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Annonce de grève tous azimuts : Que gagne Talon à provoquer les travailleurs ?

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Des jours sombrent s’annoncent pour les usagers de l’administration publique. Dans quelques jours, le Bénin risque de renouer avec la série des grèves perlées dans tous les secteurs. Au Port autonome de Cotonou, à la santé, à la justice et dans le secteur de l’éducation, ça grogne. Ce n’est plus qu’une question de jours pour que les différents syndicats lancent un mot d’ordre général de paralysie des activités. Les magistrats, en riposte à la suppression de leur droit de grève, ont déjà annoncé les couleurs. Une grève illimitée à compter de ce lundi 08 janvier jusqu’au retrait de la loi querellée. Ce vendredi les centrales syndicales tiennent une Assemblée générale pour décider de la conduite à tenir face à l’inacceptable. Mais en attendant le mot d’ordre, la Cstb annonce déjà la reprisede la grève de 72h à compter du mardi 09 janvier 2018  qu’elle avait interrompu en raison des fêtes de fin d’année. En toile de fond de cette crispation de la tension sociale, les actes et comportements du gouvernement de la Rupture.

Pourtant, Patrice Talon dès sa prise de pouvoir avait bénéficié, sans le demander, d’un délai de grâce. Les secteurs de la santé, de l’éducation et de la justice qui étaient en grève avant l’avènement de la Rupture, avaient dû cesser les mouvements pour donner au nouveau gouvernement le temps de s’asseoir et de s’imprégner des dossiers urgents. Mais apparemment, les nouveaux dirigeants n’ont pas mis ce temps à profit. Le Conseil national du dialogue social ((Cnds) qui devrait anticiper les crises s’est révélé un dilatoire à tel enseigne qu’après quelques séances de débats infructueux, rien de concret ne sortant des discussions, les centrales syndicales, à l’unanimité, ont décidé de surseoir à leur participation. Dos au mur, le gouvernement s’est lancé sur le terrain de l’intimidation. Le secrétaire général du syndicat des eaux, forêts et chasse, pour avoir tenu des propos jugés d’appel à la sédition, est radié après des mois d’arrêt de rigueur. Le Sg de la Fésyntra-Finances Laurent Mètongnon est depuis le mois de novembre gardé-à-vue dans une affaire de rétro-commission du temps où il était le Pca de la Cnss et son procès est sans cesse reporté. Comme si cela ne suffisait pas, le gouvernement s’illustre sur le terrain de la prédation des libertés en faisant voter par le parlement des lois pour retirer de droit de grève aux personnels de la Santé, aux magistrats et aux forces de défense et de sécurité.

Le tableau n’est pas reluisant. Et, étant donné que l’action appelle la réaction, les centrales et confédérations syndicales toutes tendances confondues se préparent à une paralysie générale de l’administration. Tous les ingrédients sont réunis. Le gouvernement ne peut que s’en prendre à lui-même. Au nom de quelle réforme, au nom de quel développement, on peut sacrifier les droits des travailleurs, droits acquis de hautes luttes et espérer que ceux-ci acceptent sans manifester ? Ils protesteront et, probablement, obtiendront gain de cause après des mois de grève. Le gouvernement, après avoir allumé le feu, viendra ensuite jouer au sapeur-pompier. Il n’a d’ailleurs pas le choix. Mais entre temps, ce sont les paisibles populations qui souffriront. Que gagne le gouvernement à entretenir une tension sociale inutile, un bras de fer qui, presque toujours, se solde par la satisfaction des revendications des travailleurs ? A moins que cela sert à détourner l’attention sur des choses plus graves. Mais à quel prix ?

B.H

Dernière modification lelundi, 08 janvier 2018 05:37
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