TPL_GK_LANG_MOBILE_MENU

MTN COUVERTURE 4G BILLBOARD 970x250-px-01

A+ A A-

Politique

En prélude aux prochaines législatives : Ruffin Nansounon et des cadres Fcbe de Banikoara mobilisent la troupe

rufin-nansounon

Le ministre de l'Economie maritime, Ruffin Nan Nansounon, son collègue de l'Agriculture et plusieurs autres cadres de Banikoara étaient le jeudi 08 janvier dernier dans la cité des Baniganssé. Ils ont fait la lumière sur certains sujets à propos desquels les populations n’avaient pas la vraie information. « Les détracteurs du Chef de l’Etat se promènent de village en village pour jeter du discrédit sur lui. Ne les écoutez pas», a laissé entendre le maire de Banikoara, Jean Bio Bougo. Chacun des membres de la délégation a exposé à sa manière les différentes réalisations enregistrées depuis l'arrivée du Chef de l'État en 2006. De la gratuite de la césarienne en passant par le Programme des microcrédits aux plus pauvres sans occulter la construction de routes, les intervenants n'ont pas tari d'éloges à l'endroit du Président de la République. Ruffin Nan Nansounon après avoir réaffirmé son engagement à travailler aux côtés du Chef de l'État, a rappelé aux populations que le seul soleil qui brille dans l'Alibori est celui de Yayi Boni. Pour lui, le reste n'est que «pseudo soleil atteint par l'éclipse qui ne brille qu'à la télé». Il a invité les populations à sortir massivement pour les prochaines élections afin de démontrer au Chef de l’Etat leur gratitude.

Mike MAHOUNA

En savoir plus...

DECISION DCC 15-001 DU 09 JANVIER 2015

decision

La Cour constitutionnelle,

Saisie d’une requête du 22 décembre 2014 enregistrée à son secrétariat le même jour sous le numéro 2644/187/REC, par laquelle Monsieur Polycarpe TOGNON forme un « recours en vue d’une production urgente d’une LEPI fiable » ;

Vu   la Constitution du 11 décembre 1990 ;

Vu   la loi n° 91-009 du 04 mars 1991 portant loi organique sur la Cour constitutionnelle modifiée par la loi du 31 mai 2001 ;

Vu   le règlement intérieur de la Cour constitutionnelle ;

Ensemble les pièces du dossier ;

Ouï Madame Marcelline-C. GBEHA AFOUDA en son rapport ;

Après en avoir délibéré,

CONTENU DU RECOURS

Considérant que le requérant expose : «…Depuis 1994, votre haute juridiction a décidé que c'est la Commission électorale nationale autonome (CENA) qui organise les élections et votre jurisprudence n'a pas varié. Ainsi, depuis cette période, c'est la CENA qui a été la seule autorité administrative indépendante qui a eu à prendre les dispositions électorales idoines pour le déroulement de la quinzaine d'élections qui a permis à notre processus démocratique de se poursuivre sans accroc majeur.

Par ailleurs, la Cour a pris la décision, avec la même constance, qu'aucune élection ne peut être réalisée sans une liste électorale permanente informatisée (LEPI). Prenant en compte ces règles, un code électoral a été adopté et promulgué. Ainsi étaient déterminées et précisées les fonctions et les missions de chaque organe intervenant dans les élections » ; qu’il développe : « La Commission électorale nationale autonome (CENA), selon le code, ne peut officier que si le Conseil d'orientation et de supervision (COS), organe créé par le code, met à sa disposition la liste électorale permanente informatisée (LEPI). Le COS/LEPI, aux termes des articles 219 et suivants, est une structure administrative indépendante dotée de la personnalité juridique et de l'autonomie administrative et de gestion. Ce qu'on a fait croire aux citoyens au départ, c'était que le fichier électoral ayant servi aux élections de 2011 avait besoin de nettoyage, de correction et de mise à jour. Mais la structure mise en place a décidé de confectionner une nouvelle liste électorale permanente informatisée (LEPI), ce qui a amené d'ailleurs nos partenaires techniques et financiers (PTF) à refuser de participer au financement du nouvel outil.

Depuis l'installation du COS/LEPI, ce conseil n'a pu produire la LEPI pour permettre l’organisation des élections municipales et communales alors que le mandat des conseillers et maires devrait être terminé depuis 2013. L'Assemblée nationale s'est vue dans l'obligation de proroger sine die leur mandat » ;

Considérant qu’il poursuit : « L'on est en droit de se demander pourquoi le COS/LEPI traine à livrer son travail comme si les élections à venir ne doivent pas se dérouler selon les dispositions constitutionnelles et légales, ou comme si l'on crée des difficultés et problèmes pour que de nouvelles lois dérogatoires soient votées.

En effet, le COS/LEPI fixe les dates, ne les respecte pas, détermine de nouvelles dates... On a l'impression que les membres n'arrivent pas à s'entendre sur leur mission et sur la façon de l'accomplir et de la conduire jusqu'au bout de manière satisfaisante.

Les hésitations et tergiversations, les prises de position individuelles et les actes qu'ils accomplissent souvent, chacun selon "sa chapelle", sont de nature à mettre en péril notre démocratie. Les citoyens pensent à une manipulation de la part de la classe politique, ce qui pourrait amener à des révoltes. Le consensus en effet qui devrait se dégager au sein des membres de cette institution pour permettre un accomplissement urgent et diligent de leur mission semble être absent. Il devient donc d'une urgente nécessité que la Cour constitutionnelle intervienne sur le fondement :

- de l'article 35 de la Constitution : "Les citoyens chargés d'une fonction publique ou élus à une fonction politique ont le devoir de l'accomplir avec conscience, compétence, probité, dévouement et loyauté dans l'intérêt et le respect du bien commun". Si rien n'est fait, l'impéritie de COS/LEPI risque de démolir la paix dans notre pays ;

                - de l’article 114 de la Constitution : "... La Cour constitutionnelle est l'organe régulateur du fonctionnement des institutions et de l'activité des pouvoirs publics" » ; qu’il fait observer : « Ainsi, dans la mesure où toute l'activité technique d'élaboration du fichier électoral est aux mains de l'agence nationale de traitement (articles 222, 223 du code) et que le COS/LEPI n'assure qu'une mission d'orientation et de supervision, il me parait judicieux que la décision de la haute juridiction somme le COS/LEPI de valid er le travail technique élaboré par l'agence nationale de traitement et qu'un délai impératif lui soit donné pour ce faire.

L'agence, organe technique, à défaut, devrait être autorisée à déposer son document relatif au fichier élaboré entre les mains de

la CENA pour organiser dans les meilleurs délais les élections libres, transparentes et crédibles. A défaut de procéder ainsi, la Cour pourra sur la base des articles sus-cités et face aux dysfonctionnements patents de COS/LEPI, dire et juger que

la LEPI de 2011 grâce à laquelle des élections présidentielle et législatives ont pu se dérouler en 2011 sera utilisée pour celles de 2015 et 2016 » ; qu’il conclut : « Ce faisant, votre haute juridiction aura sauvé notre processus démocratique des mains de ceux qui, pour des intérêts personnels, veulent manipuler les citoyens qui, en violation de leurs droits fondamentaux, veulent être empêchés de participer à des élections …» ; qu’ildemande à la Cour de « sommer le COS/LEPI de valider le travail technique élaboré par l’Agence nationale de traitement … en vue d’une production urgente d’une LEPI fiable … et qu’un délai impératif lui soit donné pour ce faire » ;

INSTRUCTION DU RECOURS

Considérant qu’en réponse à la mesure d’instruction de la Cour, le président du Conseil d’orientation et de supervision de la liste électorale permanente informatisée (COS-LEPI), Sacca LAFIA, écrit : « …Le COS-LEPI travaille en permanence et de concert avec tous les acteurs majeurs concernés pour produire une LEPI fiable et acceptée de tous. Cependant, cette recherche de la fiabilité et du consensus n’est pas toujours en adéquation avec l’urgence. Toutefois, le COS-LEPI a communiqué récemment une date pour la mise à disposition de la Commission électorale nationale autonome (CENA) de cette LEPI. Le COS-LEPI travaille nuit et jour afin de respecter rigoureusement cette échéance qui est très proche… » ;

ANALYSE DU RECOURS

DE LA COMPETENCE DE LA COUR :

Considérant qu’aux termes de l’article 305 alinéa 1er de la loi n° 2013-06 du 25 novembre 2013 portant code électoral en République du Bénin : « Tout le contentieux de l’actualisation du fichier électoral national et de la liste électorale permanente informatisée relève de la Cour constitutionnelle » ;

Considérant qu’il ressort des éléments du dossier que le requérant Polycarpe TOGNON se plaint de la non disponibilité, à ce jour, de la liste électorale permanente informatisée dont l’actualisation a été confiée au Conseil d’orientation et de supervision (COS/LEPI) ; qu’il s’agit d’un grief porté contre le COS-LEPI investi par le législateur de la supervision des opérations d’actualisation de la liste électorale permanente informatisée ; que dès lors, la haute juridiction est compétente pour statuer ;

DE LA LISTE ELECTORALE PERMANENTE INFORMATISEE :

Considérant qu’en réponse à la mesure d’instruction, le président du COS-LEPI, Monsieur Sacca LAFIA, indique que « Le COS-LEPI travaille en permanence et de concert avec tous les acteurs majeurs concernés pour produire une LEPI fiable et acceptée de tous. Cependant, cette recherche de la fiabilité et du consensus n’est pas toujours en adéquation avec l’urgence » ;

Considérant qu’aux termes de l’article 5 de la loi n° 2013-06 du 25 novembre 2013 portant code électoral en République du Bénin : « L’élection a lieu sur la base d’une liste électorale permanente informatisée (LEPI) » ; que conformément à cette disposition déjà contenue dans les anciennes lois électorales, une liste électorale a été élaborée par la Mission indépendante de recensement électoral national approfondi (MIRENA),un organe technique indépendant, sous la supervision de la Commission politique de supervision (CPS) et remise à la Commission électorale nationale autonome (CENA) le 20 février 2011 ; que cette liste a servi à l’organisation des consultations nationales législatives et présidentielle de mars 2011 ayant abouti à l’élection des députés de la sixième législature et du président de la République ; qu’il s’ensuit donc que l’on ne saurait plus valablement et sérieusement contester l’existence d’une liste électorale permanente informatisée ; que c’est donc à tort que le président du COS affirme « produire une LEPI fiable et acceptée de tous » ;

Considérant que selon l’article 153 du même code : « La liste électorale permanente informatisée fait l’objet d’un apurement, d’une mise à jour régulière de ses données constitutives et d’une révision globale à périodes régulières.

