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Sébastien Ajavon sur ‘’Moi Président’’ : « Moi, je suis le candidat de la pratique »

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Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, Bonjour! Il y a quelques années, l’homme avait déclaré ne pas faire de la politique. Mais chemin faisant, sa volonté de servir son peuple inspirée par la parabole chrétienne et le miracle opéré aux Noces de Canaan dans les Saintes Ecritures l’ont amené à faire sienne cette célèbre phrase du Roi Béhanzin, citation: «A mon destin, je ne tournerai pas le dos. Je ferai face et je marcherai». Il a, de ce fait, décidé d’être le candidat de la réussite avec l’assurance d’être prêt pour la mission. Dès lors, il se distingue par le nombre de soutiens qu’il reçoit auprès de la classe politique et du secteur privé dans lequel il opère. Le candidat que nous recevons ce jour, vous vous en doutez certainement, est bien Sébastien Germain Ajavon.

Présentation

Né le 19 janvier 1965 à Cotonou, Sébastien Germain Ajavon est un homme d’affaires béninois. Président Directeur Général de plusieurs entreprises commerciales à vocation agroalimentaire, il intervient aussi parallèlement en tant que promoteur dans le domaine des sports et lesecteur des médias. Ses collaborateurs parlent de sa grande maîtrise des filières d’importation. Mais l’autre aspect de la personnalité de Sébastien Ajavon serait également son intégrité. Fort de ces deux qualités, il est élu, en 2006, Président du Conseil National du Patronat (CNP-Bénin) qu’il continue de diriger pour le compte d’un second mandat. Amoureux du cuir rond, il assure, en 2009, la gestion du Comité Exécutif de la Ligue de Football Professionnel du Bénin (LFPB). De 2009 à 2014, il préside le Conseil d’Administration de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS). Par ailleurs, à travers la fondation qui porte son nom, Ajavon Sébastien Germain s’est bâti une réputation de mécène à travers le financement et la réalisation des œuvres sociales. Bien qu’avec un certain doute, l’évocation de sa candidature ne souffrait d’aucune indiscrétion. L’homme d’affaires déclare son intention de succéder au Président Boni Yayi lors d’un meeting le 03 janvier 2016 à Cotonou. Et le 12 janvier, il formalise son vœu en allant déposer officiellement son dossier de candidature à la CENA. «Réussissons tous ensemble», c’est le projet de société qu’il nous propose, qu’il nous demande d’accepter pour transformer le Bénin sur la base d’un contrat de cinq ans. M. Ricardo KPEKOU. Et justement, nous avons 52 minutes pour parcourir ce projet de société dont vous venez, à l’instant, de parler. Monsieur Sébastien Germain Ajavon, vous avez suivi cette présentation faite par mon collègue de votre personne. Est-ce que vous êtes satisfait?

Exact. Ça va. Ça peut aller.

D’accord! Je l’ai rappelé dans mon introduction, au cours de cette émission, nous allons parcourir de long en large votre projet de société. Il y a juste quelque temps, vous avez déclaré ne pas être candidat ou du moins, ne pas faire de la politique au Bénin. Mais subitement, vous avez changé de version. Vous avez décidé d’être candidat. Qu’est-ce qui explique ce fait?

Merci beaucoup! Je voudrais remercier les journalistes de l’ORTB et, en même temps, remercier les téléspectateurs qui nous écoutent en ce moment et qui nous suivent devant leurs écrans. Je voudrais tout simplement dire que je disais toujours que je ne voulais pas faire de la politique parce que je n’en voulais pas. Mais à un moment donné, il faut savoir laisser son égo et accepter de servir son pays. Vous savez, quand tout le peuple vous demande, regardez du Nord au Sud tous ceux qui ont voulu que Sébastien Ajavon puisse se présenter comme candidat à la présidentielle de 20016 au Bénin, il était très dificile pour moi de dire non à ces demandes. Et puis, c’est le destin. L’homme veut peut-être quelque chose mais le destin peut décider autrement. M. Ricardo KPEKOU.

Vous avez donc choisi de répondre favorablement aux appels du peuple béninois.

Tout à fait! Affirmatif!

Vous avez cédé à la pression populaire.

Non! Ce n’est pasune pression. Peut-être que le peuple voyait ce que moi, je ne voyais à mon petit niveau. Quand on vous appelle pour servir, vous ne pouvez pas tourner dos à la souffrance du peuple. Je pense que c’est pour cela que j’ai dû accepter cette proposition. Et je me battrai pour que le Bénin puisse se relever.

Nous allons aborder le fond de votre projet de société.

Nous avons donc 52 minutes. Vous avez parlé, dans une première partie de ce projet de société consacrée à la gouvernance et à la géostratégie. J’ai bien envie de savoir quelles sont les dispositions ou les mesures que vous allez pouvoir prendre réellement si le peuple béninois vous faisait confiance au soir de l’élection présidentielle pour pouvoir enrayer ou diminuer la corruption au Bénin.

