TPL_GK_LANG_MOBILE_MENU

MTN BUSINESS BRAND

A+ A A-

Julie Hodonou sur Président d’un Jour : «L’éducation sexuelle des jeunes reste une priorité»

Julie-Hodonou

Bar restau le Caméléon à Godomey. C’est à ce lieu qu’a échoué la rubrique Président d’un jour de ce jour. Julie Hodonou  y reçoit l’équipe de Matin Libre. Et c’est parti pour une demi-heure d’échanges.

Madame la présidente, le nouveau programme d’études aurait baissé de beaucoup, le niveau des apprenants! Qu’en pensez-vous?
La nouvelle méthode d’enseignement n’est pas mal. Les enfants d’aujourd’hui n’aiment plus apprendre. Ils se laissent aller à la télévision, les feuilletons sur Novelas.  Or, entre temps, il n’y avait pas tout cela. Ce qui permettait aux élèves d’apprendre. Avant, c’était rare de trouver des télévisions dans les maisons. Maintenant, on en a de toutes les sortes. Ce qu’il faut vous faire observer, c’est qu’il y a des enfants qui ont tout cela à la maison mais qui étudient bien. C’est donc une question de volonté. Si l’élève a vraiment envie d’apprendre, il apprendra. Le nouveau programme d’études n’est en rien responsable de la baisse du niveau chez les apprenants. Le problème est au niveau des élèves et de leurs parents. Il faut que les parents suivent de près leurs enfants. L’autre chose, c’est que face à l’indiscipline des apprenants, les professeurs ne rendent plus correctement ce qu’ils savent. Ils se disent qu’ils connaissent déjà et tant pis pour l’apprenant quoi!  Il faudrait donc que les professeurs jouent bien leur rôle et sanctionnent les élèves indisciplinés. Parfois, ce sont les heures de cours qu’on accuse pour justifi er la baisse du niveau. On pense aux journées continues. Ce qui est un faux problème.

Un mot sur le harcèlement sexuel en milieu scolaire madame la Présidente

Harcèlement sexuel en milieu scolaire… Sans vous mentir, si l’élève même ne se laisse pas aller, ou si l’élève même ne séduit pas son professeur, on n’assisterait pas à ça. Tout le monde est élève. Pourquoi le professeur ne s’intéresse pas à la fi lle de 13 ans? Souvent, c’est au niveau des fi lles âgées qu’on observe cela. Elles s’habillent de manière bizarre. Il y a des tenues qu’on interdit mais que d’autres s’entêtent à porter. Le professeur est un homme. Donc, quand il voit la fi lle, puisque celle-ci n’est pas sa sœur ou sa cousine, il peut avoir envie de l’approcher. Maintenant, si la fi lle ne veut pas, elle peut aller se plaindre auprès de l’administration même si les plaintes ne sont pas toujours suivies. Je crois que, pour mettre fi n à ce mal, il faudra être rigoureux vis-à-vis des professeurs et sévir. Mais, je n’accuse pas les professeurs seuls.

La gratuité de l’enseignement, pour ou contre ?

La gratuité de l’enseignement est une bonne mesure. Mais, au moment où les enseignants ne sont plus payés à temps, ça n’en vaut plus la peine. Il faut laisser les parents se débrouiller pour payer la scolarité de leurs enfants. J’y pense et je crois que, s’il doit avoir gratuité de l’enseignement sans qu’on ne paye correctement les enseignants, le mieux serait d’arrêter. Par le passé, c’est ce à quoi on a assisté. Les enseignants aussi ont des familles dont ils ont la charge!

Energie électrique à présent, à quand l’indépendance du Bénin ?

Il faudrait qu’on se mette déjà à l’œuvre et qu’on travaille à avoir pour nous-mêmes. J’ai constaté que le Béninois n’aime pas employer ses richesses à l’intérieur. Il préfère l’extérieur. Quand il a une richesse ici, c’est à l’extérieur qu’il emploie ça et pour avoir quelque chose à l’intérieur, il faudrait qu’il exporte ça. On peut  venir à bout  des coupures de courant en développant par exemple la politique de l’énergie solaire. Le président Yayi Boni a commencé, moi, je vais poursuivre avec cette mesure

Marquons une pause. Qui est la Présidente Julie Hodonou ?