-      Les opérations d’apurement concernent :

1-    La rectification des erreurs matérielles ;

2-    La radiation suite aux décès, aux décisions issues des recours, aux émigrants non enregistrés dans les ambassades et consulats ou aux conséquences du dédoublonnage.

-      La mise à jour porte sur :

1-    L’intégration des électeurs ayant atteint l’âge de voter, des électeurs naturalisés au cours de l’année et des électeurs immigrants en République du Bénin au cours de l’année et remplissant les conditions requises pour être électeurs ;

2-    Le transfert de résidence principale ou de domicile, le changement de lieu d’affectation pour les électeurs assignés à une résidence obligatoire, l’émigration d’électeurs enregistrés auprès d’une ambassade ou consulat de la République du Bénin.

La révision globale consiste en une opération de renouvellement et de réactualisation des données tous les dix (10) ans. » ; qu’aux termes de l’article 264 du code électoral pris en ses alinéas 1 et 2 : « L’apurement, la correction, la mise à jour et l’actualisation du fichier électoral national se font chaque année du 1er octobre au 31 décembre.

La liste électorale permanente informatisée est publiée le 15 janvier de chaque année » ;

Considérant qu’en vue d’organiser la mise en œuvre des dispositions de l’article 153 ci-dessus cité, l’article 219 du code électoral indique : « Il est créé une structure administrative, indépendante dénommée conseil d’orientation et de supervision.

Elle est dotée de la personnalité juridique et de l’autonomie administrative et de gestion. Ses attributions sont :

de définir les orientations stratégiques de l’agence nationale de traitement (ANT) ;

de superviser l’agence nationale de traitement ;

d’analyser et régler les difficultés d’application pratique pouvant résulter des dispositions légales et réglementaires relatives au fichier électoral national ;

de définir les autres applications et les modalités de leur gestion ;

de décider de toutes les questions permettant d’assurer la gestion et le fonctionnement effectif de l’agence nationale de traitement et des commissions communales d’actualisation en charge des opérations continues d’apurement, de correction et de mise à jour du fichier électoral national ;

d’élaborer et valider le budget de l’agence nationale de traitement ;

d’adopter le document de faisabilité technique des opérations d’apurement, de correction et de mise à jour ;

d’adopter le règlement intérieur et le manuel de procédure de l’agence nationale de traitement ;

de recevoir les plaintes des citoyens et lancer les enquêtes s’il le juge nécessaire.

Le conseil d’orientation et de supervision se met en place le 1er juillet de chaque année et cesse ses travaux le 31 janvier de l’année suivante » ; que l’article 222, quant à lui,consacre la création de l’Agence nationale de traitement : « Il est créé une structure technique dénommée Agence nationale de traitement (ANT). Son siège est fixé à Cotonou. Il peut être transféré dans une autre ville. » tandis que l’article 223 en détermine les missions ;

Considérant que dans le cadre de l’organisation des élections municipale, communale et locale qui devraient se tenir en 2013, le législateur a, en marge des dispositions générales devant définir les modalités et mécanismes d’actualisation du fichier électoral national et de la liste électorale permanente informatisée, adopté des dispositions transitoires dont l’objet est, aux termes de l’article 319 du code électoral, de traiter « des actions spécifiques et de l’organisation à mettre en œuvre en vue d’obtenir une version optimale de la liste électorale permanente informatisée à utiliser pour les élections municipale, communale et locale de l’année 2013 » ;que l’article 322 a dès lors investi trois organes en vue du pilotage de l’actualisation de la liste existante : « Les organes de pilotage de l’actualisation sont :

-le Conseil d’orientation et de supervision (COS) ;

-le Centre national de traitement (CNT) ;

-la Commission communale d’actualisation (CCA) ;

La liste électorale permanente informatisée en vue de l’organisation des élections communale, municipale et locale de l’année 2013 se fait sous l’autorité et la supervision du Conseil d’orientation et de supervision, assisté par le Centre national de traitement » ;

Considérant que pour faire suite à cette disposition, le Conseil d’orientation et de supervision a été installé le 30 avril 2013 avec pour mission, l’actualisation de la liste électorale permanente informatisée préexistante telle que prévue par les dispositions de l’article 320 du code électoral : « Les actions à mener en vue de l’actualisation de la liste électorale permanente informatisée ainsi que les étapes de réalisation de cette actualisation se présentent en six (06) étapes successives :

1-    établissement du cadre juridique ;

2-    mise en place des organes de pilotage ;

3-    réalisation de l’audit participatif ;

4-    enregistrement complémentaire ;

5-    exploitation des données au centre national de traitement ;

6-    consolidation des données et production des documents électoraux. » ;

que l’objectif visé par le législateur en instituant le COS de 2013 est donc d’obtenir une version optimale de la liste électorale permanente informatisée en procédant à un enregistrement complémentaire après la réalisation de l’audit participatif ; que l’existence de la liste électorale permanente informatisée de 2011 n’est donc point contestée par le législateur ;

Considérant qu’il est établi qu’à la date de saisine de la haute juridiction, à savoir le 22 décembre 2014, la mission ainsi assignée au COS-LEPI installé depuis le 30 avril 2013 n’a pu être assurée dans le délai, de sorte que les élections municipale,communale et locale n’ont pu se tenir jusqu’à ce jour ; que n’ayant pu assurer cette mission, les dispositions transitoires des articles 319 et 328 alinéa 1 in fine qui ont été instituées à cette fin sont dorénavant caduques ; que le rôle du COS-LEPI s’inscrit désormais dans le cadre général de l’actualisation annuelle de la liste électorale permanente informatisée telle que prévue aux articles 264, 269 et suivants du code électoral ;

Considérant que dans cette nouvelle tâche, le COS-LEPI devrait, tel qu’il ressort des dispositions de l’article 153 précité du code électoral, procéder aux opérations d’apurement et de mise à jour de la liste électorale permanente informatisée ; qu’en affirmant donc, dans sa réponse à la mesure d’instruction de la Cour, que « Le COS-LEPI travaille en permanence et de concert avec tous les acteurs majeurs concernés pour produire une LEPI fiable et acceptée de tous… », le président du COS-LEPI, Monsieur Sacca LAFIA, a méconnu les dispositions de la loi électorale ;

Considérant qu’aux termes des articles 264 et 274 alinéa 1 de la loi n° 2013-06 du 25 novembre 2013 portant code électoral en République du Bénin : « L’apurement, la correction, la mise à jour et l’actualisation du fichier électoral national se font chaque année du 1er octobre au 31 décembre.

La liste électorale permanente informatisée est publiée le 15 janvier de chaque année » ; « La nouvelle version de la liste électorale permanente informatisée est arrêtée le 15 janvier de chaque année » ; qu’il ressort de ces dispositions que la mission d’actualisation annuelle de la liste électorale permanente informatisée est enserrée dans des délais bien précis ; que la nouvelle liste devant être arrêtée le 15 janvier de chaque année, obligation est donc faite au Conseil d’orientation et de supervision et à l’Agence nationale de traitement, organes de pilotage de l’actualisation de la liste électorale permanente informatisée, de déposer la nouvelle version de ladite liste le 15 janvier au plus tard, de sorte que quel que soit le niveau auquel l’actualisation serait parvenue, la liste électorale permanente actualisée soit clôturée le 15 janvier ;

Considérant qu’en l’espèce, le Conseil d’orientation et de supervision, installé le 30 avril 2013, n’a pu produire une liste électorale actualisée au 15 janvier 2014 et n’a de cesse, depuis lors, de se fixer souverainement de nouvelles dates pour l’achèvement de l’actualisation, dates qu’il n’a jamais honorées, motifs pris soit du manque de moyens financiers soit du faible taux de réalisation des enregistrements suite à l’audit participatif ;que par ailleurs, en écrivant dans sa réponse du 2 janvier 2015 que «…cette recherche de la fiabilité et du consensus n’est pas toujours en adéquation avec l’urgence … le COS-LEPI a communiqué récemment une date pour la mise à disposition de la CENA de cette LEPI… » sans pour autant indiquer de façon expresse ladite date, il est à craindre que le COS-LEPI, une fois encore, décide souverainement d’un énième report ; qu’il échet donc pour la Cour, en vertu de l’article 114 de la Constitution faisant d’elle l’organe régulateur du fonctionnement des institutions et de l’activité des pouvoirs publics, de statuer ;

Considérant que les articles 299 et 300 du code électoral disposent : « La liste électorale informatisée provisoire … est affichée à plusieurs endroits du village ou du quartier de ville pendant au moins vingt et un jours ininterrompus » ; « La liste électorale permanente informatisée est établie après la correction de la liste électorale informatisée provisoire… La liste électorale permanente informatisée doit être établie au plus tard soixante (60) jours avant la date du scrutin. » ;qu’il en résulte que l’actualisation de la liste électorale permanente informatisée doit dès lors être impérativement achevée le 15 janvier 2015,la publication de la liste actualisée et l’établissement de la liste électorale permanente informatisée réalisés pour le 25 février 2015 au plus tard; qu’à défaut de la disponibilité de la liste actualisée pour le 15 janvier 2015, la Commission électorale nationale autonome (CENA) est autorisée à organiser les élections législatives, municipale, communale et locale de 2015 sur la base de la liste électorale permanente informatisée (LEPI) transmise par la Commission politique de supervision de la LEPI à la CENA le 20 février 2011, liste ayant servi aux dernières élections législatives de 2011 et dont l’existence et la légitimité ne sont point contestées par le législateur lui-même ;

DE LA DATE DES ELECTIONS LEGISLATIVES :

Considérant qu’aux termes de l’article 80 de la Constitution : « Les députés sont élus au suffrage universel direct. La durée du mandat est de quatre ans. Ils sont rééligibles… » ;

Considérant que les députés élus à la suite des élections législatives de mars 2011 ont été installés dans leur fonction le 16 mai 2011 ; qu’il s’ensuit que le prochain parlement doit être installé le 16 mai 2015 ; que dès lors, le corps électoral devra être convoqué le 14 février 2015 pour les élections législatives devant se tenir le 26 avril 2015 conformément à l’article 68 du code électoral aux termes duquel : « Le corps électoral est convoqué par le Président de la République par décret pris en conseil des ministres quatre-vingt-dix (90) jours avant la fin du mandat en cours. » ;

DE LA DATE DES ELECTIONS MUNICIPALE,

COMMUNALE ET LOCALE :

Considérant qu’aux termes de l’article 300 alinéa 4 du code électoral : « La liste électorale permanente informatisée doit être établie au plus tard soixante (60) jours avant la date du scrutin » ;

Considérant que la Commission électorale nationale autonome ne peut organiser valablement les élections municipale, communale et locale qu’après les élections législatives du 26 avril 2015 ; que pour la transparence et la fiabilité desdites élections, il faut un délai de trente (30) jours au moins entre les élections législatives et la tenue des élections municipale, communale et locale ; qu’en conséquence, il échet pour la Cour de dire que les élections municipale, communale et locale doivent pouvoir se tenir le 31 mai 2015, le corps électoral devant être convoqué par le Président de la République par décret pris en conseil des ministres le 03 mars 2015 au plus tard ; et sans qu’il soit besoin de statuer sur les autres moyens ;

D E C I D E:

Article 1er.-Les dispositions transitoires des articles 319 et 328 alinéa 1 in fine de la loi n° 2013-06 du 25 novembre 2013 portant code électoral en République du Bénin sont caduques.