Je vous remercie. C’est tout simple. Vous savez que depuis 09 ans, je suis Président du patronat. Et à ce titre, je proposais au Gouvernement, chaque année, des mesures qui n’ont jamais été suivies. Mais comme ce n’est pas moi qui ai été élu, nous, on est là juste pour proposer les mesures. Et c’est libre au Gouvernement de les prendre en compte. En fait, de quoi souffrons-nous au Bénin? On souffre d’un problème de gouvernance. La corruption, ce n’est pas de dire je lutte contre la corruption tout le temps. C’est juste d’apporter des solutions. Nous sommes dans la «dénorme». Il faut juste qu’on revienne dans la norme. Moi, je ne parle pas de réformes. Il s’agit des normes qu’il faut respecter. Et j’ai toujours proposé au Gouvernement des mesures qui n’ont pas été prises en compte. En sommes aujourd’hui. Moi, je vous dirai simplement qu’à mon arrivée, je m’évertuerai, dans les tout premiers mois, avant les 100 jours, à tout faire pour redonner confiance aux créateurs de richesses et d’emplois. C’est la priorité des priorités. Et nous avons déjà fait des propositions, en tant que Président du patronat, au Gouvernement qui n’ont pas été prises en compte. Vous verrez que, dans les 100 jours, les gens vont parler du Bénin autrement parce que c’est des actes qu’il faut poser. Ce n’est pas des paroles. Aller à la réduction de la corruption, c’est tout simple. C’est déjà commencer par dématérialiser. Nous avons proposé cela plusieurs fois, mais cela n’a jamais été pris en compte. Pour quelles raisons? On ne saurait le dire. Mais, en tout état de cause, pendant les 100 jours, vous allez voir que ce n’est pas des réformes. Il s’agit de «renormer». On doit arriver aux normes. Et ça, nous savons le faire. Nous sommes des privés. Nous savons le faire.

Parmi les normes, vous préconisez quoi? La revalorisation du salaire ? Est-ce que vous êtes de ceux qui pensent que le fonctionnaire béninois, le travailleur béninois est corruptible parce qu’il gagne mal sa vie ?

Vous savez, je peux vous dire quelque chose. Je me suis battu, en tant que Président du patronat, pour que le SMIG revienne à 40.000 francs CFA. Quand vous recrutez quelqu’un à 40.000 francs CFA, vous avez recruté un voleur. M. Ricardo KPEKOU.

Ah bon!

Oui! Vous avez recruté un voleur parce qu’à 40.000 francs CFA, vous ne pouvez rien faire.

Pourquoi vous dites qu’on a recruté un voleur ? Il va détourner les fonds publics. C’est cela ?

Puisque déjà, il faudrait qu’il puisse arriver au boulot. Donc, il faudrait qu’il puisse prendre son transport pour arriver. Il faudrait qu’il puisse repartir chez lui. Vous avez déjà pris la moitié. Et il faudrait qu’il puisse se loger. Il faudrait qu’il puisse se nourrir. Soyons conséquents envers nous-mêmes. Si vous voulez que les gens rendent, que les gens donnent une bonne rentabilité au niveau où ils se trouvent dans leur service, il faut les payer. Il faut payer. Et nous allons essayer de regarder tout cet état de choses pour que nous puissions corriger l’injustice, corriger les dysfonctionnements. Vous ne pouvez pas demander aux gens d’aller faire un travail sans leur donner les moyens. Et ça, c’est de l’hypocrisie. Nous devons forcément regarder cela et le corriger. Vous payez 40.000 francs aujourd’hui à quelqu’un, même si c’est un manœuvre, vous êtes sûr que quand vous lui tournez un peu le dos, il fera autre chose derrière vous.

Alors, le SMIG va passer à combien quand vous serez Président ?

Ce n’est pas forcément qu’il faut toucher au SMIG. Ce n’est pas parce que le SMIG est à ce niveau. Mais le SMIG, c’est une référence.

Vous allez augmenter alors les salaires ?

Les salaires, nécessairement, on est obligé de les augmenter. Si on n’augmente pas les salaires, on ne peut pas demander à un employé de rendre tout ce qu’il peut pour un pays et lui payer 40.000 francs. Il ne fera rien avec 40.000 francs.

Alors, quand vous allez augmenter les salaires, cela pourrait encourager l’inflation. Comment vous allez maîtriser l’inflation.

Je vais vous dire ce qui se passe aujourd’hui. C’est la mauvaise gestion des ressources de l’Etat. Les petits fonctionnaires que nous avons ne bénéficient pas réellement de la grande masse. Quand on vous dit que nous avons dépassé déjà la masse salariale. Cela se passe au niveau des Directeurs de cabinet. Cela se passe au niveau des ministres. Cela se passe au niveau des gros, des grands. Cela ne se passe pas au niveau des petits. De toute façon, nous n’avons même pas le choix. Nous sommes obligés de recruter. Nous sommes obligés d’augmenter les salaires. Sinon, nous n’aurons pas les résultats. Dans le privé, il faut motiver le personnel. Si vous ne motivez pas le personnel, vous n’aurez pas le résultat que vous escomptez.

L’augmentation des salaires ne suffit pas pour lutter contre la corruption. Il faut également prévoir des mesures répressives.

C’est ce que je disais tantôt. Je dis que nous allons passer à la dématérialisation. Vous savez, je ne suis pas venu pour voler. Loin s’en faut. Je n’en ai pas besoin.

Vous avez une grosse fortune.

J’ai besoin de servir mon pays. Et puisque la tête ne vole pas, le corps ne volera pas. Et pour que ce corps ne vole pas, il faut pouvoir le rétribuer. Si vous le soumettez à la mendicité, c’est foutu. Vous n’aurez pas le résultat.

Sébastien Germain Ajavon, dans votre projet de société que j’ai là sous les yeux, vous avez promis mettre en place un Gouvernement restreint et un mode de gouvernance qui assure la délégation de responsabilité et de la redevabilité. Cela veut dire quoi?

C’est exact. Vous avez vu, depuis quelques années, nous avons eu un Gouvernement de 28 ou 27 membres. C’est exagéré pour notre pays. Je viens de vous dire que l’inflation dont on parle, on dit que la masse salariale est au-dessus du pourcentage prévu. C’est de cela qu’il s’agit. Il faudrait nécessairement que nous revenions aux normes. Et pour cela, on n’a pas besoin d’une loi. On a juste besoin d’être logique, d’être gestionnaire.

Vous allez réduire le train de vie de l’Etat.

