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Rencontre chef de l’Etat-Partenaires sociaux : Talon dans une fuite en avant

patrice-talon

*Un laïus rebutant
*Combien gagnent vos collaborateurs, M. le président ?

Un long cours théorique de droit, de démocratie, d’économie, bref de gouvernance… C’est le plat que le chef de l’Etat a servi aux secrétaires généraux des centrales et confédérations au cours de la séance de concertation qui a eu lieu mardi 6 février 2018 au Palais de la République entre les deux parties. Sur les visages des syndicalistes qui étaient partis pour obtenir du concret quant à leurs plateformes revendicatives, se lisaient plutôt le désenchantement. Les vis-à-vis de Patrice Talon ont même tenté maintes fois de recadrer les discussions pour faire court. Mais hélas !   

Que le président de la République saisisse l’occasion pour aller dans les moindres détails sur certains sujets qui fâchent, cela ne devrait normalement poser de problème. Sauf que pour le cas d’espèce, il semble bien que Patrice Talon a ennuyé ses hôtes avec ses développements qui, visiblement n’ont pas convaincu. Il s’est plutôt compromis.

…se plier devant les décisions de la Cour

D’abord sur la question des grèves, il a déploré le jusqu’au-boutisme des syndicalistes. A en croire ses propos, les grèves devraient être suspendues depuis la Cour a déclaré contraire à la Constitution le retrait du droit de grève aux travailleurs. Les centrales et confédérations devraient se plier même dans le cas où la Cour déclarerait conforme la loi. On peut commenter, critiquer les décisions de justice… mais au finish, on s’incline, a martelé Patrice Talon devant les partenaires sociaux. A écouter le chef de l’Etat, il enseigne le respect des textes, des institutions, c’est-à-dire l’idéal. Mais quand on jette un coup d’œil dans le rétroviseur, on peut se demander où était le chef de l’Etat pour que la pléthore de décisions déclarées contraire à la Constitution par la Cour Holo, sous la Rupture, soient ainsi foulées au pied. Se plier, c’est prendre acte en faisant profil bas et en tenant compte des observations de la Cour. Et pourtant les couleurs nationales continuent d’être mal disposées sur les documents officiels et enseignes d’institutions de la République, les actuels membres de l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (Arcep) continuent de siéger et de prendre de décisions osées dans le secteur. La liste n’est pas exhaustive.

Revendications salariales… et salaires politiques

C’est le secrétaire général de la Cstb, Kassa Mampo qui a provoqué le débat. Des travailleurs continuent de gagner 40.000 FCfa pendant qu’au sommet de l’Etat, des collaborateurs du chef de l’Etat sont à plusieurs millions, selon le Sg Cstb.  A la question d’augmentation des salaires, Patrice Talon accèderait à la revendication des travailleurs si les finances le permettaient. Critères de converge oblige, le chef de l’Etat s’est érigé en défenseur charmeur des plus pauvres qui ont droit aussi à une amélioration de leurs conditions de vie. Les salaires des fonctionnaires ne sauraient tout consommer pendant qu’il y a des urgences à régler en termes d’accès aux soins, à l’eau potable, à l’électricité… des populations. Et pourtant c’est dans ce climat de morosité économique que le gouvernement de Patrice Talon a pris des actes pour définir jusqu’à 2, 3 millions FCfa, le salaire d’un Directeur de cabinet. Même si le chef de l’Etat a bien voulu montrer qu’il gère de façon rationnelle les ressources publiques en battant en brèche les rumeurs qui font croire que des ministres de son gouvernement sont à 16 millions FCfa, il n’en demeure pas moins que ce sont « des compétences » qu’il est allé chercher hors du Bénin et qu’en retour elles doivent être bien traitées du point de vue salariale. Et il l’a reconnu. Mieux, durant les deux heures qu’a duré la première partie de cette rencontre de plus de 5 heures, Patrice Talon n’a pas daigné donner, preuve à l’appui, le montant réel du salaire de chacun de ses ministres. C’est là le hic. Monsieur le président, combien gagne au juste un préfet, un ministre et vous-même dans le contexte difficile de mobilisation de ressources que vous décrivez si bien ? Le débat reste entier et au nom de la transparence sur laquelle vous n’avez de cesse d’insister, il est de bon ton que l’opinion soit définitivement située. Les salaires politiques grassement taillés ne pèsent-il pas sur le budget national ? Les Béninois n’ont-ils pas raison de s’interroger si dans un contexte pareil, au lieu que la Rupture abatte de moitié par exemple les salaires politiques, elle les gonfle aux montants auxquels sont payés DC, SG et leurs adjoints? Ailleurs, dans un contexte pareil, des dirigeants renonceraient sincèrement à leurs salaires pour des réalisations d’ordre social au profit des populations. Malheureusement, au Bénin et sous la Rupture, un ministre payé déjà sur les pauvres impôts du contribuable, peut toucher encore, et ceci sans gêne, 10 millions de FCfa pour avoir présidé une commission. Et ce dernier, devant micro et camera l’avoue publiquement. Ce sont autant de choses qui plombent la gouvernance et vous compromettent au point où le message peine à être accepté par les populations. Les syndicalistes en hommes avertis le savent très bien, et il semble que c’est ce qui leur faisait arracher le sourire, par moments, quand le chef de l’Etat déroulait son cours magistral de macro économie et de finances. Il y a plutôt un problème de crise de confiance à régler en urgence d’abord. Vivement la diffusion de la deuxième partie de cette rencontre chef de l’Etat- Partenaires sociaux.  

Worou BORO

Dernière modification levendredi, 09 février 2018 04:31
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