Article 2.    -La version actualisée de la LEPI doit se faire conformément aux dispositions des articles 264alinéa 2 et 274 de ladite loi.

Article3.-    Le Conseil d’orientation et de supervision doit impérativement achever l’actualisation de la liste électorale permanente informatisée le 15 janvier 2015.

Article 4.-   La publication de la liste électorale informatisée provisoire à partir du 16 janvier 2015 et l’établissement de la liste électorale permanente informatisée doivent impérativement être achevés le 25 février 2015 au plus tard.

Article 5.-   A défaut de la disponibilité de la liste actualisée pour le 15 janvier 2015, la Commission électorale nationale autonome (CENA) est autorisée à organiser les élections législatives, municipale, communale et locale de 2015 sur la base de la liste électorale permanente informatisée (LEPI) ayant servi pour les élections de 2011.

Article 6.-   Les élections législatives doivent avoir lieu impérativement le 26 avril 2015.

Article 7.- Le Président de la République doit convoquer le 14 février 2015, par décret pris en conseil des ministres, le corps électoral pour les élections législatives du 26 avril 2015.

Article 8.- Les élections municipale, communale et locale doivent impérativement avoir lieu le 31mai 2015.

Article 9.- Le Président de la République doit convoquer le 03 mars 2015, par décret pris en conseil des ministres, le corps électoral pour les élections municipale, communale et locale du 31 mai 2015.

Article 10.-              La présente décision sera notifiée à Monsieur Polycarpe TOGNON, à Monsieur le Président du Conseil d’orientation et de supervision, à Monsieur le Président de la Commission électorale nationale autonome, à Monsieur le Président de la Républiqueet publiée au Journal officiel.

Ont siégé à Cotonou, le neuf janvier deux mille quinze,

Messieurs Théodore HOLO                                  Président

ZiméYérima KORA-YAROU                                   Vice-Président

SimpliceComlan DATO                                        Membre

Bernard Dossou DEGBOE                                   Membre

Madame  Marcelline-C. GBEHA AFOUDA                            Membre

Monsieur Akibou IBRAHIM G.                                             Membre

Madame   Lamatou NASSIROU                             Membre

             Le Rapporteur                                        Le Président,

    Marcelline-C. GBEHA AFOUDA                       Professeur Théodore HOLO

En savoir plus...

Fixation des dates de la disponibilité de la Lépi et des élections communales et législatives : La Cour prend une décision sage, légale, opportune et responsable

theodore-holo

(L’établissement de la Lépi doit être effectif le 25 février, les législatives se tiendront le 26 avril et les communales le 31 mai 2015)
Les 7 Sages de la Cour constitutionnelle ont dans un arrêt rendu vendredi 09 janvier 2015 évoqué l’utilisation éventuelle de la Liste électorale de 2011 pour la tenue des prochains  scrutins. Ils ont également fixé à l’occasion les dates d’organisation des législatives et communales. C’est une décision célèbre et sage qui mettra à coup sûr fin au blocage électoral.    

La Haute juridiction a sifflé la fin de l’impasse électorale, à en croire plusieurs observateurs, en prenant la décision DCC 15-001 du 09 janvier 2015. Un arrêt historique, ont-ils commenté. D’autres ont salué la sagesse et l’opportunité de cette décision. Et à raison. Car, l’arrêt intervient à coup sûr pour délivrer tout le peuple d’une confusion totale. Il met fin à plusieurs mois de déchirements entre politiques dont les vrais intérêts ne correspondent pas nécessairement avec ceux du peuple. Les 7 Sages ont sauvé le peuple des errements du Conseil d’orientation et de supervision de la Liste électorale permanente informatisée (Cos-Lépi) mais aussi tout le processus électoral grippé qui a commencé à inquiéter la Communauté internationale. En rappelant que l’établissement de la Lépi doit obligatoirement prendre fin le 25 février 2015 et que les législatives ainsi que les communales  doivent se tenir respectivement le 26 avril et le 31 mai 2015 au plus tard, la Haute juridiction a aussi étalé sa volonté de jouer légalement sa partition afin que le Bénin évite le chaos qui se profile à l’horizon. Il faut en effet rappeler qu’aux termes de l’article 305 alinéa 1er de la loi n° 2013-06 du 25 novembre 2013 portant Code électoral en République du Bénin : « Tout le contentieux de l’actualisation du fichier électoral national et de la liste électorale permanente informatisée relève de la Cour constitutionnelle ». Mieux, l’article 114 de la Constitution du 11 décembre 1990 stipule : « La Cour Constitutionnelle est la plus haute Juridiction de l'État en matière constitutionnelle. Elle est juge de la constitutionnalité de la loi et elle garantit les droits fondamentaux de la personne humaine et les libertés publiques. Elle est l'organe régulateur du fonctionnement des institutions et de l'activité des pouvoirs publics». En rendant la décision DCC 15-001 du 09 janvier 2015, elle n’a fait qu’agir suivant la loi que le peuple béninois a librement votée. La décision de la Cour constitutionnelle devra certainement donner, dans les prochains jours aux acteurs impliqués dans l’organisation des élections notamment les membres de la Commission électorale nationale autonome (Cena), toute la sérénité requise pour la réussite de leurs missions. Il ne reste qu’au peuple béninois d’accompagner le processus électoral qui a déjà connu un grand retard. (Lire ci-après l’intégralité de la décision  DCC 15-001 du 09 janvier 2015).  

Mike MAHOUNA

Le Professeur Joël Aivo au sujet de l’arrêt de la Cour «C’est une bonne décision»


Le Constitutionnaliste Joël Aïvo a jugé « très bonne» la décision DCC 15-001 du 09 janvier 2015. Il a accordé ce week-end une interview à Océan Fm. Lire un extrait de son interview.

Nous sommes allés de conditionnalités en conditionnalités et nous constatons que la situation s’empire et qu’il y a des motifs d’inquiétude et de grande préoccupation. Si jamais, le juge constitutionnel ne prenait pas ses responsabilités en nous offrant une feuille de route, de sortie de crise, il y a possibilité que notre démocratie perde sa qualité et même il y a une possibilité de crise majeure aigue. C’est cela qu’il faut éviter. Et moi, je trouve qu’il faut appeler le juge béninois à prendre ses responsabilités et que le temps de la politique est passé. Le temps de la récréation pour moi devrait avoir fini. Donc, le juge constitutionnel a tout naturellement mobilisé la Constitution, la loi électorale pour dégager une solution. Est-ce que cela veut dire que les formules qui sont proposées par la Cour constitutionnelle sont les meilleures ? Non. Est-ce que cela veut dire que lorsque la Cour constitutionnelle ne réagit pas et qu’éventuellement le Cos-Lépi au cas où le 15 février ou le 25 février, on n’aurait pas la liste électorale apurée, actualisée, cela veut dire que la Cour constitutionnelle a raison en le faisant? Est-ce une meilleure solution en disant que nous retournons à la liste électorale de 2011? Non. Ce n’est pas une meilleure solution et les acteurs politiques et les citoyens, nous avons dit que la liste électorale avec laquelle nous sommes allés aux dernières élections législatives et présidentielles n’était pas consensuelle. Cette liste existe, mais n'était pas consensuelle. Tout le monde a considéré que la liste pourrait être améliorée. C'est la raison pour laquelle on a institué le Cos-Lépi pour essayer de l'améliorer. Mais, est-ce que la finalité, c'est que le Cos-Lépi actualise la liste ou c'est d’aller aux élections et que nous retombions dans une situation d’impasse que personne ne pourrait gérer?

Si vous reconnaissez que dans le contenu de la décision, les propositions de la Cour constitutionnelle ne sont pas les meilleures, est-ce que quelque part, la Cour ne donne pas raison à l'Opposition politique qui estime qu’elle est instrumentalisée par le pouvoir?

