TPL_GK_LANG_MOBILE_MENU

bandeau-TocToc 1

A+ A A-

Politique

Soutien aux réformes de Talon : La traitrise des députés Rb

rb

Il n’y a pas deux mots pour qualifier le comportement des députés Rb qui, dans un communiqué, ont déclaré apporter désormais leur soutien au réformes du Chef de l’Etat, tout en invitant le bureau politique de la Renaissance du Bénin à clarifier sa position. Après notre article d’hier sur le silence de Léhady Soglo face à la position des 4 députés (https://goo.gl/UUzTWF) des informations font état de ce que les députés Rb avaient la latitude d’exprimer leur position à la réunion politique à laquelle a d’ailleurs pris part le président d’honneur du parti, Nicéphore Soglo dont on sait l’engagement pour l’avènement de la Rupture. Mais au lieu d’exprimer leur position à visage découvert, les députés ont préféré jouer la politique de la chaise vide avec des arguments qui ne tiennent pas, qui pour raison de maladie, qui pour obsèques. Qu’ils viennent maintenant, juste au lendemain de cette réunion, publier un communiqué de soutien à Talon, ne peut être autre chose que de la traitrise. Ceci d’autant plus que le président du parti Léhady Soglo est depuis peu victime d’actes et propos déplacés de la part du préfet du Littoral Modeste Toboula qui d’ailleurs agit sur ordre du Chef de l’Etat. Dans un tel contexte, les députés devraient travailler au renforcement du parti. Ils devraient marquer leur solidarité à leur président tout en exprimant leur vision sur l’avenir de la Renaissance du Bénin. Mais au lieu de cela, ils ont préféré pondre un communiqué qui sème la confusion dans l’esprit des militants et sympathisants de la Rb.

Sérénité totale dans la maison « Houézèhouè »

La position des députés signataires du communiqué de soutien aux réformes de Talon, n’a guère émoussé l’ardeur du président Léhady Soglo pour une Renaissance du Bénin plus forte. Plus que jamais le président de la Rb est déterminé à conduire à bon port la barque Rb. D’ailleurs le parti a l’habitude de ce genre de comportement où les régimes successifs débauchent leurs élus. Mais cela n’a jamais fait chavirer le navire Rb. Ce qui est plutôt malheureux, c’est que le régime de la Rupture qui affirme venir pour rompre avec ces comportements et pour l’assainissement de la classe politique s’illustre aussi sur le terrain des débauchages pour faire passer ses réformes. Cela peut marcher le temps de leur mandat. Mais une fois obtenues, lesdites réformes risquent de ne pas durer dans le temps tout simplement parce que la manière de procéder n’était pas la bonne.

Worou BORO

En savoir plus...

Prise de position de 4 députés de la Rb : Que cache ce silence de Léhady Soglo?

lehady-soglo

A la Renaissance du Bénin (Rb), c’est la confusion générale. Le communiqué de presse publié le jeudi 08 février 2017 par quatre (04) députés semble étaler les divisions qu’affrontent les Renaissants. Le silence de Léhady Soglo est très pesant et nourrit plusieurs interprétations.

Boniface Yèhouétomè, Adolphe Djiman, Gildas Agonkan et Norbert Ahivohozin ont donné leur position politique à travers un communiqué rendu public la semaine écoulée. Ces députés de la Rb n’ont plus attendu la décision du bureau politique avant de prendre position. « En attendant la clarification du positionnement du parti,  nous députés, signataires du présent communiqué, nous nous engageons à soutenir les actions de développement du président de la République, étant entendu qu’en l’état actuel des choses, rien ne saurait justifier une opposition  stérile à sa vision en moins d’un an d’exercice du pouvoir», ont-ils souligné dans le communiqué co-signé. Ils ont ainsi affiché leur indiscipline. Malgré ce choix très audacieux, le bureau politique n’a toujours pas encore réagi. C’est curieux puisqu’en d’autres circonstances, le parti aurait sorti déjà des messages de clarification. Le bureau politique et le président Léhady Soglo ont préféré se muer dans un silence assourdissant depuis le jeudi ; un silence qui alimente des interprétations. Pour certains observateurs, ce serait un complot ourdi par les Soglo pour brouiller les cartes. L’objectif serait de rendre illisible la position du parti pour en tirer profits. Un scénario plutôt invraisemblable voire surréaliste. D’autres soulignent par contre que le bureau politique est confronté à certaines divisions. Les membres du bureau ne se seraient toujours pas entendus autour d’une position commune. Les quatre députés signataires du fameux communiqué n’auraient d’ailleurs pas pris part à la dernière rencontre en date des « Houézèhouè » présidée par le président d’honneur du parti, Nicéphore Soglo. Ils ne seraient donc pas associés à la décision ayant sanctionné cette réunion importante. Et la présence du député Boniface Yèhouétomè, membre du bureau politique,dans le rang des élus frondeurs, confirme à plusieurs égards la thèsede la division.Le silence du président Léhady Soglo cacherait-il une fébrilité du parti ? Léhady Soglo gèrerait-il la fronde de presque tous les députés de la Rb? Ou encore, le Maire de Cotonou qui entretient des relations houleuses avec le Préfet du Littoral, et donc la Rupture, devrait-il craindre désormais pour la gestion apaisée de son parti? Il y a une évidence : la sérénité n’existe plus au sein des Renaissants. Le parti confronté aux nouvelles réalités politiques dont celles imposées par le régime de la Rupture, est sérieusement  secoué. Le danger est indéniable.  Léhady Soglo doit agir en tant que fin stratège pour parer au pire. Car, la position des quatre députés n’est peut-être que le signe d’un tsunami politique qui menace les Renaissants.  

Mike MAHOUNA 

En savoir plus...

Le Dg Libercom relevé avec empressement de son poste : Talon doit faire preuve d’impartialité

patrice  talon

L’information qui défraie la chronique au plan national, c’est bien le limogeage du Directeur général et de la Directrice des ressources humaines de Libercom pour des raisons de mauvaise gestion et de diplôme non authentifié. Les choses sont allées très vite. En effet, il a fallu juste les déballages du président du Fonac au cours de sa sortie médiatique, en début de semaine dernière, pour que le gouvernement notamment son chef, Patrice Talon prenne ses responsabilités. Mais ce faisant, on pourrait y voir du deux poids deux mesures.

Prendre des sanctions à l’encontre du Directeur général d’une société d’Etat pour mauvaise gestion, c’est ce qui est à souhaiter et encourager, surtout par ces temps où le Bénin n’est pas bien loti dans le dernier classement fait par Transparency International en matière de lutte contre la corruption. Le chef de l’Etat, Patrice Talon, a bien voulu sévir pour donner la preuve que la Rupture  et le Bénin révélé ne riment pas avec impunité. A voir aussi la diligence avec laquelle le président de la République a agi, on peut sans doute affirmer qu’il est préoccupé par les questions de bonne gouvernance et de transparence. Tant que des soupçons pèseront sur certains à l’ère de la Rupture, il prendra ses dispositions. C’est le message qu’il semble faire passer dans le cas d’espèce. C’est bien que le chantre du Nouveau départ ait décidé de se débarrasser de ce Dg mais quand on sait que dans l’entourage du chef de l’Etat, d’autres collaborateurs qu’il a nommés ont maille à partir avec la justice sans être inquiétés, on peut se poser des questions. Pourquoi Patrice Talon, en dépit des dénonciations et contestations faites contre certains de ses ministres, Dg et autres autorités, n’a pas daigné les libérer. Peut-être qu’avant d’embarquer ses proches collaborateurs dans le navire Rupture, le chef de l’Exécutif n’avait pas toutes les informations sur eux ; mais avec tout ce qui se dit et s’écrit sur les concernés, beaucoup s’étonnent que Patrice Talon n’ait pas encore agi aussi promptement comme il vient de le faire dans le dossier Libercom. Sous la Rupture, y a-t-il les uns et les autres ? Autrement, la lutte pour des cadres vertueux dans l’administration publique est-elle sélective avec Patrice Talon ?Autant de préoccupations…

J.B

En savoir plus...

Révision de la constitution : Le mercato politique ouvert

patrice-talon

Quel parti politique ayant des députés au parlement n’a pas encore fait allégeance au nouveau pouvoir ? Le dernier en date, c’est le soutien des députés de la Renaissance du Bénin. Ils n’ont pas attendu que le mot d’ordre vienne du bureau politique du parti avant de se jeter dans les bras du chantre du ‘’Bénin révélé’’. Une façon de couper l’herbe sous les pieds de Léhady Soglo et de se mettre en pôle position dans le marché qui s’anime en prévision à l’étude prochaine du projet de loi portant révision de la constitution.

‘’A quoi s’opposer ?’’, cette cantique entonnée par le Prd est reprise en chœur par les députés de la Renaissance du Bénin, son allié qui a porté avec lui la candidature de Lionel Zinsou lors de la présidentielle passée. Ainsi, un à un, les partis qui n’ont pas soutenu Patrice Talon, ne trouvent plus de raison de s’opposer à l’homme d’affaires devenu président. Quelques mois seulement ont suffi pour que les motivations, qui soutenaient leur opposition à la candidature de l’homme d’affaires, ne soient plus de mise. Et comme il faut toujours justifier les retournements de veste les plus spectaculaires, ‘’ A quoi s’opposer ?’’ est le nouveau refrain de la classe politique.

