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Politique

Tensions sociopolitiques au Bénin : Aveux d’impuissance…

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Face à la détermination des syndicats, le ministre des Enseignements du Maternel et Primaire (MEMP) a du rapporter sa décision et face à l’indignation de la communauté musulmane, le chef de l’Etat est contraint à faire recours à la négociation : c’est peu dire que de faire le constat que le rapport de forces annonce que la gouvernance de la Rupture gagnerait à changer de méthodologie dans la gouvernance…

Bien malin qui pourra prédire que la conclusion de la rencontre prévue pour ce samedi 04 février 2017 entre le chef de l’Etat Patrice Talon et les leaders de la communauté islamique du Bénin sera heureuse. Au mieux, au regard de l’indignation des fidèles d’Allah, face à la bourde zélée du Préfet du Littoral et de la sortie malheureuse de deux membres du Gouvernement qui ont versé de l’huile sur le feu de la colère des musulmans interdits de culte sur les espaces publics, on peut espérer que Patrice Talon jouera dans le registre de la conciliation. Ce qui reviendra à dédire le Préfet Toboula et le Gouvernement, le temps de faire baisser la tension sociale. En attendant de trouver les bonnes voies pour faire déguerpir les mosquées des trottoirs, notamment pour le culte de la mi-journée, nommé «Dohr » les vendredis. Pour le moment, c’est un aveu d’impuissance.Et ce n’est le seul de la semaine : face au bras de fer qui l'oppose au gouvernement, le syndicat des enseignants du primaire vient de remporter la manche.

Capitulation du MEMP

En effet, suite aux mouvements de grèves qui ont secoué les Enseignements du Maternel et Primaire au Bénin et à la détermination des Enseignants de durcir lesdits mouvements avec l'entrée en grèves de leurs collègues du Secondaire, le MEMP Karimou Salimane a capitulé. Pour preuve, il a été obligé de rapporter les arrêtés par lesquels il a sollicité les services des inspecteurs et conseillers pédagogiques admis à la retraite.   C'était également une occasion pour les enseignants d'arracher une promesse faite par l'autorité de tutelle, de mettre en place une commission qui aura pour mission de rédiger les arrêtés d'application des Statuts particuliers des Enseignants avant le 15 Février 2017.

De fait, ce n'est pas la première fois que le gouvernement et son Chef capitulent devant des mesures et décision mises en œuvre sans la méthode adaptée. Qu'il vous souvienne déjà que grâce à une veille citoyenne active sur les réseaux sociaux, le marché de réalisation de cartes scolaires accordé de gré à gré à SAMTAL Technologie, une entreprise appartenant à un membre de la famille Talon, par une injonction du Chef de l'État, le ministre de l'Enseignement secondaire a aussi rapporté l'arrêté d'attribution dudit marché à SAMTAL Technologie.

Cherche coach pour Golden boy

Face à ces capitulations répétées, on se pose la question de savoir à quoi sert cette cellule d'analyse des arrêtés et projets installés dans les locaux de la Marina. Mieux de l’avis des analystes, tout ceci prouve que la qualité de la capacité de gestion managériale, qui a fait le succès extraordinaire du Président de la République, Patrice TALON dans le monde des affairesa du mal à s’adapter aux réalités de la scène politique et au cadre de la gouvernance démocratique.Pour faire court, disons que Patrice Talon le Golden boy des Affaires a encore besoin d'être coaché pour devenir un bon leader politique... Affaire à suivre de près.
 
MM

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Révision de la grille tarifaire des actes des huissiers : Des prix exorbitants bientôt imposés aux Béninois ?

armoiries

De nouveaux tarifs seront proposéspour les actes d’huissiers de justice, précisément en matière civile et commerciale.  C’est l’une des décisions  prises ce mercredi en Conseil des ministres. «Les tarifs des actes d’huissiers de justice sont rigoureusement règlementés, en raison de la mission de service public dont relèvent leurs activités. Ceux actuellement en vigueur datent de 2005. Après plus de 10 années d’application, certains de ces tarifs se révèlent de plus en plus inadaptés à l’évolution du coût de la vie et des diligences que requièrent parfois les actes de leur ministère», a déclaré hier lors d’un point de presse, le ministre d’Etat, Secrétaire général de la présidence Pascal Irénée Koupaki. A l’entendre, le Conseil des ministres a déjàadopté un projet de décret qui modifie les articles 1er et 2 du décret n°2005-38 du 09 mars 2005 fixant les tarifs des actes d’huissiers de justice en matière civile et commerciale. Les nouveaux prix seront donc rendus publics incessamment. Seulement depuis hier, certains observateurs font part de leurs inquiétudes par rapport aux nouvelles annonces que fera le gouvernement. La situation socio-économique nationale est critique. L’activité économique a ralenti. Le gouvernement prendrait-il la meilleure décision en augmentant les tarifs des actes des huissiers de justice? Face aux besoins criards de ressources publiques, Patrice Talon et son équipe pourraient bien proposer des tarifs excessifs. Des prix seulement à la portée des grandes bourses. Ce qui pourrait être contre-productif. Non seulement, ladite mesure sera difficilement appliquée, mais aussi, elle pourrait susciter des réactions au sein d’une partie de la population. Le Bénin traverse une crise économique. Le gouvernement devrait réaliser des choix conséquents pour ne pas provoquer l’ire des citoyens.

M.M.

Nouveaux tarifs des actes d’huissiers de justice en matière civile et commerciale

Les tarifs des actes d’huissiers de justice sont rigoureusement règlementés, en raison de la mission de service public dont relèvent leurs activités. Ceux actuellement en vigueur datent de 2005. Après plus de 10 années d’application, certains de ces tarifs se révèlent de plus en plus inadaptés à l’évolution du coût de la vie et des diligences que requièrent parfois les actes de leur ministère. La Chambre nationale des Huissiers du Bénin a soulevé certaines préoccupations qui ont été examinées au cours des séances de travail qui ont eu lieu entre le Ministère de la Justice et la Chambre. Sur la base des éléments de comparaison recueillis dans la sous-région ouest africaine notamment, il est apparu la nécessité de réviser la grille tarifaire des actes des Huissiers. Le Conseil a, en conséquence, adopté le projet de décret portant modification des articles 1er et 2 du décret n°2005-38 du 09 mars 2005 fixant les tarifs des actes d’huissiers de justice en matière civile et commerciale.

