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Politique

Lutte contre les violences faites aux femmes : Les députés s’enquièrent des dispositions prises par le gouvernement

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Se référant aux dispositions de l’article 28 de la loi n°2011-26 du 27 septembre 2011 portant prévention et répression des violences faites aux femmes, le député Louis Vlavonou  par une question écrite, a voulu que le gouvernement vienne exposer à la représentation nationale les dispositions prises pour aller vers l’éradication de tels comportements. Ceci a fait l’objet de la plénière du jeudi 12 janvier 2017 au Palais des gouverneurs. Face aux députés, le gouvernement était représenté par le ministre de la Fonction publique, Mathys Adidjatou.  

Le ministre Mathys Adidjatou aura essayé d’apporter les réponses du gouvernement à la question posée. Mais le député Louis Vlavonou, auteur de la question, n’en était pas satisfait. Pour lui, la loi oblige le gouvernement a déposé un rapport à la représentation nationale au cours de la première session ordinaire de chaque année. Un rapport qui rend compte de la mise en œuvre de sa politique en matière de lutte contre les violences faites aux femmes. Mais le constat fait, a-t-il déploré, est que depuis que cette loi a été votée puis promulguée, ces dispositions n’ont jamais été respectées par le gouvernement. C’est donc, a-t-il laissé entendre,pour éviter que le nouveau gouvernement tombe dans les mêmes travers qu’il a posé cette question. Louis Vlavonou va donc inviter le gouvernement à se conformer aux dispositions de l’article 28 de la loi n°2011-26 du 27 septembre 2011 portant prévention et répression des violences faites aux femmes d’ici la première session ordinaire de l’année 2017.

Prenant la parole, l’honorable Yibatou Sanni Glèlè alias Melvina du Parti du renouveau démocratique (Prd) a remercié son collègue Louis Vlavonou pour avoir posé cette question, qui pour elle, n’est qu’un rappel à l’ordre. En respectant les dispositions de  l’article 28 de la loi n°2011-26 du 27 septembre 2011 portant prévention et répression des violences faites aux femmes, le gouvernement donnera la chance aux parlementaires de suivre les efforts faits dans ce domaine, a-t-elle conclu.


Kola Paqui (Br/Ouéné-Plataeu)

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Fin de la correction de la liste électorale : Le Cos-Lépi lourdement endetté

Badirou-Aguemon

Le bureau (2016) du Conseil d’orientation et de supervision de la Liste électorale permanente informatisée (Cos-Lépi)a livré hier, dimanche 15 janvier 2017, le fruit de ses travaux. La Lépi corrigée est disponible. Mais l’équipe du président Badirou Aguèmon  s’est endettée.

Les membres du bureau du Cos-Lépi (2016) ont travaillé sans moyen. Hier, face à la  presse le député Badirou Aguèmon a dit ses vérités. «  Nous avons engagé avec enthousiasme plusieurs activités conformément à notre cahier de charges, grâce fort heureusement à la bonne volonté et à l’accompagnement  de nos prestataires dont il faut louer ici l’esprit républicain mais envers qui nous avons contracté des dettes », a-t-il déclaré au siège du Cos-Lépi. A l’entendre, son équipe a accompli sa missionsans le financement nécessaire. « Installée depuis le 22 août 2016, c’est à la date du jeudi 1er décembre  2016 que le Cos-Lépi a eu un positionnement de cinq cent millions  F Cfa sur un budget  prévisionnel d’un montant de deux milliards cinq cent quatre-vingt-dix-neuf- millions cent cinquante-un mille huit cent cinquante (2 599 151 850) F Cfa pourtant arbitré et validé par qui de droit», a expliqué le président du Cos-Lépi. Selon ses dires, le montant perçu n’a pas couvert les charges liées au paiement des prestataires, des indemnités des membres Cos/Ant, leurs collaborateurs et tous les relais du Cos sur le terrain. Le gouvernement n’a donc pas assumé ses engagements. Or, plusieurs membres de l’Exécutif dont le Garde des Sceaux, JosephDjogbénou avaient rassuré le député  Badirou Aguèmon et ses collaborateurs de leur soutien total dans le processus qui était lancé. Le Bénin a changé de gouvernement.  Mais des mauvaises habitudes demeurent. Le Cos-Lépi a fini ses travaux. Seulement  ses nombreux prestataires devront beaucoup attendre pour se faire payer. L’Etat reste leur devoir un peu plus de 2milliards de F Cfa. Et vu l’état des finances publiques, l’attente de ces nouveaux créanciers de l’Etat risque d’être vraiment longue.

De nouveaux chiffres…

Ce dimanche, outre les difficultés présentées par le président Aguèmon, des chiffres ont été rendus publics. A l’en croire, le fichier électoral national  actualisé  (qui comprend ceux qui ont 12 ans et plus) totalise 5.198.510 citoyens. Un fichier qui a connu  une hausse de 1238 citoyens par rapport au fichier de 2016 qui comportait 5.197.272 citoyens. La Lépi extraite cette année du fichier électoral national est faite de 4.832.975 électeurs contre 4.746.348 électeurs en 2016. « Nous avons une Lépi qui peut nous permettre sans aucune crainte d’aborder les prochaines joutes électorales », a souligné le président du Cos-Lépi, fier de ses travaux.

A.S

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Echanges de vœux chez les Tchoco-tchoco : Adrien Houngbédji invite à la consolidation du parti

adrien-houngbedji-PRD

Les militants du Parti du renouveau démocratique et le groupe parlementaire était le samedi 14 janvier 2017 au domicile du président  Adrien Houngbédji, chef de ce parti politique pour lui présenter les vœux de nouvel an. C’était une occasion d’appel à la reconstitution de la cohésion mise en mal par les élections présidentielles passées.  

En effet, plusieurs discours ont marqué cette séance de présentation de vœux entre les militants, le groupe parlementaire Prd et le président Adrien Houngbédji. Il s’agit de celui des militants, du président du groupe parlementaire Prd et enfin, celui du Président Adrien Hounbgédji. «Une année s’achève, une nouvelle commence et grande est notre joie de vous dire de vive voix et au nom des Présidents Sous- Sections et Sections associées aux Présidents des structures horizontales de notre Parti, nos meilleurs vœux de bonne et heureuse 2017. Que cette année nouvelle soit pour vous et pour votre famille, une année de robuste santé, de paix et de prospérité. Que le Seigneur vous accorde davantage la sagesse et la lucidité nécessaires pour conduire à bien notre parlement comme vous le faites déjà si bien ainsi que notre Parti », ainsi, s’est exprimé le porte-parole des structures à la base du parti. C’était aussi l’occasion pour révéler les maux qui minent ces structures. Quant’ au président du groupe parlementaire Prd Augustin Ahouanvoèbla, c’est l’occasion d’évoquer  le brio et la maestria avec lesquels le président Houngbédji conduit les destinés du parlement et qui lui vaut une grande admiration voire une reconnaissance de ses compatriotes, toutes tendances confondues. Le non respect du consigne de vote lors des présidentielles passées et le soutien franc du parti Prd au régime actuel ont été aussi abordés.

En réponse à tout cela, le président Adrien Houngbédji a fait savoir qu’à l’orée d’une année, on fait toujours un acte de rétrospection. On jette un regard sur ce qui s’est passé l’année écoulée. On en tire des leçons avant de tirer les perspectives pour l’année qui commence. « L’année 2016 a été une année particulièrement éprouvante pour notre parti », a-t-il reconnu. « …Notre parti, pour la première fois depuis 25 ans, a été effectivement écartelé, divisé lorsqu’il s’est agi de choisir. Nous en avons vu les conséquences, les uns sont allés à droite, les autres sont allés à gauche pendant que nous-mêmes nous sommes restés au milieu », a-t-il ajouté. Pour lui, le Prd a été en apprentissage en 2016. C’est pour cela qu’il a formulé le vœu que cette année, si des leçons ont été tirées de l’expérience vécue, que le parti puisse se consolider.

Kola Paqui (Br/Ouémé-Plateau)
        

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Conditions carcérales exécrables au Bénin : Les députés plaident pour une amélioration

assemblee-nationale

La question relative aux conditions carcérales au Bénin posée par le député Eric Houndété a été aussi soulevée lors de la plénière d’hier jeudi 12 janvier 2017 au Palais des gouverneurs à Porto-Novo. Le ministre de la Justice, des droits de l’homme et de la législation, Joseph Djogbénou, était face aux députés de la 7è législature pour répondre à leurs inquiétudes. Pour Eric Houndété la situation est dramatique et le tableau à cet effet, est sombre.  A l’unanimité, les députés ont déploré les conditions carcérales exécrables  de détention dans les prisons au Bénin. L’honorable Alexis Agbéléssessi posera la problématique avec l’œil du spécialiste. Pour lui, d’énormes efforts doivent être consentis pour permettre aux prisonniers de jouir d’un bon séjour carcéral. Les élus du peuple ont, pour finir, salué la franchise du ministre Joseph Djogbenou.