La vérité est qu’à la prochaine rentrée parlementaire, Patrice Talon introduira certainement à l’étude puis au vote le projet de loi portant révision de la constitution du 11 décembre 1990. Principale réforme constitutionnelle annoncée lors de la campagne électorale, le Chef de l’Etat avait promis conduire ce projet à bout avant la fin de 2016. Mais une fois la commission Djogbénou installée et son rapport déposé, les débats continuent d’achopper au niveau du mandat unique. La réticence de certains et le refus catégorique d’autres ont amené Patrice Talon à battre d’abord en retraite. En état, le projet risquait fort de ne pas recevoir l’assentiment des 2/3 des députés, étant donné le nombre que font les députés Fcbe, Prd et Rb. Il fallait changer de stratagème, s’assurer le soutien du plus grand nombre avant d’introduire le projet. Dans ce lot, le Prd est le 1er à mordre à l’hameçon. Cela s’inscrit d’ailleurs dans la logique de Me Adrien Houngbédji de ne point faire l’opposition à partir de 2016. Et c’est connu que le 1er est toujours mieux servi, sachant bien combien cette réforme tient à cœur à Patrice Talon. L’homme d’affaires ayant déjà montré sa générosité avec les membres de la commission Djogbénou, les députés sont plus que certains qu’il n’hésitera pas à aller plus loin face aux acteurs mêmes, ceux sans qui son projet de révision ne pourrait prospérer. Le mercato ainsi ouvert, chacun veut en tirer le maximum de profit. La peur que le Chef de l’Etat aille négocier avec le président du parti peut amener les députés, qui devront voter au moment opportun, à prendre les devants. ‘’On est mieux servi que par soi-même’’, dit-on. Les députés ont beaucoup investi pour être au parlement. Ils se disent certainement que c’est le moment plus que jamais de récupérer cet investissement pour faire face aux dépenses des élections futures. Le parti devient ainsi juste un tremplin. On s’en sert pour accéder à une position et une fois la position obtenue, seul l’argent devient le maître mot.

B.H

En savoir plus...

Conseil des ministres du 08 février 2017 : Voici les nominations prononcées

armoiries

Compte rendu du Conseil des Ministres

Le Conseil des Ministres s'est réuni mercredi, le 8 février 20 l 7, sous la  présidence de Monsieur Patrice TALON, Président de la République, Chef de l'Etat, Chef du Gouvernement.

Au cours de la séance, le Conseil a approuvé plusieurs dossiers.

1. Au titre des Affaires.

1.1 Projet de décret portant transmission à l'Assemblée nationale. pour autorisation de ratification, de l'accord de prêt signé le 4 janvier 2017 avec la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD), dans le cadre du financement partiel du Projet d'Appui à la Croissance Economique Rurale (PACER).

Le Ministre de l'Economie et des Finances a procédé, le 4 janvier 20 l 7, avec le président de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD), à la signature d'un accord de prêt de 6,5 milliards FCF A. Ce prêt est destiné à la réalisation du projet d'Appui à la Croissance Economique Rurale (PACER). Le PACER s'inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du quatrième axe stratégique du programme d'Action du Gouvernement (PAG) 20I6-202I et du Plan Stratégique de Relance du Secteur Agricole (PSRSA). Il vise, entre autres, l'autosuffisance et la sécurité alimentaires, ainsi que le renforcement des infrastructures d'accompagnement. Ainsi, le P ACER permettra la mise aux normes de 250 km de pistes rurales, l'aménagement de 405 hectares de bas-fonds pour la production du riz et le maraîchage, de même que la construction de magasins de stockage et de hangars de marché.

1.2 Projet de décret portant transnnssion à l'Assemblée nationale, pour autorisation de ratification, de l'accord de financement signé à Cotonou le 20 janvier 2017 avec l'Association Internationale de Développement (AID), dans le cadre du Projet d'Approvisionnement en Eau Potable en Milieu Rural et d'Assainissement des Eaux Usées en Milieu Urbain (PEPRAU).

Le 20 janvier 2017, il a été procédé à Cotonou, entre le Ministre de l'Economie et des Finances et la Représentante Résidente de la Banque Mondiale au Bénin, à la signature d'un accord de financement de soixante-deux millions cent mille (62.100.000) Euros, soit quarante milliards sept cent trente-quatre millions neuf cent vingt-neuf mille sept cents (40.734.929.700 F) francs CFA.

Ce financement servira à la réalisation du projet d'approvisionnement en eau potable en milieu rural et d'assainissement des eaux usées en milieu urbain (PEPRAU).

Le PEPRAU s'inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du sixième (6ième) axe stratégique du Programme d'Action du Gouvernement (PAG) 2016-2021.

L'un des objectifs visés par le projet est d'accroître l'accès à l'eau potable en milieu rural et l'assainissement des eaux usées (gestion des boues de vidanges) des zones urbaines et péri-urbaines des communes du Grand Nokoué à savoir:
Abomey-Calavi, Cotonou, Porto-Novo et Sèmè-Podji.

1.3 Projet de décret portant transmission à l'Assemblée Nationale du projet de loi portant Code de la nationalité Béninoise.

Avec l'entrée en vigueur de la Constitution du II décembre 1990, certames dispositions de la loi n? 65-17 du 23 juin 1965 portant code de la nationalité béninoise se sont révélées contradictoires au principe d'égalité des citoyens devant la loi. Une réforme dudit code s'avérait donc nécessaire. Elle a été engagée en 2005 et un projet a été élaboré la même année, àl'issue d'un séminaire consacré à cet effet.
La Commission Nationale de Législation et de Codification a réexaminé le projet de loi, à la lumière des observations de la Cour suprême. De même, la décision de la Cour Constitutionnelle y relative et la promulgation, par le Bénin, le 5 décembre 201 I, de la Convention des Nations Unies sur la réduction des cas d'apatridie, constituent autant de raisons qui motivent la révision de cette loi. L'adoption de ce projet de décret permet de transmettre à l'Assemblée Nationale, le projet de loi portant Code de la nationalité Béninoise.

1.4 Projet de décret portant comptabilité des matières en République du Bénin

Au sein des pays membres de l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), il a été constaté que les règles de gestion des matières de l'Etat varient d'un Etat à un autre. En ce qui concerne le nôtre, le texte le plus récent est le Décret n02009-194 du 13 mai 2009, portant mise en œuvre de la comptabilité des matières dans les administrations publiques et les collectivités locales. Ce décret et ses textes d'application constituent le principal cadre règlementaire régissant, à ce jour, la gestion des matières au ruveau des structures sourruses aux règles de la comptabilité publique. En vue d'harmoniser les prat1ques de gestIon du patnmOlne de l'Etat, l'UEMOA a édicté la Directive n003/20I2/CM/UEMOA du 29 juin 2012 portant Comptabilité des matières au sein de l'espace communautaire. Sa transposition par les pays membres de l'Union devrait se faire au plus tard le 31 décembre 2013 et son application intégrale le 1 er janvier 2017.
C'est pour se conformer à cette Directive que le Ministre de l'Economie et des Finances a sollicité du Conseil, l'adoption du présent décret portant comptabilité des matières en République du Bénin.

1.5 Conditions de mise en place et d'utilisation de systèmes de vidéosurveillance en République du Bénin.

Le climat actuel d’insécurité dans la sous-région et dans nos villes, constitue une potentielle source de menace sur la paix et la stabilité sociales. Cette situation appelle la mise en place de moyens adéquats de prévention et de répression. L’exploitation de systèmes de vidéosurveillance, déjà installés par quelques agents économiques, a contribué, de façon remarquable, à retrouver et mettre hors d’état de nuire des malfrats qui, pendant longtemps, perturbaient la quiétude des populations. En effet, l’installation et l’utilisation des caméras de surveillance consutuent l’un des moyens de sécurité les plus dissuasifs, s’agissant de certains lieux et/ou places publiques, de certains édifices ou domaines privés susceptibles d’être cambriolés, vandalisés ou profanés. Elles jouent également un grand rôle pour les besoins d’enquête, dans l’identification et l’arrestation de délinquants après leurs forfaits. Il convient de souligner que l’utilisation de ce système se fera conformément aux dispositions de la loi n? 2009-09 du 22 mai 2009, portant protection des données à caractère personnel en République du Bénin. Celle-ci prévoit les conditions d’utilisation et les sanctions administratives, civiles et pénales en cas de manquement. Le Conseil des Ministres a approuvé la commurucatton du Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Publique, et l’a instruit, avec le Ministre de l’Economie et des Finances et le Ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, de prendre, chacun en ce qui le concerne, les dispositions nécessaires en vue de veiller à ce que les régies financières, les entreprises publiques et les entreprises privées se dotent de ce moyen de protection et de securite.

6. Nominations.

Des nominations ont été prononcées.
Au Ministère de l'Agriculture, de l'Elevage et de la Pêche:
Sur proposition du Ministre,
Inspecteur Général du Ministère:
Monsieur Irénée HOUNMENOU ZODEKON ;
Inspecteur Général Adjoint du Ministère:
Monsieur Antoine HOYIKIN;
Au Ministère du Travail, de la Fonction Publique et des Affaires Sociales :
Sur proposition du Ministre,
Directrice Générale du Travail (DGT) :
Madame Mireille Constance ADANKON LEGBA;
Directeur Général de la Réforme de l'Etat (DGRE) :
Monsieur Mohamed ABDOU;
Directeur Général du Renforcement des Capacités et de l'Employabilité (DGRCE) :
Monsieur Christophe LIHOUENOU;
Au Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique:
Sur proposition du Ministre,
Vice-Recteur de l'Université Nationale des Sciences Technologie, Ingénierie et Mathématiques :
Monsieur Adjibadé Emile SANY A ;
Conseiller Technique Juridique :
Monsieur Salvador A. AKPOVI ;
Directeur de la Coopération Universitaire et Scientifique:
Monsieur Martin A. A. OGOUSSAN ;
Conseiller Technique aux Réformes Administratives et Institutionnelles :
Monsieur Henri Omer Charles OGOUNCHI ;
Conseiller Technique aux Affaires Académiques et à la Promotion du Dialogue Social :
Monsieur Raphaël Barthélemy DARBOUX;
Secrétaire Générale Adjointe du Ministère:
Madame Lidwine A. E. GNANSOUNOU épouse GLELE KAKAÏ ;
Au Ministère des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle,
Sur proposition du Ministre,
Directeur des Examens et Concours :
Monsieur Mahougnon KAKPO.
Au Ministère de l'Energie, de l'Eau et des Mines:
Directeur Général de l'Energie:
Monsieur Bitayo Amine KAFFO ;
Conseillère Technique à l'Industrie Minière et Pétrolière:
Madame Suzanne AMELINA.
Enfin, le Directeur Général et la Directrice des Ressources humaines de LIBERCOM sont relevés de leurs fonctions.