Obligatoirement! Et vous pouvez compter sur moi. Vous aurez le Gouvernement le plus restreint que vous n’ayez jamais vu au Bénin.

Votre domaine de compétence, ce sont les affaires. Vous y avez fait vos preuves. Et vous avez même confié que vous êtes en mesure de porter le taux de croissance à deux chiffres en peu de temps. Comment comptez-vous y arriver quand onsait que les réalités et les procédures de gestion dans le privé ne sont nécessairement pas les mêmes que dans le public ?

Nous en venons là. Vous avez vu? Ils ont dit qu’ils ont eu un taux de croissance de 6%.

Sensiblement 6%! M.

Sensiblement 6% avec la mauvaise gestion! Quand on va apporter une bonne dose de bonne gestion, vous voyez que tout de suite, nous allons passer à deux chiffres. De quoi il s’agit? Nous sommes dans un environnement où nous avons le Nigeria voisin qui est le pays le plus riche et le plus peuplé de l’Afrique. A partir de ce moment, je ne peux avoir un riche voisin et moi, je serai pauvre. Ce n’est pas possible.

Ce qui est quand même bizarre, Sébastien Germain Ajavon, c’est que tous les candidats qui sont passés ici ont pratiquement tous parlé du Nigeria. Le Nigeria apparaît donc aujourd’hui comme la poule aux œufs d’or.

Je vais vous dire ceci. Moi, je suis le candidat de la pratique. Je suis le candidat qui ne verbiage pas, qui ne fait pas du verbiage. Je suis le candidat qui a déjà fait ses preuves. Je suis le candidat qui travaille du matin au soir avec le Nigeria. Je sais de quoi je parle. Si les gens ont entendu, pendant les 10 années, comment je plaidais le Nigeria et tout ça... Et on prie pour dire le Nigeria... Entre le savoir faire et le parler, il y a un grand fossé. Moi, ce dont je vous parle aujourd’hui, c’est que vous devez comprendre que je sais comment tirer les ressources de ma proximité avec le Nigeria. Je l’ai fait tout le temps.

Dans quels domaines, le Nigeria peut être une chance de développement pour le Bénin ?

Vous savez, nous avons un pays à budget essentiellement iscal. Notre pays est un pays de transit. Nous n’avons pas la population. Nous n’avons pas le pouvoir d’achat. Celui qui a le pouvoir d’achat se trouve être notre voisin. Premièrement! Secundo, c’est que nous sommes obligés de continuer dans l’importation. Nous sommes obligés puisque nous importons pour le Nigeria, et cela crée des ressources à l’Etat. Aujourd’hui, nous avons une fiscalité de porte qui est à près de 8090% de notre budget national. A partir de ce moment, nous devons redynamiser ce secteur-là.

Sébastien Germain Ajavon, je vous prends au mot. Vous parlez de l’importation. On sait que vous le faites si bien puisque vous envoyez tout le temps pratiquement, le Bénin étant un pays de transit, vos produits au Nigeria. Mais le Nigeria, on se rappelle, a toujours souhaité que ce soit la production locale qui puisse réellement venir au Nigeria.

Je vais en venir.

Voilà!

Je vais en venir. Vous allez me laisser vous expliquer un peu.

D’accord!

Vous savez, nous avons beaucoup de choses à prendre avec le Nigeria. Nous sommes un pays de transit. Cela veut dire quoi? Cela veut dire que des produits peuvent passer chez nous pour atteindre le Nigeria. C’est de cela qu’il s’agit. Et nous devons continuer de proiter de cela. Nous avons les TIC, nous avons l’Internet, nous avons la ibre qui est arrivée au Bénin. Mais regardez toutes les dificultés que nous avons avec l’Internet aujourd’hui. Aujourd’hui, l’Internet est une nécessité. Ce n’est pas un luxe. Et si en 2016, nos dirigeants ne l’ont pas compris et que nous sommes encore dans cet état, c’est grave. Je peux vous dire qu’au niveau seulement des TIC, c’est 1 à 2% de croissance. Au niveau seulement des TIC, c’est des dizaines de milliers d’emplois à créer. Donc, c’est le savoir-faire. Tout est question de savoir-faire. Maintenant, on parle du Nigeria. On parle de l’agriculture. Il faut produire. Il ne faut pas tricher les gens. Les gens qui, toujours dans leurs théories, disent que le Bénin doit être un pays agricole. Le Bénin n’a que 112.600 kilomètres carrés. Le Bénin est un petit pays. Le Bénin ne peut pas être une puissance agricole. Il faut qu’on le dise aujourd’hui et maintenant.

En quoi le Bénin ne peut pas être une puissance agricole ? Expliquez-nous un peu.

Il faut déjà qu’on règle le problème de l’autosufisance alimentaire au Bénin et essayer de vendre le surplus, pour l’instant, au Nigeria voisin et, s’il le faut, un peu plus loin. Mais je vous dis que le Nigeria voisin déjà constitue une aubaine pour notre pays. Et nous devons savoir l’exploiter.

Est-ce à dire que si le peuple vous faisait confiance et qu’au soir de l’élection présidentielle, vous étiez au Palais de la Marina, vous n’allez pas en faire une priorité ? Je veux parler de l’agriculture.

Mais, ce n’est pas du tout ce que je dis.

Ah! Expliquez-nous!