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Le secteur culturel en débat sur « Président d’un Jour » : Samuel Dovi en déplore la gestion

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Il a nom Samuel Dovi. C’est lui que nous recevons sur ce numéro de votre rubrique ‘’Président d’un jour’’. La  trouvaille du groupe de presse Matin Libre dont l’objectif est de permettre aux ados de s’exprimer sur la gestion de la chose publique. L’occasion est aussi donnée aux dirigeants de s’imprégner des difficultés que vivent les plus jeunes afin de prendre en compte, dans la mesure du possible, leurs propositions. ‘’Président d’un jour’’ s’étend sur toute l’étendue du territoire national. Pour ce numéro, nous sommes dans les profondeurs de Cococodji précisément à Sèdjè. Bienvenue dans le verbatim !!!

Matin Libre : Bonjour monsieur le président Dovi. Matin Libre se sent honorer.Merci de nous recevoir chez vous. En général, quelle appréciation faites-vous de l’état du pays? En un mot, comment va le Bénin?

Président Samuel Dovi : quand j’analyse, je vois que nous sommes  différents des autres pays sur plusieurs plans. Sur le plan économique par exemple, nous sommes un peu dominés si je dois parler en ces termes. L’économie n’est pas du tout bonne. Nous parlons longtemps de Pays en voie de développement mais le constat qui est fait, est que depuis ce moment,nous ne remarquons aucun changement. Par rapport aux autres pays, nous sommes très différents.Tout d’abord, le développement de ce pays passera par une bonne gouvernance. Une gouvernance qui est l’art de gérer les affaires publiques pour le bien individuel et collectif.Donc là, une bonne gouvernance assurera le développement du pays.

Quand vous parlez de bonne gouvernance vous y mettez quoi?

Bien gérer les affaires publiques. Quand je parle de bonne gouvernance, je parle d’une bonne gestion des ressources disponibles, afin qu’il y ait parité entre les régions, les collectivités. Les choses sont mal gérées.

Nous sommes en 2017, quels sont vos chantiers?

Dans le secteur de la santé, je vais renforcer la mesure concernant la gratuité de la césarienne. Faire en sorte que cette initiative dure afin que toutes les femmes en bénéficient. J’ai entendu parler des médicaments génériques disponibles dans les pharmacies. Même si les médicaments qu’on doit acheter ne sont pas disponibles, il faut mettre à la disposition des citoyens, des centres où des médicaments seront disponibles à des prix abordables. Quand je prends par exemple les personnes des zones rurales, je constate qu’elles n’ont pas vraiment accès aux soins de santé. Elles ne disposent pas d’hôpitaux pour leur prise en charge. Sur ce plan, j’aimerais et j’envisage la création de plusieurs centres de santé dans les zones rurales munis d’équipements de santé pour qu’elles accèdent aussi aux soins de santé. Après l’équipement des centres, il faut la formation de certains agents.

Quand je prends le domaine de l’enseignement, le constat que je fais est que nous sommes véritablement touchés. Moi, personnellement, je suis véritablement touché avec l’Apc. Les apprenants deviennent maintenant paresseux et si on peut faire revenir le système de l’ancien programme, ce sera vraiment bien. C’est vrai qu’il y a certains apprenants qui n’ont pas la volonté. Pour cela, il faut créer un certain système d’entreprenariat pour que les apprenants qui n’ont pas la volonté de poursuivre les études s’exercent à des métiers qui leur seront profitables.

Sur le plan énergétique, le Bénin est vraiment dépendant des pays de l’extérieur. La construction des barrages hydro-électriques nous permettra un peu d’être indépendants. Les panneaux solaires ne fonctionnent pas tout le temps. Ça peut être la solution mais nous allons renforcer le système. Quand les pluies tombent…

Avant de poursuivre cet entretien, dites-nous, qui est Samuel Dovi ?

Le président Samuel Dovi est élève en classe de terminale A2 au Complexe scolaire évangélique Béraka. J’ai actuellement 16 ans. Je suis de dénomination chrétienne évangélique. J’ai derrière moi un frère et deux sœurs. Mon père s’appelle Mathias Dovi, il est artiste peintre et ma mère Victoire Dossou, elle est revendeuse. J’aime écouter la musique, j’aime aussi la lecture. J’aime suivre les séries parce que parfois dans ces séries, je tire des leçons. Mes plats préférés sont la pâte et le riz.

Un mot sur la culture au Bénin

A part le 10 janvier, on ne saurait même pas si le Bénin dispose  d’une culture. C’est à travers le 10 janvier qu’on sait maintenant que le Bénin dispose d’une culture et là, on commence par valoriser le Bénin sur le plan culturel. Nous disposons de plusieurs atouts touristiques sur le plan culturel par exemple, la Porte du non-retour, les Tatas-Somba, qui ont besoin d’être mis en valeur pour générer des devises.

La peinture nourrit-elle son homme au Bénin ?

Au Bénin? Je ne peux pas le dire. Parce que, si je prends l’exemple de papa, depuis qu’il a commencé, je ne peux pas dire que la peinture nourrit son homme. Mais contrairement aux autres pays, on sait, on connait l’importance de l’artiste peintre. Mais au Bénin n’eût été la Fondation Zinsou, on ne saurait même pas qu’il existe des artistes peintres. Alors que la peinture véhicule également des informations. La peinture est également une forme de langage. Mais au Bénin, tel n’est pas le cas. Il faut davantage créer des centres culturels pour amener ces artistes peintres à mettre en œuvre ce qu’ils ont en tête, à passer des informations à travers la peinture.

Mais, est-ce le Bénin dispose encore de salles de cinéma? D’abord le Bénin a-t-il un cinéma?