Kola PAQUI

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Abdoulaye Bio Tchané sur ‘’Moi Président’’ : «Nous allons rembourser les spoliés de Icc-Services»

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Madame et Monsieur, bonsoir. Agir pour une nouvelle gouvernance. Ainsi s’intitule un des programmes de reconstruction de la société béninoise en lice pour la présidentielle de 2016. Vous devinerez aisément le porteur de ce projet lorsque j’aurais rappelé à votre souvenir le slogan «TABATI TABA». Bien sûr, après l’expérience malheureuse de 2011, le candidat de l’Alliance pour un Bénin Triomphant rebondit. Il propose cette fois-ci, je le cite, «un contrat pour un Bénin uni et triomphant», un contrat résumé en 154 pages environs. Un document que nous décryptons aujourd’hui en compagnie d’Abdoulaye Bio Tchané. Occasion pour les Béninois de découvrir ce qu’ils peuvent attendre de cet ancien fonctionnaire international, s’il accédait au Palais de la Marina.

Présentation

Abdoulaye Bio Tchané,après avoir décroché un baccalauréat, série C au Lycée Béhanzin de Porto-Novo, vous obtenez une maîtrise en sciences économiques en 1972 à l’Université de Dijon. Détenteur d’un diplôme d’études supérieures bancaires en 1979, vous avez un DESS en finances islamiques. De 1992 à 1996, vous occupez, à Dakar au Sénégal, le poste d’Assistant du Gouverneur de la BCEAO, dirigée à l’époque par le Gouverneur Charles Konan Bani. De 1994 à 1996, le poste de Secrétaire du Conseil de Convergence de l’UEMOA vous échoit. De 1996 à 1998, vous devenez Directeur des études de la BCEAO. En mai 1998, le Général Mathieu Kérékou vous appelle dans son gouvernement en qualité de ministre de l’économie et des finances du Bénin. L’on vous retrouve en 2002 au Fonds Monétaire International (FMI). Vous êtes alors le Directeur Afrique de cette institution, poste que vous gardez pendant six (06) ans. En 2008, vous dirigez la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD) comme Président de l’institution. Quel parcours! En 2011, vous démissionnez de cette fonction pour vous lancer dans la course à la présidence de la République. Expérience infructueuse! Economiste, financier et banquier, vous attachez du prix à la lutte contre la corruption, la bonne gouvernance et les secteurs propices à la croissance économique des pays africains, à savoir éducation, santé et infrastructures. Vous avez, d’ailleurs, écrit un livre intitulé «Lutter contre la corruption: un impératif pour le développement du Bénin dans l’économie internationale». Agé aujourd’hui de 64 ans déterminés, vous repartez à la conquête du Palais de la Marina. Vous êtes marié et père de trois enfants.

 Abdoulaye Bio Tchané ou ABT, comme on aime vous appeler, bonsoir! Merci d’accepter de présenter au peuple Béninois votre projet de société. M. Christian GNACADJA. Voilà donc, Abdoulaye Bio Tchané! Le contrat que vous proposez au peuple béninois s’ouvre par une insistance sur l’unité nationale et la cohésion sociale. Pourquoi un tel préalable?

Merci beaucoup! Permettez-moi d’être un peu plus complet quand vous me présenter. A vous entendre, je suis toujours et surtout dans le passé. Vous avez rappelé avec brio tout ce que j’ai fait par le passé. Mais je voudrais dire que j’ai encore des activités actuelles. Je suis président d’un  fonds de garantie africain qui s’appelle le Fonds de Garantie Africain et qui a pour objet de garantir des prêts aux petites et moyennes entreprises dans toute l’Afrique, sur tout le continent. Ensuite, j’ai créé, depuis 2011, un cabinet de consultation qui me permet donc d’être encore actif, de conseiller les gouvernements africains, de grandes entreprises africaines. Donc, je voulais dire cela avant de répondre à la question pertinente que vous me posez. Vous savez, nous sommes un pays à l’échelle africaine, même à l’échelle mondiale, relativement petit. En taille, je veux dire. Dix millions d’habitants, à l’échelle des problèmes qui sont posés à nos compatriotes, ce n’est pas beaucoup. Par conséquent, dans ces conditions-là, nous devons tout faire pour assurer l’unité nationale dans notrepays, au lieu, comme je le vois ici et là, de diviser nos compatriotes soit sur des bases partisanes, soit sur des bases religieuses, soit, encore plus grave, sur des bases ethniques. C’est pour cela que, à l’image d’ailleurs du Président Kérékou à qui je rends hommage ici, vous avez rappelé que j’ai été son ministre pendant quatre (04) ans, je pense que c’est important d’inscrire tout ce que nous faisons à l’intérieur du cadre de l’unité nationale. Il faut que tous les Béninois, quelles que soient leur origine, leur ambition partisane, leur confession religieuse se sentent-ils à part entière de ce pays. Et c’est pour cela que c’est très important de penser à l’unité nationale. Il ne faut pas que quelqu’un, et je l’ai entendu à Matéri, par exemple, il y a quelques semaines, se sente incapable d’avoir les mêmes droits qu’un autre citoyen parce qu’il est plus pauvre, parce qu’il ne vient pas d’une région appropriée ou tout simplement parce que ses parents n’ont pas une position très élevée dans la société.

Mais est-ce que ce principe que vous défendez n’est pas mis à mal lorsqu’on entend: «les ressortissants de telle communauté ou de telle région soutiennent tel candidat»? Je ne veux pas parler, par exemple, des ressortissants Yôm, la communauté Yôm résidant à Cotonou qui dit : «Je soutiens la candidature du candidat de l’Alliance ABT»?

Je crois que ce qui met à mal l’unité nationale, c’est moins çà que des actes d’autorité. Je prends, par exemple, les concours. Vous savez, partout où nous passons dans notre pays, les gens fustigent l’organisation des concours, y compris les plus récents pour dire : «Nous n’acceptons pas d’être écartés tout simplement parce que nous n’avons aucun parent bien placé. Nous ne sommes pas de la bonne ethnie. Nous ne sommes pas de la bonne région de notre pays. Cela étant, si, par l’exemple que vous citez, vous visez une partie de la population, j’ai des gens qui sont d’un peu partout qui me soutiennent. J’ai eu des pasteurs du Mono-Couffo l’autre jour qui m’ont apporté leur soutien entier et total. Ils ne sont pas de la Donga. J’ai des compatriotes de Covê, du Zou qui me soutiennent parce qu’ils me connaissent. Ils ne sont pas de la Donga. Et bien sûr, c’est normal que ceux qui me connaissent le plus et qui savent que je suis capable de diriger ce pays, me soutiennent. Ils ne me soutiennent pas seulement parce que je suis de chez eux. Ils me soutiennent parce que, par définition et par connaissance, ils savent que Abdoulaye Bio Tchané est capable de réaliser ce qu’il promet aux Béninois.

Eh bien, Monsieur Abdoulaye Bio Tchané, vous avez parlez de réformes. Qu’est-ce que vous envisagez faire?

Je vais vous dire une chose. Nous avons besoin de réformer entièrement ce pays. C’est pour vous dire que l’agenda de la continuité est tout simplement intenable pour le pays. S’il y a un Béninois qui veut mieux vivre demain, s’il y a un Béninois qui veut donner du travail à ses enfants, s’il y a un Béninois qui est entrepreneur et qui veut des marchés publics ou même privés demain, s’il y a des femmes béninoises qui veulent avoir une égalité de chances pour elles-mêmes mais aussi pour leurs enfants, si vous avez des Béninois quiveulent avoir de l’électricité dans leurs maisons, alors, l’agenda n’est sûrement pas celui de la continuité. Il faut réformer ce pays de fond en comble en commençant par la gouvernance politique. Voyez ce qui se passe. Tous les Béninois à commencer par les plus grands partis disent qu’il faut réformer notre système partisan. Et fondamentalement à commencer par le constat que le système partisan que nous avons, le système démocratique que nous avons et qui nous est envié par les autres pays africains, par d’autres pays autour du monde, malheureusement, ce système ne donne pas les dividendes à nos compatriotes, parce que nos compatriotes les plus nombreux, les jeunes, ils veulent du travail.

Qu’est-ce que vous reprochez concrètement à ce système?

Je reproche à ce système d’être incapable de donner justement les dividendes de la démocratie. Je lui reproche de créer tous les jours des chômeurs. Je lui reproche d’accroître la pauvreté dans notre pays tous les jours. De 2006 à 2015, il y a au moins 500.000 chômeurs en plus. Je veux dire 500.000 pauvres qui viennent s’ajouter. Il y a près d’un million de chômeurs qui sont venus s’ajouter à ceux qui étaient là. Ce système est tout simplement intenable parce que, je vous le dis, aujourd’hui, pour ce qui concerne les jeunes, par exemple, la situation du chômage ou du sous-emploi des jeunes est une situation qui met en danger la sécurité de notre pays. C’est pour cela que c’est devenu un problème de sécurité nationale. Alors, je vais revenir à ce que je vais faire puisque votre question, c’est exactement «Qu’est-ce que vous voulez faire ? »

Concrètement, qu’est-ce que vous voulez faire?

Alors, ce que je veux faire, c’est beaucoup de choses. Mais commençons par la réforme de la gouvernance

Au plan institutionnel, par exemple!

Au plan institutionnel, au plan économique et au plan social. Pour faire quoi? Premièrement, pour donner du travail à nos jeunes. J’ai lancé il y a trois semaines un plan national de l’emploi qui va démarrer dès avril 2016.

Nous y reviendrons.