Vous savez, je suis un fermier. Contrairement à ce que vous pouvez penser, je suis un fermier. J’ai voulu faire de la mécanisation parce que j’ai plus de 2.000 hectares. Je ne peux pas aller à la houe avec 2.000 hectares. Je fais venir les engins agricoles, les tracteurs, les moissonneuses, les batteuses et tout. Tout est là. Mais le Gouvernement me dit que je dois mettre le gasoil au prix de la pompe. Ce n’est pas possible. En fait, c’est un praticien qui parle. Ce n’est pas un théoricien. Vous avez affaire à un praticien. Je suis aujourd’hui fermier jusqu’au Brésil. Donc, je sais de quoi je parle. Le Brésil, c’est un continent. Ils ont tellement d’espaces qu’ils sont meilleurs dans beaucoup de choses. D’abord, pour faire la culture, il faut avoir l’espace. Je viens de vous dire que le Bénin est un petit pays. Mais pour l’autosuffisance alimentaire, le Bénin est assez grand. Nous pouvons faire un peu d’exportation. Vous avez vu le coton depuis des années, c’est des subventions depuis le début et ces subventions, c’est des amis qui se partagent cela. La population, est-ce qu’elle a vraiment gagné? Les paysans, est-ce qu’ils ont vraiment gagné dans ce coton? Pourtant, nos sols sont en train d’être appauvris. Nous utilisons des insecticides. Nous utilisons des intrants qui appauvrissent nos sols. Quand on appauvrit le sol, cela doit nous rapporter beaucoup de devises. C’est juste une question de commencer par savoir comment le Bénin se positionne pour que nous puissions atteindre la croissance à deux chiffres.

Donc, vous promettez, Sébastien Germain Ajavon, sur ce plateau aujourd’hui devant les téléspectateurs qui nous suivent, qu’une fois au pouvoir, vous allez amener la croissance économique du pays à deux chiffres.

Cela me paraît une réalité, une effectivité. Pourquoi je vous dis cela? Rien n’est fait au Bénin. Rien. Quand vous prenez le domaine de l’énergie, sans l’énergie, aucun développement. Je vous dis qu’on doit faire un avant de faire deux.

Justement, parlant de l’énergie, qu’est-ce que vous allez faire dans ce secteur une fois à la Marina ?

Ça va être la priorité des priorités. Aujourd’hui, on ne peut jamais étudier sans l’énergie. On ne peut faire des industries sans l’énergie. L’énergie est au début et à la in de tout. C’est ce que j’ai dit depuis 2007. J’ai proposé aux gouvernants, j’ai dit : «Ecoutez! Arrêtons l’hémorragie. Le Bénin souffre. Nous devons produire. Laissez la production de l’électricité aux privés. Permettez aux privés de prendre une participation dans la distribution. Et, pour ce qui concerne le transport, l’Etat garde encore le transport». Je suis allé plus loin pour dire que nous devons délocaliser. On ne doit plus faire un transport qui coûte trop cher. On peut, commune par commune, leur donner des unités. Cela peut être des centrales solaires. L’éolien n’est pas encore rentable. Mais cela peut être aussi des centrales à gaz. Nous sommes obligés de passer par là. Nous devons produire assez d’électricité pour que tout le monde puisse avoir accès à l’électricité de qualité et à moindre coût. Je vais vous dire ceci. L’électricité est le moteur de tout développement. J’avais proposé de construire Maria-Gléta. Je vous dis que le montant que je voulais prendre pour construire Maria-Gléta, avec plus de puissance, et en quatre phases, c’est-à-dire 25 mégas quatre fois, ce montant fait la moitié de ce qui a été dépensé aujourd’hui par l’Etat. C’est de la mauvaise gouvernance. L’Etat n’est pas commerçant. Regardez la SBEE. La SBEE est une société commerçante qui vend de l’électricité. Comment est-ce qu’on peut dire que ce que vous vendez, vous ne l’avez pas de disponible? Cela veut dire quoi? Quand vous ne savez pas faire quelque chose, vous ne vous mettez pas dedans. L’Etat ne peut pas être commerçant. L’Etat ne peut jamais être commerçant. Le résultat auquel nous sommes parvenus aujourd’hui, c’est la mauvaise gouvernance qui apporte cela.

Comment va se passer la cohabitation entre l’Etat et le privé dans le domaine de la gestion de l’énergie au Bénin sous votre mandat, si vous étiez élu ?

C’est ce que j’étais en train d’expliquer. Je dis qu’il faut laisser la production de l’énergie aux privés.

Totalement ?

Entièrement! L’Etat n’est pas commerçant. La preuve, depuis plus de 40 ou 50 ans, vous avez vu le résultat.

Mais est-ce que cela ne va pas coûter plus cher ?

Ce n’est même pas possible. Plus, les gens consomment. Est-ce que quand on a fait venir les sociétés de GSM dans le secteur de la téléphonie mobile, ça coûte plus cher? Bien au contraire. C’est la compétition. Et puis, il y a l’Etat qui est là pour jouer son rôle régalien. On ne se lève pas.

Est-ce que ce que vous dites dans le domaine de l’énergie a déjà été expérimenté avec succès dans un pays et vous l’avez vu ?

Partout. Cela a été expérimenté dans plusieurs pays, partout. En fait, de quoi s’agit-il? L’Etat n’est pas commerçant. L’Etat peut toujours jouer son rôle régalien. Vous ne pouvez pas être en train de jouer le rôle régalien et en même temps faire le commerce. Cela veut dire que vous êtes juge et partie. Et c’est là où ça nous amène.

Sébastien Germain Ajavon, aujourd’hui, quand nous regardons un peu ce qui se passe sur le territoire national, l’Exécutif a quand même pris des dispositions. Il y a l’énergie solaire actuellement qui est en train d’être réalisée. Il y a beaucoup de centrales solaires qui ont été construites. Il y a des lampadaires solaires implantés un peu partout dans le pays.
 
Je vous remercie pour cette question. Vous voyez, moi, je ne veux pas rester dans du saupoudrage. Je veux rester dans un travail cohérent, méthodologique. Je dis toujours qu’on doit faire un avant de faire deux. Tout ce qui est fait là, allez voir ce que cela devrait coûter. Allez demander qu’est-ce que cela devrait coûter. Qu’est-ce que ça a coûté? Est-ce que c’est la qualité? Est-ce que c’est de cela qu’on a besoin? Tout est question de savoir gouverner. Je vous jure, le Bénin a eu beaucoup de mal.