Bon, est-ce que moi je connais même une salle de cinéma ? Mis à part le Ciné vogue…Mais est-ce que ça existe encore?On a des cinéastes mais pas de renom. Djimon Houssou reste une fierté des Etats-Unis. Est-ce que c’est parce qu’au Bénin, nous ne disposons des équipements qui leur permettront de tourner des vidéos, de faire des mises en scènes? Au Bénin, nous ne savons que faire du théâtre classique et de rue mais ça ne suffit pas. Il faut renforcer. Moi, je parlerai toujours de renforcement parce que ça existe déjà. Maintenant, il faut renforcer le secteur du cinéma pour que ceux qui  ont déjà commencé s’adaptent mieux à travers des moyens qu’on mettra à leur disposition. Il faut les former surtout. S’il faut prendre des acteurs de l’extérieur pour les former, ce serait bien.

Votre mot de la fin monsieur le président

Les chefs d’Etat et de gouvernement, eux, leur vision, c’est l’intérêt personnel. Ils ne pensent ni aux populations, ni aux citoyens. S’ils le font, c’est parce que ‘’je dois le faire’’. Sinon, depuis un certain moment, le Bénin doit être un pays développé. Mais, il est au ralenti, très. Je formule aux Béninois, mes vœux de bonne santé, beaucoup de travail, d’argent, et la paix aussi.
 

Cyrience KOUGNANDE

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Gouvernement de la Rupture : Koupaki n’est plus ministre ?

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Pascal Irénée Koupaki est-il toujours ministre d’Etat ou bénéficie-t-il seulement d’un titre pompeux sans réel contenu ? Tout prouve que le chantre de la Nouvelle conscience est plus qu’un secrétaire général du gouvernement qu’un ministre. Nos sources précisent que depuis sa nomination, le ministre d’Etat n’a pas de cabinet et ne bénéficie pas des mêmes attributs que les autres membres du gouvernement. A l’opposé de son collègue ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement Abdoulaye Bio Tchané qui est bien installé dans les locaux de l’ancien ministre du Plan et du Développement, Pascal Irénée Koupaki est toujours logé à la présidence de la République où il officie en tant que secrétaire général du gouvernement. Ce rôle que d’aucuns qualifient de « lecteur des mercredis soir » semble être la seule occupation du ministre. Et ça fait déjà 10 mois que cela dure. Ce  qui était considéré au départ comme une situation conjoncturelle, s’est avéré définitive. Du coup, la guerre de préséance qui faisait rage entre les deux ministres d’Etat pour s’arroger le titre de N°2 du gouvernement n’a plus sa raison d’être. Patrice Talon semble avoir fait l’option d’un seul ministre d’Etat. Et tant mieux pour lui si le second se contente seulement du titre. Car en réalité, rien dans les faits ne permet d’affirmer que Pascal Irénée Koupaki est un ministre au même titre que les autres membres du gouvernement.

Worou BORO

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Sortie sélective du « porte-parole » du gouvernement : Djogbénou doit se taire ou démissionner

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Le gouvernement de la Rupture pèche par manque de réaction prompte sur les sujets brûlants de l’actualité. A tel enseigne qu’on doute de l’existence d’un porte-parole du gouvernement. Pourtant, il en existe bel et bien un et il répond au nom de Joseph Djogbénou, Garde des sceaux, ministre de la Justice. Mais pour un porte-parole, Joseph Djogbénou sélectionne plutôt les sujets sur lesquels, il porte la voix du gouvernement. Dans l’affaire 18kg de cocaïne retrouvée dans l’un des containers de la société de Sébastien Ajavon, le porte-parole, après moult interpellations, a fini par se prononcer sur le dossier. « C’est une affaire de justice et non une affaire politique », avait-il affirmé. On peut conclure que cette sortie arrangeait le gouvernement. L’autre sortie du porte-parole est relative à la polémique en cours sur l’interdiction de l’expression de la foi dans les rues. Venant au secours du préfet du Littoral, Joseph Djogbénou a enfoncé le clou en élargissant l’interdiction à toutes les autres confessions religieuses. Cette sortie est moins réussie puisqu’elle n’a fait qu’en rajouter à la polémique. Outre la communauté musulmane, le gouvernement, par cette sortie, s’est mis à dos l’église catholique et les religions endogènes.

Mais il y a d’autres sujets, pas moins importants sur lesquels le porte-parole a gardé jusque-là un silence de cimetière. L’affrontement entre fidèles de Banamè et populations d’Abomey n’est-il pas un sujet qui mérite l’attention du gouvernement ? Il en est de même du drame qui a frappé des ‘’daagbovi’’ de Porto-Novo et qui a causé la mort de 5 fidèles de l’église de Banamè. Il est vrai que le ministre de la Santé s’est rendu sur les lieux. Mais qui mieux que Joseph Djogbénou, porte-parole, de surcroit ministre de la justice pour dire la position officielle du gouvernement dans ces deux dossiers. Surtout qu’à Abomey comme à Porto-Novo, les faits nécessitent l’ouverture d’une enquête judiciaire afin de situer les responsabilités. Mais Joseph Djogbénou n’a pas jugé opportun de porter la parole du gouvernement sur ces drames. C’est à croire que les événements qui ont occasionné des dégâts matériels importants à Abomey et des pertes en vies humaines à Porto-Novo ne sont pas plus importants que l’affaire de 18kg de cocaïne ou l’interdiction de culte sur l’espace public. Si Joseph Djogbénou n’a pas la liberté de s’exprimer sur tous les sujets brûlants qui interpellent le gouvernement, autant se taire ou démissionner.

Worou BORO

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Mise en oeuvre des réformes du gouvernement : Toboula donne de l'insomnie à Talon

patrice  talon

Alors même que l'opération gouvernementale de libération des espaces publics se déroule avec succès et sans tapage dans les autres départements du pays, à Cotonou, dans le Littoral par contre, c'est le tollé général. Sur presque toutes les lèvres, le nom d'une seule personne: Modeste Toboulal. Mais au regard de la succession des faits et de l'allure que prennent les débats, Patrice Talon ne doit pas être le plus heureux au monde, tant il doit gérer plusieurs foyers de tensionallumés par son préfet.

