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Construction du siège de l’Assemblée nationale : Ce qui s’est réellement passé, Djogbénou interpellé

Talon-Djogbenou

(Le marocain Moutaïb a-t-il été dédommagé en catimini ?)
Du Changement à la Rupture en passant par la Refondation, le dossier de construction du siège de l’Assemblée nationale est toujours d’actualité. Que s’est-il réellement passé ? La réponse, c’est avec ce cadre du ministère de l'urbanisme, de l'habitat, de la réforme foncière et de la lutte contre l'érosion côtière à la retraite. A travers cette opinion bien rédigée, Dorothée Sègbey GBEGNON nous conduit dans les méandres de l’affaire Construction du siège de l’Assemblée nationale. Lisez pour en savoir davantage !

Opinion de Dorothée Sègbey GBEGNON sur la construction du nouveau siège de l’Assemblée Nationale

Tout le monde le sait, l'ancien régime avait conçu le projet de construction  du nouveau siège  de l’Assemblée Nationale pour une question de souveraineté nationale.

Lors de sa première  visite  en Chine, le Président Boni Yayi était porteur de deux  projets majeurs :la construction du siège de notre Parlement  et la réhabilitation de la voie Akassato-Bohicon. L’ancien chef de l’Etat a fini  par obtenir la réhabilitation de la route Akassato-Bohicon.  Avec un effort  national, le Bénin pouvait se permettre de  construire le siège du cœur  de sa démocratie.  Dommage, c'est devenu un  rêve  chimérique car il fallait  compter sur la méchanceté des cadres et Institutions.

1- Le Parlement  vote un code des marchés Publics sous la supervision  de la Banque  Mondiale

Ce code encourage la corruption au nom du principe  de délégation des Pouvoirs : trop de Pouvoirs  au ministère des Finances. Dans ce code, seul le Ministre  des finances  donne les dérogations en cas de gré à  gré. Ce dernier  n'est  pas  obligé  de consulter ni le Président de la République, ni le conseil des ministres. Il suffit qu’un ministre sectoriel aille s'entendre sur le dos du Président, avec son collègue des Finances. Le même ministre des finances peut décider  le gré à  gré  lorsqu’il s'agit des projets de son propre ministère.

2 – L’attitude des ministres Soulé Mana Lawani et François Noudégbessi

Sur la base de ce code, le ministre Lawani  active  la construction de ce siège par gré à gré  par le Ministère de l'urbanisme, de l'habitat, de la réforme foncière et de la lutte contre l'érosion côtière dirigé par le ministre François Noudégbessi. Ils optent pour la maîtrise d’ouvrage déléguée.

Seulement,  voilà : ni le conseil des ministres n'était consulté, ni le Président de la République n'était consulté, prétextant que le Ministre des Finances était dans ses prérogatives autorisées par le code des Marchés Publics.

Plus grave, l'appel  à  candidature  des entreprises de maîtrise d’Ouvrage Déléguée a  été  ignoré. Il y en avait  3 :

-    AGETUR
-    AGETIP
-    SERHAU SA.

3- L’intervention du Président Boni YAYI

De retour de son lobbying pour le financement  de ses actions de développement économique et social, le Président apprend la supercherie et ordonne aux ministres concernés de lancer un appel d’offres international en raison  du coût élevé du projet : 16 milliards dans le Programme d’investissement Publics (PIP).Les instructions  du Président  ont été  exécutées ouvrant l'entrée des partenaires à l'appel d'offres international.

4- Le mensonge et la corruption des cadres

Le ministère de l’Urbanisme finit par accorder le marché à un Marocain de la société SERHAU SA animée  par certains cadres du Ministère (les Ingénieurs) au motif que les Chinois  étaient plus chers au terme  du dépouillement par la commission Nationale de dépouillement. La faillite totale de la République.

Pour tromper la vigilance de tous,  ils auraient réparti les marchés en plusieurs lots (une dizaine)  et se sont accordé le marché sur la base du premier lot.  Il fallait  être  du couvent pour comprendre la supercherie car ils ont prévu  des avenants après. Il fallait  exclure les Chinois.

5- Démarrage des Travaux

La différence entre  l'exécution financière du projet par rapport à l'exécution physique  a attiré l’attention du Président de la République après  la visite des lieux dont le site choisi par les ingénieurs du ministère de l’Urbanisme suscitait les inquiétudes du Président.  En pleine lagune.

6- les Impairs de l'exécution du Projet.