Donc, vous allez réviser les termes en termes de passation de marchés publics?

C’est la norme. Nous devons revenir à la norme. Tout ce qui est fait, vous avez vu? Plein de gré à gré. Cela veut dire qu’au niveau de la passation des marchés, il y a des difficultés. Et nous allons les résoudre. Moi, ce que je veux apporter, c’est que tout le monde verra que ce qu’ils ont fait à 100 francs, je l’ai fait à 50 francs et c’est de bonne qualité. Et quand je ferai des économies de 50% sur le budget chaque année, cela veut dire que je ferai deux fois ce qu’ils ont eu à faire, même trois fois.

Apparemment, vous serez très rigoureux.

Mais je suis un homme de rigueur. Et rien de beau ne se fait sans rigueur. La rigueur ne veut pas dire méchanceté. La rigueur se trouve dans la norme toujours. Vous ne pouvez pas vouloir de quelque chose et de son contraire. Rassurez-vous. Je suis venu pour servir.

Vous êtes un opérateur économique privé. Vous avez parlé à l’instant, dans votre développement, de la collaboration qui doit exister entre l’Etat et le privé. Vous, en tant que privé, quand vous serez élu Président de la République du Bénin, quelle sera la cohabitation que vous allez pouvoir avoir notamment avec le privé pour ne pas mettre réellement sur pied une concurrence déloyale parce que d’aucuns la craignent déjà?

Merci pour cette question. Je vais vous dire ceci. C’est des hypocrites. Nous, on n’est pas hypocrites. Je dis que je suis venu pour servir. Mon budget est essentiellement fiscal. Si je n’ai pas des recettes, cela veut dire que je vais avoir un budget plus bas. Vous ne verrez jamais  cela. Je vous garantis que j’aurai au minimum 50 milliards supplémentaires, sans faire de la persécution pour les chefs d’entreprises. Je viens de dire, d’entrée de jeu, que ma première préoccupation, c’est de remettre en coniance les créateurs de richesses. Vous savez ce qui se passe? C’est tout simple. Quand vous ne savez pas faire quelque chose, demandez l’expertise. Vous allez voir un médecin qui vous prescrit un médicament. Vous refusez de l’utiliser. Vous allez mourir. Alors, n’allez pas voir le médecin. De quoi il s’agit? Je ne suis pas le seul chef d’entreprise ici au Bénin. Dès que j’arrive, je prends secteur par secteur et nous signons un accord. Je ne veux pas savoir ce que l’autre gagne. Je veux savoir ce que l’Etat gagne.

Vous parlez des secteurs. Parlons du secteur de la télécommunication,. Quelles sont les réformes que vous allez entreprendre, Monsieur Sébastien Germain Ajavon? Vous avez commencé par le dire. L’Internet peut être une source de création de richesses. Nous avons la fibre optique qui passe par le Bénin.Nous en avons deux maintenant. Mais apparemment, nous n’en profitons pas assez, selon vos dires. Quelles sont les réformes que vous proposez pour que le Bénin profite véritablement de ce secteur ?

Vous savez? Je vais peut-être vous surprendre. Je ne vais pas perdre mon temps pour regarder en arrière. On vous confie une maison qui a des problèmes. On vous dit que vous devez redresser la maison. Qu’est-ce que vous faites? Vous faites l’état des lieux. Donc, je vais faire l’état des lieux au niveau de la télécommunication pour savoir l’existant. Et de cet existant, où est-ce qu’on doit projeter le pays? Je vous jure, c’est des milliards de francs qui peuvent rentrer dans les caisses de l’Etat tout en permettant au secteur privé qui a fait son exercice, qui sait faire son métier, de gagner de l’argent.

Sébastien Ajavon, est-ce que ce ne sont pas des paroles assez mielleuses, des promesses que vous faites aux téléspectateurs, juste pour avoir leurs suffrages?

Est-ce que Ajavon Sébastien a jamais fait des promesses mielleuses?

C’est à vous de nous le dire.

Vous êtes en face de quelqu’un qui connaît son métier. Vous savez? Je suis un agrégé en pratique, en économie pratique. Tout ce à quoi vous vous attendez là, depuis qu’on leur a laissé la possibilité de faire leurs preuves, ils ont fait quoi? De quoi les gens ont peur? Je vous dis qu’en cinq ans, vous verrez. Vous verrez au niveau de l’emploi. Vous verrez au niveau des ressources. Vous verrez au niveau de la gouvernance.

Vous avez donc décidé, Sébastien Ajavon, de venir faire vos preuves. Eventuellement, si les Béninoises et les Béninois vous faisaient confiance, vous allez justement prendre le bulletin unique et pouvoir nous dire, en réalité, quel est votre logo et quelle est votre position sur ce bulletin unique. D’abord, votre logo pour pouvoir l’identifier comme cela se doit aux téléspectateurs. Vous allez montrer cela à la camera. M. Sébastien Germain AJAVON. On est tellement nombreux. Mais je voudrais juste dire que la deuxième ligne, à partir de la droite, je suis en troisième position. La position est claire. Vous avez vu. C’est la bougie et le poisson. C’est un symbole. Et c’est un symbole de réussite. Je voudrais dire, ne vous perdez pas. C’est la deuxième ligne et c’est en troisième position en venant de la droite. Voilà mon logo. Et que Dieu nous prête vie, vous verrez que les tâches seront à la hauteur du logo. Sébastien Ajavon, ce qui frappe tout de suite à l’œil, c’est la bougie et le poisson. Cela veut dire quoi? Pourquoi une bougie et un poisson? Parce que vous êtes opérateur économique? Expliquez-nous.