Je vous annonce mes priorités. Je vous donne les têtes de chapitres. On reviendra aux détails tout à l’heure. L’emploi pour les jeunes. L’autonomisation des femmes comme deuxième priorité. Troisième priorité, l’agriculture. Et enfin, quatrième priorité, les services de base, l’éducation, la santé, l’eau potable, l’électricité, etc. Vous voyez, on ne va pas réformer pour réformer. On ne va pas réformer et afficher que nous sommes en train de faire une réforme institutionnelle. On réforme parce qu’on veut un objectif. Et cet objectif, c’est améliorer les conditions de vie de nos populations, améliorer les conditions d’existence de nos compatriotes.

Alors, lorsque vous parlez d’amélioration des conditions d’existence de nos populations, c’est véritablement vaste. Quelle est la première démarche que vous allez mener?

La toute première démarche, elle est institutionnelle. Et je l’annonce ici de la manière la plus solennelle. Nous avons besoin d’agir et d’agir vite. C’est pour cela que je dis et je le répète. Moi, je suis prêt à agir dès le 06 avril 2016. Je n’attendrai pas six mois après. Je n’attendrai pas trois mois après. Je suis déjà prêt à agir. Nous allons, dès le 06 avril 2016, lancer ce que j’appelle les assises nationales.

Ah bon!

Absolument! Pour répondre à l’appel constant de nos populations. Nous allons écouter tout le monde sur ce que nous allons faire pendant les cinq ans qui viennent et même au-delà. Parce que, ce qui nous manque aussi dans ce pays, c’est de nous projeter sur le long terme, de nous projeter sur le moyen terme, dire comment le Bénin sera dans quelques années, dans quelques 10, 15, 20 ans et prendre un certain nombre de mesures pour ne pas trouver des solutions qui sont hors-sujet dès qu’elles ont été mises en œuvre. Donc, première chose, organisation des assises nationales. Deuxième chose, commencer par prendre des mesures immédiates pour redonner la crédibilité à la signature du Bénin.

C’est-à-dire?

C’est-à-dire, par exemple, j’ai annoncé il y a quelques jours aussi que nous allons commencer par rembourser les spoliés de ICC Services.

C’est possible?

C’est absolument possible et c’est indispensable de le faire. Ce n’est pas un discours politique et de propagande.

Vous aurez les ressources nécessaires?

Absolument! Nous avons les ressources.

C’est indemniser ou rembourser?

J’ai dit rembourser. Mais on peut rembourser la totalité comme rembourser une fraction. Parce que nous allons auditer les 150 milliards qui sont annoncés par le gouvernement. Il y a un rapport du fonds monétaire que j’ai, comme beaucoup d’acteurs. Il y a des rapports internes à l’administration qui existent. Nous allons écouter les spoliés. Et à partir de cela, nous dirons à quel niveau il faut rembourser les gens. Parce que s’il est indispensable de leur rembourser la totalité, s’il est avéré qu’ils ont été spoliés de la totalité, nous allons le faire. Dans les années 90, on a bien remboursé tous les déposants des anciennes banques.

Ce n’est pas forcément le même contexte, Monsieur Bio Tchané.

C’est absolument le même contexte. Voyez-vous? Les spoliés d’ICC-Services ont été victimes d’institutions qui auraient...

Illégales!

Qui auraient, dès le départ, été jugées illégales par les autorités et fermées par les autorités. Parce que c’est une activité qui est totalement réglementée. Vous pouvez aller une échoppe et vendre des fruits et légumes, vendre des poissons avariés, vendre des poulets avariés et laisser pas mal de nos compatriotes. Vous n’aurez pas besoin d’autorisation pour le faire. Mais si vous avez l’intention, dans votre rue, dans la rue où votre maison se trouve, de collecter tout simplement l’épargne de vos voisins, vous avez besoin d’une autorisation de l’Etat.

Parce que c’est de l’argent.

Parce que c’est de l’argent. Pour cela, et les institutions qui sont en activité, et le Gouvernement sont responsables des dépôts de nos épargnants. Dans le cas d’espèce, ce qui s’est passé, c’est tout simplement que nous avons vu...

Si vous permettez, Monsieur le Président, on ne va pas revenir au scandale en lui-même, mais véritablement, nous attarder sur la solution que vous préconisez, une solution qui, malheureusement, ne revient qu’en période électorale. Est-ce que vous n’en faites pas une arme de conquête du pouvoir?

Non! Pas du tout! Je l’ai dit depuis 2010. Dès que nous avons eu les rapports, notamment du Fonds Monétaire International, j’ai dit que le Gouvernement, pas le mien, le Gouvernement qui était là à l’époque et qui est encore là doit rembourser les déposants d’ICC. Retournez à vos notes. Vous le verrez. Et j’ai continuellement tenu ce discours. Et je rappelle aujourd’hui en disant, moi, en 2016, si Dieu veut que je sois le Président du Bénin, alors, les déposants, les spoliés d’ICC seront remboursés. Et je dis, Madame, nous en aurons les moyens parce que les moyens sont là.

Les deniers publics?

Pourquoi pas? Parce que la responsabilité...

Ce ne serait pas juste. Tous les Béninois n’ont pas souscrit à cela, Monsieur le Président.

C’est absolument juste parce qu’il va de la responsabilité de l’Etat. C’est l’Etat qui est responsable. De la même manière que vous allez, par exemple, déposer dans une banque. Tout le monde ne dépose pas dans une banque. Mais lorsqu’elle fait faillite du fait de l’absence de contrôle, lorsqu’elle fait faillite pour d’autres raisons, eh bien, l’Etat a pour obligation de rembourser tous les déposants. Vous ne le savez peut-être pas, mais c’est une obligation pour le Gouvernement.

Monsieur le Président, le dossier ICC-Service semble nous retenir à tel point que nous risquons de nous éloigner des réformes. Vous en étiez aux réformes institutionnelles. Et sans doute, vous passerez au chapitre de la décentralisation parce que le Bénin, en cette matière, a encore des progrès à faire.

Absolument! Moi, je pense que la décentralisation est une des réformes que nous devons pousser plus loin. Aujourd’hui, nous avons certaines communes à statut spécial comme Cotonou, Porto-Novo et Parakou. Mais nous sommes très loin de réaliser le potentiel de la décentralisation. Et pour cela, en ce qui me concerne, nous allons prendre de nouvelles lois pour donner plus de pouvoir et encore plus de moyens aux communes parce que si vous circulez, comme moi, j’ai visité les 77 communes de notre pays, et certaines à plusieurs reprises, vous verrez qu’il y a pas mal d’infrastructures qui sont laissées en déshérence, des écoles qui sont inachevées, des centres de santé inachevés alors même que nos populations en demandent. Des écoles, des centres de santé. Il y a des endroits ici même à Cotonou où les enfants n’ont pas accès au dispensaire. Dans les conditions où vous savez qu’il est plus facile pour un maire, quel que soit là où il est, de construire une salle de classe ou un module de classes que le Ministère de l’éducation ici. Et donc, pour ce qui concerne les infrastructures de ce genre, moi, je considère qu’il appartiendra aux structures décentralisées et en particulier aux communes de prendre la responsabilité de construire ces écoles, ces dispensaires et, éventuellement, d’autres infrastructures sociales.

Eh bien, Monsieur Abdoulaye Bio Tchané, nous allons parler, à présent, des emplois des jeunes. Vous avez promis faire environ 500.000 emplois sur le quinquennat. Est-ce que c’est bien réaliste ? Et comment avez-vous évalué les besoins du Bénin?

 Je vais vous dire. Parce que justement, il faut partir des besoins pour voir qu’effectivement, on peut y arriver et on doit y arriver. Vous savez, aujourd’hui, tous les ans, ils viennent sur le marché de l’emploi au moins 100.000 jeunes qui cherchent du travail. Ceux qui sortent des universités diplômés, ceux qui sortent un peu plus bas de nos lycées de l’enseignement secondaire et qui ne peuvent pas aller plus loin, soit parce que leurs parents n’en ont pas les moyens, soit parce qu’ils sont fatigués et d’autres encore qui sortent plus bas encore. Vous savez le niveau moyen d’un Béninois. Un garçon par exemple, son niveau moyen d’éducation, c’est la 5ème. Cela veut dire que beaucoup vont sur le marché de l’emploi à un niveau inférieur à la 5ème. Des jeunes qui...

Qu’est-ce qui peut être prévu pour ceux-là?

Des jeunes qui sortent à un niveau inférieur qui est le CM2. Cela veut dire que sur les 100.000 emplois, vous avez non seulement les jeunes diplômés, mais aussi ceux qui sont beaucoup plus bas. Sur un quinquennat, cela fait combien de personnes qui demandent du travail? 500.000, n’est-ce pas? Sur 10 ans, cela fait combien? Cela fait un million de personnes qui demandent du travail. Et tous les ans...

On a des expériences qui n’ont pas abouti.

Laissez-moi vous parler, s’il vous plaît. Tous les ans, dans les mêmes conditions, nous sommes capables de donner du travail à 10.000 sur les 100.000. Aujourd’hui. Donc, nous avons...

Par quel mécanisme voulez-vous y arriver véritablement? On a l’impression d’entendre, permettez le terme, une incantation lorsque...

Non! Ce n’est pas une incantation.

Ou bien, ce sont de petits emplois?