Je ne veux pas porter de jugement de valeur sur les positions ou les opinions des acteurs politiques. Les acteurs politiques sont dans leurs rôles. Je ne suis pas un homme politique et je ne voudrais pas me permettre de qualifier tel propos tenu par la Majorité présidentielle ou l’Opposition et dire si elle est exagérée ou pas. Je retiens juste que si on vous jette à l'eau, je ne veux pas savoir si vous êtes bon nageur. L’essentiel est comment vous avez évité la noyade. A l’heure actuelle, les solutions de la Cour ne sont pas les meilleures, ne sont pas les solutions idéales qu'on aurait choisies, mais nous sommes dans une situation de dysfonctionnement majeur. Il est revenu à la Cour constitutionnelle de mettre un terme à l'impasse, à l’imprévisibilité, au fait que nous soyons tous livrés à la gueule des acteurs politiques, que nous n'ayons pas une visibilité claire des élections. Aujourd'hui, avec la décision de la Cour constitutionnelle, nous savons que les élections législatives devront avoir lieu alors que nous étions dans l'incertitude. Deuxièmement, nous savons que le Président de la République est obligé de convoquer le corps électoral dans tel délai. Troisièmement, nous savons que les élections locales devront avoir lieu dans tel délai et nous abordons un peu plus sereinement les élections présidentielles, car il ne faut pas oublier la boîte de pandore. Si jamais, en raison de l’apurement, des problèmes, des contingences, des guéguerres entre le Cos-Lépi et le gouvernement, on n’arrivait pas à organiser les élections législatives, on aurait ouvert une porte sur l'enfer. On aurait ouvert une autre boîte de pandore. C'est la même chose qu’on reproche aux parlementaires pour avoir prorogé le mandat des maires. J’ai été le premier à condamner cette façon de proroger le mandat des maires et de renvoyer les élections locales aux calendes grecques. La preuve, cela a été une porte ouverte sur l'enfer. Aujourd'hui, avec la décision de la Cour, nous avons une visibilité très claire et cela c’est le rôle de la Cour constitutionnelle. Quand nous sommes en crise, c’est le moment d'offrir une porte de sortie de mobiliser les moyens nécessaires pour trouver une solution. La solution est là et je constate qu’elle nous permet d’aborder les élections et de savoir désormais que nous ne sommes plus dans une démocratie incertaine. Nous irons avec les lois qu’il faut. Après les élections, nous nous remettrons à travailler à ce que la liste devienne fiable et consensuelle. Si nous pouvons l’avoir dans les délais fixés par la Cour, ce serait bien. Si on ne peut pas l’avoir, il faudra aller aux élections.

Quelle aurait été selon vous, la bonne décision de la Cour constitutionnelle?

Je veux que les choses soient très claires. Pour le constitutionnaliste que je suis, la décision que la Cour constitutionnelle a rendue est une très bonne décision. Je pèse mes mots en le disant. C’est une très bonne décision. La bonne décision qu’on aurait eue aurait consisté à bien actualiser la Liste électorale permanente informatisée, à avoir une liste consensuelle, que tous les acteurs s’entendent et qu’on aille aux élections dans les délais prévus par la Constitution et déclinés par le Code électoral. C’est la meilleure formule. Comme on n’a pas la meilleure formule. Comme les acteurs ne sont pas capables de nous donner cette meilleure formule, que voulez-vous qu’on fasse ? Que la Cour regarde la situation s’envenimer ? Je rappelle juste pour finir à nos compatriotes de voir les pays dans lesquels le juge constitutionnel a été absent, les pays dans lesquels dans une situation de crise, de menace, les juridictions constitutionnelles ou les conseils constitutionnels de ces pays sont restés les bras croisés. Regardez la situation, regardez les conséquences majeures au Burkina lorsque le juge a regardé le président Compaoré arrêter les acteurs politiques et à aller jusqu’au sang, les conséquences, nous l’avons vu. A partir de ce moment, je préfère les excès, les critiques auxquels l’activité ou la présence d’un juge constitutionnel peut conduire. Je préfère ces critiques qu’aux conséquences que l’attente, le silence, la passivité du juge pourrait générer pour le pays.

Transcription : Mike MAHOUNA Source : Océan Fm

Gérard Nougbè : journaliste


Urgence pour l’opposition de se mobiliser pour mettre fin à une cour partisanne. La cour Holo vient de rendre une dévcion qui à coup sûre risque d’enflammer le peuple béninois. DECISION DCC 15-001 DU 09 JANVIER 2015, les sages de la cour imposent le 26 avril pour les législatives et le 31 mai pour les municipales. La même cour invite le cos-lepi à rendre la lepi pour au plus tard. le 15 janvier 2015. Dans le cas contraire la Cena est invité à utiliser la lepi de 2011. Une décision à polémique qui suscite déjà des remous au sein des acteurs de l’opposition et de la société civile étant donné que la lepi de 2011 a écarté beaucoup de béninois et même le Président Boni Yayi est conscient de ce que cette Lépi est bâclée et a même présenté des excuses au peuple béninois en son temps. Demander aujourd’hui d’utiliser cette lepi c’est appeler à un autre K.O qui risque d’être Chaos pour notre pays étant donné que
l’opposition n’aura d’autre choix que d’appeler à une mobilisation contre cette décision de la cour. Ce qui en réalité n’est autre qu’un appel à une désobéissance civique. Oh ! Dieu où est tu ? Sauve mon pays des mains de ces vautours.

Raïmi Oké Olamidé : juriste


Il faut savoir que la décision de la Cour vient ici sonner la fin de la récréation. Qu’elle soit mal intentionnée ou interprétée de diverse manière,  la Cour  a pris ses responsabilités et il faut saluer cela. Cette décision de la Cour vient remettre les pendules à l’heure. Le Cos-Lépi et le gouvernement doivent  comprendre maintenant qu’ils ne peuvent pas continuer de prendre la pays en otage. Moi, je salue cette décision de la Cour. On ne pouvait pas s’attendre à cela. Même si elle a tardé à prendre ses responsabilités, elle aurait eu le mérite de la faire à ce moment.

Michel Adossou, professeur


La Cour est dans son rôle.  la DECISION DCC 15-001 DU 09 JANVIER 2015 rendue par la cette dernière vient recentrer le débat. Cela nous permettra de forcer les choses. Le chef de l’Etat a fait savoir partout et sur toutes les chaînes de télévisions et Radio que ce n’est pas lui qui bloque les élections contrairement à ce que véhicule comme information, le Cos-Lépi. Il faut attendre et voir ce qui se passera les jours à suivre. La Cena et le chef doivent désormais jouer leurs partitions pour qu’on sorte de cette impasse électorale. Moi, je pense qu’on n’a pas besoin de tant de millions pour faire une Lépi. Et puis pour votre gouverne, on avait toujours organisé les élections dans ce pays sans la Lépi. Le Chef de l’Etat n’a qu’à prendre ses responsabilités comme le lui a exigé la Cour et convoquer le corps électoral selon cette décision de la Cour et on verra qui bloque quoi.

Rodrigue Afolabi : Conseiller


On doit cesser de faire de l’amalgame,  ne prêtons pas de mauvaises intentions à la Cour. Une décision est rendue et  a fait une programmation  des élections, c’est ce qu’on doit saluer. Que la Cour soit aux ordres de l’exécutif ou pas, une chose est sûre, c’est qu’elle a enlevé son épingle du jeu. Cette décision est la bienvenue et doit désormais mettre la pression sur les acteurs de l’organisation des élections.

Propos recueillis par Kola Paqui

En savoir plus...

Sortie médiatique des jeunes du forum des jeunes de l’Ouémé-Plateau : Les jeunes se mobilisent autour du ministre Simplice Codjo

politique

Le weekend écoulé,les jeunes membres du forum des jeunes de l’Ouémé-Plateau que préside Elvis Adjibodou ont organisé à Bénin Hôtel de la Vallée, une conférence de presse. Au coeur de cette rencontre avec les hommes des médias. Ils ont déclaré leur soutien indéfectible au président de la république, Dr Boni Yayi pour les nobles réformes engagées au profit de la jeunesse.

Refusant de cautionner les actes de certains acteurs politiques avides du pouvoir, les jeunes membres du forum des jeunes de l’Ouémé-Plateau (Fj-OP) provenant de différents partis et associations politiques, ont décidé de se rallier à la juste cause du ministre Simplice Dossou Codjo pour apporter leur soutien au chef de l’Etat. D’entrée, c’est le secrétaire général du creuset, Philippe Goudjemedji qui a présenté les meilleurs voeux de paix, de santé, de longévité et de bonheur au chef de l’Etat, aux membres de son gouvernement et à leurs familles respectives. Ensuite, dans une déclaration rendue publique, le président du FJ-OP, Elvis Adjibodou a soutenu que c’est depuis 2005 que l’actuel patron des flics a apporté à la jeunesse des départements de l’Ouémé-Plateau, la pierre angulaire dont elle avait besoin pour son émancipation. Simplice Codjo, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a ensuite montré à la jeune génération, le chemin du théorème yayiste qui est une idéologie de l’ère moderne pour l’émancipation et l’épanouissement du peuple béninois. Le forum des jeunes de l’Ouémé-Plateau s’est par ailleurs insurgé contre les propos et actes discourtois et parfois très violents de certains aînés qui n’ont pour objectif que de semer des troubles dans le pays et les mettre sur le dos du chef de l’Etat. A ce sujet, l’orateur principal a remercié le Très Haut et le chef de l’Etat qui s’est laissé guider par la lumière divine, grâce à laquelle, le complot anti démocratique des 10 et11 décembre 2014 orchestré par des politiques pour obtenir le pouvoir par la rue, a été déjoué. Au nom des jeunes du FJ-OP, Elvis Adjibodou a salué l’endurance et la constance de l’actuel ministre de l’intérieur, de la sécurité publique et des cultes qui représente désormais un repère de qualité pour la jeunesse. C’est dit que la jeunesse de l’Ouémé-Plateau, longtemps rangée dans une opposition égoïste qui entrave son épanouissement, s’est enfin réveillée. Elle s’est éveillée, la langue déliée et débout sur pieds pour 52 semaines d’actions au profit de la couche juvénile béninoise à travers le forum des jeunes de l’Ouémé-Plateau. Elle n’entende plus se laisser distraire ou intoxiquer par ceux qui osent lui interdire de jouir des fruits des efforts du président Yayi. Mieux, elle s’engage à soutenir Boni Yayi jusqu’au terme de son second mandat constitutionnel. Le jeu en valait vraiment la chandelle au regard des multiples actions engagées par le chef de l’Etat et son gouvernement pour sortir la jeunesse et les femmes du chômage, du sous-emploi et donc de sa situation de précarité. Le jeune Adjibodou et les siens en veulent pour preuve l’octroi des micros crédits aux plus pauvres, la construction des Business Promotion centres, le recrutement massif des jeunes dans la fonction publique et bien d’autres. La troupe de mobilisation se fonde solidement autour du ministre Simplice Codjo et les jeunes du forum n’attendent que les prochaines joutes élections pour donner la preuve de leur soutien à Boni Yayi.

Aziz BADAROU

En savoir plus...