Fait à Cotonou, le 8 février 2017.
Le Secrétaire Général du Gouvernement,
 Edouard OUIN-OURO.

En savoir plus...

Au sujet des dernières nominations d’acteurs de la société civile : «...ce que j’ai déploré, c’est d’avoir identifié déja certains» clarifie Gustave Assah de Social Watch

gustave-assah

Le président du réseau Social Watch Bénin s’est prononcé sur le processus ayant abouti à la nomination de certains acteurs de la société civile au sein de l’Autorité nationale de lutte contre la corruption (Anlc) et au Conseil de régulation des marchés publics (Crmp). Si Gustave Assah (photo) était au cœur de ce processus, il a tout de mêmedéplore la lettre du ministre de la Justice ayant ciblé les quatre Ong devant designer leurs représentants au sein desdites structures.  Lire l’interview accordée à votre quotidien par cet acteur de la société civile.

M. Gustave Assah, le conseil des ministres du 25 janvier 2017 a prononcé les nominations de certains de vos pairs de la société civile à l’Anlc et au Cnrmp. Avez-vous été surpris par cette décision ?

C’est un processus qui est en cours depuis. Au niveau de l’Anlc, le processus ne nous a pas surpris parce que c’est un travail de sélection, d’identification et de proposition qui a été fait. Travail de sélection parce qu’on identifie les parties prenantes qui ont été identifiées par le décret mettant en place l’Anlc. Lorsque la loi en a fait un cheminement particulier, il fallait que les partitions soient jouées par les parties prenantes en proposant, en désignant ou en élisant leurs membres en leur sein pour les envoyer en mission. Pour ce qui est de la société civile, nous nous sommes vu au Fonac pour faire un travail de proposition. Et là, nous saluons l’humilité du président du Fonac qui était membre de l’Anlc, mais qui a remis son siège au vote. Nous avons fait cette élection au niveau du Fonac, le rapport existe bel et bien. Au niveau du Cnrmp, le principe aussi a été une lettre envoyée par le ministre Garde des Sceaux pour que chaque organisation puisse désigner son membre. Ce qui s’est passé là a été une identification par le ministre de certaines organisations qui pouvaient lui proposer une personne, de préférence un homme ou une femme. Mais j’avoue qu’à Social Watch, nous n’avons pas reçu cette lettre. Il avait identifié quatre Ong. Il s’agit de Alcrer de Martin Assogba, du Fonac de Jean Baptiste Elias, Nouvelle Ethique de JoelAtayi-Guèdègbé et Wanep de FatoumatouBatokoZossou. Je précise que ce n’est pas une situation créée par le ministre. C’est un décret qui précise les conditions d’éligibilité des membres. Nous, nous étions dans ce processus depuis un an. Au niveau de la société civile, on se préparait. On était dans cette démarche quand subitement on a reçu cette lettre. Et, la réaction était celle de Jean-Baptiste Elias qui a écrit en même temps au ministre pour lui dire que c’est nous qui voulons désigner ; parce que cela paraissait comme un cheveu sur la soupe la lettre du ministre identifiant des Ong qui vont proposer. Cela nous avait dérangé un peu, car il n’appartenait pas au ministre de désigner déjà ou de cibler les Ong qui devraient aller au Cnrmp. Cependant, nous avons été confortés par ces Ong une fois encore, et avons saluépeut-être la bonne foi du ministre qui a pu identifier ceux qui sont dans la gouvernance et qui y travaillent. Ceci nous a davantage confortés et on a même plus vu un aspect négatifà la chose. On a été consolé par les personnes qui ont été finalement nommées.   Dans cette situation nous saluons la bonne foi du gouvernement, particulièrement de son chef qui a montré que dans une vision mobilisatrice de l’avenir, il faut tacler fort la gouvernance et la transparence dans les marchés publics. Il faut bien que cela soit ainsi pour que nous allions très loin.

Vous avez cité tantôt quatre Ong à qui le ministre a adressé la lettre pour la désignation de leurs membres. Alors, pourquoi votre organisation Social Watch ne s’est pas vu adresser cette lettre?

Pourquoi nous n’avons pas reçu de lettre, c’est seulement le ministre qui pourrait le savoir.

Ou bien votre Ong ne remplit pas les critères ?

Bien sûr, nous sommes même impliqués dans le suivi des marchés publics. Nous avons un projet que nous implémentons depuis trois ans dans le cadre de la transparence des marchés publics dans notre pays. Nous avons implémenté plusieurs activités dans ce sens et nous faisons ce suivi avec une plateforme que nous avons créé ; le 64 04 12 12 pour qu’on puisse avoir des dénonciations dans le cadre des marchés publics. Mais le tout n’est pas de se spécialiserlà. Je crois que nous nommer encore au Cnrmp serait double emploi. Lorsque nous serions là-bas, toutes nos déclarations pourraient sembler des déclarations qui ne tiennent pas compte de l’obligation de réserve. Et, les gens pourraient même penser que c’est des secrets de délibération que nous sortons. Donc, nous remplissons très bien les conditions mais, ceux qui sont nommés ne sont pas moins caractérises pas la vertu de la dénonciation. Ils sont dans la dénonciation, ils sont dans la gouvernance, dans la question de l’éthique et la responsabilité. Ils sont désormais avec l’autorité. Nous leur souhaitons beaucoup plus d’ardeur au travail. C’est vrai, ils ne parleront plus des secrets de délibération, ils se comporteront selon les principes, les chartes, le règlementintérieur et tout ce qui leur permettront d’être dans la vertu de la vérité.

Donc ils ne sont pas envoyés là-bas pour qu’ils aillent se la boucler puisqu’on en a vu par le passé. Ardent défenseur des consommateurs, mais une fois nommés au sein de la structure, ils ne parlent plus.

Oui, ils ne parleront plus dans le cadre des délibérations au niveau de cette institution. Mais ils sont toujours avec nous dans le cadre des questions de gouvernance. Vous ne pourrez pas dire queFatoumatou ne parlera plus d’élections avec nous… Au nom de quoi on va penser qu’il y a une mauvaise foi de les verrouiller parce qu’on les a nommés ? Cela dépendra de leurs comportements. Moi, je veux les encourager à maintenir la flamme allumée au cœur de cette institution tout en gardant la vertu qu’il faut et surtout en restant société civile.

Pour la non prise en compte de Social Watch dans le processus de désignation, est-ce que vous avez cherchéà savoir le pourquoi, afin que cela ne se répète?

Je ne pense pas qu’il y ait une idée particulière derrière le comportement du ministre. Je n’en cherche même pas parce que je me suis dit s’il y avait des gens à designer et qu’ils ne méritaient pas, je pouvais revendiquer. Et je lui aurais écrit déjà. Tout ce que j’ai déploré c’est d’avoir identifié déjà certains pour pouvoir le faire. Il peut compter sur la bonne foi de la société civile. On l’a déjà fait une fois au niveau de l’Anlc ; il pouvait compter aussi sur nous pour le Cnrmp. Ce qui n’a pas été fait, mais il ne s’est pas trompé de désignation. Nous n’avons aucun doute sur la crédibilité de ces désignations. Il est aussi important de savoir que Social Watch ne peut pas être partout à la fois.

Est-ce que le gouvernement pouvait remettre en cause la désignation de certains sur la liste ?

Bien sûr. Le gouvernement est libre de le faire. Il a toute l’autorité de faire confiance à qui il veut pour faire son travail. Lorsqu’on se rend compte que ce sont des propositions qui ont fait objet d’étude approfondie, il n’est plus facile de croire en autre chose que ce que nous attendons pour que le Bénin soit révèle.  

Et qu’avez-vous à répondre à ceux qui pensent que nous n’avons pas de société civile au Bénin parce que ça finit toujours par les nominations ?

Je crois qu’il faut faire attention à ces nominations parce que ceux-là ne sont pas allés jouer un rôle politique. Ils sont dans des institutions certes, qui ont un rôle politique. Mais ils sont allés faire une activité de veille citoyenne autour des marchés publics, ils sont allés tacler la corruption… Si nous sommes dans les chantiers de suivi des politiques, au nom de quoi nous n’allons pas continuer d’aider les gouvernements à atteindre les objectifs de développement parce que quand ils font mal, on dénonce. Quand ils nous invitent à nous associer à la démarche qualité pour que nous puissions atteindre les objectifs, devrions nous refuser ? Il faut simplement répondreàceux-là qu’il faut le discernement dans les nominations.


Propos recueillis par J.B

En savoir plus...

Me Bastien Salami sur «Zone franche» : « La révocation des membres de l’Arcep est de nul effet »

Patrice-Talon-et-Theodore-Holo

(Au regard de ses nombreuses décisions ignorées par le Chef de l’Etat)
La décision de la Cour constitutionnelle relative à la suspension des membres de l’Arcep  fut l’un des sujets majeurs de l’intervention de Me Bastien Salami, invité du magazine d’actualités Zone Franche diffusée par Canal3 ce dimanche 12 février 2017. « La Cour constitutionnelle a fait preuve de manque d’audace » a constaté le professeur agrégé de droit, qui a invité le Pr Holo et ses collègues à aller au-delà du service minimal.