Il met les pieds dans les plats, outrepasse parfois les limites de la mission à lui confiée. Et, dans une discipline de groupe, le gouvernement ne pouvant sacrifier l' "agneau", est obligé de rattraper ses frasques.  Modeste Toboula est certes le plus courageux des "missionnaires " de Talon. Cependant c'est aussi lui qui crée le plus de problèmes. Qu'il vous souvienne que c'est avec les secrétaires généraux des centrales et confédérations que le préfet du Littoral a commencé avec ses menaces, et par finir sa ligne rouge imaginaire tracée aux manifestants de la marche de fin juillet 2016. Reçus au Palais de la Marina, les syndicalistes se sont plaint au chef de l'Etat qui a dû calmer les ardeurs en faisant prendre par la suite en conseil des ministres, une décision qui limite les préfets et ministres dans la prise de certaines décisions unilatéralement. Une prérogative qu'on a dû confier à une supposée Cellule d'analyse à la présidence de la République.  Mais avant, il faut rappeler les propos du même préfet à l'endroit de l'ancien chef de l'Etat, Yayi Boni. Modeste Toboula qui avait promis de lui appliquer la loi en cas de dérives sur son territoire, le Littoral confondu à la seule ville, Cotonou. Vint s'ajouter une situation conflictuelle avec le ministre en charge de la Décentralisation à propos de la décision préfectorale relative aux mesures de sécurité dans les super et hypermarchés. Les plus récentes que gèrent Patrice Talon, son gouvernement et sa direction de la communication, ce sont les agissements de l'autorité préfectorale au sujet de l'opération de déguerpissement des occupants illégaux du domaine public. Sur ce plan, Patrice Talon a dû improviser une rencontre dite de présentation de voeux aux géniteurs de Léhady Soglo, maire de la ville-département, qu'il partage avec sa tutelle. En effet, le chef de l'Etat craignant une sévère réaction de Soglo père et de son épouse Rosine, a dû se rendre à leur domicile pour les calmer au sujet des injures proférées par son préfet à l'encontre de Léhady, et par ricochet son père qui l'a précédé dans la gestion de la municipalité. Sans doute que le chef de l'Etat s'est rendu compte de la gravité des propos de son préfet qui déclarait que le maire de Cotonou a des problèmes d'éducation. Pis, il a laissé entendre que depuis l'avènement de la Décentralisation, les Soglo n'ont jamais opté pour une politique de développement durable. Le chantre de la Rupture, du Nouveau départ et du Bénin Révélé n'avait pas fini d'éteindre ce foyer de tension quand l'affaire des musulmans s'est invitée dans les débats avec cette alerte de l'Union islamique du Bénin qui se voyait comme la risée du gouvernement à travers son bras exécutant. Ce dernier, qui faut-il le rappeler, est allé faire son show un vendredi à la mosquée de Cadjehoun en faisant plier les bâches montées circonstanciellement pour la prière. Pour lui, dans la droite ligne de l'opération de libération des espaces publics, il ne s'agira plus d'occuper les voies jouxtant les mosquées ces quelques minutes pour la prière du vendredi. Levée de boucliers aussitôt, de l'Union islamique qui a reçu des soutiens de députés et autres personnalités fidèles-pratiquants. Et pour protéger, par solidarité, le zèle de son commis, le gouvernement à travers un communiqué et des déclarations de ministres, a dû trouver un faux-fuyant en faisant croire à l'opinion publique que ce n'était pas seulement la religion musulmane qui était visée, mais que la décision concerne également l'Eglise catholique, et particulièrement son chemin de croix aussi vieux que le monde, et bien évidemment les processions d'autres confessions religieuses. Quand on fait le point, ces justifications n'ont visiblement pas convaincu au point où Patrice Talon s'est vu obliger de céder en décidant de rencontrer les responsables religieux samedi. Avant cette rencontre de samedi, certains de ses collaborateurs ministres ont tenté quelque chose. Tout ça, c'est Toboula qui fait courir et donne l'insomnie à plus d'un dans le gouvernement. Décidément ce Toboula est devenu un os dans la gorge de Patrice Talon, qui visiblement ne sait comment s'en débarrasser de peur de l'humilier. On est obligé de faire avec, tant il fait preuve de courage et de fermeté dans la conduite de l'opération sur le terrain. Qu'importe donc ses dérives! Mais jusqu'à quand?

JB

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Gouvernance sous la Rupture : La restriction des libertés, le modèle Talon ?

patrice  talon

En 10 mois de gestion des affaires publiques, on peut sans se tromper soutenir que la restriction systématique des libertés est la marque de fabrique de Patrice Talon. Le successeur de Yayi Boni inquiète de plus en plus.

La désillusion a gagné les citoyens béninois, notamment les électeurs de Patrice Talon. Ils s’interrogent de jour en jour sur les vraies intentions du  Chef de l’Etat.  Que veut-il de faire du Bénin?Que veut-il faire des citoyens béninois? Des questions légitimes puisque le Chef de l’Etat pose des actions graves qui font douter la concrétisation de l’une ses promesses électorales : consolider les libertés au Bénin. Talon détruit les libertés. C’est un euphémisme. En effet, quelques mois après sa prise de pouvoir, le 05 octobre 2016 précisément, le Chef de l’Etat présenté par certains comme un messie, a ordonné en Conseil des ministres l’interdiction d’activités à toutes les organisations estudiantines dans toutes les universités du Bénin. Jusqu’à la mise en application du nouveau décretportant conditions d’exercice d’activités et ou de reconnaissance des associations d’étudiant, aucune d’elle n’a plus désormais le droit de réagir aux décisions des administrations rectorales ; des administrations qui ont la propension à prendre des décisions très critiquées. Dans le même secteur éducatif, le ministre des enseignants maternel et primaire, Salimane Karimou a dans un communiqué en date du 27 janvier 2017 jugé « inconcevable que des enseignants n’appartenant pas à une même école puisse s’y réunir en dehors des activités ou des séances d’unités pédagogiques». L’objectif du ministre, c’est de briser le mouvement de débrayage lancé depuis quelques jours par des organisations syndicales dans les écoles publiques. Par ailleurs, à Cotonou, dans un communiqué en date du 30 décembre 2016, le préfet du Littoral avaitprohibé toute manifestation publique du 02 au 31 janvier 2017 excepté le 10 janvier 2017. Il avait souligné pour motif, un problème d’indisponibilité d’effectif des forces de l’ordre en raison du démarrage des opérations de libération des espaces publics dans lesquelles la police et la gendarmerie seront impliquées. Beaucoup ont plutôt lu dans cette décision liberticide, la volonté du Préfet Modeste Toboula de prévenir tout mouvement de contestation dans la ville de Cotonou. L’autre mesure polémique et trèsquerellée est celle interdisant particulièrement à toutes les confessions religieuses d’occuper l’espace public pour exprimer leur foi. Cette décision a provoqué un tollé général dans le rang de la communauté musulmane. L’Union islamique du Bénin (Uib) qui s’est fendue d’une déclaration, parle de violations de libertés. Et à y voir de près, ladite mesure restreint l’espace de la liberté de culte consacrée par la Constitution du 11 décembre 1990.  Le gouvernement de Patrice Talon a manifestement comme projet d’affaiblir toute la législation  qui fonde le climat de bonne entente entretenu vaille que vaille depuis 1990 au Bénin. A cette allure, il risque bien de faire en 5 ans pire que le gouvernement défunt resté pendant 10 ans au pouvoir.