La bougie! On vient de parler longuement de l’énergie. La bougie, elle ne s’éteindra pas, même quand il y a la nuit. La bougie, c’est la lumière. Je veux que tout le monde continue de prier pour moi parce que je suis un humain. Je suis un être humain et j’ai besoin que les gens m’accompagnent par la prière. Beaucoup d’autres choses sur la bougie. On passera toute une journée pour en parler. Mais le poisson, c’est signe de vivre en mangeant. Et je veux apprendre aux gens à pêcher. Quand on va pêcher, ce que l’on peut pêcher rapidement, c’est le poisson. J’apprendrai aux jeunes à pêcher. C’est de cela qu’il s’agit. On ne va plus continuer de former les jeunes à l’administration tout en sachant que l’administration ne recrute plus.

Sébastien Ajavon, vous parlez justement des jeunes. Avant de parler de la jeunesse, je voudrais parler du tourisme et de la culture qui sont une véritable source de revenus pour certains pays africains tels que le Sénégal ou le Maroc. Mais au Bénin, ces secteurs semblent marginalisés. Le projet de la route des pêches est toujours en souffrance depuis des années. Que prévoyez-vous pour relever ce secteur ou ces deux secteurs ?

Merci beaucoup! Vous avez parlé de croissance à deux chiffres. Le secteur du tourisme seul peut faire grimper notre croissance de deux points.

Comment ?

Il faut y aller avec de la méthodologie. La route des pêches, on en parlait depuis des années. Tous ceux qui sont passés là disent route des pêches, route des pêches... Si on vous disait ce qui a été dépensé dans ce projet, vous allez, peut-être, tomber des nues. Mais je vous dis ceci.

Combien a été dépensé ?

Je ne sais pas. Mais dès qu’on va arriver, on fera l’état des lieux. Je dis qu’il y faut aller progressivement. Tant que vous n’aurez pas l’énergie, vous ne pourrez pas construire les ouvrages, les hôtels, les aménagements. Il faut l’énergie. C’est pour cela que je vous dis que la priorité des priorités restera l’énergie. Maintenant, la route des pêches, c’est sur 45 kilomètres. Qu’est-ce que j’avais proposé au Gouvernement? J’ai dit: «Commençons par 5 kilomètres». Ça, c’est une démarche d’un chef d’entreprise et non d’un administratif. L’administratif, il ne fait que dépenser. Mais il ne sait pas qu’on doit rentrer l’argent, qu’on doit avoir la recette avant de dépenser.

Vous allez gérer le Bénin comme une entreprise ?

Mais, le Bénin, c’est une entreprise. Il faut juste comprendre que l’Etat doit jouer son rôle régalien. L’Etat doit pouvoir gérer la sécurité, gérer l’armée, gérer l’éducation nationale, même là encore, avec le privé, gérer la santé avec le privé. Nous sommes tenus d’aller vers la modernisation et d’aller vers le tourisme. Le tourisme rapporte. C’est la deuxième devise au Sénégal. Même si on est aveugle, on n’est pas sourd. Ou si on est sourd, on n’est pas aveugle

Sur le projet de la route de pêches, par exemple, vous savez qu’il y a des efforts qui ont été faits récemment. Nous avons vu un opérateur économique qui est venu soutenir le Président de la République et promettre que ce projet sera réalité sous peu.

On est à la fin du mandat. Vous avez vu quelque chose là? On doit se dire la vérité. Moi, je ne joue pas. Je sais faire quelque chose. Je veux juste montrer, en cinq ans, ce qui se fera. Et je vous ai dit que peut-être que ce qu’on fera en cinq ans, ils ne l’ont pas fait en 20 ans.

Oui, Ajavon, parfois, ce n’est pas la volonté qui manque au Chef de l’Etat mais c’est l’accompagnement des cadres qui fait défaut. Comment pouvez-vous être sûr que vous ne vivrez pas les mêmes difficultés.

Cessez de dire cela. Un chef est un chef. Je dis que quand c’est bien, on dit que le chef a fait. Quand c’est mauvais, il faut que le chef endosse. Fuir ses responsabilités comme cela, franchement, vous ne pouvez jamais développer un pays en disant que c’est toujours les collaborateurs. Qui a mis les collaborateurs? Qui a choisi ces collaborateurs?

Revenons à votre projet de société. Vous avez parlé justement dans ce projet de l’emploi des jeunes. Et c’est une priorité dès le 06 avril 2016 pour vous. Si, éventuellement, vous étiez élu, que proposez-vous à la jeunesse? Combien d’emplois allez-vous créer, par exemple pour les jeunes en un quinquennat ?

Je ne vais pas dire que je vais créer 200.000 ou 300.000 emplois. Mais ce que je voudrais faire, c’est de montrer les limites de l’Etat. Je ne pourrai pas créer beaucoup d’emplois au niveau de l’administration tout en sachant qu’il y a des pôles à couvrir au niveau de la santé, de l’éducation nationale. Il y a des secteurs dans lesquels nous sommes obligés de recruter. Nous sommes obligés, nous n’avons même pas le choix. Mais le seul secteur aujourd’hui qui peut créer l’emploi, c’est le secteur privé. Et je vous ai dit, à l’entame de cette discussion, que je mettrai en coniance ceux qui savent créer l’emploi. Je vais vous dire quelque chose de simple. Ce n’est pas, en fait, de la magie. C’est juste le bon sens.

Comment on met en confiance ceux qui savent créer l’emploi ?

Il faut que l’Etat devienne responsable et respecte ses engagements. En fait, redonner confiance aux chefs d’entreprises, c’est de leur dire : «Ecoutez! Dites-moi tout ce que je dois faire pour vous sécuriser». C’est eux qui me créent l’emploi. C’est eux qui savent créer l’emploi.