 « Un Etat qui ne respecte pas les décisions de justice est un Etat voyou ! ».  Cette phrase dite avec virulence par le Chef de l’Etat, Patrice Talon, alors candidat, au cours du débat d’entre les deux tours de la Présidentielle de mars 2016, qui l’a opposé à Lionel Zinsou refait de plus en plus surface dans l’actualité politique. Elle est surtout portée par la multiplication des décisions de la Cour constitutionnelle qui a déjà débouté le gouvernement sur deux dossiers notamment  le limogeage du Dg de l’ORTB et la suspension des membres de l’Arcep ; car dans ces deux affaires, tout laisse à croire, pour le moment que le chef de l’Etat fera la sourde oreille. Or pour Me Salami, la  décision de la Cour nous renvoie à la frontière de la politique et du droit.

En effet, a-t-il rappelé, les décisions de la Cour s’imposent à tous et les actes déclarés contraires à la constitution sont nuls et de nul effet. Le chef de l’Etat étant le garant politique de la Constitution, il lui revient de s’exécuter afin de restaurer la Cour constitutionnelle dans ses prérogatives de garant juridique de la constitution. Autrement, nous rentrerions dans un « Etat voyou » comme le dénonçait le président Patrice Talon au cours de campagne alors qu’il était candidat à la présidentielle de 2016. « Les membres de l’Arcep devraient donc être rétablis ».

Décisions sans appel

Autre sujet dans le même registre, la volonté d’acquisition d’un domaine foncier par le chef de l’Etat, validée par la Cour constitutionnelle. Selon Me Salami, même si au regard de la loi, l’ambition du chef de l’Etat n’est pas  condamnable, il faut reconnaitre que, du point de vue de l’éthique et de la morale, on peut trouver à redire sur la décision de la Cour autorisant le président Talon à s’acheter un bâtiment public jouxtant sa résidence privée.  Aux dires du juriste, la décision des sages de la Cour s’est inspirée du code foncier et domanial  puisqu’en droit, il n’y a pas de loi spécifique qui encadre l’acquisition d’un bien public par le chef de l’Etat. C’est pourquoi la Cour a fait recours au droit commun pour rendre sa décision.

Attention à la destitution !

Une décision qui ne satisfait pas Me Salami car, selon lui, la Cour au lieu de faire un service minimal, pouvait bien aller plus loin pour définir les conditions dans lesquelles la transaction peut se faire pour garantir sa transparence et la mise en concurrence afin d’éviter qu’il ait un acheteur unique. « La Cour, entant que seul et véritable rempart pouvant préserver l’intérêt supérieur de la nation, se doit d’organiser la vente et l’achat des biens de l’Etat pour ne pas donner une certaine facilité aux garants du patrimoine publics », a souligné le technicien de droit.

Du reste, et c’est peut-être l’élément nouveau du débat sur la question du virage du Bénin vers un Etat voyou en raison de l’inobservance des décisions de la Cour constitutionnelle par Patrice Talon, l’Avocat a évoqué le risque d’une procédure de destitution que prend le Chef de l’Etat pour violation de son serment de protéger et de respecter la loi fondamentale. Attendons de voir s’il a été entendu…                        

M.M

En savoir plus...

Richard Sènou sur « Moi Président » : « Le Bénin est un pays meurtri »

richard-senou

Face à vous ce soir pour défendre sa vision du Bénin des 5 prochaines années, Richard Sènou. Mais qui est Richard Sènou ?
Présentation

Richard Sènou est né en Avril 1950, il  est originaire de la vallée de l’Ouémé. Bien connu dans le milieu des finances pour avoir travaillé dans les institutions de Breton Wood, Richard Sènou a occupé le portefeuille des travaux publics, au cours du premier quinquennat de Boni Yayi, du 19 novembre 2006 au 18 juin 2007. Homme politique, Richard Sènou n’est  pas à sa première expérience présidentielle. En 2006, il était dans le starting block et donc candidat, avec des suffrages estimés à 16.208 votants à son actif. Ricard Sènou renouvelle l’expérience en 2016, avec comme espoir de briguer la magistrature suprême

Richard Sènou, pourquoi avez-vous voulu être candidat ? Pourquoi êtes-vous candidat à la magistrature suprême ?

Pourquoi j’ai voulu revenir à nouveau en 2016 ? La première raison c’est que j’ai le sentiment profond, après avoir regardé, depuis mon départ du gouvernement jusqu’à ce jour, après avoir regardé comment la réduction de la pauvreté s’est traduite dans les actes posés par le gouvernement, je reste encore avec le sentiment, que mon pays a besoin de moi, que mon pays a besoin de mon expérience d’homme de développement, que j’ai eu à pratiquer  pendant 25 ans de séjour à Washington, à la Banque mondiale.

Ça c’est la banque mondiale, c’est le bureau, le développement c’est sur le terrain. Est-ce que vous pensez que vous êtes aptes pour le faire ?

La banque mondiale, ce n’est pas le bureau. La banque mondiale dans le développement, c’est la visite sur le terrain, avec les populations, avec les paysans, avec même les hommes de bureau dans les pays où elle effectue ses missions. Donc la banque mondiale, oubliez ça une fois pour toute, je tiens à corriger ça la banque mondiale, c’est l’expérience du terrain.

C’est votre avis !

Ce n’est pas mon avis c’est ce qui est.

C’est toute cette expérience capitalisée que vous voulez mettre à au profit  des Béninois, alors que proposez-Vous ?

C’est une expérience  qui a été vérifiée dans 42 pays au monde, 5 en Asie, et 37 en Afrique continentale.

Vous avez le sentiment que les Béninois ne sont satisfaits, selon vous qu’est-ce qui est à la base de cela ?

En fait, il faut restituer les choses. Le Président Yayi et ses gouvernements successifs ont essayé de répondre aux besoins des populations. Malheureusement, ça laisse comme un arrière-goût amer dans les idées et les pensées des populations. C’est donc pour cela que je pense qu’il y a une sorte d’insatisfaction encore lorsqu’on discute avec chaque Béninois qui tous les jours est confronté au problème de pauvreté et est confronté à la misère. C’est pour cela que je pense que mon expérience au contact des populations à travers ces divers pays et leurs différentes cultures, mon expérience est quelque chose d’unique. Et je voudrais faire profiter ça à mon pays. Donc c’est ce qui m’a poussé à revernir encore une fois de plus.

Monsieur Sènou, quand vous revenez alors, quelle est votre vision globale du Bénin, avant que nous entrions dans le vif du sujet, cas par cas, politique, économie, société, selon votre projet de société, quelle est votre vision globale du Bénin ?

Ma vision globale du Bénin, c’est un pays meurtri, c’est celle d’un pays meurtri, un pays où il y a une sorte de malaise, quand vous-vous baladez dans les rues, regardez à ce jour, je donne encore un exemple qui est encore récent et que vous pouvez apprécier. A ce jour, nous allons voter le 6 mars, à ce jour, on a à peine distribué 50 ou 60% des cartes d’électeurs. Dans un pays sérieux,  ça ne peut être toléré. On savait depuis longtemps qu’on allait voter le 28 février et c’est à un mois qu’on a commencé à se poser la question de savoir si on utilise les cartes d’avant, ou on utilise les nouvelles cartes. Ça ne fait pas sérieux. Le monde entier vous le dira, le monde entier nous regarde.

C’est la faillite de vous les cadres, de vous les intellectuels, je dirais simplement la faillite des élites, dont vous faites partie, si vous voulez faire le point de ce qui nous arrive !

Non, non, vous savez très bien qu’à ce jour, Richard Sènou ne dispose d’aucun pouvoir de décision, dans la construction de cartes d’électeurs au Bénin pour cette élection législative. Par contre, …

Richard Sènou, de quoi le Béninois a-t-il besoin ?

Le peuple, en fonction des différents domaines, où se situe ce peuple, a besoin de différentes choses. Lesquelles ? On peut en commençant par, si vous pouvez m’aider à catégoriser le peuple, je peux vous dire par exemple dans les différents secteurs d’activités de l’économie, de quoi chaque secteur a besoin.

C’est pourquoi je vous demandais tout à l’heure quelles est votre vision globale de la société béninoises. Vous parlez tout à l’heure dans  votre projet de société que vous allez aboutir dans 5ans à régler l’essentiel des besoins phares et prioritaire  des Béninois. Mais aussi à faire en sorte de décoller le développement socio-économique du Bénin.

Tout à faire.

Vous l’avez d’abord sérié en un plan d’urgence. Parlant du plan d’urgence, que mettez-vous dans le plan d’urgence que vous voulez mettre en œuvre ? D’abord c’est en quelle période ?

Deux ans !

Allons-y alors.

Très bien, vous savez lorsqu’on prend un pays comme le bénin d’aujourd’hui, on prend un pays qui est en mal de son existence, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu’il y a beaucoup de choses qui ne sont pas à leur place. Pour utiliser une expression que les téléspectateurs peuvent suivre facilement, ça veut dire que le Bénin est comme un train qui a déraillé. Il faut aider ce train à revenir sur les rails.

Monsieur Sènou quand vous dites que le Bénin a déraillé, la situation date de quand ?

Cette situation date environ de 2009-2010. Quand tout a commencé à basculer. Je vais vous donner un exemple précis. Aujourd’hui on parle d’énergie. Vous voyez toutes les coupures intempestives qu’il y a. vous voyez tous les béninois qui se plaignent d’avoir détruit leur appareil de musique, leur télévision et qui se plaignent contre les coupures de la SBEE.

Qu’allez-vous faire  en la matière?