Ecoutez-moi et regardez très bien ce que nous allons faire. Je l’ai annoncé il y a trois semaines. Je n’ai pas entendu de contradicteur sur cela. Nous allons commencer par créer des emplois dans les secteurs pilotes de notre pays: l’agriculture, les services. Aujourd’hui, l’agriculture emploie 70% de nos compatriotes. Malheureusement, elle n’attire pas les jeunes. Elle n’attire pas les jeunes pour deux raisons. Premièrement, c’est pénible. Deuxièmement, les revenus y sont faibles. Nous allons trouver des solutions partielles à cela en modernisant, de manière substantielle l’agriculture.

Cela se fait

Aujourd’hui, par exemple, le budget de l’agriculture tourne autour de 50 ou 60 milliards de francs CFA par an. Nous, nous allons porter ces crédits-là à 130 milliards au moins. D’accord? Et qu’est-ce que nous allons faire de ces 130 milliards? Nous allons équiper de manière massive et moderniser de manière massive les paysans. Nous allons construire les infrastructures qui sont nécessaires, les pistes rurales. Il y en a beaucoup qui manquent. Vous allez tout près ici dans le Mono. Lorsqu’il pleut, les paysans n’ont pas accès à leurs terres, les paysans ne peuvent pas sortir leurs productions. Nous allons construire ces pistes rurales. Nous allons construire les points d’eau. Aujourd’hui, nous sommes au mois de février. Et si vous allez dans le septentrion, vous verrez que les paysans Parce qu’il n’y a pas d’eau.

La maîtrise de l’eau!

La maîtrise de l’eau!

Hortense Saizonou, en écoutant Monsieur Abdoulaye Bio Tchané faire ce développement, on est tenté de lui poser juste deux petites questions. Où puiser toutes ces ressources-là? Et puis, est-ce que ce que vous proposez tient compte de l’état des lieux? Il y a déjà au Bénin un plan stratégique de relance du secteur agricole. Est-ce que ce que vous proposez entre dans ce plan?

Il y a un plan stratégique de relance de l’agriculture. Malheureusement, il n’est pas inancé. Si vous ne donnez pas de l’argent à l’agriculture, vous ne pouvez pas réaliser ce que vous voulez faire. Je vous dis que même en réalisant ce plan stratégique dont vous parlez, nous allons le modiier parce que nous avons des priorités différentes. Je vous ai dit premièrement que nous allons réduire la pénibilité. Nous allons accroître non seulement les rendements mais accroître les revenus des paysans. Comment? Aujourd’hui, vous avez des paysans qui produisent, je prends le maïs, une tonne à une tonne et demie à l’hectare. Nous allons les aider à porter cette production à 4 ou 6 tonnes à l’hectare. C’est possible. Cela se passe dans les pays voisins. Voyez-vous, cela ne nous est pas interdit. Je parlais de la maîtrise de l’eau tout à l’heure. A l’heure où je vous parle, si vous traversez la frontière du Burkina Faso, vous verrez les paysans en train de faire du maraîcher. Pourquoi les paysans béninois ne peuvent

Ils n’en ont pas le mécanisme.

Non! Ce n’est pas une question de mécanisme. Ce n’est pas parce que les paysans du Burkina Faso sont plus intelligents ou ce n’est pas parce que les paysans béninois sont moins doués. C’est tout simplement parce qu’il n’y a pas les infrastructures pour ça. Il n’y a pas les points d’eau. Il n’y a pas les retenues d’eau. Qu’est-ce qui nous empêche de faire les retenues d’eau? Ce sont les investissements qu’il faut. Et je vous dis qu’avec les 130 milliards que nous allons mettre désormais dans l’agriculture, nous allons progressivement ériger ces infrastructures-là.

Monsieur Abdoulaye Bio Tchané, puisque nous sommes dans le domaine de l’agriculture, quelles sont les filières que vous voulez développer? Et allez-vous prendre en compte les petits paysans qui ne sont pas instruits?

Bien sûr! D’abord, je parle de tous les paysans. Bien sûr, les paysans qui sont là et qui ne sont pas tous instruits comme vous dites.

Surtout les jeunes.

Et justement, notre action vise à favoriser, encourager les plus jeunes à aller dans l’agriculture. Moi, je ne suis pas agriculteur. Mon père ne l’était pas non plus. Mon père était un enseignant. Mais j’ai un de mes amis qui veut aller à l’agriculture. Il veut aller à la terre parce qu’il y voit le potentiel qu’il y a dans ce secteur. Eh bien, je veux que beaucoup de jeunes béninois se rendent comptent de cela, saisissent ces opportunités. Et, bien sûr, c’est en leur montrant qu’on ne va pas continuer à faire l’agriculture avec la houe et la daba.

Mais le Bénin dispose déjà d’un programme de mécanisation agricole.

On ne va pas continuer à faire l’agriculture avec 800 kilos de coton à l’hectare parce que tout ce que vous me dites, si je veux résumer cela, cela veut dire : «Restons au statu quo».

Sûrement pas. Nous voulons savoir ce que vous apportez de nouveau.

C’est ce que je vous dis. Ce que j’apporte de nouveau...

Vous ne nous donnez pas non plus les filières que je vous ai demandées.

J’en viens à vos filières. Vous m’avez posé une question. Votre collègue m’a interrompu. Si vous laissez finir de développer mes idées, vous aurez les réponses qu’il faut. Alors, la diversification est aussi au cœur de ce projet de réformes de l’agriculture. Nous avons aujourd’hui essentiellement une filière: le coton. Demain, nous allons diversifier les filières. Nous aurons le maïs. Nous aurons le manioc. Nous aurons l’ananas. Nous aurons les palmistes que nous avons abandonnés nous-mêmes, alors même que nous avons vendu il y a des années des plants à nos voisins.

Et dans quelles régions vous pensez les installer?

Pardon!

Dans quelle région du Bénin, par exemple, le maïs, vous voulez...

Vous connaissez la fameuse vallée de l’Ouémé. Elle est incroyablement riche.

Et tout çà, c’est dans la Vallée de l’Ouémé?

Partout dans le Bénin... Mais vous me demandez où nous pensons le faire?

Oui!

Je vous donne un exemple: la vallée de l’Ouémé. Partout dans notre pays, il y a des spécialités. Vous voyez bien qu’aujourd’hui, le coton se cultive essentiellement dans le septentrion. Eh bien, le maïs aussi a des régions de prédominance. L’ananas se fait essentiellement dans l’Atlantique. Le palmier à huile va se faire demain essentiellement dans la vallée de l’Ouémé qui a ce potentiel. Nous allons développer une filière sur l’hévéa qui a aussi un potentiel dans notre pays. Voyez-vous? Il y a d’énormes possibilités à condition de s’engager dans les réformes. J’allais oublier tout ce qui concerne les maraîchers. Nous sommes dans un pays qui a une frontière avec le plus grand pays africain, le Nigeria. En plus, c’est le plus gros marché. C’est l’économie n°1 de l’Afrique aujourd’hui. Profitons-en, Madame.

En quoi faisant?

En développant l’agriculture, en développant la transformation et en faisant du Bénin une partie du grenier de l’Afrique de l’Ouest et notamment, du Nigeria. C’est cela l’ambition que nous devons avoir.

Eh bien, Monsieur Bio Tchané, nous sommes dans la rubrique «Economie». Vous êtes financier. Vous êtes un homme de la banque. On a souvent entendu parler de monnaie unique. Quelle est votre position là-dessus? Est-ce qu’il y a la volonté des Etats d’aboutir à cette monnaie unique?

Moi, je vais vous dire. Parce que je suis un des artisans de la monnaie unique. J’ai été Directeur des études de la Banque Centrale. Et j’avais en charge, dans mon département, dans ma direction, la responsabilité de conduire les négociations et la mise en place de la monnaie unique qui a connu plusieurs étapes. D’abord, une chambre de compensation, c’est-à-dire que nous avons des activités commerciales entre le Bénin et le Nigeria. Il faut payer. Ensuite, les politiques. Il faut qu’il y ait des politiques qui convergent. Donc, nous avons adopté ce qu’on appelle un programme de convergence de politique macroéconomique qui est en cours. Ensuite, nous avons créé, un peu plus tard, ce qu’on a appelé l’Agence monétaire de l’Afrique de l’Ouest, l’AMAO qui est l’ancêtre, si vous voulez, de la Banque centrale. C’est l’antichambre de la Banque centrale unique. Quand vous parlez d’une monnaie, il faut une Banque centrale.

Bien évidemment!

Et c’est cette Banque centrale de l’Afrique de l’Ouest qui va émettre cette monnaie. Mais avant, il y a un gros chantier. Et ce gros chantier, c’est celui de la convergence des politiques de tous nos pays, des 15 pays de la CEDEAO aujourd’hui. Et l’AMAO, l’Agence Monétaire de l’Afrique de l’Ouest est chargée justement de suivre l’état d’exécution de cette convergence. Vous avez posé la question de savoir s’il y a une volonté politique d’y aller. Je vous dirai que cette politique n’est pas évidente parce que très souvent, ce que vous constatez, c’est que lorsque certains sont en train de converger, d’autres sont en train de diverger. Nous avons besoin justement que la volonté politique qui doit être réelle et qui doit être derrière cette monnaie commune, cette volonté politique se traduise par des politiques qui convergent.

Ce n’est pas le cas alors.

Je vais vous dire que même le Bénin ne converge pas.

Ah! Et pourquoi? Mais si vous êtes Président de la République...

Commençons par balayer notre porte avant de critiquer les autres.

Alors, vous, Président, est-ce que vous allez engager le Bénin dans cette dynamique?

