur le parc par chargement. Quand on sait qu’il faut mettre du carburant dans le véhicule, payer l’apprenti qui fait les chargements et trouver en suite l’argent du propriétaire du minibus, pour les conducteurs, il y a matière à réfléchir. D’un autre côté, vu le nombre de véhicules, il faut attendre un temps fou avant d’avoir un tour. Une fois de retour, il faut se mettre encore dans le fil d’attente. A tel enseigne qu’un conducteur qui fait son chargement sur le parc, n’est pas certain de faire trois chargements par jour. L’autre réponse des conducteurs est que celui qui veut aller à Pahou ou à Cococodji et qui réside à Vèdoko par exemple ne prendra jamais un taxi-moto pour aller d’abord à Tokpa sous prétexte qu’il est interdit aux véhicules de prendre des passagers sur la voie. Il lui est plus rentable d’attendre un taxi au bord de la voie ou  à défaut de prendre directement un taxi-moto pour se rendre là où il va.

A tout point de vue, la réforme d’interdiction de chargement hors parc n’est pas pertinente. Elle n’a aucune chance de prospérer. Et ce faisant, ce sont les forces de l’ordre qui y trouvent leur compte en prenant 1000F ou 2000FCfa chez les conducteurs décident de braver l’interdiction. Quoi de plus normal qu’ils soient aux aguets ? Dans un contexte de lutte contre le rançonnement sur les voies, cette réforme, au contraire, encourage la pratique. Voilà un chantier pour le tout nouveau directeur général de la Police républicaine Nazaire Hounonkpè.

B.H

Dernière modification lejeudi, 15 février 2018 05:38
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