Très bien, si vous avez bien regardé mon CV, vous verrez que j’ai passé beaucoup de temps dans le secteur énergie, dans le secteur des transports, et dans le secteur des infrastructures à la Banque mondiale pendant mes 25ans. Au niveau de l’énergie c’est très simple. Dans les deux ans il faut augmenter la capacité de production électrique de notre pays. Et c’est faisable. Vous savez le projet de Maria Gléta je le dis toujours à ceux qui veulent m’entendre, ce projet se situe dans le cadre de ce qu’on appelle le Wap. Le West Africa Powerfull. C’est moi Richard Sènou qui est lancé ce projet sur la Banque mondiale dans l’Ouest de l’Afrique. Et ce projet consiste à produire de l’énergie et à le mettre dans un pôle et à attendre que les différents pays en fassent la demande pour bénéficier de l’électricité ou compenser leur déficit d’électricité. Maria Gléta fait partie de ce power pôle.

Pourtant il n’a pas marché ?

Ça ce n’est pas ma faute. C’est la faute de ceux qui ont eu à l’exécuter. L’électricité est très importante et il faut lui accorder une place importante. Vous savez que les énergies renouvelables prennent une grande place aujourd’hui à cause des problèmes de l’environnement, ou leur risque qu’ils ont sur l’environnement. Les énergies renouvelables comme le gaz par exemple a été utilisé, le gaz est pris à Escravoce au Nigéria, est transformé en liquide, est transporté jusqu’à Kraké. Et à Kraké on installe une usine de production d’électricité. On peut le faire de façon modulaire. Modulaire signifiant, qu’on peut démarrer par la production de deux cent mégawatts, ou de trois cent mégawatts en fonction du total qu’on voudrait atteindre au bout. Le Bénin aujourd’hui est à environ deux cent cinquante mégawatts. Et si on installe une usine qui produise jusqu’à cinq cent ou mille mégawatts à Kraké par exemple, ce projet permettra non seulement de générer des devises au Bénin, parce que nous allons ressouder l’équivalent entre les trois cent ou quatre cent mégawatts dont nous avons besoin ici pour satisfaire notre demande et pour permettre aux béninois d’augmenter le taux d’accès à l’électricité, et ensuite nous allons revendre le reste de l’énergie disponible au Nigeria. Je pense que c’est un projet. Il suffit de faire un partenariat dans le cadre d’un tel projet. C’est la première prérogative du futur président...quel que soit le président et tous les présidents qui viendront ne pourront pas échapper à cela.

Pourquoi ne pas améliorer l’existant, puisque vous dites que vous êtes un expert dans le domaine de l’énergie!
L’existant c’est quoi ?

L’existant c’est Maria Gléta, pour résoudre les problèmes liés aux assurances, qui n’ont pas voulu assurer ce projet, pour la mal donne qu’il y a eu dans la préparation technique de ce projet, disons le temps qu’on perdrait à vouloir assurer l’existant, il vaudrait mieux lancer quelque chose qui existe, parce que les Nigérians ont déjà des pipes avec du gaz liquéfié qui circule au Nigeria. Donc on peut prendre ça…

En page 8 de votre projet de société, vous dites que d’une part en 18 mois vous tenterez de passer de 250 mégawatts à 500 mégawatts et qu’en 3 ans vous pourrez aller à 1000 mégawatts, est-ce que c’est…

Non pas en trois ans, sur les trois années qui restent, peut-être vous avez mal … en cinq ont peut atteindre les 1000 mégawatts, parce que les dispositions techniques sont déjà prêtes, ils existent au Nigeria.

Richard Sènou, nous disons la même chose, les deux premières années ce sera de passer de 250 à 500 et les 3 années qui suivent, vous passerez à 1000 mégawatts. C’est ce que vous aviez dit. Est-ce que vous avez vu les contraintes de tous les pays qui nous entourent, es-ce que c’est raisonnable, est-ce que c’est faisable ?

Mais c’est un projet entre le Nigeria et le Bénin ! Ce n’est pas un projet multipays, comme Maria Gléta ! Le projet de Maria Gléta, c’est les pays de la Cedeao, ou même c’est les pays de l’Uemoa, alors qu’ici c’est un contrat entre le secteur privé du Nigeria et le secteur privé béninois et les deux Etats. Ça peut se faire, je suis du secteur.

Au point de nous couper de temps en temps le peu qu’ils nous donnent ! Le Nigeria même a des problèmes monsieur Sènou !

Le problème d’énergie du Nigeria, alors qu’ils disposent du gaz esclavos par exemple, il n’y a que 10% du gaz qui existe qu’on utilise qui est brûlé, donc le Nigeria a des problèmes mais ils ont des problèmes politiques qui empêchent un projet digne de ce nom comme celui que je vous propose de voir le jour. Par contre…

Sur quelle base vous comptez bâtir  ce partenariat pour ne pas pénaliser le consommateur à la base ? Vous parlez de partenariat privé-privé !

Non privé public, parce que on ne peut pas faire un projet comme ça sans les deux Etats. Les Etats ont un rôle institutionnel à jouer et s’ils ne sont pas là-dans, un projet comme ça ne peut pas voir le jour. Donc moi président, je prends ce projet par la main, je vais voir le président du Nigeria…

Ce projet ça va être des factures bien salées au Bénin, c’est ce que nous voyons la Sbee, est-ce que vous pensez que ce projet viendra résoudre ce problème par exemple ?

Merci bien, le problème de l’électricité se situe à deux niveaux, au niveau de coût de production et de son prix final aux consommateurs et ensuite eu niveau de la sécurité d’approvisionnement. Dans ces conditions, un projet comme celui qui prends le gaz de esclavos et qui produit de l’électricité, ce sera un projet à moindre coût. Parce que le gaz, dans la hiérarchie des prix par source de production, en ce qui concerne l’électricité, se trouve pratiquement en dernière position au niveau du prix, pour consommateur, d’abord pour la production et ensuite pour le consommateur. Parce que quand on utilise par exemple du gas-oil ça coûte plus cher beaucoup plus cher. En fait, la source d’énergie pour produire l’électricité, la moins chère au monde, c’est le nucléaire. Nous n’avons pas l’ambition d’avoir du nucléaire au Bénin, ensuite…parce que le nucléaire se situe dans les 20f Cfa pour la production. Par contre, le problème de l’énergie par les énergies renouvelables c’est beaucoup moins cher et ça doit se situer en coût de production, peut-être à 30, 35, maximum Cfa, la production. Ensuite vous savez que l’électricité se trouve sur trois secteurs différents, donc on va le transporter et on va le distribuer. Ajoutons 10f, on pourrait produire l’électricité sortie de la Sbee, à peut-être 45f maximum, le Kwt.

Monsieur Sènou, le plan d’urgence que vous proposez, notamment au niveau de l’agriculture, dit par exemple, que vous allez disposer de 100 hectares au moins par commune, pour permettre le développement agricole. Mais ça va se faire de quelle manière de façon concrète ?

Il y a des équipes qui sont déjà préparées. Je vous ai dit qu’il faut reconnaitre une chose au président Yayi, c’est qu’il a tenté des choses. Malheureusement il n’a pas été jusqu’au bout. Et on ne voit pas les résultats de ce qu’il a tenté. Dans la matière par exemple, il y a eu le rapport du développement du secteur agricole, qui est sorti et qui a préconisé… Ces 100 hectares ne sont pas venus du néant, c’est dans le cadre d’un rapport qui a été fait par les Béninois eux-mêmes pour le secteur de l’agriculture et de demander le développement à la base dans chaque commune. Donc en fonction de la taille des communes et en fonction de ce dont elles disposent pour aborder chaque filière qui a été développée dans mon projet de société. En fonction de cela, il ya des communes qui auront 100 hectares, il en a qui auront 150, mais ce qui est prévu, c’est 7700 hectares pour l’ensemble des 77 communes.

Est-ce que ce n’est pas en voulant faire une justice spatiale, est-ce que ce n’est pas inégal, il y aura des communes où on aura besoin d’un peu plus que ça, il y aura un arbitrage en ce moment-là  et  pourquoi vous êtes péremptoire  depuis alors ?

Je dis  il faut que l’on dispose de  7700 hectares pour les 77 commune et ça dépend de la capacité d’absorption de chaque commune.

Et quelles sont les spéculations que vous aviez ciblées dans votre projet de société et qui vont être expérimentées ou cultivées dans ces espaces ?  

Par exemple, il y a 13 filières que j’ai ciblées. Si vous avez bien lu, vous allez remarquer qu’il y a 4 filières qui existent déjà aujourd’hui et qui sont structurées techniquement pour aboutir à ce que nous recherchons comme efficacité dans les différentes cultures. Le riz par exemple, l’anacarde, l’ananas et peut-être aussi les poissons. Voilà les quatre filières qui existent et qui sont déjà structurées. Quand vous prenez chacune de ces filières, allez dans n’importe quelle région, c’est déjà très bien structuré. Il faut essayer de faire la même chose avec les 9 autres filières qui restent et qui comprennent notamment le maïs, les cultures maraîchères, les œufs, la volaille, le palmier à huile, l’aulacode et les crevettes, le lait, le karité.  Voilà les 9 filières qui restent.

Mais qui trop embrasse, la étreint, vous parlez du plan d’urgence !

 Je vous ai dit que les 9 filières-là ne viennent pas du néant, ça sort d’un rapport qui a été accepté par tous les grands spécialistes de l’agriculture du Bénin.

Monsieur Sènou, nous on veut savoir, si vous devenez président de la république, c’est vous qui allez induire les politiques nationales. Je demande si vous allez en même temps faire les 9 filières, est-ce que on ne va pas trop embrasser et à la fin, avoir des problèmes ? Quel arbitrage voulez-vous faire ?

Il faut faire en fonction de la capacité d’absorption dont dispose chaque filière. Parce qu’il y a des filières dans lesquelles il n’y a encore rien. Il faut les créer. Une filière, c’est le suivi depuis la mise en terre jusqu’à la récolte et jusqu’à l’exportation. Donc tout ça sera étudié, scientifiquement. Ce n’est pas Richard Sènou qui va mettra ça en place, les structures existent sur place pour lancer cela.