Examen en procédure d’urgence pour la modification du code électoral : Les députés appuient sur l’accélérateur

institution

C’est par 30 voix pour, 00 contre 00 abstention que les députés ont adopté la demande en procédure d’urgence, la deuxième, pour l’examen de la proposition de loi portant modification du code électoral hier jeudi 08 janvier 2015. A cet effet, la commission des lois, en raison des urgences qu’elle avait à son niveau notamment l’étude de la loi portant statut des forces militaires et paramilitaires, a donné un délai de 2 semaines et demi pour apprêter le rapport à la plénière. N’étant pas d’accord avec la présidente Hélène Aholou Kèkè par rapport à cette proposition de délai, les députés Sacca Fikara et Saguiffa Wakouté ont estimé que la question relative à la modification du code électoral était d’une grande importance. Et pour ce faire, il fallait vite accélérer les choses à ce niveau. Quant à la présidente Rosine Soglo, elle trouve que les députés ont mal fait d’attendre les derniers jours pour modifier une loi votée depuis 2013. De débats en débats, le président de l’Assemblée nationale, le professeur Mathurin Nago a préféré échanger avec les membres de la commission des lois pour leur entendre raison.

K. P

En savoir plus...

Risque de prorogation du mandat des députés : « Un piège » selon Action Bénin Pluriel

elections

C’est par une causerie avec la presse hier en son siège à Wadon, que le diplomate Aurelien Agbénonci, président de l’association Action Bénin Pluriel s’est prononcé sur la situation politique nationale et l’impasse électorale. Il est revenu sur la fin du mandat des députés prévue pour le 15 mai mais pour laquelle rien n’est fait pour le renouvellement du parlement. Pour lui on tend vers la prorogation du mandat des députés, donc un piège.

Entouré des membres du bureau de l’association action Bénin pluriel dont Alain Ayadokoun, Iréné Zèvounou, Yves-Marie Adissin, Odile Atanasso, le président Aurelien Agbénonci a abordé deux questions : le phénomène de la corruption et le malaise démocratique. Pour lui, la Lépi est sans issue satisfaisante à la date d’aujourd’hui, la Lépi a couté 53 milliards contre 18 seulement au Mali qui a eu l’ingéniosité d’aboutir à la carte NINA un système d’identification unique (carte d’identité, carte d’électeur, carte d’achat : domaine, voiture, mariage ou autre). Cette lépi a englouti des sommes faramineuses alors qu’il existe d’autres secteurs qui peuvent renflouer les caisses de l’Etat. C’est pour cela le Dimanche 05 janvier sur la Radio soleil FM, il a demandé que le Cos-lepi qui a brillé par le non résultat, de transmettre ce qu’il a en sa possession à la CENA afin que le corps électoral soit convoqué conformément à l’article 353 du code électoral. Il a fait savoir que toute liste électorale est basée sur l’état civil. Pour lui, dans une semaine, c’est-à-dire le 15 janvier 2015, les candidats aux élections législatives devraient être connus sinon, cela compliquerait les choses. Il a souligné qu’il existe une absence d’un dialogue social et celle-ci apparaît comme une dégénérescence de la démocratie sagement mise en place. Il Appel à la reprise du dialogue social. La question sur la cohésion mise en mal a été aussi abordée. « Cohésion sociale est mise en mal par un certain politiques et les vieux démons de l’ethnocentrisme, régionalisme, les mutations qui se remarquent au sein des personnels lorsqu’on nomme un nouveau ministre. Il se remarque une discrimination, des brimades basées sur le régionalisme. C’est pour cela qu’Action Bénin Pluriel avait pris l’initiative de la création d’un observatoire des dérives des valeurs morales et des pratiques discriminatoires. Une initiative très attendue » a ajouté Aurelien Agbénonci. Les questions sur le chômage et l’insécurité n’ont pas été omises. Pour finir, il a conclu que Le pays n’est pas encore en crise et Il faut éviter le report des législatives : c’est un piège. K. P C’est par 30 voix pour, 00 contre 00 abstention que les députés ont adopté la demande en procédure d’urgence, la deuxième, pour l’examen de la proposition de loi portant modification du code électoral hier jeudi 08 janvier 2015. A cet effet, la commission des lois, en raison des urgences qu’elle avait à son niveau notamment l’étude de la loi portant statut des forces militaires et paramilitaires, a donné un délai de 2 semaines et demi pour apprêter le rapport à la plénière. N’étant pas d’accord avec la présidente Hélène Aholou Kèkè par rapport à cette proposition de délai, les députés Sacca Fikara et Saguiffa Wakouté ont estimé que la question relative à la modification du code électoral était d’une grande importance. Et pour ce faire, il fallait vite accélérer les choses à ce niveau. Quant à la présidente Rosine Soglo, elle trouve que les députés ont mal fait d’attendre les derniers jours pour modifier une loi votée depuis 2013. De débats en débats, le président de l’Assemblée nationale, le professeur Mathurin Nago a préféré échanger avec les membres de la commission des lois pour leur entendre raison.

K. P

En savoir plus...

Adoption de la modification de la loi sur les unités administratives et locales : Les députés jouent leur partition

assemblee-nationale

Retrouvés au palais des gouverneurs hier jeudi 08 janvier 2015, les députés de la sixième législature se sont conformés à la volonté des élus locaux et des populations concernant les réclamations liées à la création des nouvelles unités administratives et locales. C’était par 60 voix pour, 00 contre et 01 abstention.

Désormais c’est chose faite. Les parlementaires ont adopté la loi 2015-01 modifiant et complétant la loi n° 2013-05 du 27 mai 2013 portant création, organisation ; attributions et fonctionnement des unités administratives locales en république du Bénin hier jeudi 08 janvier 2015. Dans son rapport, la commission des lois a proposé que la plénière s’en tienne à son texte. Pour la présidente de la commission des lois, l’honorable Hélène Aholou Kèkè, il n’est pas question d’augmenter les unités administratives et locales. Il ne s’agit que de prendre en compte les corrections d’orthographe et autres. Elle sera renforcée dans cette position par le président de l’Assemblée nationale, le professeur Mathurin Nago, qui a rappelé au passage l’historique de la loi. En effet, face à l’évolution démographique, les députés ont décidé de porter à 5288 villages et quartiers de ville. Soit une augmentation de 1518 villages. Ce qui représente 40,31 % d’augmentation. Mais il s’est fait qu’aux lendemains du vote de cette loi, il y a eu des contestations liées aux fautes d’orthographe et à l’omission de certains villages, le choix des noms de certains villages…etc.

Kola PAQUI

En savoir plus...

Les Jeunes Turcs sur la gouvernance de l’actuel Maep : Medjico fier des réalisations de Issa El Hadj Azizou

issa-azizou

Dans une déclaration hier jeudi 8 janvier 2015, les Jeunes Turcs de la République, avec à leur tête le président Lucien Medjico passe en revue les 100 jours de réalisations de l’actuel ministre de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche, le colonel Issa El Hadj Azizou. Lire ladite déclaration pour mieux comprendre ce qui aura retenu l’attention de M. Medjico et les siens sur ce ministre du gouvernement du Dr Yayi Boni.

Mes chers compatriotes,

Depuis plus de cent jours que l'actuel gouvernement est formé et mis au travail par son chef, le docteur Boni YAYI, option a été faite pour une nouvelle politique de développement surtout et surtout dans le secteur agricole occupé par le Colonel EI-Hadji Issa AZIZOU.

Mes très chers invités et membres de l'équipage ministériel, transmettez à ce digne fils de la république et à ceux qui font comme lui aux côtés de Boni YAYI, les sincères remerciements de notre peuple et en particulier ceux du monde Agricole.
Remerciement oui, car, en cent jours, des actions indéniables ont été opérées avec à la une le règlement inattendu d'une crise.

En effet, Notre Etat devait aux Agents Contractuels Locaux (ACL) plus de huit (8) mois d'arriérés de salaire, une situation qui affectait dangereusement l'encadrement des paysans surtout les cotonculteurs. Source d'un grand soulèvement de ces agents qui ont assiégé le cabinet du ministre à travers des sit -in- le ministre AZIZOU, le jour même de sa prise de service, juste à la fin de son allocution, il a répondu à l'invitation du chef de l'Etat au palais de la république pour la crise des Agents contractuels locaux. Devant ces milliers d'agents contractuels locaux ce nouveau ministre de L’agriculture entrant a pris l’engagement de gérer la crise.

Trois jours après, tout le monde sur place» il fait débloquer plus d’un milliard six cent millions de francs CFA qu’il a mis en paiement immédiatement. Il a lancé cette opération au CARDER Ouémé à Porto- Novo et a profité de l’occasion pour remettre plus de deux cents (200) motos à ces Agents- Allez constater, cette satisfaction et joie demeurent dans le coeur de ces Agents contractuels locaux qui ne ratent aucune occasion pour prier pour ce digne ministre.

Ce patriarche qui ressemble à son chef le docteur BONI YAYI en matière de travail, a très tôt pris l’initiative de visiter toutes les structures sous tutelle pour une fois, un Ministre de l’agriculture a pu visiter juste à Sa prise de service toutes les structures sous tutelle sans exception en deux jours pour s’enquérir des difficultés et leur fixer leurs missions sur la base d’un cahier de charge bien nourri. Chers Amis, il faut être un AZIZOU avec pour chef BONI Y A YI pour ces genres d’actions pointues dans notre pays. Du jamais vu depuis les indépendances dans ce ministère. Dans la relance des sous-secteurs, le chef de l’Etat, pour avoir une visibilité, a créé et à. faire porter au seul ministère les grands domaines: Agriculture, Elevage et pêche.

Malheureusement pendant longtemps, non seulement les sous-secteurs Elevage et pêche sont totalement occultés mais l’agriculture ne s’intéressait qu’au coton seul~ filière organisée. Ce qui causait un grand risque pour l’économie d’autant plus que la devise: Agriculture = Base de notre Economie devient une fausse équation, donc un vain mot. Soucieux non seulement de faire mériter l’appellation des trois sous-secteurs pour désigner le ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la pêche et donner vie à ses trois domaines, El- HADJ ISSA AZIZOU quinze (15) jours après sa prise de Service a visité tous les camps peulhs éleveurs, toutes les fermes d’élevage d’Etat comme privées.

Les éleveurs ont unanimement salué l’initiative et reconnaissent que c’est avec ce ministre que le E du MAEP a son sens sinon c’était le MAP.

De son retour de la tournée du 10 septembre 2014, le Il septembre soit 22 jours exactement, El-Hadj ISSA AZIZOU accompagné de son Caudé GUEANT le DRFM TOKPESSI, a répondu présent à une. visite a SO A VA en pleine crue pour installer la coopérative des femmes mareyeuses et transformatrices de poisson de sa AVA.