Eh bien, quand je serai Président, bien sûr que nous allons travailler avec nos voisins, travailler avec nos frères et sœurs de la CEDEAO pour faire converger nos politiques en commençant justement par avoir dans notre propre pays des politiques macroéconomiques saines, un budget qui se respecte.

Revenons à l’économie interne, en l’occurrence lesecteur privé. Dans votre contrat pour un Bénin uni et triomphant, vous semblez dire que ce secteur est déterminant pour le décollage économique du pays. Pourquoi? Et de quelle manière?

Bien! Le secteur privé est déterminant parce que dans notre pays, comme dans beaucoup de pays modernes, c’est celui qui crée les richesses, c’est celui qui permet à l’Etat d’avoir les ressources qui lui permettent de déployer ses politiques. Il ne vous échappe pas que toutes ces priorités que j’ai indiquées, si elles sont importantes, elles ont besoin de ressources. Vous avez posé la question tout à l’heure: Où trouverons-nous les ressources?

Bien évidemment!

Nous trouverons les ressources dans la modernisation du secteur privé, dans la mise à niveau du secteur privé et dans l’encouragement au
secteur privé. Nous avons aujourd’hui un environnement de l’entreprise privée qui s’est fortement dégradé.

Ah non! Ce n’est pas ce que disent les rapports de Doing Business, Monsieur le Président.

Relisez très bien le rapport. J’ai ici le dernier rapport du FMI sur le Bénin et qui parle aussi du rapport Doing Business. Comparez les performances du Bénin en 2006 et les performances du Bénin en 2015.

Mais, en 2006, le Bénin ne faisait pas partie des Top 10, dit-on, les 10 meilleurs pays réformateurs.

Il ne l’est pas aujourd’hui non plus, s’il vous plaît. Regardez les chiffres. Le Bénin n’est pas parmi le Top 10.

Mais vous l’avez entendu dire, à plusieurs reprises, par le pouvoir. On ne vous a pas vu sortir pour contester, Monsieur le Président.

Je l’ai entendu dire à titre de propagande. Je ne suis pas là pour démentir la propagande du Gouvernement. Je suis là pour présenter à nos compatriotes les politiques et les réformes qui sont indispensables pour que ce pays progresse. Si je devais passer mon temps à démentir les propagandes, je n’aurais pas une journée de travail. C’est tous les jours qu’il y a cela. De l’électricité à Doing Business, au déficit, à l’électricité. Tous les jours, il y a ça.

Vous voulez dire qu’il n’y a véritablement pas eu amélioration du climat des affaires au Bénin?

Il y a une amélioration par rapport aux performances de ce propre Gouvernement. Ce Gouvernement a porté les indicateurs...

Si vous le permettez, Monsieur Abdoulaye Bio Tchané, nous n’allons pas transformer cette tribune en un tribunal du Gouvernement.

Mais c’est vous qui faites le procès du Gouvernement. Ce n’est pas moi. Vous me demandez pourquoi je ne critique pas le Gouvernement.

Il y a des informations que vous n’avez pas contestées en son temps.

Je vous dis que je ne conteste pas la propagande.

D’accord! Le climat des affaires aujourd’hui, comment est-ce que vous l’entrevoyez? Revenons au secteur privé.

Il y a beaucoup de choses à faire pour mettre le secteur privé à un niveau adéquat. Je prends tout simplement, par exemple, les marchés publics. Vous parliez tout à l’heure de l’égalité, de l’unité nationale. Et je vous ai dit qu’il faut que tous les Béninois se sentent vraiment concernés au même titre par les affaires publiques. Les entrepreneurs vous diront : «Nous n’avons pas un accès équitable aux marchés publics selon que nous sommes perçus comme proches de l’opposition ou proches du pouvoir». Si vous voulez que ce pays prospère, vous devez le faire. C’est dans l’intérêt même du Gouvernement de créer un environnement où tous les entrepreneurs, quelle que soit leur obédience politique se sentent concernés par les affaires publiques. Qu’ils aient les mêmes chances.

D’accord! Au-delà!

La gestion des finances publiques! Il faut que le budget soit un instrument capital de gestion de nos affaires dans le pays. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Et la conséquence, c’est que vous avez beaucoup d’entreprises à qui l’Etat doit de l’argent et qui ne sont pas payés. Et ça, c’est mauvais pour ces entreprises. Mais c’est encore plus mauvais pour les banques. Parce que les banques, de ce fait-là, avec des créances impayées par ces entreprises-là qui réduisent leur capacité à prêter non seulement à ces mêmes entreprises, mais également à d’autres entreprises. Donc, il faut le faire.

Il faut réduire la dette intérieure.

Non! Il faut réduire déjà les arriérés intérieurs. Je ne parle pas de la dette. Je parle des arriérés intérieurs. La dette, c’est autre chose. Je pense que, de façon générale, même s’il y a eu des dérives plus récemment, la dette publique béninoise est à un niveau qui n’est pas catastrophique. Il y a un autre secteur qui est important : c’est la justice. Vous allez me dire que la justice est indépendante du Gouvernement. Elle n’est pas si indépendante. Et n’importe quel opérateur économique qui a affaire à la justice doit pouvoir effectivement sentir que le droit est dit. C’est valable pour les entrepreneurs locaux. Mais c’est encore valable pour les entreprises étrangères.

Alors, comment est-ce que vous comptez y arriver?

Nous allons attaquer frontalement ces réformes-là. Vous avez parlé du rapport Doing Business, par exemple. Il y a un certain nombre d’indicateurs. Il faut les prendre un à un et voir comment on améliore les performances de notre pays par rapport à ces indicateurs. La justice, il faut prendre un certain nombre de mesures en relation avec les magistrats eux-mêmes et avec les avocats et avec tous les acteurs de ce secteur. Les impayés vis-à-vis des entreprises, il faut que le budget devienne un instrument important degestion économique. Çà, c’est de la responsabilité du Gouvernement et nous allons le faire. Il y a d’autres secteurs. Les infrastructures, l’eau, l’électricité, le téléphone, les infrastructures d’Internet qui sont indispensables pour que d’autres secteurs puissent naître dans notre pays, qu’on puisse donner du travail aux jeunes Béninois dans le secteur des TIC, par exemple. C’est très important et nous pouvons le faire.
Monsieur Bio Tchané, nous avons moins d’un quart d’heure. Il vaut mieux que nous abordions à présent, si vous le permettez bien, des secteurs clés comme l’énergie qui est un élément de base même pour le climat des affaires et pour le bienêtre des populations. Oui! Là, c’est aussi un secteur où nous avons besoin d’agir et d’agir très vite. Là aussi, je dis que dès le 06 avril, Abdoulaye Bio Tchané va agir et je m’y engage. En quoi faisant?

En quoi faisant?

Premièrement, nous allons créer un cadre juridique, c’est-à-dire prendre une loi qui permette à n’importe quel opérateur de taille, je veux dire, de venir investir dans notre pays dans le secteur de l’énergie, dans le secteur de l’électricité, produire de l’électricité et le vendre d’abord et avant tout aux structures étatiques et ensuite, être en capacité d’exporter cette énergie. Première chose! Développer, de manière très active, les autres énergies, notamment l’énergie solaire, la biomasse où nous avons un potentiel important.

Vous pensez que l’environnement s’y prête aujourd’hui, Monsieur Abdoulaye Bio Tchané?

L’environnement ne s’y prête pas. C’est pour cela que je vous dis que dès le 06 avril, nous allons engager des réformes pour passer une loi sur les partenariats public/privé. Il ne vous échappe pas que jusqu’ici, nous n’avons pas, malgré toutes les signatures que vous voyez à la télévision, nous n’avons pas quelqu’un qui est venu installer une grande turbine ici pour produire, je ne sais pas, 100 ou 200 méga d’électricité. Pourquoi? Parce que ce sont des investissements à très long terme. Il faut 20 ans, parfois même 30 ans pour rendre proitable un tel projet. Mais au bout de 20 ans, vous ne pensez pas qu’un Gouvernement sera là pendant 20 ans? Sûrement pas.

Pendant que nous parlons d’énergie, il faut bien que l’on couple cela rapidement avec l’eau potable, Monsieur Bio Tchané.

Absolument ! C’est un de nos points faibles aussi. Moi, je viens de l’Atacora, il y a quelques jours. Il n’y a pas d’eau dans les villes et villages de l’Atacora en saison sèche. Dans la Donga, c’est pareil. Dans beaucoup de villes et de villages, à partir de Bohicon jusqu’à Malanville, nous sommes en saison sèche et il n’y a pas d’eau.

Source Ortb

Transcription: Matin Libre

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Le MEsB, parti centriste : Un creuset politique de rassemblement et de modération

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(Regard de Véronique Gbégnito et Latifou Lagnika)
A son 2e congrès extraordinaire tenu le samedi 10 décembre 2016, le Mouvement espoir du Bénin (MEsB) et son président le professeur François Abiola ont pris la décision de n’être ni de la mouvance, ni de l’opposition mais d’évoluer en faisant la synthèse de ces deux courants de pensée, donc d’être un parti centriste. Cette position, bien qu’elle ne soit pas nouvelle, a suscité beaucoup d’interrogation dans le rang des animateurs et observateurs de la vie politique.Ils ont du mal à comprendre cette idéologie que prône le professeur François Abiola. Véronique Générose Gbègnito et Latifou Lagnika, deux animateurs de la vie politique énumèrent ici quelques valeurs de l’idéologie centriste.

