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Conflits, sécurité alimentaire et nutrition : Quelles incidences ?

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Dans son rapport sur l’État de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde 2017, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao), a fait le constat des répercussions négatives des conflits sur la sécurité alimentaire et la nutrition. Il en ressort que la manière dont les conflits influent sur la sécurité alimentaire et la nutrition, dépend fortement du contexte.

D’après le rapport de la Fao, les conflits sont à la base des effets multiples et aggravants, à la fois directs et indirects, qui se manifestent par des voies très diverses. Les conflits violents peuvent avoir des conséquences immédiates sur la sécurité alimentaire et la nutrition et des effets dévastateurs sur la santé, le bien-être, la productivité et le développement physique et cognitif des individus, leur vie durant. Les conflits sont souvent le principal déterminant de la famine et des crises alimentaires.Les conflits peuvent causer des crises économiques profondes, accélérer l’inflation, perturber l’emploi et éroder les crédits destinés à la protection sociale et à la santé, aux dépens non seulement de la disponibilité d’aliments et de l’accès aux denrées sur les marchés mais aussi de la santé et de la nutrition. L’impact sur les systèmes alimentaires peut être grave si l’économie et les moyens d'existence des populations sont fortement tributaires de l’agriculture, car les effets se font sentir tout au long de la chaîne de valeur alimentaire production, récolte, transformation, transport, financement et commercialisation.Les conflits sapent la résilience indique le rapport et forcent souvent les individus et les ménages à adopter des stratégies d’adaptation de plus en plus destructrices et irréversibles, qui compromettent leurs moyens d'existence, leur sécurité alimentaire et leur nutrition à long terme.Il en ressort que dans les pays touchés par un conflit, les taux moyens de sous-alimentation et de dénutrition sont plus élevés que dans les pays épargnés par les conflits.

Conflits, catastrophes et crises alimentaires

Le Rapport mondial sur les crises alimentaires (2017) indique que pendant la seule année 2016, en raison des conflits violents et de l’insécurité civile, plus de 63 millions de personnes dans13 pays ont été réduites à une situation grave d’insécurité alimentaire aiguë nécessitant une assistance humanitaire urgente. Les problèmes liés à l’insécurité alimentaire et à la malnutrition aiguës ont tendance à s’amplifier lorsque des catastrophes naturelles – sécheresses ou inondations, entre autres – aggravent l’impact des conflits. La concomitance de conflits et de catastrophes naturelles d’origine climatique pourrait être plus fréquente sous l'effet du changement climatique, car celui-ci non seulement aggrave les problèmes liés à l’insécurité alimentaire et à la sous-alimentation, mais peut aussi mener inexorablement à des conflits, des crises prolongées et des situations de fragilité. La mesure dans laquelle un conflit conduit à une insécurité alimentaire aiguë ou chronique est en grande partie déterminée par la manière dont il influe sur les moyens d’existence des individus, des ménages et des communautés à des moments divers, et sur les déterminants directs et indirects de la sécurité alimentaire des individus et des ménages.

De graves répercussions pour la population

Selon la Fao, les conflits peuvent avoir des effets dévastateurs sur la consommation alimentaire et la santé (morbidité et mortalité), notamment les quatre dimensions de la sécurité alimentaire (disponibilité, accès, utilisation et stabilité), sur les pratiques de soins individuelles, les services de santé et un milieu de vie sain. En outre, les conflits peuvent avoir des incidences immédiates ou conditionner à terme l’existence et la nutrition des individus. Selon le rapport, il est parfois difficile d’évaluer exactement la manière dont les conflits touchent la sécurité alimentaire. Les impacts peuvent se produire dans le même temps et/ou postérieurement, ce qui peut avoir des effets aggravants sur la consommation alimentaire, les pratiques de soins et la santé. Les répercussions des conflits peuvent être directes (telles que les mouvements de population forcés, la destruction des stocks alimentaires et des moyens de production et l’augmentation des complications de santé, y compris le décès) et/ou indirectes (par exemple des changements économiques, sociaux et institutionnels). Les effets indirects se manifestent parfois sous la forme de perturbations des systèmes alimentaires et des marchés, qui font monter les prix ou réduisent le pouvoir d'achat des ménages. Il arrive que l’accès à l’eau et aux combustibles pour la cuisson des aliments soit limité, ce qui a des incidences négatives sur la préparation des aliments, les pratiques d’alimentation et la répartition des aliments au sein du ménage. Compte tenu de cette complexité et des contextes particuliers, toute analyse de l’impact des conflits sur la sécurité alimentaire et la nutrition et les complications de santé associées doit reposer sur des études de cas concrètes. Loin d’avoir un seul impact, les conflits ont généralement des effets multiples et aggravants, qui se manifestent tous au même moment, et dont la complexité doit être dûment prise en compte lors de la conception des programmes et des politiques d’intervention. Par exemple, à travers ses effets sur l’économie et les prix, un conflit peut réduire l’accès des ménages aux aliments et limiter les déplacements de telle sorte que les ménages n’aient plus accès aux aliments, aux services de santé et à de l'eau salubre, ce qui augmente la prévalence des maladies et dans certains cas de la mortalité. Les approches à court-terme et à caractère sectoriel axées sur la résolution d’un seul problème ont donc peu de chances d’être efficaces. Les exemples du Soudan du Sud et du Yémen, illustrent bien la manière dont un conflit peut avoir des effets cumulatifs sur la sécurité alimentaire et la nutrition.

Comment atténuer les impacts ?

D’après la Fao, pour atténuer ces impacts et renforcer la résilience, il faudrait insister davantage sur la programmation multisectorielle dans le cadre d’approches intégrées de développement qui dépassent le cadre humanitaire. L’impact des conflits sur la sécurité alimentaire et la nutrition est très lié au contexte et dépend de la vulnérabilité des moyens d'existence ainsi que de la nature du conflit. Toutefois, dans leur manière d’influer sur les moyens d’existence et la sécurité alimentaire, les situations de conflit présentent des caractéristiques communes qu’il importe de comprendre si l’on veut définir des réponses adéquates en termes d’atténuation et de prévention.

 
Thomas AZANMASSO

Dernière modification levendredi, 13 octobre 2017 07:05
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