La présidente Julie Hodonou est élève en classe de terminale G3 au Complexe scolaire Sainte Jaudelle. J’ai 18 ans.  Mon père s’appelle Etienne Hodonou, il est électricien bâtiment. Ma regrettée mère a nom Busto Porgo. Elle était ménagère. Je vis actuellement avec mon tuteur. Il s’appelle Daniel Togbé,  agent des impôts. La présidente Julie Hodonou aime la musique, la cuisine, la lecture surtout. Mes plats préférés sont la pâte de maïs accompagnée de la sauce légume, du riz avec la sauce d’arachide. J’adore être entourée de mes amis. J’ai horreur du mensonge, je mets un point d’honneur sur l’honnêteté. Parlant de mes défauts, j’abandonne très vite. Voilà !

Comment appréciez-vous la césarienne gratuite madame la Présidente ?

Bon, cette mesure prise par le gouvernement Yayi a facilité la tâche à nos mamans. Ma petite maman entre autres, est passée par là. Les dépenses étaient trop. La césarienne est gratuite mais les médicaments reviennent chers. Donc, si on devait ajouter à cela les frais de la césarienne, ce serait diffi  cile de s’en sortir. Je ne peux que le remercier pour cette mesure. Pour impacter le secteur de la santé, moi, je mettrai beaucoup l’accent sur la sexualité des jeunes. La jeunesse est l’avenir de demain et la manière dont-elle se laisse aller à la sexualité est de plus en plus en plus inquiétante. Ce qui, comme vous le savez, entraîne beaucoup de maladies comme le Sida, les infections. Je vais prendre des mesures comme par exemple créer des Organisations  non gouvernementales (Ong) sur toute l’étendue du territoire national pour l’éducation sexuelle des jeunes, la prise en charge des jeunes fi lles en détresse. Ces Ong auront entre autres pour tâche, de leur donner des conseils, les entretenir sur l’abstinence. Les jeunes, au Bénin, prennent la sexualité comme de la nourriture. C’est comme si sans le sexe, ils ne peuvent plus vivre. Il faut une éducation sexuelle. L’éducation sexuelle des jeunes reste une priorité. C’est vrai que de nos jours on ne doit plus trop insister sur le mariage avant le sexe mais, il faut un âge donné.18 ou 19 ans voire 20 ou 21 ans. Là, on se sent plus responsable. Mêmes les préservatifs, ils n’aiment plus les utiliser prétextant que ça donne des maladies. Ce qui explique les grossesses non désirées, les avortements à n’en point fi nir. Les jeunes aujourd’hui, n’en font qu’à leur tête.

Le manque de centres de santé au Bénin, quelle est votre thérapie pour y remédier?

Le problème, c’est qu’on se dit qu’on n’a pas assez d’espaces au Bénin. Pourtant, il y a des espaces laissés en vague. Allez à Calavi à côté, Lokossa, etc, vous verrez. Du coup, pour certains soins spécifi ques, il faut que le patient quitte par exemple Cotonou pour Tanguiéta. Il faut exploiter ces espaces-là et former nos médecins. C’est vrai qu’aujourd’hui, le niveau n’y ait pas. La plupart, quand ils ont des parents médecins et n’arrivent pas à réussir dans leurs cursus, virent dans ce secteur. Beaucoup deviennent des pharmaciens.Quand ils tentent le Bepc et que ça ne marche pas, ça devient leur métier. On va travailler à corriger tout ça. Le Cnhu peine à être un centre de référence. D’ailleurs, c’est un nom que je n’aime pas entendre parce que la plupart des gens qui vont là-bas ne reviennent plus. Pour ceux que je connais qui s’y sont rendus, personne n’est revenue.

Le déguerpissement en cours, comment l’appréciez-vous?

C’est une bonne mesure. Entre temps, avec les boutiques installées partout au bord des voies, quand survient un accident, les camions y entrent et occasionnent des dégâts et des pertes en vies humaines. Tous mes encouragements. C’est une bonne mesure.

Cyrience KOUGNANDE

Dernière modification levendredi, 06 janvier 2017 05:20
Connectez-vous pour commenter
Retour en haut

Application Mobile

app-mobile-android

Abonnement Numérique

abonnement-numerique

Abonnement Papier

abonnement-papier

Inscrivez-vous à notre Newsletter et revevez l'information en continu ! Les dernières nouvelles, les dernières déclarations, l'information où que vous soyez !