Richard Sènou, l’emploi et l’agriculture sont liés, vous prévoyez également dans votre plan d’urgence, de créer 75 000 emplois  directs et 32500 emplois indirects, comment vous comptez le faire ?

La mise en place des 9 filières et la remise en norme des 4 filières va permettre déjà de créer pas mal d’emplois, disons dans les 30 000 ou 40 000. Mais la partie la moins utilisée aujourd’hui pour la création de l’emploi et dont nous disposons depuis longtemps, s’appelle l’économie numérique. C’est un secteur d’activité qui peut permettre d’atteindre en plus de la création d’emploi dans le domaine de l’agriculture, d’atteindre facilement les 75000 emplois dont je parle, directe et les 32500 indirectes dont je parle.

Mais dans ce cadre-là, on sait très bien que les étudiants, les jeunes au Bénin se plaignent de n’avoir pas les facilités lorsqu’ils veulent par exemple créer leur entreprises, ils n’ont pas de prêt, ils n’ont aucun moyen, ils n’ont pas de garantie par exemple …

Ça veut dire que vous commencez à adhérer ou que vous avez déjà adhéré à la substance de mon projet de société.

Au nom des Béninois, nous protons leurs préoccupations.

Très bien, les jeunes étudiants ont besoin, vous savez, quand on regarde le quotient d’étudiants au chômage, par rapport aux étudiants qui ont du boulot, ou qui sortent des universités et diplômés c’est entre 4 et 8% d’étudiants, qui trouvent du boulot à la sortie quand ils ont leur diplômes en mains. Ça c’est inacceptable. Ça fait 92% de chômage parmi les jeunes. Si on prend le domaine du numérique, il faut créer des centres d’incubation, des centres incubateurs, où on forme les jeunes aux technologies de l’information et de la communication et on leur permet de travailler même sur le plans international. Vous savez que les petits Béninois sont très doués en matière de tout ce qui est technique, de tout ce qui économie numérique, de tout ce qui est technologie de l’information et de la communication.  On peut les prendre, pour aller dans les centres incubateurs, les former, pour développer des applications qu’on peut lancer. J’ai un exemple palpable que je peux vous donner. Vous savez, Tanga est le millième de 1 franc et c’est une application lancée par un Béninois pour les Sms pour permettre à des Béninois, comme des coiffeurs, des mécaniciens, de communier entre eux. Quand on a besoin d’un service qui touche à l’artisanat, tout de suite tu vas sur Tanga, qui est un moteur de recherche et tu as la réponse à ce que tu veux. Donc ça veut dire que aujourd’hui, compte tenue de l’ingéniosité du jeune béninois, on peut former des gens qui vont développer des tas t’applications, qu’on pourrait même vendre au plan internationale. Et ça va susciter beaucoup d’engouement auprès des jeunes étudiants. Et ça va les occuper. Donc j’ai prévu qu’il y ait des créations de centres d’incubation, dans au moins les grandes communes où le besoin se fait sentir. Ce qui me gêne le plus dans les universités, c’est la qualité des étudiants qui sortent de ces universités. Pourquoi ? C’est parce que avant de donner l’agrément pour ouvrir une université, la contrôle qui est fait pour assurer que les enseignants de ces universités sont au top de l’enseignement. Parce que pour donner de l’enseignement, au plus haut niveau, il faut que les enseignants soient pris en charge eux-mêmes au top niveau. Donc je pense que, il faut revoir le nombre d’abord, comment l’agrément des universités est distribué, c’est sûr qu’il faut créer d’autres universités, peut-être qu’il faut en supprimer certaines.

Qu’est-ce que vous allez faire, celle qui existentvous les gardez, vous en supprimez d’autres ou …

Je ne sais pas garder  quelque chose, si je n’ai pas fait auditer les universités pour savoir lesquelles sont performantes, par rapport aux performances attendues par l’Etat.

Et selon votre projet de société qu’est-ce que vous vous allez faire ? Vous allez auditer d’abord ou vous supprimez directement ? Qu’est-ce que vous avez prévu ?

La démarche la plus rationnelle c’est de voir qu’est ce qui existe comme information, dans le secteur sur le sujet donné, parce que en général on va se casser la tête en lançant les audits alors que les réponses aux besoins sont là dans les rapports qui n’ont jamais été exploités. Donc c’est reprendre ces rapports et voir dans quelle mesure, on peut en tirer la substance pour prendre des décisions.

Richard Sènou tout à l’heure, vous parliez des enseignants qui sont recrutés en masse, et dont la qualité reste tout de même problématique. Et pourtant vous-vous dites dans votre projet de société, que vous allez faire un recrutement massif des enseignants.

Basé sur la qualité des enseignants, attention ! Il y a ces critères de qualité, pour recruter un enseignant on ne recrute pas des enseignants au petit bonheur la chance. Il faut établir des critères de qualité parce qu’il y a un manque d’enseignant aujourd’hui dans les écoles comme il y a un manque d’infrastructure dans les écoles et dans les universités. Comme il y a un manque de professeur et d’enseignant de haut niveau de qualité.

Vous comptez en recruter combien Richard Sènou quand vous serai président?

J’étais a un forum tout dernièrement, et on a dit il y a quinze mille enseignants qui manquent. Est-ce que c’est un chiffre qui est basé sur une analyse rigoureuse ou c’est un chiffre qu’on a lancé comme ça. Donc je vais voir je ne peux pas rester ici. Je sais qu’il y a un besoins d’enseignants.

Futur dirigeant du Bénin,
Vous n’avez pas cherché à avoir les informations à ce niveau-là Richard Sènou ?  

Je vous ai donné l’information des quinze mille, il n’y a pas beaucoup de gens qui…Attendez si je n’ai pas fait des investigations, je n’aurais jamais toute ces informations. Soyons sérieux.

Autre chose, vous proposez un statut particulier à ces enseignants. Ce statut existe déjà qu’est-ce que vous apportez de nouveau ?

Ce n’est pas tous les enseignants aujourd’hui qui ont ce statut particulier. Vous savez, c’est une façon de promouvoir l’excellence. Prenons le problème des enseignants, dans tous les pays du monde sérieux, l’enseignant c’est la crème du pays. C’est des gens qui sont soignés et  ne se plaignent pratiquement jamais. Parce qu’ils sont bien entretenus. Ce que j’appelle statut particulier, c’est qu’on revoit leur conditions de vie, leurs salaire, leur formation. Il  faut s’assurer qu’ils reçoivent une formation qui est en adéquation avec leurs fonctions. C’est ça que j’appelle statut particulier.

Sur la question  par  exemple des enseignants ils réclament vingt-cinq pour cent (25%) d’augmentation, l’Etat dit que c’est difficile à faire. Est-ce que vous vous allez leurs accorder ça et après voir si vous ferai autre chose ?

Est-ce que c’est responsable déjà d’accorder sans avoir fait les investigations ?

Nous vous posons la question !

Je serai un président responsable, je suis un homme responsable déjà. Donc en tant que président je serai encore plus responsable et je ferai attention. S’ils demandent 25% je vais demander au ministre en charge de l’éducation ou de leurs secteurs d’activité, de regarder la possibilité en coordination avec le ministère des finances. Je sais que par définition, les caisses de l’Etat ne seront pas si remplies lorsqu’on prendra le pouvoir.

Mais ces 25% ont déjà été accordés dans le nouveau statut !

Ok ! si ça a été accordé pourquoi me posez-vous alors la question de savoir pourquoi je donnerai encore? Soyez responsable vous aussi ! Si ça a été donné, pourquoi faut-il redonner encore ?

Oui c’est vous qui l’avez dit dans votre projet de société ! La question reste en débat, elle est même la source de mouvement de grève entre les enseignants et les différentes centrales syndicales. Passons rapidement à autre chose, sur l’économie, ça fait un certain nombre d’années que les économistes, les financiers nous disent qu’il faut profiter de façons absolue de la proximité du Nigéria, et ça se chante tous les jours, la ritournelle dure maintenant depuis 56 ans. Qu’allez-vous faire en la matière ? Comment pouvons-nous profiter par l’énergie que vous avez évoquée du Nigéria sur le plan économique ?

Très bien ! Je crois que, c’est l’une des questions les plus importantes sur le plan de l’économie. Le Nigéria est un géant qui est à côté de chez nous. Le point de départ de la collaboration entre le Nigéria et le Bénin, c’est qu’au moins nous pouvons parler les mêmes langues et nous entendre et nous comprendre quand on se parle. J’ai dans mon programme une initiative qui demande qu’à partir de la maternelle, ont introduise l’Anglais dans les écoles. Ça c’est la plus grande richesse que notre pays puisse avoir. A partir de cet instant, la collaboration et les échanges commerciaux, seront encore plus fluides. Le Nigéria a beaucoup de choses qu’on envie, et nous avons beaucoup de choses que les Nigérians envient. Est-ce que vous savez que j’ai créé  la chambre de commerce bénino-nigériane? Pour faciliter les échanges commerciaux entre les deux pays? J’ai un projet, je ne vais pas le dévoiler complètement mais c’est un projet, mais de fourniture d’un aliment dont les nigérians s’en servent beaucoup et de faire le transfert par le Bénin pour amener ça au Nigéria.

Vous ne voulez pas être transparent ? Et vous voulez cacher encore au béninois le projet que vous leur exposez ?