De tout temps, la vie politique béninoise s’est résumée à deux courants de pensée. Soit vous exercez le pouvoir et vous êtes de la Mouvance, soit vous êtes à la quête du pouvoir et vous êtes de l’opposition. L’animation de la vie politique est alors caractérisée par une discourtoisie liée à ce que ses acteurs comprennent de la politique. « Toi, tu étais avec ton parti dans la mouvance et maintenant tu dois nécessairement faire l’opposition ». Il n’y a aucune autre possibilité. « C’est notre tour maintenant de jouir de ce que vous avez eu hier et de vous faire payer tout ce que nous avons souffert pendant tout ce temps ».Les attentes pour un engagement en politique signifient protéger ses avantages ou faire en sorte que l’autre n’en jouisse plus.C’est tout décidé, eux ils sont de la majorité présidentielle et l’autre de l’opposition. Voilà à quoi se résume la conception de quelques citoyens à certains niveaux de la société, pour dénigrer et calomnier son voisin menaçant ainsi dangereusement  la cohésion nationale.

Ceci est si préoccupant que le Président de la République Patrice Talon en a fait cas dans son discours devant l’Assemblée nationale le 22 décembre 2016.

‘’Je voudrais d’ores et déjà disait-il, faire appel au bon sens et au patriotisme de tout un chacun afin d’éloigner de nous, l’esprit mesquin et immature de la diabolisation qui tronque dangereusement la réalité, pervertit les objectifs et compromet inutilement l’unité nationale’’.

Ainsi, de la même façon que le peuple attend, je suis tout aussi impatient de réformer, de reconstruire…. Fin de citation.

Oui, revoir les choses notamment l’école et le militantisme dans les partis politiques

Rassembler les Béninois autour d’un idéal de valeurs

Tout se passe aujourd’hui comme si c’est l’argent qui est le seul référentiel qui compte, la seule valeur collectivement acceptée.Il faudra ramener dans le cœur des plus jeunes les valeurs bien connues qui font la construction d’un Etat : l’honneur, la dignité et le travail. Pour les militants du MEsB,  le problème crucial n'est pas en ce moment seulement celui de l’alternance au sommet de l’Etat, le problème crucial, c'est celui de la rénovation même de l'Etat et de la société dans l'ensemble, la démocratisation n'étant que l'un des moyens pour y parvenir. Il est crucial de transformer le système partisan actuel pour améliorer la démocratie béninoise. Il s'agit donc, pour le MEsB, de proposer à l'ensemble des béninois une philosophie politique de rénovation de la société béninoise avec un véritable impact positif sur la cohésion nationale, le respect des institutions et des pratiques politiques et préparer l'homme béninois à être citoyen, non seulement d'une nation moderne, mais également citoyen du monde, un monde de paix, de solidarité et de coopération entre les peuples et les nations, dans la dignité, la tolérance, le respect et l'égalité de tous.

Ni de Gauche, ni de Droite, le Centre a pour principe d’action le Juste Equilibre. Il se définit comme une bonne et pertinente répartition harmonieuse. Il vise à équilibrer la société afin d’y établir un consensus maximal au profit de tous les membres de la communauté. Il vise à donner le plus de satisfaction possible à tous les citoyens tout en sachant que personne ne peut être contenté complètement.Sa règle comportementale est  la RESPONSABILITE à la fois, dans son expression du droit à être responsable de sa vie ainsi que de ses choix et dans celle du devoir d’assumer ses actes.Il est attaché à la DEMOCRATIE REPUBLICAINE REPRESENTATIVE, DELIBERATIVE ET PARTICIPATIVE.Il défend un exercice du pouvoir le plus proche du citoyen dans une MONDIALISATION humaniste : l’être humain, est la cause et le but de toute société humaine.Il vise à construire la meilleure société possible en regard du monde qui nous entoure et avec lucidité, c’est-à-dire avec pragmatisme, responsabilité et humanisme, dans la liberté, le respect, la solidarité et la tolérance, afin de donner à chacun le maximum de ce qu’il puisse obtenir tout en respectant les choix des autres dans le cadre d’un lien social où tout ce qui enrichit l’un, enrichit l’autre et inversement.

Le MEsB récuse la violence, aussi bien physique que verbale. Plutôt que d'exaspérer les ressentiments et d'exploiter les passions à des fins partisanes ou idéologiques, le MEsB est soucieux de trouver aux problèmes des solutions pacifiques et consensuelles.

Source : Véronique Générose GBEGNITO (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. )  et
Latifou LAGNIKA (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. )

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Chute de la filière véhicules d’occasion : Le gouvernement au banc des accusés

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La chute de la filière véhicules d’occasion qui, jadis, faisait la fierté du Bénin, inquiète les députés. Hier, jeudi 12 janvier 2017 au Palais des gouverneurs à Porto-Novo, le ministre Hervé Hêhomey était face aux parlementaires. Il a répondu à la question orale avec débat posée, le 02 juin 2016, et portant sur « la chute de la filière de véhicules d’occasion au Bénin » par le député Dakpè Sossou qui veut que le gouvernement se penche sur la question.

Hier, jeudi 12 janvier 2017, la plénière a débattu de la question orale avec débat posée le 02 juin 2016 et portant sur « la chute de la filière véhicules d’occasion au Bénin » par le 2e secrétaire parlementaire, Dakpè Sossou. A cette occasion, le ministre des Transports, Hervé Hêhomey est revenu sur les raisons de cette chute. Mais les députés dans leur majorité ont plaidé pour que le gouvernement du Nouveau départ fasse en sorte de redorer l’image de cette filière qui, par le passé, a non seulement fait la fierté du Bénin mais également a nourri plusieurs béninois. Pour l’honorable Edmond Agoua, cette chute est devenue plus persistante et grave avec l’arrivée du nouveau gouvernement au pouvoir. Il sera soutenu par son collègue, Adam Bagoudou qui trouve que le Bénin doit revoir sa copie pour redonner un coup de pouce à cette filière. Par ailleurs, certains députés ont estimé que le problème n’est pas lié aux sanctions prises par le Nigeria. Pour eux, le problème de cette filière peut se généraliser à tout le Port.

Kola PAQUI

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Abomey/Pour défaillance professionnelle lors des affrontements : Le commissaire central et le commandant de gendarmerie relevés de leurs fonctions

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Le Conseil des ministres d’hier, mercredi 11 janvier 2017, s’est penché sur les mobiles des tristes événements du lundi 09 janvier dernier à Abomey. Lesquels ont occasionné la mort de deux personnes puis de nombreux dégâts matériels suite aux affrontements entre ‘’Daagbovi’’ et population. Des défaillances professionnelles graves ont été observées au niveau des forces de sécurité publique. Le Conseil des ministres a, de ce fait, décidé du limogeage du commissaire central et du commandant de la brigade de gendarmerie.

Lire l’intégralité du point fait par le ministre d’Etat Pascal Irénée Koupaki.

Présidence de la République du Bénin

Intégralité du Point de Presse

Le Président de la République, Chef de l’Etat, Chef du Gouvernement, a présidé la séance hebdomadaire du Conseil des Ministres qui a eu lieu ce mercredi 11 janvier 2017.

Au nombre des questions examinées, j’ai relevé dix à votre attention.

1. Recensement des occasionnels, éducateurs, éducatrices et communautaires recrutés par les Communautés et autres structures de l’Etat servant le système éducatif béninois depuis 2007 et années antérieures et restés aux postes jusqu’en 2016.

En 2006, le gouvernement avait décidé de faire procéder au reversement, en agents contractuels de l’Etat, les agents dits occasionnels (occasionnels des structures centrales et déconcentrées, éducateurs, éducatrices, communautaires).

Des irrégularités ont jalonné le processus de reversement et cette opération peine à prendre fin, en raison de cas non encore pris en compte.

C’est pourquoi le Conseil a autorisé le recensement sur toute l’étendue du territoire et ce, à partir des circonscriptions scolaires, des occasionnels, des éducateurs, éducatrices et communautaires recrutés par les communautés à la base, qui servent le système éducatif béninois depuis 2007 et années antérieures et qui sont restés aux postes jusqu’en 2016.

2-Situation des agents occasionnels et autres reversés dans la Fonction publique en qualité d’agents contractuels de l’Etat.

En marge des lois et règlements fixant les modalités d’intégration dans la Fonction publique, le gouvernement avait procédé à partir de 2006 au reversement en qualité d’agents contractuels de l’Etat, des catégories ci-après de personnes : enseignants communautaires, contractuels locaux recensés et reconnus par l’Etat, agents ˝mesures sociales˝, agents contractuels des budgets-programmes, agents payés sur recettes hors budget, agents recrutés par les partenaires au développement, occasionnels payés sur les fonds spéciaux de juridictions ; agents ˝financements communautaires˝, agents contractuels payés sur les projets, les stagiaires restés au service de l’administration au terme de leur période de stage de pré-insertion professionnelle et qui ont été redéployés.

Des missions de vérification des conditions de reversement ont relevé les dysfonctionnements avec de faux diplômes, faux certificats, des discordances de date d’une pièce à l’autre.

Ces dérapages ont fait porter l’effectif global des agents reversés à 35.000 au lieu d’une estimation initiale de 8.000.