Complicité…

Il n’y a plus de mois où le gouvernement ne prend de décision critiquée et dirigée contre les libertés. Tout prouve et montre que la restriction des libertés est devenue le choix de la gouvernance Talon. Ceci est d’autant curieux que l’équipe qui accompagne le Chef de l’Etat est composée de défenseurs des droits de l’homme. Ce sont des droits-de-l’hommistes qui ont dans un passé récent tiré à boulet rouge sur le gouvernement de Yayi Boni. Aujourd’hui, face aux dérives de Talon, aucun d’eux n’ose prendre position. Ils affichent un silence déconcertant. C’est un silence qui cache en réalité une complicité des violations des droits des faibles. Une vraie inquiétude. Car leur attitude conforte le "messie" Talon dans ses options dangereuses et pourrait bien le transformer en fossoyeur des libertés acquises à la suite de nombreux sacrifices. Au sein de la population, la grogne monte en tout cas. Et Patrice Talonpourra bien avoir à gérer les déceptions d’un peuple meurtri si le bâillonnement se poursuit.   

Mike MAHOUNA

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Politique : Talon refuse de nommer les Prd

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Ce n’est plus un secret que le Parti du renouveau démocratique (Prd) fait partie intégrante de la mouvance au pouvoir. A maintes reprises, Me Adrien Houngbédji a affirmé épouser désormais les idéaux de la Rupture conformément à l’option du parti de ne plus faire l’opposition. De ce fait, il existe bel et bien un deal entre Adrien Houngbédji et Patrice Talon qui a besoin des députés Prd pour faire passer ses réformes. Dans l’exécution de ce deal, le leader des « Tchoco-tchoco » pensait pourvoir faire nommer des cadres Prd à des postes de directeurs de sociétés, d’agences étatiques ou même de ministres du gouvernement. Mais niet aurait rétorqué Patrice Talon. Du moins pas pour le moment. La raison évoquée par le Chef de l’Etat est qu’il n’a pas encore fini de caser tous ceux qui l’ont aidé à prendre le pouvoir. Dès lors, une nomination d’un cadre Prd serait mal vue dans son entourage. Patrice Talon est disposé à donner d’autres avantages comme les marchés, les contrats au Prd. Mais une nomination d’un membre Prd n’est pas, pour le moment, à l’ordre du jour.

On se souvient que le Prd avait soutenu au 1er et au 2ème tour le candidat Lionel Zinsou. C’est après la victoire de Patrice Talon que le parti a rallié le camp de la Rupture. Dans l’entourage du Chef de l’Etat, le Prd est considéré comme un ouvrier de 25ème heure. Ceux qui étaient avec Patrice Talon dès le 1er tour ne comprendraient pas qu’il nomme des cadres du Prd alors  que tous ne bénéficient pas encore du fruit de leur engagement.

Worou BORO

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Conseil des ministres : Plusieurs nominations

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(J.B Elias, M. Assogba, Atayi-Guèdègbé …désormais bouches cousues)
Plusieurs nominations ont été prononcées au dernier Conseil des ministres en date. Il faut noter que la Rupture  notamment Patrice Talon a réussi à phagocyter plusieurs figures de proue de la « société civile » . Joël Atayi-Guèdègbé, Fatoumatou Batoko Zossou, Jean-Baptiste Elias, Martin Assogba aux marchés publics, c’est une promotion mais en même temps une façon pour le gouvernement de dire à ces acteurs de se la boucler désormais.

Compte rendu du Conseil des Ministres

Le Conseil des Ministres s'est réuni mercredi, le 25 janvier 20I7, sous la présidence de Monsieur Patrice TALON, Président de la République, Chef de l'Etat, Chef du Gouvernement.

Au cours de la séance, le Conseil a approuvé plusieurs dossiers.

1. Au titre des Affaires.

Les projets de décrets suivants ont été adoptés:

1.1 Projet de décret portant transmission à l'Assemblée Nationale, pour autorisation de ratification, de l'accord de prêt signé avec le Fonds OPEP pour le Développement International (OFID) dans le cadre du Projet d'Appui au Développement du Maraîchage (PADMAR).
Le Conseil d'Administration du Fonds de l'OPEP pour le Développement International (OFID) a accordé, le 17 mars 2016, un prêt de douze millions (12.000.000) de dollars US, soit 6,72 milliards de francs CFA, à la République du Bénin. Ce prêt est destiné à la réalisation du Projet d'Appui au Développement du Maraîchage (P ADMAR).

L'objectif du PADMAR est de contribuer à l'amélioration durable de la sécurité alimentaire et nutritionnelle et à la réduction de la pauvreté dans la zone d'intervention du projet. De façon spécifique, le projet vise à accroître durablement les revenus des exploitants maraîchers tout en améliorant leur résilience aux effets du changement climatique.