Quand je serai président, vous le verrai, ce projet. C’est un grand projet qui nourrira plus de 100 millions de têtes et d’âmes au Nigéria et qui transitera par le Bénin. Je ne peux pas vous dire plus pour l’instant. Quand j’étais au gouvernement avec le président Yayi Boni, on avait fait une rencontre avec l’ex président Obasandjo et qui m’a dit : produisez et nous allons tout prendre. Et nous n’avons pas été capables de produire jusqu’à présent. C’est pour ça que j’insiste sur les filières agricoles pour les relancer. Ça va même permettre de mettre beaucoup de jeunes... Vous avez soulevé un problème très intéressant et vous-même vous n’êtes plus revenus là-dessus tout à l’heure. Vous avez parlé de comment accompagner les gens dans l’entrepreneuriat. Et bien l’entrepreneuriat va faire partie du programme scolaire au secondaire. Les jeunes vont apprendre à être entrepreneurs et ça va plus loin. Je vais demander qu’on divise la journée des enfants en deux. Une partie théorique à l’école une partie pratique dans les entreprises, dans les centres où ils peuvent apprendre comment l’entrepreneuriat se fait. Il faut qu’on leur apprenne comment on monte un projet.

Monsieur Sènou, soyons pratique, vous dites que vous allez intégrer l’Anglais à partir de la maternelle jusqu’au supérieur, les enseignants qui enseignent ne parlent pas Anglais, mais comment ils vont enseigner cela ?

On  va recruter, il y a plein de Béninois qui parlent Anglais et qui ont des diplômes d’Anglais.

Sur quelle base vous voulez recruter ? Combien d’enseignants dans ce cadre-là vous comptez recruter ? C’est un programme que vous avez élaboré ?

On commencera modestement, peut-être il faut recruter dix mille compte tenu de l’éparpillement des maternelles au Bénin.  Peut-être il faut en recruter moins peut être, il faut en recruter plus, pour l’instant je situe ça entre cinq et dix mille. On peut regrouper les enfants pour leur apprendre l’Anglais.

Quelle va être la méthode si vous avez au cours primaire des enseignants, est-ce que vous aurez un enseignant d’anglais pour chaque classe ? Comment ça va se passer de façon concrète ? Puisque vous dites que c’est une reforme que vous voulez introduire…

Ce n’est pas une réforme qui sort du néant. Il y a des écoles qui pratiquent déjà cela sur le terrain au Bénin, qui à la maternelle font apprendre l’anglais aux enfants. Je pense aujourd’hui, qu’il faut l’annoncer dans ce qu’on appelle le syllabus des enfants. C’est-à-dire le contenu du programme qu’on enseigne dans les écoles. Et leur dire que, tout enfant en maternelle doit apprendre l’Anglais. Ces écoles, on leur donne les moyens de recruter les professeurs pour apprendre l’anglais aux enfants. Il y a des professeurs d’anglais. Il y a des jeunes qui sortent des écoles, qui ont fait de l’anglais à l’université et qui sont en chômage.

Donc, vous voulez faire de l’à-peu-près … quand un enseignant veut enseigner, il faut qu’il soit qualifié !

Il y a des jeunes qui ont leur licence, leur maitrise d’anglais qui sont au chômage aujourd’hui. Tous les Béninois vous diront ça. Avant de faire ce programme, je l’ai fait en ce qui concerne chaque secteur d’activité avec les intéressés. Quand il s’agissait des artisans, je leur ai dit quels sont les problèmes. Vous allez voir ce qu’on propose pour les étudiants. Est-ce que vous savez que l’Etat doit aux enfants plus d’une année de bourse ? Est-ce que c’est sérieux ?

Expliquez comment ?

Mais, on n’a pas payé. Parce qu’ils disent qu’il n’y a pas assez d’argent.

Pendant ce temps, vous dites que les meilleurs ont 100.000 francs…

Je vais reformer le système pour promouvoir l’excellence, pour payer cher les étudiants qui le méritent. Au lieu de promouvoir la médiocrité tous les jours comme on le voit partout, vous avez un candidat qui vous parle de promouvoir l’excellence et vous semblez douter de ça. Je ne vous comprends pas.


Notre rôle est de douter de vous. De douter de ce que vous êtes en train de dire…

Et mon rôle est de vous convaincre… et c’est faisable.

Bien sûr, le doute est méthodique et nous permet d’amortir. Et les secours universitaires ? Le système de bourse qui existait, vous le balayez ou vous le maintenez ? Qu’est-ce que vous en faites ?

Aujourd’hui à ce jour, l’Etat a des impayés vis-à-vis des étudiants. Pourquoi ? Parce que, tout simplement, c’est mal géré. C’est la mal gestion. La mauvaise gestion qui a amené ça. Sinon, comment vous pouvez penser que vous mettez des enfants à l’école et qu’on ne les paye pas le mois. Attendez, vous voulez qu’ils aillent faire quoi ? Vous voulez qu’ils aillent voler ? Non ! C’est des étudiants mêmes, j’ai fait des réunions avec eux. Les étudiants de toutes les universités du Bénin, je les ai réunis et je leur ai demandé, quels sont vos problèmes et mettez moi ça sur papier. On en a discuté et j’ai inclus ça dans mon programme.

Monsieur Sènou, finalement, il n’y a pas de contradiction dans vos propos ? Tout à l’heure, vous avez tellement évoqué les bienfaits du gouvernement Yayi !

Mais j’ai dit qu’il y a des lacunes…

Mais entretemps, vous critiquez et vous êtes même allé dans votre projet de société    que la situation socioéconomique est presque pire par rapport à ce qu’on a connu avant la conférence nationale à l’entame de votre projet de société…

Si vous l’avez compris comme ça, peut-être que je devrais vous donner des cours d’économie et de finances pour que les gens puissent me comprendre un peu mieux.

En page 5, vous avez dit que la situation socioéconomique actuelle est plus critique que celle connue à la veille des conférences des forces vives de la nation. Je vous cite à la page 5…

C’est critique, parce que, il y a un certain nombre de choses. Regardez, vous voulez que je revienne là-dessus ? Ce n’est pas la peine de revenir là-dessus, sur les ICC, et autres scandales qu’il y a eu ici. C’est en ce sens que c’est critique. Parce que, du temps de la conférence des forces vives de la nation, il n’a pas eu tous ces gros scandales. Mais ma présence ici, ne privez pas les Béninois de que je peux faire pour les sortir de la pauvreté. Concentrez-nous là-dessus.

Mais quand on sent qu’il y a de petites choses, d’incohérence, on peut les évoquer…

Tant que c’est des petites choses, que cela ne tienne, ne nous arrêtons pas trop là-dessus. Ce qui est important ici, c’est que les Béninois sentent que Richard Sènou peut apporter la solution à leur problème.

Et qu’il le peut vraiment ? Il ne suffit pas de le dire. Il faut le démontrer…

Mais j’ai démontré mes capacités au Bénin ici. Vous avez dit tout à l’heure à quelle période ? En huit mois, j’ai été ministre des TP, de l’économie maritime et des transports dans ce pays. Je suis le seul ministre à avoir fait ça. 127 milliards en 14 projets. C’est des projets qui font partie de l’héritage

Richard, on aura l’occasion de vérifier tout ça….

Non ! attendez que je finisse. Je redis encore, 127 milliards pour 14 projets

Qu’est-ce que vous proposez aux Béninois dans le domaine de la santé dans votre projet de société ?

Très bien ! Dans le domaine de la santé,

En une minute…

Ah ! En une minute ! Dans le domaine de la santé, quel est le projet phare qu’il y a dans le domaine de la santé qui a été lancé tout récemment ? C’est le projet RAMU, Régime d’assurance maladie universelle qui est en fait, un bel instrument pour permettre au gouvernement de gérer la pauvreté des populations, de réduire la pauvreté des populations. C’est un projet qui consiste à demander aux populations de cotiser pour financer leur dépense de santé. En fait, c’est la prise en charge par le gouvernement des dépenses de santé des populations pour alléger leurs problèmes. La cotisation, des employés ou des populations et la gestion de ces cotisations peut poser un problème si on laisse ça essentiellement dans la main de l’état. Ce qu’il faut, il faut un PPP (partenariat public privé) pour gérer ces fonds, sinon, on risque d’avoir des dérapages en matière de la couverture de la santé.

Mr Sènou vous êtes un économiste vous aimez les précisions, on va faire des tirets très rapidement sur la culture. Vous parlez des tenues locales qu’est-ce que vous voulez faire à ce niveau-là ? Je l’ai vu dans votre projet de société rapidement hein.

Oui sa m’a été proposé par les hommes de culture : Culture Bénin. En disant Mr Sènou nous semblons abandonner nos traditions. C’est quelques chose qui se perds. Vous verrai dans mes grandes photos aux grandes manifestations, regardez un certain nombre dans le pays prenez le président Soglo, vous l’avez vu mettre des costumes combien de fois ? Jamais. Richard Sènou les grands moments je suis toujours habillé en traditionnelle. Je ne dis pas qu’il faille s’habiller tous le temps en traditionnelle.

Quelle est la réforme politique majeure que vous ferai ?

La haute cour de justice il faut la rendre opérationnelle parce que depuis qu’elle existe on n’a jamais arrêté personne.

Vous allez la conserver ou la supprimer ?

Je ne parlerai pas de supprimer mais je dis il faut l’améliorer. Il faut améliorer les conditions d’exécution des décisions de la haute cour de justice.

Richard Sènou, pour ou contre la révision de la constitution ?

Notre constitution existe depuis 91 ce n’est pas le temps qui fait qu’il faut la réviser hein. Mais c’est les failles et les insuffisances qu’elle a montrée dans son exécution. Je donne un exemple simple il a été reconnu par tout le monde que le président république a trop de pouvoir.

Vous allez réduire le pouvoir et les prérogatives du président de la république?

C’est une des insuffisances qui justifie, la révision de la constitution chez moi.

Monsieur Sènou, quelles est votre position sur le bulletin unique, votre, votre logo, les Béninois qui vous écouté pendant les 52 minutes, lorsqu’ils voudront savoir où est-ce qu’ils vous trouveront sur le bulletin unique.