Ces dérapages ont fait significativement augmenter la masse salariale, dont l’évolution s’est décrochée de celle des recettes fiscales.

Dans le cadre de l’amélioration de la qualité de la gouvernance administrative et du renforcement des capacités de notre administration, le Conseil a décidé de faire faire le suivi-évaluation de l’opération de reversement, en vue de clôturer définitivement cette opération qui aurait dû prendre fin il y a neuf ans, c’est-à-dire en décembre 2007.

3-Audit des effectifs de la Fonction Publique

L’effectif de la Fonction publique s’est accru de 40.500 agents en 2005 à 73.000 agents en décembre 2015, notamment par l’effet des reversements en qualité d’agents contractuels de l’Etat de plus de 30.000 personnes sans statut.

Malgré cette augmentation sensible, l’administration publique continue d’exprimer des besoins sans cesse croissants en personnel.

Les besoins cumulés exprimés par 10 Ministères pour la période 2016-2019, s’établissent à 110.765 agents à recruter.

Le Conseil considère qu’une connaissance précise et fine des effectifs et compétences des agents de l’Etat est un impératif qui doit être pris en charge.

Il a ainsi décidé de faire réaliser un audit des effectifs de la Fonction publique par un Cabinet spécialisé.

Ce Cabinet devra proposer des approches de solutions permettant le redéploiement des agents, le renforcement de l’employabilité des agents dans de nouvelles structures d’accueil, une meilleure adéquation profil-poste.

La finalité de cet audit est d’asseoir une véritable gestion prévisionnelle des emplois, des effectifs et des compétences.

4-Campagne de vaccination contre la méningite dans certaines communes

Notre pays qui se situe dans la ceinture méningitique au sein de la sous-région, doit organiser dans les meilleurs délais, la vaccination des populations exposées dans les Communes de Boukombé, Cobly, Matéri, Kérou, Tanguiéta et Ouaké.

Le Conseil a instruit le Ministre de l’Economie et des Finances à l’effet de débloquer le montant de 3,7 milliards pour l’achat de vaccins – solvants consommables médicaux ; et le Ministre de la Santé, d’organiser la campagne de vaccination de masse contre la méningite dans les Communes concernées.

Le Conseil a, par ailleurs, instruit le Ministre de la Santé pour proposer de nouvelles dispositions en matière de commandes de médicaments dans un rapport qualité-prix qui renforce la gouvernance dans ce secteur sensible pour le mieux-être des populations.

5-Plan d’urgence de sécurisation pour la sauvegarde de la réserve de biosphère de la Pendjari pendant la saison touristique 2017

Le gouvernement avait autorisé des opérations spéciales de sécurisation dans les parcs nationaux de la Pendjari, du W et des zones cynégétiques attenantes.

Cette mission avait été assurée par les forces de sécurité et de défense nationales, en mai-juin 2016 et au cours du second semestre 2016.
Après évaluation des résultats obtenus et au regard de l’ambition que nourrit le Gouvernement pour intégrer cette réserve transfrontalière de la biosphère dans le système productif national, le Conseil a décidé d’adopter une nouvelle approche, celle d’affermage.

L’approche d’affermage est proposée par AfricanParks Network, une ONG de conservation et de renom en Afrique. Elle a une solide expérience dans plusieurs parcs animaliers africains et est en mesure d’instaurer une gestion plus efficace de la réserve de biosphère de la Pendjari.

A partir de février 2017, il y aura une reprise en main progressive des hommes en charge de la surveillance du Parc pour le contrôle des zones-clefs du Complexe Pendjari.

Un contrat de partenariat sera conclu avec AfricanParks Network, en relation avec l’Agence Nationale de Promotion des patrimoines et de Développement Touristique (ANPT), la Direction du Parc, le CENAGREF et les autres partenaires.

Ce partenariat permettra :

- de mettre fin à l’utilisation anarchique des ressources de la Pendjari ; -d’obtenir l’appui et l’implication des communautés et des autorités locales ;
- de rendre opérationnelles deux brigades spécialisées dans la lutte contre les exploitations illicites des ressources du Parc ;
- d’établir un système de renseignement et de suivi judiciaire ; -et d’améliorer la gouvernance dans la gestion du Parc.

6-Projet de propreté et de sécurisation des plages du Bénin

Le Ministre du Cadre de Vie et du Développement Durable a fait un compte rendu de la campagne nationale de salubrité et de sécurisation des plages du littoral béninois depuis Sèmè-Kraké (frontière du Nigéria) jusqu’à Hillacondji (frontière du Togo).

Les résultats probants obtenus ont conduit le Conseil à instruire les Ministres concernés pour la mise en œuvre de la phase de pérennisation de cette activité en vue de sécuriser les plages et de les maintenir en état de propreté permanente.

Le Ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement et le Ministre de l’Economie et des Finances ont été autorisés à inscrire au titre de l’année 2017 sur la liste du PIP, le projet de propreté et de sécurisation des plages du littoral béninois, avec un volet information, éducation, et communication des populations sur les éco gestes à adopter au niveau des plages.

7-Résiliation du Contrat de délégation des activités aéronautiques nationales et mise en concession de la gestion des aérodromes du Bénin

En décembre 2011, le gouvernement a confié à l’Agence pour la Sécurité de la Navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA), la gestion des activités aéronautiques nationales pour une durée de 2 ans renouvelable par tacite reconduction.

Cette mission s’inscrit dans le cadre d’un contrat de délégation. Les résultats attendus ne sont pas atteints. Le Ministre chargé des Transports avait notifié le 3 juillet 2013 à l’ASECNA, le non renouvellement du Contrat.

Nonobstant cette notification, un avenant a été signé le 4 avril 2016, en violation des termes de la lettre du 3 juillet 2013, pour une nouvelle période de 5 ans à compter du 1er janvier 2017.

Le Ministre des Infrastructures et des Transports, a réaffirmé à l’ASECNA, dont le cœur de métier est la sécurité de la navigation aérienne, dans une lettre du 29 juillet 2016, la volonté du gouvernement de mettre un terme au Contrat de délégation des activités aéronautiques nationales du Bénin.

La gestion des aérogares et installations commerciales, la gestion technique et l’entretien des installations aéroportuaires, la gestion et l’entretien des aérodromes secondaires devront être confiées à des structures qui en ont l’expertise et l’expérience.

Le Conseil a ainsi pris 3 décisions.

- Il a autorisé la résiliation du Contrat de délégation de gestion des activités aéronautiques nationales entre le gouvernement et l’ASECNA.
- Il a autorisé la mise en concession de la gestion des aérodromes appartenant à l’Etat béninois.
- Le Conseil a autorisé le Ministre des Infrastructures et des Transports à mettre en œuvre une procédure de sélection d’un Concessionnaire.

8-Etat du lac Ahémé, du lac Nokoué et de la lagune de Porto-Novo

La poussée démographique aux abords de lac Ahémé, du lac Nokoué et de la lagune de Porto-Novo se traduit par une surexploitation des plans d’eau avec l’utilisation anarchique des engins et méthodes prohibés de pêche.

La pollution des plans d’eau et leur encombrement, la destruction des mangroves empêchent le développement des poissons et crevettes notamment.

Le gouvernement envisage de prendre des mesures particulières pour favoriser une meilleure restauration des pêcheries.

Le Conseil a pris un décret portant création, composition, attributions et fonctionnement de la Commission chargée de proposer des mesures d’assainissement et de réhabilitation du lac Ahémé, du lac Nokoué et de la lagune de Porto-Novo. La Commission déposera son rapport dans un mois.

9-Suivi de la réforme du cadre institutionnel du secteur de l’agriculture

Dans le cadre de la mise en œuvre de la réforme du secteur agricole, il est prévu que certaines structures seront liquidées et leurs activités intégrées aux nouvelles structures en création.

C’est dans ce cadre que le Conseil a pris le décret portant nomination de liquidateurs de l’Office National d’Appui à la Sécurité Alimentaire (ONASA), de l’Office National de Stabilisation et de Soutien des Prix des revenus agricoles (ONS), de la Centrale d’Achat des Intrants Agricoles (CAIA-SA), de la Société Nationale de Promotion Agricole (SONAPRA), de l’Agence de Promotion des Aménagements Hydro-agricoles (APAHSA), de l’Agence de Développement de la Mécanisation Agricole (ADMA -SA) et des six CARDER (Centres d’Action Régionale pour le Développement Rural) .

10-Mesures individuelles

A la suite d’évènements récents qui se sont produits à Abomey, entre des citoyens béninois, et après analyse des défaillances professionnelles graves constatées au niveau de certains agents de l’administration de la sécurité intérieure, le Conseil a décidé de relever les deux agents ci-après de leurs fonctions et de les décrocher pour six mois : il s’agit du Commissaire Central de la ville d’Abomey et du Commandant de la Compagnie de gendarmerie de la Ville d’Abomey.

Par ailleurs, le gouvernement tient à faire observer que le principe de la laïcité suppose le respect mutuel des confessions religieuses.

Enfin, le Conseil a décidé de relever de ses fonctions le Directeur Général Adjoint des Douanes et Droits Indirects.

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Fonction publique sous la Rupture : Bientôt de nouveaux chômeurs

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De nouvelles personnes pourraient perdre leurs emplois prochainement. Plusieurs décisions du Conseil des ministres de ce mercredi annoncent en tout cas un grand nettoyage au sein de la fonction publique.

