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Politique nationale puis regard sur l’actualité internationale : L’Un s’écarte des vrais débats

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Alors qu’il existe des questions nationales qui méritent son attention particulière, la plus grande alliance politique de l’opposition a préféré commenter le lointain conflit israélo-palestinien. Ce faisant, l’Union fait la nation (Un) semble reléguer au second rang les sujets qui constituent les réelles préoccupations des Béninois.

Dans un long communiqué publié hier lundi 18 août 2014, l’Un est intervenue par rapport à un vieux conflit qui continue de détruire des vies. Il s’agit du conflit israélo-palestinien. Le plus grand rassemblement de l’opposition a soutenu le peuple palestinien et condamné les massacres dont sont victimes les Gazaouis depuis un peu plus d’un mois. S’il est vrai que l’alliance politique a fait ce choix par instinct de solidarité, il est aussi une réalité que les Nigérians, populations plus proches du Bénin méritent aussi un ferme soutien. En effet, suite au rapt de centaines de jeunes filles lycéennes en mai dernier à Chibok dans le Nord du Nigeria par le mouvement islamiste Boko Haram, l’Un ne s’est pas prononcée. Elle avait brillé par son absence. Et pourtant la vie des nombreuses jeunes filles innocentes était en jeu. Et faut-il préciser que le Bénin est à quelques encablures seulement du Nigeria ? Il y a quelques jours, le même mouvement terroriste a pris en otage une centaine de jeunes hommes. Cela n’a suscité jusque-là aucun émoi chez les «unionistes». Du moins, leurs leaders n’ont pas réagi. Mais le lointain conflit insoluble les intéresse. Ce conflit les occupe alors que le climat sociopolitique national n’est pas des plus enviés dans la sous-région. Aujourd’hui, des incertitudes planent toujours sur la tenue des élections communales. Elles devraient être organisées depuis 2013. Mais elles n’ont pu l’être encore à cause de la non-disponibilité de liste électorale ; la Liste électorale permanente informatisée (Lépi) ayant servi aux élections générales de 2011 étant décriée par la classe politique. Lesdites élections sont reléguées aux calendes grecques, mais l’opposition représentée par l’Un ne fait pas assez pour sauver la démocratie béninoise à part une descente au siège du Cos-lépi et l’envoi d’un courrier auquel le président du Cos-Lépi n’a pas daigné répondre, selon nos sources. Sur un tout autre régistre, il y a la question du système éducatif béninois avec les résultats catastrophiques enregistrés aux examens de fin d’année, notamment au Baccalauréat. Au lieu de consacrer ses efforts à ces préoccupations, elle a choisi d’émietter ses forces et de s’adonner à un jeu qui n’intéresse guère les Béninois, en tout cas pas la majorité. Les citoyens sont déboussolés et ne savent à quel saint se vouer surtout que le processus de correction de la Lépi évolue à pas de tortue. Le Conseil d’orientation et de supervision (Cos) de l’actualisation du fichier électoral éprouve de grandes difficultés dans l’accomplissement des tâches qui sont les siennes. Et pendant ce temps, l’Un semble toujours rester l’otage de ses rêveries. Elle croise les doigts, attendant que le président du Cos-Lépi, Sacca Lafia lui apporte la Lepi consensuelle en novembre. A part la publication de quelques communiqués et l’organisation de petites rencontres qui drainent difficilement du monde, ce regroupement politique ne fait plus rien. Il n’agit pas comme il se doit alors qu’il réclame l’alternance à la tête de l’Etat en 2016. La bataille sera très rude. Et d’aucuns pensent même déjà que si l’Union fait la nation ne change pas de stratégie politique, elle risque bien de connaître en 2015 et en 2016 la retentissante débâcle de 2011.

Les intérêts du Bénin…

Dans le communiqué portant sur le conflit au Proche orient, l’Un a pris position en faveur de la Palestine et fustigé le choix stratégique opéré par le Bénin à la Commission des droits de l’homme des Nations Unies en juillet dernier. Pour les membres de l’Un, en optant pour l’abstention lors du vote portant sur les malheureux évènements de Gaza, le Bénin a choisi «une diplomatie de l’aplatissement qui tourne le dos à la solidarité avec les peuples en lutte et à la dignité nationale». Certes, dans une démocratie, l’opposition contribue à la définition des grandes orientations de la politique extérieure. Mais c’est à l’Exécutif qui détient le pouvoir politique de conduire cette politique extérieure-là. Il le fait en tenant compte des intérêts de toute la Nation. Et le Bénin étant un petit Etat en quête de grandeur, il ne doit inutilement prendre des positions tranchées au risque de se brouiller avec ses amis. Le Bénin a des intérêts qu’il faut coûte que coûte préserver. Le vote à la Commission des droits de l’homme des Nations Unies ne gâche encore rien. C’est dire que la neutralité du Bénin n’est nullement remise en cause. Ainsi, plutôt que de faire le procès du gouvernement en s’attaquant particulièrement à la personne du chef de l’Etat et de son ministre en charge de la diplomatie, l’Union fait la Nation a intérêt à s’occuper véritablement des préoccupations au plan national afin d’espérer conquérir les suffrages lors des prochaines joutes électorales. Le Béninois se souviendra plus facilement d’une Union fait la Nation dans une prise de position pour désamorcer une année blanche, qu’une réaction de l’Union fait la Nation sur une situation au Proche orient que le citoyen lambda n’arrive même pas à situer géographiquement.

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