Oui mais je ne peux vous sécuriser sans perdre moi-même.

D’abord, si je ne sécurise pas ceux qui vont créer l’emploi, comment est-ce que je peux avoir des ressources moi-même? C’est de cela qu’il s’agit. Ce qui s’est passé pendant toutes ces années, c’est qu’on n’a même pas respecté sa signature. L’Etat n’a pas respecté sa signature

Donc, Sébastien Ajavon, vous promettez créer beaucoup d’emplois à la jeune génération.

Pas des emplois précaires mais des emplois réels.

Vous avez également prévu une part à la promotion de la femme dans votre projet de société.

Vous savez, la femme pour moi, il faudrait qu’elle soit fille, puis femme. Enfant, fille, femme. Déjà, ce que le Gouvernement a fait en disant gratuité jusqu’en classe de terminale pour les filles.

Vous allez continuer ?

C’est une très bonne chose mais ce n’est pas bien fait. On ne dit pas gratuité et on ne donne pas les ressources pour que les enfants puissent aller à l’école normalement.

Non! Mais les ressources sont envoyées, Monsieur Sébastien Ajavon.

Non! Pas du tout!

Vous avez quelle preuve de ce que vous dites ?

Vous savez bien que quand on commence la rentrée, vous devez envoyer de l’argent dans l’école puisque l’école ne prend plus des scolarités. Si vous envoyez au milieu de l’année, comment est-ce que les enfants vont continuer? Est-ce que c’est la gratuité ça? On demande même des cotisations parallèles.

Vous, vous ferez quoi ?

Il faut juste bien gérer les choses. La priorité de l’avenir de notre pays, c’est l’humain. C’est les hommes. Et la femme, si on veut qu’elle aille loin, il faudrait vraiment que l’écolage soit gratuit. On dit scolarité gratuite. C’est juste ce que l’on paye. Mais les livres, les cahiers, tout ce qui s’en suit, ce n’est pas l’Etat qui paye.

Vous allez payer tout ça ?

Non! Nous allons regarder, dans la mesure du possible, ce que nous pouvons faire pour alléger la tâche. Quand on dit qu’il faut essayer de payer à sa juste valeur le fonctionnaire, tous ces intrants-là sont dedans. Vous payez mais vous lui permettez aussi de ne pas avoir des charges énormes parce que vous dites, comme si ce n’était pas possible, d’améliorer cela. Il faut juste bien gérer les ressources existantes.

Dans votre Gouvernement, il y aura combien de femmes ?

Moi, je ne suis pas la personne qui fait des incantations, qui fait des promesses sans les tenir. Je veux des femmes de qualité. Je vous jure. Je sais que les femmes, quand elles veulent faire le travail, elles le font très bien. Si j’ai les femmes de qualités, elles peuvent être même plus nombreuses que les hommes. Mais il faut les avoir. Le tout ne sufit pas de dire que je veux mettre moitié femme, moitié homme. Il faut qu’on les trouve. Il faut qu’elles soient bonnes à leurs postes. Rassurez-vous. Je vais vous dire, mes plus proches collaborateurs, que ce soit en Europe ou ici, c’est les femmes. Et cela donne plus de confiance.

Sébastien Ajavon, on sait que vous êtes également dans le domaine des sports. La preuve, vous avez eu à offrir au Bénin un centre de sport. Qu’est-ce que vous allez faire justement pour les sports et les loisirs quand vous serez Président de la République.

Ça, c’est mon dada hein! Le sport, c’est d’abord la santé. Il faut inculquer dans la tête des jeunes, des enfants, qu’ils doivent faire le sport tous les jours. Et dans ce cadre, je vous le dis, si dans les cinq ans, je ne construis pas les aires de jeu en gazon synthétique, des pistes d’athlétisme dans toutes les communes du Bénin...

Comme ce qui se fait déjà?

Je ne sais pas si quelque chose se fait. Ils ont annoncé des choses qu’ils sont en train de faire. Pourquoi ils ont attendu neuf (09) ans avant de commencer par faire ce qui est primordial?

Non! Natitingou a été posé il y a longtemps. Parakou...

Ils ont trop attendu. C’est ce que je dis. Tant mieux. On verra ce qu’ils ont fait. On verra ce qu’Ajavon fera. Moi, ce que je vous dis, dans le sport, nous allons revenir avec le football professionnel. Mais pour ce faire, il faut passer par la formation des jeunes. Si on ne passe pas par la formation des jeunes, voust-ce que vous allez trouver des moyens? Je viens de vous dire que chaque année, je vais augmenter mon budget de 50 milliards sans chercher à racketter les chefs d’entreprises et les créateurs d’emplois.

Donc, une fois Sébastien Germain Ajavon au pouvoir, toutes les 77 communes du Bénin auront des pelouses synthétiques.

Sur les cinq ans. Je ne dis pas que je les ferai en une année. Je suis quelqu’un de très méthodique. Je mets un avant de faire deux. Je suis dans la norme. Mais rassurez-vous. Avant la in de mon quinquennat, tout au moins, nous aurons des gazons synthétiques dans toutes les communes du Bénin.

Là, les stades auront un beau visage. Et nos hôpitaux, qu’avez-vous prévu ?

Voilà! Ça, c’est encore quelque chose qui me fait très mal. Vous savez, aujourd’hui, vous ne pouvez même pas faire un examen d’IRM au Bénin. Il n’y en a pas. Vous êtes obligés d’aller au Togo. Le Togo est plus riche que nous? C’est encore là un problème de gouvernance. Dès que j’arrive là, le plateau du CNHU va changer. Nous n’irons plus au Togo pour faire l’IRM. Mais c’est la gestion qu’il faut mettre en place qui sera différente. M. Habib SOUMANOU. Vous revenez de Parakou. Qu’estce que vous prévoyez pour le CHD Borgou/Alibori? Vous parlez du CNHU.