Très au-delà de cette séance, c’était une grande foire agricole qui a réuni plus de six mille (6000) personnes qui ont pris part» à l’exposition des produits halieutiques poissons, crevettes, gambas, huîtres, alevins avec les pêcheurs et pisciculteurs et les produits maraîchers (légumes, piment, riz, patate, tomate) produits à sa AVA.

Le ministre a tenu une grande séance de travail avec les producteurs et surtout avec les pêcheurs. Le ministre a promis relancer les activités du sous-secteur pêche avec des appuis importants. En félicitant l’organisation des différents groupements de pêcheurs et d’autres productrices et producteurs, il a promis construire de marchés pour alléger la peine dans vendeuses de crevettes et de poissons. Ainsi, il fait don d’une pirogue avec moteur hors-bord, des glacières et autres aux femmes de crevettes. Moins d’un mois, il a été négocié et reçu après toutes les formalités administrative auprès de la SOGEMA UN ESPACE DE PLUS DE 500m2 à DANTOKPA au bord de la lagune pour construire un abri moderne avec ambarcadaire pour les femmes vendeuses et transformatrices de crevettes. De A SO AVA. Le financement est acquis et les travaux ont démarré à la grande surprise et Satisfaction de tout le monde. En particulier les pêcheurs de SO A VA. Du jamais vu. Toutes les .Autorités communales de SO A VA ont pris, part.

A Calavi, à l’ambarcadaire il a négocié et obtenu auprès des Autorités communales d’un domaine où est créé le marché «uniquement réservé aux poissons pour les femmes de SO AVA. La construction démarre sous’ peu. Il se prépare à rencontrer les groupements de «Acadja» et les pêcheurs en eau continentale. Pour relancer définitivement ce sous- secteur resté dans l’oubliette, les différents pisciculteurs du Mono et du Couffo, la ferme de Monsieur TONON, ceux du Borgou et de l’Alibori ont reçu sa visite et il a projeté une grande séance.

Une autre conséquence du passage du Ministre à SO AVA le Il septembre 2014 a été la sélection de deux groupements de maraichers de SO AVA représentant les départements de l’Atlantique et du Littoral. Ils ont été primés par la FAO le 16 Octobre 2014 à Glazoué lors de la journée mondiale de l’Alimentation. Ils ont reçu d’importants lots de matériels agricoles. Lors de ces grandes tournées sur les fermes rizicoles à Grand Popo et ailleurs, il n’a jamais cessé de donner des conseils pour l’accroissement des rendements. Il prône la culture intensive contre la culture extensive. Le respect des doses d’engrais, des techniques de cultures donnant l’exemple sur lui-même producteur de Soja.

Alors chers amis allez comprendre quelque chose, Un Colonel Ministre producteur de Soja, le compte restera toujours bon pour ce ministère de l’Agriculture. Alors bon vent au Colonel Ministre et a son chef le Docteur Thomas Boni YAYI.

Vive la République et vive le Bénin.

En savoir plus...

Entretien «Matin Libre» Général Fernand Amoussou, « Servir est le fondement de mon existence et de mon engagement »

fernand-amoussou

L’actualité dans le pays tourne en partie autour d’eux. Les médias sont à l’affût guettant leurs moindres faits et gestes. Parmi eux, on distingue aisément les vieux loups des novices, ceux qui sont déjà bien rodés à l’exercice et ceux qui mettent pieds dans le marigot pour la première fois. Gonflés à bloc, ils sont déjà en ligne dans les starting-blocks n’attendant que le coup de sifflet final. Il s’agit bien évidemment des prétendants au convoité fauteuil présidentiel. Des candidats annoncés ou supposés, on peut citer le nom du Général Fernand Amoussou. Le Général Amoussou est né à Aplahoué (ville du sud-ouest du Bénin) en 1955. A 19 ans, sans trop savoir pourquoi, il décide de concrétiser l’envie d’intégrer l’armée qui brûle en lui depuis qu’il est en classe de 3ème. Il veut devenir parachutiste. Il fera sa formation à l’Ecole d’infanterie de Montpellier et à celle des troupes aéroportées de Pau en France. Il est diplômé de l’Ecole d’état-major de Compiègne et de l’Ecole de guerre de Paris. Directeur de la planification et de la coopération militaire au ministère de la Défense nationale sous le Président Nicéphore Soglo, il devient Chef d’état-major de l’armée de terre en 1997 et Chef d’état-major général des forces armées du Bénin en 2000 avec le Président Mathieu Kérékou. En 2005, il prend les commandes de la force des Nations unies en Côte d’Ivoire. C’est à lui que le Bénin doit le Lycée militaire de jeunes filles de Natitingou. Outre ses 35 années de service opérationnel à divers niveaux, il a été consultant de plusieurs organisations internationales sur les questions de transformation militaire lors des transitions démocratiques. Nul n’ignore que Fernand Amoussou est le frère du Président de l’Union fait la Nation et président d’honneur du Parti social démocrate (Psd), Bruno Amoussou. Est-il soutenu par ces forces politiques de l’Opposition, est-il de la Mouvance ou est-ce un indépendant ? Le Général refuse qu’on le classe dans une catégorie limitée à celle représentée d’un côté, par la Mouvance et de l’autre par l’Opposition. « Il faut envisager une réforme de notre système politique pour créer et mettre en place deux ou trois pôles politiques importants et forts …Ce qui m’importe c’est mon pays, c’est mes compatriotes et les défis auxquels nous devons faire face, sont au-dessus des considérations partisanes », martèle le Général en guise de réponse, un peu comme le début d’un discours bien huilé et rabâché. Ce lecteur convaincu de l’écrivain et économiste français Jacques Attali semble bien revendiquer sa liberté. Et ce n’est peut-être pas anodin si l’une de ses citations préférées est le fameux alexandrin de Alfred de Musset, « Mon verre n’est pas grand mais je bois dans mon verre ». Humilité et indépendance donc mais aussi discrétion, pondération et constance, des traits de caractères liés à une vie militaire faite d’autodiscipline et de rigueur. Qu’est-ce qui motive le militaire à la retraite à s’investir dans cette bataille électorale qui s’annonce ? Quelles sont ses ambitions ? Nous vous proposons quelques réponses dans cet entretien accordé à votre Quotidien « Matin Libre ». Bonne lecture.

Par Maximin Tchibozo et Djamila Idrissou Souler

Général Amoussou, des rumeurs planent sur votre candidature effective à l’élection présidentielle de 2016. Vous vous mettez hors-jeu où êtes-vous sérieusement résolu à prendre part au combat ?

Ma vie a été au service de mon pays, de mes compatriotes. Servir est le fondement de mon existence et de mon engagement. C’est vrai, il y a beaucoup de rumeurs de cette nature, et c’est vrai aussi que depuis quelques mois, je rencontre beaucoup de nos compatriotes avec lesquels j’échange sur la situation dans notre pays, et sur notre avenir commun. Nul ne peut rester insensible à notre pays, à l’avenir de la jeunesse, à sa désespérance, à nos mères et soeurs qui n’ont pas la juste récompense de leurs efforts quotidiens pour vivre plus décemment. Je pense aussi à tous ceux qui, aujourd’hui dans ce pays, ne mangent pas à leur faim et qui sont exposés aux intempéries avec leurs familles. Et c’est vrai que je discute beaucoup, mais je ne me déciderai que lorsque mes compatriotes me l’auront demandé parce que mon unique ambition est de servir. C’est l’ambition d’être au service de mon pays comme c’est le cas depuis l’âge de 19 ans où je suis rentré dans l’armée. Donc à la question, je réponds : « Oui, je ne me déroberai point si mes compatriotes estiment que je peux toujours être à leurs services ».

Vous n’êtes d’aucune chapelle politique. Vous n’avez jamais milité, votre carrière militaire aussi brillante soit-elle suffit vraiment à faire de vous un candidat crédible. Quels sont vos arguments ?

Je considère qu’il serait peut-être un peu exagéré de dire que je n’ai jamais milité. J’ai été très actif dans les organisations de jeunes quand j’étais au lycée. J’ai été Président de l’Ugeed (l’Union Générale des Elèves et Etudiants du Dahomey), Président du Rajemo (Rassemblement des Jeunes du Mono). Puis après, je suis rentré dans l’armée, et comme vous le savez, il est interdit aux militaires toute activité politique. Mais ceci étant, l’armée est traversée par les courants qui circulent dans la société. Après, j’ai eu la grâce et l’immense honneur d’avoir été Chef d’état-major général des forces armées béninoises. Et ce poste est un poste politico-militaire : c’est en gros 70% politique et 30% militaire. Le Chef d’état-major est celui qui assiste le Président de la République pour traduire les orientations politiques en ordre pour les militaires. C’est aussi celui qui mène les discussions discrètes au profit du Chef de l’Etat tant au plan national qu’à l’étranger. Une sorte de diplomatie discrète faite d’efficacité. Et puis, j’ai aussi eu aussi l’honneur de commander la force des Nations Unies en Côte d’Ivoire pendant cinq années. Poste éminemment politique où la mission était de tout faire pour que cette crise s’achève politiquement et que les armes se taisent. Et donc je pense avoir récolté une moisson d’expériences. Mais aussi le médecin, le maçon, l’enseignant, tous, nous sommes dans la politique. Nous vivons dans la politique, parce qu’il conviendrait de ne peut-être pas confondre, être un politique avec être un politicien. Je considère avoir des arguments pour continuer de servir mon pays. Le lycée militaire des jeunes de Natitingou, c’est moi qui l’ai créé. Les pavés qui traversent le camp Guézo, c’est moi qui ai contribué. Des écoles, des routes où j’ai essayé de mettre l’armée au service des populations, l’hôpital d’instruction militaire, etc. Vous savez, je ne suis pas dans une démarche de me promouvoir. Je suis toujours dans une démarche de service. Telle est mon ambition. Je pense que si mes compatriotes estiment que je peux toujours servir, je me mettrai toujours à leur service.

Que pense le Président de l’Union fait la Nation, Bruno Amoussou des ambitions de candidature que vous affichez depuis quelques mois ?

Vous me permettrez de vous répondre en vous invitant à lui poser la question. C’est à lui de répondre à cette question.