1.2 Projet de décret portant approbation des statuts du Fonds National pour l'Environnement et le Climat (FNEC).

Le Fonds National pour l'Environnement et le Climat (FNEC) est l'une des structures techniques prévues par l'article 8 l du décret n? 20 l 6-50 1 du l l août 2016 portant attributions, organisation et fonctionnement du Ministère du Cadre de Vie et du Développement Durable.

Les résultats d'une récente évaluation du FNEC ont révélé des insuffisances et lacunes dans ses statuts qu'il convient de corriger. Les modifications portent essentiellement sur le renforcement de la structure organisationnelle du fonds par la création d'un Comité d'audit, d'un service de communication, d'un organe de gestion de la politique environnementale et sociale et du genre, ainsi que d'un comité d'éthique. Ainsi, le FNEC, sera doté de capacités de mobilisation des ressources internes et externes pour appuyer toutes les initiatives d'adaptation et d'atténuation aux changements climatiques dans notre pays.

Au titre des communications.

2.1 Mise en œuvre du système e-Conseil des Ministres. Le Ministre d'Etat, Secrétaire Général de la Présidence de la République a présenté au Conseil des Ministres, une communication relative à la mise en œuvre du système e-Conseil des Ministres. Dans le cadre du «Projet d'informatisation du Secrétariat Général du Gouvernement rendus des décisions gouvemementales », dans le cadre du projet phare du Programme d'Action du Gouvernement intitulé «Mise en place d'une l'Administration Intelligente ». En approuvant cette communication, le Conseil des Ministres a instruit le Ministre d'Etat, Secrétaire Général de la Présidence de la République, en collaboration avec le Secrétariat Général du Gouvernement et l'Agence du Numérique, de procéder à l' opérationnalisation du système e-Conseil des Ministres pour la dématérialisation complète du processus de préparation, de déroulement et de suivi des réunions gouvernementales.

2.2 Situation des créances du Fonds National de Promotion de l'Entreprenariat et de l'Emploi des Jeunes (FNPEEJ) en souffrance auprès des promoteurs, des petites et moyennes entreprises et des systèmes financiers décentralisés partenaires.

Le Ministre du Travail, de la Fonction Publique et des Affaires Sociales a présenté au Conseil des Ministres, une communication relari ve à la situation des créances du FNPEEJ en souffrance auprès des promoteurs, des petites et moyennes entreprises et des systèmes financiers décentralisés partenaires. Le FNPEEJ est un établissement public à caractère social. Il a pour mission de faciliter l'accès des jeunes, et des Micros, Petites et Moyennes Entreprises (MPME), aux moyens et outils de production par le biais du crédit.

Le fonctionnement du FNPEEJ a été marqué par deux (02) phases correspondant à deux (02) approches d'intervention. La première phase, de 2008 à 2012, a été caractérisée par une «approche directe» de financement par le FNPEEJ des projets des jeunes et des MPME. Les interventions au cours de cette phase ont permis de financer 1.150 projets de jeunes et de Petites et Moyennes Entreprises (PME) pour un montant global de 5.968.089.722 FCFA.

Malheureusement, de 2009 à 2016, seulement 377.223.139 FCFA ont été remboursés et recouvrés, soit un taux de recouvrement de 6,32 du montant de crédit déboursé. Le portefeuille en impayé fait actuellement l'objet de procédures spéciales de recouvrement avec l'accompagnement d'un huissier. La deuxième phase, démarrée en novembre 2014, est une phase pilote de mise en œuvre de l'approche «faire - faire », Ainsi, la gestion du risque a été transférée à huit (08) Systèmes Financiers Décentralisés (SFD), en qualité de partenaires techniques chargés de la mise en place, du suivi, du coaching et du recouvrement des crédits. Au 30 septembre 2016, des lignes de crédit d'un montant global de 1. 1 50.498. 1 03 FCFA ont été mises à la disposition des SFD pour le financement de :

•    290 projets de Jeunes et de Micros Petites et Moyennes Entreprises (MPMP) ;
•    1.099 micros entreprises de femmes dans le cadre du Crédit d'Appui à l'Entreprenariat Féminin (CAEF).

Le taux de remboursement au cours de cette phase a été évalué à 39,18 en août 2016.
Eu égard à ce tableau peu reluisant, et conformément aux nouvelles orientations du Gouvernement en matière de promotion de l'emploi et du secteur privé, une réorientation des interventions de ce fonds s'avère désormais nécessaire. Celle-ci vise, d'une part, à sécuriser les ressources mises à disposition par l'Etat et, d'autre part, à accroître de façon significative l'impact des dites interventions sur les groupes cibles.

Par rapport à l'échec des mesures successives de recouvrement des crédits non remboursés, il y a lieu de recourir aux méthodes coercitives à l'encontre des débiteurs insolvables du FNPEEJ.

Le Conseil des Ministres, en approuvant cette commurucatron, a instruit le Ministre du Travail, de la Fonction Publique et des Affaires Sociales, le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et de la Législation et le Ministre de l'Intérieur et de la Sécurité Publique à cette fin, pour que les jeunes promoteurs des Petites et Moyennes Entreprises (PME) et les Systèmes Financiers

6. Nominations

Des nominations ont été prononcées.
Ministère de la Justice et de la Législation:

1.     Pour le compte du Conseil de Régulation des Marchés Publics :

Membres du Conseil de Régulation des Marchés Publics : Au titre de la Société Civile :
Madame Fatournatou BATOKO ZOSSOU; Monsieur Joël ATAYI-GUEDEGBE; Monsieur Vihoutou Martin ASSOGBA ; Monsieur Théodule NOUA TCHI ;
Au titre du Ministère de la Justice et de la Législation: Monsieur Victor FATINDE;
Au titre du Ministère de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat:
Monsieur Fatahou Abdoul PEDRO; Monsieur Moustafa ISSIAKA ; Monsieur Yves- Louis Q UENUM ;
Monsieur Alamu Brice Olatundji Afouda Y AÏ.
Au titre du Ministère de l'Economie et des Finances: Monsieur Saliou ABOUDOU YOUSSAO ;
Au titre du Ministère des Infrastructures et des Transports : Monsieur Bienvenue Arsène SOGLO.