Voilà mon logo, c’est ma photo, avec un petit sourire, plus le palmier à huile, dans un Bénin à développer.

Votre position sur le bulletin unique ?

C’est le chiffre 7, c’est un chiffre magique.

Vous président le 6 avril au matin ou au soir, la première réforme ?

L’énergie, l’énergie, l’énergie. N’oubliez pas mon slogan, tout ce que je ferai, Richard Sènou, s’appelle la différence.

En savoir plus...

Révision prochaine de la Constitution : Talon mise sur le débauchage des députés

patrice-talon

Le Chef de l’Etat  devrait actionner le processus de révision de la Constitution cette année. Pour réussir cette réforme politique dont le contenu suscite assez de controverses, Patrice Talon compte visiblement utiliser tous les moyens, y compris le débauchage de députés.

La révision de la Constitution du 11 décembre 1990 reste une équation bien difficile à résoudre. Les propositions faites par l’équipe de la Rupture semblent ne pas rencontrer l’assentiment de toute la classe politique. Enfin, la réduction du nombre de mandats présidentiels n’est pas encore appréciée de tous. Mais Patrice Talon n’entend pas connaître d’échec. Pour lui,la réforme constitutionnelle est inévitable. Il entend bien inscrire son nom dans les annales de l’histoire du Bénin. Et peu importe les solutions envisagées. Sur le terrain, Patrice Talon et ses lieutenants travaillent pour atteindre l’objectif fixé. Il faut en effet noter que le communiqué relayé hier jeudi 09 février 2017 par la presse et signé par quatre députés de la Renaissance du Bénin (Rb) n’est pas anodin. Boniface Yèhouétomè, Adolphe Djiman, Gildas Agonkan et Norbert Ahivohozin ont clairement affirmé leur position en attendant que le bureau politique précise publiquement le choix du parti. « En attendant la clarification du positionnement du parti,  nous députés, signataires du présent communiqué, nous nous engageons à soutenir les actions de développement du président de la République, étant entendu qu’en l’état actuel des choses, rien ne saurait justifier une opposition  stérile à sa vision  en moins d’un an d’exercice du pouvoir », ont-ils écrit  dans ledit communiqué. Et de poursuivre : « Il (Patrice Talon, Ndlr) incarne aussi le choix de nombreux  militants du parti qui ont désavoué en sa faveur, notre choix politique à l’élection présidentielle de 2016 ». Une audace. Ils ont osé afficher leur position alors que la ligne politique du parti reste encore floue. Seulement,les quatre députés ont une force déterminante au sein de la formation politique. La Rb compte actuellement cinq députés au Parlement. Le député Janvier Yahouédéou et son parti Réveil patriotique avaient  noué une alliance électorale avec la Rb pour les législatives de 2015. Nazaire Sado, lui aussi élu sur la liste Rb-Rp, a déjà rompu les amarres avec les Renaissants. Les quatre députés précités ont certes une liberté d’action. Maisbeaucoup analysent aussi leur initiative comme un coup politique de l’équipe de la Rupture dans la perspective de la bataille pour la révision de la Constitution. Patrice Talon qui a juré, au cours de la campagne électorale de 2016, réviser la Constitution, aurait bien négocié leur soutien. L’idée serait non seulement de forcer la main à Léhady Soglo qui ne partage pas toujours la même vision que le Chef de l’Etat, mais aussi deréunir une majorité qualifiée à l’Assemblée nationale pour faire passer le projet encore critiqué. Patrice Talon ne compterait pas seulement sur ces audacieux élus de la Rb. Il devrait également obtenir l’appui de plusieurs députés des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). Cette alliance politique affiche une certaine frilosité  depuis l’accession au pouvoir du chantre du nouveau départ. Alors qu’elles devraient naturellement incarner l’opposition dans l’arène politique nationale, les Fcbe hésitent à assumer leur responsabilité. Les déclarations ayant sanctionné leur Conseil national du 03 décembre dernier ne sont pas aussi virulentes à l’égard de la gouvernance de Talon comme l’espéraient certains observateurs. Dans le rang des députés cauris, il y en a même de très modérés. Certains se sont même mis au service du régime de la Rupture en organisant entre autres des séances de vulgarisation du budget général de l’Etat 2017.La Rupture lorgne sur plusieurs élus appartenant à l’ancienne majorité au pouvoir pour gagner sa bataille. Cependant, Patrice Talon ne devrait en réalité pas se tourmenter pour débaucher certains de ces députés. Car ils trainent des casseroles et sont vulnérables.

La collaboration du Prd…

Si Talon doit négocier l’accord des députés de la Rb et de certains membres des Fcbe pour former une majorité au Parlement, il a presque déjà un appui déterminant : le Parti du renouveau démocratique (Prd). Le Prd n’a pas soutenu la candidature de Patrice Talon lors de la présidentielle de 2016, mais il a rejoint l’équipe de la Rupture au lendemain du vote du 20 mars 2016. Et depuis, la formation politique n’a cessé de crier son appartenance à la coalition des partis proches du Chef de l’Etat. Me Adrien Houngbédji,le président du parti arc-en-ciel l’a encore martelé en janvier dernier à ses militants lors de la cérémonie de présentation des vœux. « Nous ne prononçons pas des discours pour le plaisir de les prononcer. Nous les disons parce que nous avons une vision…Nous avons la chance que celui (Patrice Talon, Ndlr) qui vient d’arriver, dit aussi qu’il veut faire la réforme du système partisan. Est-ce que nous allons lui tourner le dos ? Au contraire, nous allons l’aider à faire ses réformes. Nous allons faire entendre notre voix. Ce n’est pas en allant nous enfermer dans une opposition que nous allons réussir à faire ces réformes». Il n’y a point de doute. Le Prd est un maillon important de l’équipe du Chef de l’Etat. A Talon donc de l’entretenir pour conserver un puissant soutien politique qui reste tout de même imprévisible.

Mike MAHOUNA

En savoir plus...

Violation récurrente de la Constitution : Talon peut-il battre Yayi ?

talon-yayi

« Un Etat qui ne respecte pas les décisions de justice est un Etat voyou ! » la sentence a été énoncée par Patrice Talon, jetée à la figure de Lionel Zinsou et a été retenue lors du mémorable débat d’entre les deux tours de la Présidentielle de mars 2016.  Cette idée exprimée avec une force et conviction, aussi contestable soit-elle, est aussi un indicateur très important et à plus d’un titre pour apprécier la gouvernance du Président de la République, …son Excellence Patrice Talon.

En effet, l’homme d’affaire Patrice Talon devenu candidat par la force des choses était engagé dans plusieurs contentieux contre l’Etat. Certains de ces contentieux ont été sanctionnés par des décisions judiciaires que Boni Yayi a refusé catégoriquement de reconnaitre et d’exécuter. Donc, cette idée exprimée par le candidat Patrice Talon n’est rien d’autre qu’une conviction démocratique qu’il porte.
On voit plutôt un homme qui défend ses intérêts personnels dans un débat d’intérêt général. Du moins, depuis le 6 Avril où Patrice Talon fut investi Président de la République, un Etat qui ne respecte pas les décisions de justice est-il toujours un Etat voyou ? Il faut poser cette question pour la simple raison que les partisans du Chef de l’Etat n’ont plus de parole sur la nouvelle posture de leur champion en matière de respect des décisions de justice. Faudrait-il aujourd’hui détourner cette réplique cinglante de Patrice Talon à Lionel Zinsou pour dire que nous sommes dans un Etat voyou ? La réponse est « Non ». Car, par principe un patriote ne saurait jamais traiter sa patrie d’Etat voyou, quel que soit la légitimité de ses motifs, surtout s’il aspire à la fonction suprême.

Cependant, pendant qu’on y est, ces propos ont été tenus. Patrice Talon fut élu et sa légitimité est incontestable d’autant qu’il a été élu par une majorité confortable des béninois (65%). Ainsi donc, le minimum que nous attendons du Président Talon c’est le respect de tout ce qu’il considérait dans sa posture de candidat comme des principes vertueux de l’Etat. Nous estimons qu’il s’agit d’une question d’honneur et de probité.

Or, depuis le 6 avril que Patrice Talon est aux commandes de l’Etat béninois, combien de décisions de justice sont restées non exécutées ? Combien de décisions de la Cour Constitutionnelle, sanctionnant l’exécutif pour des violations fragrantes de la constitution et exigeant le rétablissement du tort fait à la constitution et aux citoyens béninois, sont restées sans suite ? Quelle crédibilité doit-on accorder à un Président de la République s’il est incapable de respecter les principes que lui-même a posés comme unité de valeur ?

Il faut donc, au nom du peuple, rappeler au Président de la République qu’il est le garant du respect des décisions de justices. S’il est compréhensible que les décisions de justice qui arrangent ses affaires et son patrimoine sont très importantes à ses yeux, celles qui consacrent redressent les torts faits aux pauvres citoyens ne sont guère moins importantes. Car le Président de la République n’a pas droit au bonheur de la République plus qu’un autre citoyen.

Patrice Talon est-il capable d’exercer le pouvoir d’Etat pour l’intérêt général ? Après 10 mois de l’exercice de la fonction suprême, les Béninois sont plus désabusés que rassurés. Est-ce le prolongement d’un Etat voyou laissé par son ancien mentor Boni Yayi ?

Sènou KAKLO.Citoyen Libre.

En savoir plus...
S'abonner à ce flux RSS

Application Mobile

app-mobile-android

Abonnement Numérique

abonnement-numerique

Abonnement Papier

abonnement-papier

Inscrivez-vous à notre Newsletter et revevez l'information en continu ! Les dernières nouvelles, les dernières déclarations, l'information où que vous soyez !