Très inquiet, le Président organise au palais de la République,  une séance de travail regroupant :

-Le Président de la République  lui-même;
- Le ministre d’Etat Pascal I. KOUPAKI, coordinateur de l’action Gouvernementale;
- L’ambassadeur de Chine près  le Bénin accompagné d'un architecte venu de Pékin pour la circonstance;
- le Ministre François Noudégbessi

Sur rapport  du ministre Koupaki chargé du Plan et de la Prospective, l'exécution financière de ce projet déjà  au-dessus des 16 milliards (PIP)  risquait de nous conduire au-delà de 24 milliards et même au finish faisait courir le Bénin au-delà de 35 milliards alors que la moyenne dans la sous région n'excède guère 20 à  25 milliards.

Le président de la République demande  à  l'architecte de se rendre à  Porto-Novo pour vérifier la pertinence de la fondation et le coût.

Rapport a  été fait : Pour le Chinois,  la fondation devrait aller à 80 m de profondeur alors que  SERHAU SA a  creusé à  une hauteur d’environ 30 m.

Enfin,  le Chinois rassurait que s'il reprenait le projet, il le ferait à 18 milliards de fcfa.
Le Président demande à  SERHAU SA de nous éviter le pire et de se retirer. Le Ministre Noudégbessi demande à  l’Etat ou au Chinois de dédommager SERHAU SA des 4 milliards déjà dépensés. Impossible pour l’Etat et pour le Chinois car incompréhensible.

La rencontre  devait reprendre avec l'ambassadeur de Chine et l'architecte chinois le second jour. L’ambassadeur  revient à  12h le second jour pour informer le président  que certains cadres sont allés menacer le chinois dans son hôtel, s'il  continue  de lorgner le chantier. Ayant pris peur l'architecte chinois prend le vol de Air France  dans la  précipitation et envoie une lettre pour en informer l'ambassadeur chinois d'où  le retrait  de la Chine de ce dossier.
 
7- les sanctions

Le Président de la République relève François Noudégbessi de ses fonctions, saisit la justice et le renvoie devant  la Haute Cour de justice.
Le ministre Soulé Mana Lawania aussi été envoyé à  la Haute Cour de justice.
Le DG de SERHAU SA arrêté et emprisonné avec leur partenaire,  le Marocain adjudicataire.

8- Un premier audit général

Le nouveau ministre Blaise Ahanhanzo Glèlè avait la charge de ce projet.

Faiblesse de contrôle - surfacturation - distribution deperdiems alors que le projet a connu un moment de léthargie. Le ministre Noudégbessi suspendu prendrait encore des perdiemspour visite du projet suspendu. Le ministre Blaise Ahanhanzo Glèlè aurait été  cité, d'où d'autres séries d'arrestations. Le Ministre Blaise Ahanhanzo Glèlè qui a pourtant fait l’audit a  été  relevé de ses fonctions parce  que soupçonné de percevoir (à  tort ou à  raison) des primes.


9 - Un comité international mis en place pour achever les travaux

Un nouveau ministre nommé pour le projet à  la tête  du comité.
Un nouvel  audit sur la fondation après  appel à  candidature : le contrôle a  été  fait par l'ingénieur qui a  fait le pont d’entrée de Porto-Novo. Ce dernier  dit que le projet peut redémarrer ce qui fut fait. Une course contre la montre s'est déclenchée mais c'est ne pas compter sur la méchanceté des politiques et la corruption de certaines de nos institutions.

a)  Poursuite des travaux


Le président YAYI a  fait plus  de 15 visites sur le chantier   en provenance parfois de Dja Owodé (projet Djrègbédjaowodé)  ou d'Athiémé (pont d'Athiémé) ou du Nord (projets du Nord).


  b)  Sabotage politique


Des jeunes  de Porto-Novo recrutés sur le chantier sont menacés.  On leur demande d’abandonner le chantier. D’autres jeunes recrutés pour pallier cette défaillance sont menacés de mort et chassés du chantier.


10- Les sages de Porto-Novo

Ils étaient toujours au rendez-vous à  chaque visite de Président mais impuissants pour encourager les jeunes à  achever le chantier.

11- Comité  de réhabilitation de la ville de Porto-Novo

Le Président n'a eu aucune chance pour discuter de l'avenir de ce projet avec ce comité.Comment a-t-il été constitué, son fonctionnement, sa rémunération ou non ? Personne ne saurait le dire. Le Maire de Porto-Novo de l'époque avait-il une idée de l'enjeu du projet ?

12- la corruption de la justice

La justice a  crucifié le projet par les mesures suivantes :

- arrêt des travaux;
- libération du Marocain et condamnation de l’Etat à  lui verser environ 30 milliards de F CFA;
- mise en liberté du DG/SERHAU SA


13- le Parlement

Coupable car à  l'époque,  certains auraient représenté le Parlement à  l’ouverture des plis dans la commission de l’appel d’offres. Certains d’entre eux se seraient retirés. Le Parlement aurait  dû  dénoncer l’ouverture de l’appel d'offres et publiquement.  Ceci aurait pu attirer l'attention de l'opinion et nous épargner ce gouffre.