Le gouvernement de la Rupture compte assainir l’administration publique. Patrice Talon et son équipe veulent en finir avec les faussaires qui jonchent la fonction publique. Au moins trois décisions ont été prises à cet effet le mercredi 11 janvier 2017 au cours du Conseil des ministres. « En marge des lois et règlements fixant les modalités d’intégration dans la Fonction publique, le gouvernement avait procédé à partir de 2006 au reversement en qualité d’agents contractuels de l’Etat, des catégories ci-après de personnes : enseignants communautaires, contractuels locaux recensés et reconnus par l’Etat, agents ˝mesures sociales˝… agents contractuels payés sur les projets, les stagiaires restés au service de l’administration au terme de leur période de stage de pré-insertion professionnelle et qui ont été redéployés. Des missions de vérification des conditions de reversement ont relevé les dysfonctionnements avec de faux diplômes, faux certificats, des discordances de date d’une pièce à l’autre», a soulignéhier le ministre d’Etat, Secrétaire général de la présidence de la République, Pascal Irénée Koupaki au cours d’un point de presse. « Ces dérapages, a-t-il poursuivi, ont fait porter l’effectif global des agents reversés à 35.000 au lieu d’une estimation initiale de 8.000 ». A l’entendre, le suivi-évaluation de l’opération de reversement sera réalisé« en vue de clôturer définitivement cette opération qui aurait dû prendre fin il y a neuf ans, c’est-à-dire en décembre 2007». Il y aura également le recensement des occasionnels, éducateurs, éducatrices et communautaires recrutés par les Communautés et autres structures de l’Etat servant le système éducatif béninois depuis 2007 et années antérieures et restés aux postes jusqu’en 2016. L’autre opération non moins importante qui sera bientôt concrétisée reste selon Pascal Irénée Koupaki, l’audit des effectifs de la fonction publique.  Ladite opération sera conduite par un  cabinet qui « devra proposer des approches de solutions permettant le redéploiement des agents, le renforcement de l’employabilité des agents dans de nouvelles structures d’accueil, une meilleure adéquation profil-poste ». « La finalité de cet audit est d’asseoir une véritable gestion prévisionnelle des emplois, des effectifs et des compétences», a précisé le Secrétaire général de la présidence de la République. Mais il ne faut pas se leurrer : plusieurs personnes pourraient quitter l’administration publique puisque l’objectif du gouvernement est de "purger"la fonction publique. Il y aura  sans doute de nouveaux chômeurs. Ils devront gonfler le rang de  ceux qui sont déjà en difficulté  à l’Office national d’appui à la sécurité alimentaire (Onasa), de l’Office national de stabilisation et de soutien des prix des revenus agricoles (Ons) ; des structures qui seront incessamment liquidées. Plusieurs détenteurs de faux diplômes seront démasqués. C’est évident. Mais le nombre des sans-emplois va s’accroitre. Patrice Talon a-t-il les solutions pour épargner au pays des mouvements sociaux que pourraient déclencher les milliers de personnes renvoyées de l’Administration? C’est une grande préoccupation.

Mike MAHOUNA

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Loukman Tidjani à propos du dividende démographique : «Les axes du Pag sont en phase avec les principaux piliers»

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Au regard de l’importance du sujet, les chefs d’Etat et de gouvernement du continent africain se réuniront dans quelques jours à Addis-Abeba pour discuter du potentiel démographique du continent autour du thème « Exploiter le dividende démographique grâce à l’investissement dans la jeunesse ». Pour mieux comprendre le concept de dividende démographique et ses contours, Monsieur Loukman Tidjani, Expert des Politiques de Jeunesse et de Santé et membre d’AfriYAN (Réseau Africain des Adolescents et Jeunes pour les questions de Population & Développement) éclaire nos lecteurs sur le sujet.

Le prochain sommet de l’Union Africaine porte sur le dividende démographique qui est un concept pas très connu des populations. Comment peut-on définir le dividende démographique ?

L’on définit généralement le dividende démographique comme la croissance économique résultant de l’évolution de la pyramide des âges de la population d'un pays. Un dividende démographique survient alors lorsque la baisse du taux de natalité entraîne des changements dans la distribution par âge d'une population ; ce qui signifie que moins d'investissements sont nécessaires pour répondre aux besoins des groupes les plus jeunes et que les adultes sont relativement plus nombreux dans la population des personnes actives. Ce phénomène crée une opportunité de croissance économique et de développement humain plus rapide pour un pays, sachant que plus de ressources sont disponibles pour être investies dans le développement économique et bien-être familial.

Lorsqu’on parle du dividende démographique on met l’accent sur la baisse de la fécondité. Pourquoi insister sur la baisse du taux de fécondité alors qu’une population majoritairement jeune en Afrique constitue quand même une belle opportunité de main d’œuvre pour le Continent, qui en a besoin ?

Je comprends votre préoccupation et j’appuie qu’il est important d’investir dans la jeunesse, de s’assurer qu’elle aura une transition normale vers la vie adulte. Il s’agit pour le jeune de trouver un emploi stable, bien rémunéré, valorisant pour fonder une famille. C’est simplement une solution à court-terme qui ne facilite pas une résilience de l’économie. Si à court terme, on commence par l’emploi aux jeunes et qu’on ne prévoit pas déjà de limiter les naissances, vous aurez constamment un flux renouvelé de jeunes à qui il faudra trouver du travail et très souvent on a tendance à sous-estimé  la vitesse avec la population s’accroît. Si vous avez une population qui grandit à 2,5%, cela veut dire que toutes les infrastructures, que ce soit dans l’éducation, la santé, que ce soit l’emploi même, vous devez les doubler dans la prochaine génération. Donc ça devient de plus en plus difficile. Donc il fau aller vers des solutions durables. Il faut donner les moyens aux jeunes qui sont déjà là en vue d’opérer une transition saine à l’âge adulte et en même temps en prévision, des problèmes à venir, il faut déjà voir dans quelle mesure les gens eux-mêmes voudraient limiter les naissances et leur donner l’occasion de limiter les naissances s’ils le veulent.

De façon concrète que faut-il faire ?

Grâce à ce concept tiré de l’économie, le Bénin et la quasi-totalité des pays africains,  dont la  pyramide démographique est identique, doivent donner à la jeunesse et à l’autonomisation des femmes toute l’attention qu’elle méritera au niveau de la santé (soins appropriées pour la mère et l’enfant, santé sexuelle et de la reproduction), éducation, formation,  politique de l’emploi, accès au crédit, infrastructures et bonne gouvernance politique- pour transformer le potentiel humain en opportunité de développement économique et de  progrès social à l’image des dragons du Sud/Est asiatique. L’éducation doit être perçue comme une arme de construction de notre société. Le défi dans ce domaine n’est pas seulement en termes de quantité mais surtout de qualité. Nous devons aller vers une éducation de qualité qui répond aux défis contemporains. Il nous faut réinventer l’éducation pour quelle soit au service de la jeunesse et du continent. Il aussi faut accroitre l’investissement dans les services et équipements de santé. Nos pays ne manquent pas forcement de ressources humaines sanitaire mais le système de gestion de ces ressources doit être renforcé afin que ces acteurs opèrent dans un environnement adéquat à l’exercice de leur fonction. Enfin, la réduction du chômage des jeunes. Les décideurs doivent œuvrer pour des politiques et initiatives qui offrent des opportunités d’emplois décents aux jeunes. A ce niveau, la promotion de l’entreprenariat des jeunes est importante en suscitant l’innovation chez les jeunes. Il faut orienter, accompagner les jeunes qui innovent. Il faudra lever les barrières à l’accès au financement bancaire pour les jeunes.

Parlant de jeunes, quelle peut être leur partition ?

Les jeunes comme le dit un acteur politique doivent participer à l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi des agendas nationaux de développement. Pour y arriver, il faut un leadership avéré au sein de la jeunesse à travers des institutions de jeunes fortes capable de porter le message. Nous devons affirmer de manière soutenue notre présence dans toutes les sphères de la société. Nous devons nous assurer que les programmes de développement et les politiques sectorielles répondent à nos aspirations. Nous devons faire le suivi des engagements et des promesses des décideurs. L’une des plus lourdes responsabilités est comme mentionnée plus haut d’être au cœur de la mise en œuvre. Ce n’est toujours pas évident dans nos Etats mais en attendant, nous allons conseiller, orienter et plaider.

Revenant aux programmes de développement, pensez vous que le PAG est en  phase avec la capture du Dividende démographique ?

Je pense que les objectifs du Programme d’Action du Gouvernement « Le Bénin Révélé » peuvent être atteints à travers le Dividende Démographique. La vision du PAG de voir le Bénin devenir une économie forte, d’ici 2021, peut être accélérée, si le pays adopte des politiques qui permettront d’exploiter le Dividende Démographique de façon maximale. Les axes du PAG sont en phase avec les cinq principaux piliers sectoriels essentiels pour l’exploitation du Dividende Démographique. Il est heureux de constater que le PAG met l’accent sur des investissements durables dans l’éducation, le développement des compétences, la santé, la création d’emplois et la bonne gouvernance. Il s’appui aussi sur des secteurs clés de transformation et favorable à la jeunesse que sont l’agriculture, l’économie numérique et la culture. C’est un acquis important. Nous devons tous nous engager pour sa mise en œuvre.
 
M.M

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