On doit mettre le minimum dans tous leincroyable! On ne peut pas comprendre qu’on soit en 2016 et qu’on dise qu’on n’a pas d’IRM, qu’on dise qu’on n’a pas de scanner... Ce n’est pas possible. Vous savez ce qui est dépensé chaque année pour envoyer les gens à l’extérieur ?

Quand vous parcourez le pays, puisque vous revenez du septentrion, vous avez vu beaucoup d’hôpitaux de zone qui ont été construits sous le régime du Président Boni Yayi un peu partout dans nos communes.

Quels sont les instruments qui se trouvent dans ces hôpitaux?

C’est bien équipé.

Est-ce que les hôpitaux sont équipés? Je dis non. Ce n’est pas équipé du tout.

Oui mais les gens meurent plus dans nos hôpitaux pour faits de grève que pour manque de matériels.

Je vais vous dire quelque chose. Ça aussi, c’est une question de savoirfaire. Est-ce que vous avez entendu chez les privés qu’il y a grève? C’est juste un problème de savoir-faire, de gouvernance.

Mais qu’est-ce que vous allez faire pour qu’il n’y ait plus grève ?

Quand je vais arriver, vous allez voir s’il y aura grève.

Ah bon! Quelle est la politique que vous allez mettre en place?

Je vais anticiper. Il faut anticiper. Il faut discuter avec le personnel. Moi, chez moi, à chaque année, quand on se voit à l’orée de l’année, ils disent: «On n’a rien à demander».

C’est parce que vous êtes fortunés.

Ce n’est pas une question de fortune. C’est ce qui se passe dans l’entreprise, c’est sur cela qu’on joue pour rémunérer.

J’allais vous poser la question. On dit que vous avez bâti votre fortune sur la fraude et la corruption douanières. Que répondez-vous ?

Vous savez bien que je suis resté au Bénin. J’ai été persécuté partout.

Je pense que cet épisode est fermé puisque le Gouvernement a reconnu qu’il m’a persécuté. Et ils sont en train de payer.

Ah bon!

Ils sont en train de payer. Bien sûr! Apparemment, vous n’êtes pas informés. Ils sont en train de payer les 13 milliards. Ils ont annulé les 35 milliards qu’ils ont mis sur le dos de la société COMON. Ils sont en train de payer. Mais depuis décembre, puisque j’ai demandé à être candidat et que le peuple a voulu que je sois candidat, ils ont arrêté de payer. Ça encore, c’est plus grave. Je vous dis, c’est de la mauvaise gouvernance.

Donc, vous n’êtes pas coupable de ce dont on vous accuse ?

Je suis le premier contributeur du pays depuis 2007. Et mon poursuivant ne fait pas le cinquième de ce que je paye. En quoi on peut me traiter encore de fraudeur?

En tant que Président de la République, s’il arrivait que vous soyez élu, pensez-vous pouvoir être vraiment neutre et impartial en cas de conflit entre l’une de vos entreprises et un service de l’Etat ?

Vous savez ce qui fait ma force? Je ne fais aucun contrat avec l’Etat. Je ne veux même pas entendre parler de cela. Je ne fais pas de marché d’Etat. A la date d’aujourd’hui, je défie quiconque. Ce n’est pas parce qu’on ne me l’a pas proposé mais je ne veux pas me souiller. Dieu m’a déjà donné assez.

Quand vous serez Président, ferez-vous des contrats aux privés ?

Forcément. Il faut bien qu’il y ait des gens qui fassent les marchés d’Etat, sinon, l’Etat ne pourra pas continuer.

Sébastien Germain Ajavon, nous sommes tenus par le temps. Au plan politique, peut-être l’avant-dernière question, nous avons vu derrière vous un certain nombre de politiques. Il s’agit de Rachidi Gbadamassi, de l’honorable Claudine Prudencio et tout ça. Ce sont des personnalités politiques. Qu’est-ce que vous pensez aujourd’hui de la réforme du système partisan parce que toutes ces personnes sont venues vous soutenir, mais ce ne sont pas de grands partis qui sont derrière vous?

Merci beaucoup! Vous savez, tout ça, j’arrive au moment où le Parlement est déjà mis en place. Quand on veut parler de réforme, c’est le Parlement. Tout ce qu’on avait dit tout à l’heure, c’était la norme. Mais quand on parle de réforme, il faut aller à l’Assemblée. A partir de ce moment, c’est de là que la politique vient. S’ils veulent vraiment que la situation des partis s’améliore, c’est à eux. Moi, je préfère cela parce que, regardez le nombre de candidatures que nous avons aujourd’hui. Cela n’honore pas notre pays. Mais qu’est-ce que nous pouvons si la classe politique ne veut pas, elle-même, changer les choses. Je ne veux pas être hypocrite. C’est à la classe politique, parce que c’est l’Assemblée qui décide de ces choses-là. Ce n’est pas moi. Moi, je ne ferai qu’accompagner toute initiative bonne.

On vous aura compris, Sébastien Germain Ajavon, sur cette question. Vous allez, en 30 secondes, montrer à nouveau votre place sur le bulletin unique aux téléspectateurs avant la conclusion de cette émission.

Chers téléspectateurs, encore une fois, j’ai accepté d’y aller. Et sachez que les cinq prochaines années vous réservent de bonnes surprises, des surprises agréables. Vous allez regarder la deuxième ligne, à partir de la droite, je suis en troisième position. Mettez votre cachet sur la bougie et le poisson, ainsi que ma photo et vous êtes en train de sauver le Bénin. Je vous remercie.

Dernière modification lelundi, 02 janvier 2017 04:56
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