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Sous Patrice Talon : Le Bénin, déjà l’Etat voyou ?

Patrice-Talon

(Retour sur le face-à-face Talon-Zinsou et la réalité aujourd’hui)
Les jours passent, mais les faits restent têtus. En effet, depuis le 6 avril 2016 date à laquelle Patrice Talon a été investi président de la République, que de fluctuations dans les propos et que  d’actes posés en violation flagrante des textes de lois notamment de la Constitution, au point où beaucoup s’interrogent sur ce qu’est devenu ce Bénin peint en noir par le Chantre de la Rupture face à son challenger Lionel Zinsou, deux ans plus tard.   

« …Vous voyez nos institutions, il y a bien des décisions au niveau de la Cour constitutionnelle qui ont tellement inquiété les Béninois. Il y a une crise de confiance. Plus aucun Béninois ne croit à nos institutions… Il est visible que le modèle politique dans lequel nous sommes ne plaît plus à, personne. Que le Pouvoir exécutif est devenu quelque chose de décadent, la justice est devenue le souffle douleur du Pouvoir exécutif. Combien de fois on entend le chef de l’Etat, on entend même le premier ministre dire une décision de justice…oh, là là ! C’est un machin, et que les réalités politiques peuvent amener un Etat à remettre en cause les décisions de justice. Cela est tellement grave ! Je ne vous imagine pas candidat aux élections présidentielles en France dire que les réalités politiques peuvent remettre en cause une décision de justice… J’ai l’impression que vous êtes atteint du syndrome de Gouverneur d’une contrée de sauvages, qui pour régner, considère que tout va très bien… » Et cette séquence du débat qui a opposé, dans l’entre deux tours de la présidentielle de mars 2016, le candidat Patrice Talon à son ‘’rival’’ Lionel Zinsou, aura certainement séduit les Béninois qui ont porté le premier au pouvoir. Le tableau peint était bien lugubre, et à y voir de près, Patrice Talon avait la solution à tout cela, ou du moins, une fois à la Marina, il devra œuvrer à éviter que le pays ne s’enfonce davantage. C’est visiblement ce que les Béninois ont compris en lui accordant massivement leurs suffrages. Ils ont ainsi sanctionné Lionel Zinsou dans la peau du Dauphin de Yayi Boni et tout le système du Changement à la Refondation en passant par la Dictature du développement. Ce ménage fait, la Rupture devrait se mettre à l’œuvre pour le travail d’esthétique afin que le Bénin projette un visage rayonnant, ne serait-ce que sur le plan de l’Etat de droit où le respect des textes et le bon fonctionnement des institutions sont la norme. « Un Etat qui ne respecte pas les décisions de justice est un Etat voyou ! » avait jeté à la figure de Lionel Zinsou, Patrice Talon lors du mémorable face-à-face. A une dizaine de jours du bilan de deux années de gouvernance, il convient de s’interroger sur la suite donnée aux décisions rendues par le Juge constitutionnel en défaveur du gouvernement de Patrice Talon. Est-il besoin de citer, entre autres, celle relative à l’éviction de l’ancien Directeur général de l’Ortb, Stéphane Todomey, celle concernant les membres précédents de l’Arcep-Bénin, celle qui a condamné la façon dont les dirigeants actuels disposent les couleurs nationales sur les documents et enseignes officiels ? Patrice Talon et les siens n’en avaient que faire. Jusqu’à présent, le chef de l’Etat n’a pas daigné procéder au remplacement de Me Simplice Dato, Conseiller à la Cour constitutionnelle qui a démissionné. La loi organique de la Cour est pourtant claire sur le délai des 30 jours après la démission.  Récemment, alors même que la Cour a demandé à avoir le décret qui a fixé les salaires des ministres ainsi que leurs fiches de paie, le gouvernement est resté de marbre. Aucun document n’a été envoyé à la Cour qui n’a pu malheureusement statuer sur le recours d’un citoyen qui voudrait qu’elle tranche une inégalité dans le traitement des ministres du gouvernement Talon.

Talon rattrapé…,

Alors que l’ancien candidat à la présidentielle, devenu chef de l’Etat, se moquait de son vis-à-vis pour paraître un bon démocrate à la face du monde en son temps, il semble être rattrapé aujourd’hui par ses railleries.  Lui qui ne s’en revenait pas quand son challenger avait dit que face à certaines contraintes ou réalités politiques, une décision de justice peut être remise en cause, s’est laissé aller au même jeu. Dans le dossier Boucle ferroviaire, si les Béninois pouvaient prédire que Patrice Talon allait arracher le projet à son compatriote, opérateur économique local (même s’il est international), Samuel Dossou Awouret du Goupe Petrolin et envisager de le confier à la Chine. Qu’est devenue alors la décision de justice qui a conforté le Groupe Petrolin dans sa position d’adjudicataire face au Groupe de l’industriel français Bolloré ? La position actuelle de Patrice Talon ne rejoint-elle pas ce que disait Lionel Zinsou vu alors comme anti démocrate au service de la FrançAfrique ?

Les cas de violation des libertés individuelles et syndicales ne sauraient être mis de côté. C’est le lot quotidien, le sport favori du gouvernement Talon. Le Bénin, un Etat voyou ou non sous Patrice Talon ? A l’opinion publique de se faire son opinion.

Worou BORO

Dernière modification lejeudi, 29 mars 2018 04:58
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