Général, vous êtes de la même famille et en tant que grand frère il doit vous avoir prodigué quelques conseils puisqu’il a une longue expérience en la matière

Vous savez, la façon dont vous percevez mon grand frère Bruno Amoussou n’est peut-être pas de la même manière que je le perçois. J’ai une relation fraternelle avec lui, et c’est de la même manière avec les autres frères et soeurs de la famille. Nous sommes neuf (09) et il n’est que le quatrième (4ème) ; il n’est même pas l’aîné de la famille. Et donc, quand j’ai une décision à prendre, je passe chez tous mes frères et soeurs pour les en informer.

Donc, il n’est pas informé de cette volonté naissante ?

Je ne vous ai pas dit qu’il n’est pas informé. J’ai dit lorsque je dois prendre une importante décision, et que j’estime que ma famille doit être informée, je vais voir mes frères et soeurs y compris lui, évidemment. Vous savez, j’ai avec mon frère Bruno Amoussou des relations très intenses, fraternelles. Nous nous entendons à merveille, comme je m’entends avec mes autres frères. Mais vous permettrez que ces relations familiales puissent rester en famille.

Général Amoussou, êtes-vous de l’Opposition ou de la Mouvance ? Dans quel camp doit-on vous caser exactement ?

Il est important, dans un pays démocratique, qu’il y ait une Majorité et une Opposition. C’est extrêmement important pour la vitalité d’une démocratie. C’est vrai qu’au Bénin avec plus de deux-cent (200) partis, les lignes bougent souvent. Tantôt on sent certains dans l’opposition, tantôt dans la majorité ou dans la mouvance. Je pense que le plus important aujourd’hui est d’envisager une réforme de notre système politique pour progressivement créer et mettre en place deux (02) ou trois (03) poules extrêmement importantes et fortes qui puissent animer la vie politique ; dans le cas échéant, alterner le pouvoir. Pour ce qui me concerne, puisque c’est votre question, je suis dans une disposition à approuver ce qui me semble bien pour mon pays et pour mes compatriotes et à critiquer avec rigueur et énergie, ce qui ne semble pas bien pour notre pays ; parce que le plus important aujourd’hui, c’est comment faire pour ensemble, relever le défi de sécurité, de développement auquel notre pays fait face. C’est là le plus important. Et bien je pense qu’avec la réforme politique que je propose, nous pourrons rentrer dans une nouvelle ère de vraie démocratie permettant au pôle politique important implanté au plan national d’alterner le pouvoir.

Général, avant que cela ne se réalise, à quelle position vous situez-vous aujourd’hui ? Supportez-vous les actions du Chef de l’Etat ou êtes-vous avec les forces politiques de l’Opposition ?

Je constate que votre question ne tient pas totalement compte de la situation politique dans notre pays. Vous avez comme moi observé que certains partis politiques qui, hier, étaient dans la Mouvance sont aujourd’hui dans l’Opposition et vice versa. Et donc je ne pense pas que dans notre pays il soit aussi clair, en fonction de notre système politique actuel, de vraiment classer quelqu’un dans l’Opposition ou dans la Mouvance. Ce qui m’importe moi, c’est mon pays, ce sont mes compatriotes et les défis auxquels nous avons à faire face sont au-dessus des considérations partisanes. Nous avons des Béninois qui souffrent ; nous avons des jeunes qui sont désespérés ; nous avons nos soeurs qui luttent quotidiennement pour s’en sortir ; nous avons nos opérateurs économiques qui sont aussi dans la souffrance. Et tout ceci nécessite un grand rassemblement des forces politiques et sociales dans notre pays pour relever ces défis ; pour nous sortir tous ensemble de la précarité et construire ensemble notre destin commun. Nous ne sommes pas aujourd’hui face à nos difficultés, dans un schéma où il faut se combattre politiquement, mais plutôt dans un schéma de rassemblement.

Nous retiendrons donc que vous êtes un indépendant ?

Il ne convient pas dans notre pays comme dans beaucoup d’autres pays africains de chercher forcément à fragmenter notre société. Vous savez, nous sommes à une étape de développement de notre pays où il nous faut plutôt rechercher une synergie de toutes les énergies, pour développer notre pays, pour vaincre le chômage des jeunes, pour vaincre la pauvreté. C’est de cela qu’il s’agit. Et donc, si nous avons des dirigeants politiques qui oeuvrent dans ce sens, nous devons les soutenir. Mais lorsqu’ils n’oeuvrent pas dans ce sens, nous devons les combattre. Mais, nous ne sommes pas encore à mon avis, dans nos pays dans un schéma Gauche/Droite comme dans d’autres pays développés. Et d’ailleurs, les majorités à géométrie variable que nous observons dans notre pays illustrent éloquemment que notre système politique mérite d’être reformé.

Général Amoussou, les paisibles citoyens de notre pays s’inquiètent de la montée de l’insécurité. On a des hors-la-loi en possession d’armes sophistiquées qui déroutent les forces de l’ordre et par ailleurs, des policiers décriés et accusés de bavures trop répétées. Comment expliquez-vous cette situation et que feriez-vous si vous étiez aux commandes ?

L’insécurité a beaucoup progressé dans notre pays ces dernières années, ces derniers moments. La situation me semble préoccupante. Elle est essentiellement due aussi à la situation dans notre sous-région marquée par des mouvements insurrectionnels notamment au Nigeria, grand pays à côté de nous ; et puis probablement nous avons nos propres vulnérabilités en ce qui concerne tout notre dispositif de sécurité. Je pense qu’il conviendrait probablement que des efforts soient faits pour mieux cerner ces problèmes de sécurité dans notre pays. Je ne peux pas me mettre à la place de ceux qui en ont aujourd’hui la charge. Il ne serait même pas approprié ni courtois de ma part, avec les postes que j’ai eu à occuper par le passé de prendre une position de cette nature. Si j’ai des suggestions et des conseils à leur faire, je me rendrai auprès de ceux qui en ont la responsabilité pour leur faire part de mes suggestions. Je ne les ferai pas publiquement parce qu’en ces matières, il faut un grand sens de responsabilité. Mais ce que je demande, c’est qu’il n’y ait aucune faiblesse pour lutter contre l’insécurité. La faiblesse nous est interdite face à l’insécurité.

La faiblesse est à quel niveau, Général ?

La faiblesse des pouvoirs publics et la faiblesse des forces de sécurité chargés d’assurer notre sécurité. Il s’agit d’une faiblesse à tous les niveaux. L’Etat doit mettre les moyens qu’il faut à tous les niveaux pour assurer la sécurité de nos compatriotes. De la même manière, les forces en charge de la sécurité doivent tout mettre en oeuvre à tout point de vue : formations, équipements ; entrainements mais aussi le caractère professionnel du personnel pour que leurs prestations soient à la hauteur des attentes de nos populations. Mais je fais confiance à mes frères d’armes qui, aujourd’hui, ont cette responsabilité. Je leur fais confiance pour trouver les voies et moyens d’améliorer la sécurité de nos concitoyens. C’est leur responsabilité ; le peuple les jugera en fonction de leurs capacités et l’histoire les jugera aussi en fonction de ce qu’ils auront pu faire.

Que vous pensez de la question sécuritaire en Afrique, plus précisément le terrorisme auquel sont confrontés le Nigeria voisin, mais également le Mali, le Tchad et le Cameroun ? L’Afrique a-t-elle réellement les moyens d’une politique anti-terroriste viable, durable ?

La situation actuelle est inédite. Les menaces et les risques sur la sécurité et même l’existence les Etats africains ont beaucoup évolué. Les menaces aujourd’hui ne sont plus à l’intérieur des Etats. Les menaces sont transnationales, transrégionales et donc les réponses doivent être aussi transnationales et transrégionales. Et c’est là où l’Afrique présente de graves insuffisances. Aucun pays africain aujourd’hui n’a la capacité de faire face au terrorisme tout seul. La solution doit provenir d’une mutualisation des moyens de sécurité pour faire face. Les frontières de sécurité ne correspondent plus aux frontières des Etats et donc le voisin, l’Etat voisin ne doit plus être considéré comme l’ennemi. Aujourd’hui, l’ennemi c’est le terrorisme, les mouvements insurrectionnels qui ne connaissent pas de frontières. Et donc nos Etats doivent se mettre ensemble, élaborer ensemble des politiques de sécurité et mutualiser leurs moyens de sécurité. C'est l'unique condition pour nos Etats pour faire face à l’insécurité. Si nous n’allons pas dans ce sens, alors nous sommes en train de travailler à notre propre destruction. Je pense, en voyant les dernières réunions des chefs d’Etat en voyant les propositions qui en sortent, qu’il y a une prise de conscience collective de ce que nous ne pouvons vaincre l’insécurité que solidairement. Et j’engage les leaders africains à se mettre ensemble à comprendre que nous devons nous mettre ensemble pour vaincre l’insécurité. Vous savez Boko Haram sévit au Nigeria à 150, 200 kilomètres de Cotonou. Nous avions à côté de nous à 50 kilomètres à vol d ‘oiseau de Porto-Novo, le Mouvement de libération de la région du Delta (Mend). Et donc ce qui se passe au Nigeria ne peut pas nous laisser insensible ici, surtout que nos frontières sont très poreuses. Et donc, le Nigeria et le Bénin, comme les autres pays de la sous-région doivent forcément se mettre ensemble pour pouvoir lutter contre l’insécurité.

Et vous pensez que c’est un manque de moyens ?

Non ce n’est pas un manque de moyens. C’est-à-dire que les Etats africains h é s i t e n t ou sont encore réticents à déléguer une partie de leur souveraineté au profit d’une supra nationalité. C’est là le problème. Nous avons encore une interprétation excessive de la notion de souveraineté. Chacun s’arc-boute sur son territoire national pour dire je veux défendre l’intégrité territoriale. Mais ce n’est plus possible parce que les menaces et les risques ne connaissent plus les frontières.

Vous êtes candidat à l’élection présidentielle de 2016. Mais, avant 2016, il y a les élections législatives, communales et locales qui semblent être dans l’impasse. En tant que politique, quelle lecture faites-vous de cette situation dans laquelle est plongé le Bénin depuis peu?