2.    Pour le compte de l'Autorité Nationale de Lutte contre la Corruption (ANLC)

Membres de l'Autorité Nationale de Lutte contre la Corruption (ANLC):
Monsieur Victorien Francisco Sènablaudeau ATTOLOU ; Monsieur Pierre Lucien BRUN ;
Monsieur Jean-Baptiste ELIAS;
Madame Bernadette HOUNDEKANDJI épouse CODJOVI; Monsieur Godognon Akoué Georges Marc PA THINVOH ; Madame Elisabeth Afiavi GNANSOUNOU épouse FOURN ; Monsieur François HOUNKPE ;
Monsieur Madjè Victorin TOGNINOU;
Madame Sèwanoudé Ghislaine Justine BOCOVO, épouse ADJAGBONI;
Monsieur Yélignan Sèna Horace Florent Vivien ADOUKONOU.

Au Ministère de l'Agriculture, de l'Elevage et de la Pêche:
Sur proposition du Ministre,

Directeur de Cabinet:
Monsieur Amadou BARASSOUNON ALI;
Secrétaire Générale du Ministère:
Madame Françoise ASSOGBA, épouse KOMLAN.
Au Ministère des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle :
Sur proposition du Ministre,
Secrétaire Général du Ministère :
Monsieur André Coffi ADANYOSSI.

Fait à Cotonou, le 25 janvier 2017
Le Secrétaire Général du Gouvernement,  Edouard OillN-OURO.

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Le conseil des ministres : Une chambre d’inquisition !

gouvernement-Talon

Le Conseil des Ministres sert de plus en plus à une kyrielle de décisions remettant en cause  tout ce qui a été fait sous l’ère Yayi Boni. Les observateurs politiques commencent à s’y habituer. Du moins en apparence…Car parfois, à l’analyse, l’incohérence dispute la palme à la contradiction. Prenons le cas du dernier conseil des Ministres du 25 janvier 2017.

L’incohérence est perceptible à travers les deux premiers points du compte-rendu de Pascal Koupaki. En effet, ces deux premiers points traitent du FNPEEJ et du FNM, deux structures de finances pilotées par l’Etat sous le régime précédent. Leurs objectifs principaux étaient de venir en appui à des porteurs de projets, des femmes et jeunes qui ne pouvaient accéder au crédit dans les structures classiques de financement, afin de les accompagner dans la mise en place d’une activité génératrice de revenus.

Le Conseil des Ministres a sorti une décision concernant chacune de ces deux structures. Concernant le FNPEEJ :« Le Conseil a instruit le Ministre de la Fonction Publique, du Travail et des Affaires Sociales, à l’effet d’accélérer l’évaluation de l’ensemble du dispositif dans la perspective d’une réorientation des interventions qui assure la sécurisation des ressources. »

Et pour ce qui concerne le FNM : « prenant acte de la situation, le Conseil a instruit les ministres concernés par la question, à l’effet de faire prendre des mesures nouvelles en vue de procéder au recouvrement forcé des créances. »

Incoherence poltique et chronologie

L’expression « fous du roi » a été réservée pour quelques défenseurs zélés du régime Yayi pendant son exercice du pouvoir. Mais le spectacle offert par la Rupture laisse penser à plusieurs égards, à une passion sans bornes, où la raison est précipitée dans les abymes de l’errance. Sinon comment comprendre qu’il a suffi au Conseil des Ministres du 25 janvier 2017 d’évoquer les sujets liés au FNPEEJ et au FNM pour que les « chiens de garde » trouvent os à croquer pour justifier des factures de présence dans les journaux et sur les réseaux sociaux : c’est à qui aboiera le plus fort et le plus longtemps ? Sans même tenir compte du fait que l’os attendu n’est que mousse. La réalité de ces sujets en témoigne.

Le Conseil des Ministres du 25 janvier 2017 a confirmé que les fonds du FNPEEJ et du FNM en question ont bien servi à financer des projets dont le nombre a été communiqué. Il existe donc bien des compatriotes Béninois qui ont bénéficié de ces fonds. Pourquoi les esprits malins doivent-ils alors spontanément regarder du côté des initiateurs desdites structures, Yayi Boni et Komi Koutché entre autres ?

Qui, de ces crieurs publics, sait que le FNM par exemple a mis en place une procédure assez stricte, enlevant aux dirigeants du FNM toute signature sur les décaissements alors réservés aux seuls Directeur Général du Trésor et les membres du Gouvernement qui sont signataires des chèques au profit des SFD après une présentation de la situation à chaque instant par l'équipe du FNM ?

Qui, des gouvernants actuels, serait en mesure de contester que c’est grâce à ces procédures strictes que tous les comptes du FNM ont toujours satisfait les normes et ont toujours ainsi été certifiés ?
Aucun. Et pour cause !

Ces  procédures sont connues de Mme MathysAdidjath. Elle est aujourd’hui en charge des microfinances. Mais elle était déjà Ministre de l’Economie sous Yayi Boni et au moment du FNM. Elle peut témoigner de la rigueur de la gestion ces structures et a sans doute certifié également les comptes. Les mêmes procédures sont connues du Ministre d’Etat Koupaki alors Premier Ministre du gouvernement Yayi Boni. Plusieurs autres éminentes personnalités de la Rupture, Sacca Lafia et d’autres ont assisté, lors de Conseils des Ministres successifs, la présentation de la situation de la structure FNM par ses dirigeants. Ce qui permettait au gouvernement d’accorder son quitus et d’autoriser ensuite les décaissements par le Trésor Public.  

Alors pourquoi laisser de façon abusive les regards se tourner vers les anciens dirigeants  de ces institutions s’il n’y a pas une arrière-pensée qui définit à loisir ce terme bien propre à nous : la béninoiserie ? Pourquoi le Conseil des Ministres veut donner l’impression de s’attaquer à un fonctionnement et à une prévarication là où il est juste question d’améliorer les moyens nécessaires au recouvrement ? Il devient de plus en plus urgent que les responsabilités soient assumées par tous ceux qui ont déjà occupé des fonctions de premier plan dans notre pays pour apaiser la tension sociale et permettre un décollage réel et serein de notre pays.