14- Enfin,  le nouveau  Gouvernement de la Rupture

Pourquoi attendre  deux  ans avant de réagir sur un dossier  que le Président Talon lui-même connaît ?  Avec deux ans, le bâtiment ne peut que connaître cet état de vétusté.  Il y a la continuité de l’Etat. L’objectif est clair : abandonner les projets de l'ancien régime acquis à  coûts de milliards aux intempéries et dire que c'est  des éléphants blancs ou des scandales.  C'est  bien connu.  L'aéroport de Tourou en est une preuve.  Le peuple est habitué à  cette pratique.
 

15- le Gouvernement de la Rupture : l’arroseur arrosé

Me Joseph Djogbénou était le principal avocat du Marocain. C'est Joseph Djogbénouqui a  obtenu l’arrêt des travaux et la condamnation de l’Etat à  30 milliards à verser (à vérifier si cette somme n’a pas été déjà versée) au marocain sollicité par SERHAU SA pour construire le bâtiment.  Me Joseph Djogbénou, le principal avocat, avait demandé 80 milliards de pénalité dans ses plaidoiries et manipulations de la justice à  l'époque où  il était pressé de prendre le pouvoir.  Comme quoi, la nature a ses lois. Il fallait empêcher Yayi d’achever les travaux lorsqu’on a  soif de prendre le pouvoir.

Enfin, le président  Talon qui postule pour l’une des plus grandes usines du Maroc en matière d’engrais et de Phosphates se prépare à  aller au Maroc en visite. Résolution du cas du Marocain est certainement un des pré-requis au succès de la visite. Yayi a  tout fait pour ce projet mais les assoiffés du Pouvoir et les cadres corrompus de la République l’en ont empêché.  Le peuple a payé.

Une justice non républicaine, corrompue et vassalisée ne peut que conduire une nation comme la nôtre à  la ruine.

Le socle  de la Haute Cour de justice,  c'est  la justice. Cette haute Cour n’est pas fonctionnelle.La lutte contre la corruption n'est que pure illusion au Bénin.Sans une justice indépendante, point de démocratie et point de prospérité pour tous.

La corruption est une arme de destruction massive. Si elle mine le sommet de l’Etat comme aujourd'hui elle est mortelle.
Le bâtiment n’a pas vu le jour ironie du sort, ceux-là  qui ont bloqué sa finalisation et qui se disent « rupturiens » ont préféré laisser pourrir  le bâtiment et continuer de chanter le disque raillé alors qu’ils ont contribué au blocage de sa finalisation de même que notre justice qui a demandé l'arrêt  des travaux  tant que les 30 milliards  n'aurait pas été  versés  au marocain.

Le pauvre Yayi était abandonné par cette même  justice. Toutes les sanctions prises ont été  annulées  par cette même  justice manipulée  par ceux qui  cherchaient le pouvoir pour des règlements  de comptes.  La presse  nationale  et  internationale utiliséepour ternir l'image de l'ancien  président.

Les mêmes ministres gestionnaires  du même  dossier continuent de dire que les dix ans ont détruit le Bénin alors que c'est  eux-mêmes qui ont géré.  Après le départ de Talon, ils seront les premiers à  l'insulter.  Ce sont eux qui géraient les marchés publics, choisissaient les contrôleurs des marchés, géraient les cadres dans les ministères…, sans que le président  de la République ne le sache.  C'est  les mêmes qui disent aujourd'hui que ses dix ans sont « obscurs ».  Demain, on attend  ce qu'ils diront du bilan de Talon.  

Dans une grande démocratie comme la France, le ministre du budget Jérôme CAHUZAC  a  été pris en flagrant  délit  d'évasion  fiscale.  Il a  été dénoncé  par le journal Mediapart. Ce ministre a  été  mis en examen,  jugé et jeté en prison.  Les Français ont collé la paix au président François Hollande qui l'a nommé.  Au Bénin, c'est le contraire.Ministres, députés et maires se sont convertis en « rupturiens »  et critiquent leur propre bilan. Voilà l’histoire dramatique du Bénin. Le Président Kérékou  a  tout résumé. Un pays abandonné  par ses fils.  Yayi a tout fait pour que ce projet naisse le jour mais plusieurs obstacles l'en ont empêché.
Voilà les tenants et aboutissants du projet de construction du nouveau du Parlement.


Dorothée SègbeyGBEGNON, cadre du ministère de l'urbanisme, de l'habitat, de la réforme foncière et de la lutte contre l'érosion côtière à la retraite

Dernière modification lejeudi, 03 mai 2018 06:16
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