Je ne pense pas que ce soit une impasse que nous ne pouvons surmonter. Je pense que la Lépi (Liste électorale permanente informatisée) dans sa gestation comporte un pêché originel. Ce pêché s’appelle la suspicion. Les conditions de son élaboration ont créé autour de cette liste une grande suspicion et par conséquent une crise de confiance. Ensuite, le code électoral présente aussi des insuffisances que nous constatons aujourd’hui. Donc, il revient au président de la République et aux députés à l’Assemblée Nationale de prendre leurs responsabilités, de prendre les dispositions législatives qui s’imposent pour que nous puissions tenir les élections à bonne date. Ne pas tenir les élections à bonne date est régression démocratique inacceptable, porteur de crise pour notre pays. Et donc je souhaite que la classe politique et en particulier le président de la République et les députés à l’Assemblée nationale puisque ce sont les députés qui votent les lois, que les dispositions soient prises, notamment une dérogation, pour que les élections aient lieu à bonne date. Mais je ne pense que cela soit une impasse parce que les solutions existent.

Pourquoi pendant longtemps vous vous êtes réservé de vous prononcer sur la situation politique du pays ?

Je me suis prononcé là-dessus auprès de certains de vos confères. Peut-être pas avec les grands tambours comme beaucoup d’autres. Mais l’efficacité n’a pas besoin de beaucoup de bruit non plus. Je me suis toujours prononcé et je continuerai de me prononcer parce que la vie de notre pays nous concerne tous et en particulier ceux qui aspirent à prendre de grandes responsabilités.

Vous avez certainement suivi avec attention, le discours du président de la République sur l’Etat de la Nation. Concernant les élections, il a affirmé ne plus devoir aucun « kopeck » au Cos- Lépi.

C’est un discours complet qui fait le point sur la conduite des affaires de notre pays par le chef de l’Etat. S’agissant particulièrement des élections je crois que vous êtes d’accord avec moi que le Cos-Lépi a promis livrer dans les prochains jours une liste provisoire, nous attendons de voir. Toujours est-il qu’il y a eu déjà plusieurs reports. Mais encore une fois, la classe politique doit prendre ses responsabilités. Nous ne devons pas prendre un peuple en otage. J’invite donc toute la classe politique à faire en sorte que nous puissions tenir les élections à bonne date. Et pour ce faire nous devons tous sortir de nos petits calculs politiciens et mettre le Bénin au-devant de toutes autres considérations. Si nous mettons notre pays, la paix dans notre pays au-dessus de toutes considérations personnelles, de toutes nos petites ambitions, nous pouvons tenir les élections à bonne date.

Supposons que nous sommes le 16 janvier et que nous n’avons pas toujours cet instrument pour aller aux élections; que pensez-vous que les forces démocratique pourraient mener comme actions pour en finir avec ce problème ?

Je pense qu’il importe que le chef de l’Etat, les députes prennent leurs responsabilités et que la Cour Constitutionnelle joue également son rôle de gardienne de la constitution. Mais, je ne perds pas espoir que nous trouverons une solution pour aller aux élections.

Peut-être qu’il faudra encore marcher ? Et est-ce qu’on vous verra dans les rues battre le macadam avec vos militants ? On vous accuse de Général « poltron » du fait que vous n’ayez pas pris part à la marche du 11 décembre dernier.

Mais il n’y a aucun problème à ce niveau. Je n’étais pas sur le territoire national à ce moment-là. Mais c’est de bonne guerre évidemment. Et je ne pense pas forcément que ma seule présence personnelle soit plus importante que la présence de beaucoup d’autres Béninois. Je ne pense pas que je suis au-dessus des Béninois. Je respecte tous ceux qui sont massivement sortis pour marcher pour la tenue des élections, mais tout autant, je respecte ceux qui n’ont pas pu y aller. Nous sommes des citoyens et des concitoyens à part entière mais aussi à part égale.

Que pensez-vous du protocole d’accord signé entre le gouvernement et la société Cajaf Comon qui porte entre autres sur l’annulation des 32 milliards de redressement fiscal à la société de Monsieur Sébastien Ajavon ?

Je n’ai pas lu le document personnellement et donc je ne peux pas faire un commentaire de fond. Mais sur la forme, je salue cet accord entre le gouvernement et la société de Monsieur Ajavon. C’est ce qu’il faut. L’Etat doit être toujours en partenariat avec le privé et notamment avec les opérateurs nationaux. Parce que c’est l’entreprenariat privé qui peut porter la croissance et créer de l’emploi. C’est pour cela que l’Etat doit être en soutien permanent à nos opérateurs économiques nationaux. Je ne connais pas d’Etat qui ne soutienne pas ses entreprises et donc je salue cet accord qui à mon avis, va dans le sens de l’apaisement des relations entre les nécessaires et indispensables partenaires que sont l’Etat et les entreprises.

Vous parlez d’apaisement, Le président de la République Yayi Boni, est allé personnellement présenter ses voeux au président de l’Union fait la Nation, Bruno Amoussou. Comment s interprétez-vous cette visite ?

C’est un signe d’apaisement. C’est très bien que le Chef de l’Etat, la première personnalité de notre pays se déplace pour aller souhaiter une bonne année à certains ténors de l’Opposition. C’est un geste que nous devons apprécier. Et, j’espère puisque je ne connais pas le fond de leurs discussions, je souhaite que ces entretiens portent sur l’avenir de notre pays, sur l’apaisement nécessaire pour que nous puissions tous ensemble construire notre pays.

Général Fernand Amoussou à la lumière de votre riche carrière militaire, que pensez-vous avoir de plus que les autre candidats annoncés ?

Ce serait prétentieux d’estimer que j’ai quelque chose de plus que les autres probables candidats ou même plus que d’autres concitoyens. Je n’oserais pas. Ce que je puis dire, c’est que ma carrière militaire m’a enseigné un certain nombre de valeur. La première de ces valeurs, c’est l’exemplarité : l’on est leader que par l’exemple, et on doit s’appliquer ce que l’on exige de l’autre. Une autre valeur est celle de la rigueur, la rigueur vis-vis de soi-même et la rigueur dans la tâche qui vous est confiée. Ensuite, l’autodiscipline qui fait que l’on s’exige un certain nombre de comportements, un certain nombre de propos qui permettent de continuer toujours de vivre ensemble. Nous devons cultiver le vivre en commun dans notre pays. Nous ne devons pas accepter d’être divisés, d’être segmentés, nous devons essayer de continuer de vivre en commun dans nos diversités. Et puis, j’ai la capacité managériale du militaire. Vous savez, un officier commence par commander trente hommes, cent cinquante, trois cents, jusqu’à finir par des milliers, comme ce fut mon cas en tant que chef d’Etat-major où à l’Onu. Cette capacité, cette aptitude à diriger des milliers d’hommes fait de vous un manager. Ce dont un pays a besoin, c’est un chef qui gère le pays comme un bon père de famille, qui défend les faibles, qui indique la voie pour ceux de ses concitoyens qui se perdent, qui ramène à la maison ceux qui se trompent de voie, qui réconcilie ceux qui se querellent et qui montrent le chemin. Le chemin de la prospérité, le chemin de la cohésion, le chemin de l’unité nationale, le chemin du développement. Voilà ce que m’a enseigné la carrière militaire et qui constituent autant de valeurs et d’atouts qui puissent permettre à un ancien militaire comme c’est le cas dans beaucoup de pays, d’apporter une contribution à notre développement, à notre destin commun.

Que retenons-nous pour conclure ?

Je voudrais d’abord vous remercier pour cet entretien et dire à nos compatriotes et à tous ceux qui nous regardent, que ma vie a été au service de notre pays. Que le fondement de mon existence a été de servir mes compatriotes, d’accepter en devenant militaire de mourir pour que vivent mes compatriotes. Ce que je souhaite continuer de faire s’ils le veulent, c’est de continuer d’être à leur service pour leur bien-être, pour leur sécurité et pour construire l’avenir des nouvelles générations. Ma carrière militaire me permet aujourd’hui de penser et d’estimer que je peux continuer de servir. L’histoire de beaucoup de pays a été construite par des anciens militaires. Nous pouvons citer le cas du Général de Gaulle en France, du Général Eisenhower aux Etats Unis, du Général Park en Corée du Sud et tant d’autres. Je voudrais simplement que mes compatriotes me permettent de continuer d’être à leur service. Tel est le sens de mon engagement et telle est ma volonté. Je voudrais terminer en remerciant Dieu de nous avoir donné cette nouvelle année 2015 et souhaiter à tous les compatriotes une heureuse année 2015.

fernand-amoussou1

Retrouvez la vidéo de cet entretien sur matinlibre.com

En savoir plus...

Assemblée nationale : La fin du mandat des maires à nouveau en plénière demain

assemblee-nationale

La représentation nationale revient sur la proposition de loi visant à fixer un terme au mandat des conseillers communaux, municipaux et locaux élus depuis 2008. Cette question qui devrait être débattue en séance plénière, Sur la demande du député de la mouvance Daouda Takpara et conformément à l’article 46 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, le lundi 15 décembre 2014 a été purement et simplement ajournée. Le vendredi 09 janvier 2015, Les élus de la 6ème Législature reviennent sur la loi portant cartographie et la proposition de loi visant à fixer un terme au mandat des conseillers communaux, municipaux et locaux élus depuis 2008.

Mais avant cet important vendredi, deux points cruciaux vont meubler la séance plénière de ce jour jeudi 08 janvier 2015, il s’agit de la relecture : de la loi portant création, organisation, attributions et fonctionnement des unités administratives locales en République du Bénin et  celle du rapport de la Commission des lois relative à la correction de la loi n°2013-05 du 27 mai 2013 qui est prête. Le second point crucial est le fait que  le gouvernement devra tenir selon le Règlement intérieur, une communication sur le point de l’évolution des chantiers en souffrance dans le secteur de la santé, aux problèmes d’infrastructures, d’équipements, de ressources humaines et du bilan et impacts des programmes de santé publique et de protection sociale. Il faut rappeler que le député Nicaise FAGNON et d’autres avaient voulu contrôler la politique du gouvernement dans ce domaine en lui adressant une question orale avec débat.

Kola PAQUI

En savoir plus...
S'abonner à ce flux RSS

Application Mobile

app-mobile-android

Abonnement Numérique

abonnement-numerique

Abonnement Papier

abonnement-papier

Inscrivez-vous à notre Newsletter et revevez l'information en continu ! Les dernières nouvelles, les dernières déclarations, l'information où que vous soyez !