Incoherence sur un même champ d’actions

Le gouvernement entretient le flou sur le sens profond de ses deux décisions. Ces décisions, dans leurs formulations sont assez explicites pour comprendre que les instructions ne sont pas identiques dans les deux cas. Il est clairement demandé au Ministre concerné de procéder, dans le deuxième cas, à un recouvrement contraint. Alors que la décision dans le cas du FNPEEJ paraît plutôt regarder vers l’avenir. Pourquoi un tel choix de traitement différencié ?

La question se pose lorsqu’on rentre dans les détails des faits exposés par le Conseil des Ministres. Le Conseil reconnaît que des activités effectives ont été portées et exécutées par les deux structures. Le Conseil a fourni les chiffres officiels des projets ainsi que les montants investis dans chaque cas. Le Conseil a également rappelé que pour ce qui concerne le FNPEEJ, il faut tenir compte de deux phases : la première ayant conduit à un taux de recouvrement de l’ordre de 6,3% et la deuxième présentant un taux de recouvrement de 39,2%. Le Conseil a fait remarquer que les difficultés liées à la première phase ont permis de prendre des dispositions particulières dans la deuxième phase.

On peut en conclure que ce sont ces nouveaux ajustements qui ont permis de porter le taux de recouvrement de 6,3% à 39,2% pour le FNPEEJ.  Quant au FNM, les éléments donnés par le Conseil à l’appréciation de sa décision révèlent que le taux de recouvrement ici est de 62%, un taux bien supérieur aux 39,2% du FNPEEJ. Même s’il est vrai que le montant en valeur absolue concerné par ces différents taux recouvrement est plus important dans le deuxième cas, il est d’abord à noter qu’en termes d’activités et de suivi, la palme devrait revenir au FNM.

Et pourtant c’est le FNM qui essuiera les foudres des recouvrements forcés. Ces décisions semblent bien orientées et posent la question de l’intérêt général. Elles confirment les conclusions tirées par les observateurs politiques qu’il s’agit là d’une envie de règlement de comptes. Et à quelles fins ?

D’autres sujets surprenants …

Il est revenu au Ministre d’Etat Koupaki d’informer l’opinion nationale et internationale sur un sujet que le Conseil a dû juger de grande importance : le permis de construire d’un immeuble dans la ville de Cotonou. Certains détails sont communiqués par le Ministre d’Etat. Et les interrogations s’installent dès lors que d’autres informations maquent à l’appel.

En effet, le Ministre indique :« La Mairie de Cotonou a délivré, le 06 juillet 2015, un permis de construire, autorisant les bénéficiaires à réaliser un bâtiment de type R+4 avec sous-sol et mezzanine sur la parcelle citée.

Une visite du chantier a été effectuée le 04 janvier 2017 par les services techniques du ministère du Cadre de Vie et du Développement durable.

Il en ressort qu’en lieu et place de l’immeuble de type R+4 autorisé, c’est un immeuble de type R+8 avec sous-sol et mezzanine qui y est en cours de construction. »

Telle est la nature du dossier dont le Conseil des Ministres de la République du Bénin se saisit. Un des huit points examinés retenus à notre attention par le Ministre d’Etat. Grande urgence que pose cet immeuble en construction. Ce doit être forcément une urgence !

Conseils à qui de droit…

Pourquoi ceci passe-t-il en Conseil des ministres alors qu’il y a un maire de la ville de Cotonou ? Pourquoi le Conseil des Ministres ne nous informerait-il pas sur d’éventuelles démarches déjà entreprises en direction de la Mairie de Cotonou ? Y en a-t-il eues ? Si non, pourquoi ? Toutes ces questions sont exprimées pour montrer qu’il y a beaucoup de sujets autour de ce dossier dont le gouvernement ne devrait pas se saisir dans les formes actuelles. Et en supposant même que cela puisse être le cas, le positionnement de la question sous l’angle de la fraude comme annoncée par le Conseil dans son communiqué oblige le même gouvernement à privilégier les voies de la conciliation ou de la judiciarisation afin de contraindre chaque partie à respecter ses obligations.

Sur ce dossier le gouvernement s’octroie également le droit et le pouvoir d’apprécier des actes professionnels et d’en décréter d’office l’illégalité. Il identifie les architectes et autres professionnels méritant des sanctions professionnelles tout en n’étant pas desdites professions. Que comprend le gouvernement de ses missions ? Quelle est l’utilité pour un gouvernement de connaître d’un sujet aussi déconnecté, d’en faire publicité dans un compte-rendu et finir par annoncer une décision très ambiguë : « En tout état de cause, le Conseil a instruit le ministre du Cadre de Vie et du Développement durable à l’effet de saisir le maire de la ville de Cotonou, aux fins de diligences à mener pour mettre fin à cette situation frauduleuse. » Le Ministre avait-il besoin de passer une séance du Conseil des Ministres avant de devoir retourner vers le Maire de Cotonou afin de réaliser enfin ce qu’il aurait dû faire au prime abord ? On n’aura rien de ce dossier si, à l’analyse de toutes ces incohérences on n’osait pas s’avouer que l’objectif est ailleurs et que la conclusion confirme cet objectif : le Maire. Jusqu’ à quand devra-t-on instrumentaliser  nos institutions pour assouvir des vengeances et en gaspillant les deniers publics? Quoi de plus simple que d’inviter un maire à constater une infraction sur un permis de construire délivré ?

Le Conseil donne réellement l’impression d’être une chambre d’inquisition pour cibler et/ou mettre au pas des entreprises, des personnalités civiles et politiques, des organes de presse. Il urge de redonner à l’Etat ses lettres de noblesse. Que la justice reprenne réellement la liberté qui lui a été promise pendant la campagne électorale. Que le gouvernement ne soit juge et partie et exécute de surcroît avec plus ou moins de diligence sur les questions qui font sens et intérêt pour lui.

Mike MAHOUNA

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