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Bénin / Gouvernance Talon : Blanchiment pour blanchiment, de qui se fout-on ?

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S’il fallait encore une affaire pour remettre la mal-gouvernance du régime Talon au cœur du buzz, la grogne des populations menacées d’expropriation à Akassato par le gouvernement du Bénin y suffit. Après qu’un des membres du gouvernement de la Rupture y ait acheté un domaine à plus d’un milliard de F. CFA, (1 milliard…), le même gouvernement décide de vider tous les riverains pour raison d’utilité publique dans le cadre de la mise en œuvre d’un projet de construction d’un “marché de gros”…

Ce qui est hilarant dans cette affaire, c’est bien la campagne de communication permanente à l’appui de la volonté politicienne du Gouvernement Talon de rompre avec les anciennes pratiques de corruption qui ont fait du Bénin, un modèle dans le système de prévarication. Comme a dit l’autre, on se sert à la louche… Et la bourse et la bouche pleines, on monte des dossiers pour liquider l’adversaire. Alors que les persécutions contre les Indo-pakistanais pour les éjecter de la filière anacarde battaient leur plein, le juge prononçait un non-lieu dans l’affaire PPEA 2… Plus près de nous, alors qu’une autre procédure bancale a permis de révoquer le maire de Cotonou, le conseil des ministres accusait un ancien ministre des Finances d’avoir détourné plus de fonds que n’en avait la Microfinance et la rumeur annonçait une nouvelle persécution d’un opérateur économique pour … blanchiment ! En un mot, la lutte contre le blanchiment de capitaux est devenue un motif d’acharnements politiques contre des hommes affaires concurrents et un argument de répression des investisseurs étrangers qui ne peuvent que déranger.
 
Conflits d’intérêts

Blanchiment ?  Nous y voilà donc...  La corruption étant une infraction à la loi, il va sans dire que les différents placements ou dissimulation de fonds par les responsables publics constituent de potentiels blanchiments de capitaux. La Directive n° 02/2015/CM/UEMOA est un dispositif régional dont la mission principale est d’assainir le milieu régional des affaires. Selon cette directive, sont considérés comme blanchiment de capitaux : « la conversion ou le transfert de biens, par toute personne qui sait ou aurait dû savoir que ces biens proviennent d'un crime ou délit ou d'une participation à un crime ou délit, dans le but de dissimuler ou de déguiser l'origine illicite desdits biens, ou d'aider toute personne impliquée dans cette activité à échapper aux conséquences juridiques de ses actes ».

Alors, deux ans après l’adoption de cette directive de l’Uemoa, l’opinion est en droit de savoir quel est l’état des Finances publiques en relation avec les résultats de la lutte contre la corruption dans les Etats membres. En vérité, la situation du Bénin est particulièrement inquiétante. En effet, depuis l’avènement du régime du « Nouveau Départ », des faits matériels dénotent d’une confusion totale au sommet de l’Etat. L’homme d’affaires devenu Président de la République fut un partenaire stratégique de l’Etat dans le secteur portuaire et agricole. Ce qui lui a valu des embrouilles avec Boni Yayi. Lui ayant succédé, les décisions les plus importantes ont été de reprendre ces secteurs en mains sur la base de montages financiers… dans le même registre, des sociétés-écrans enregistrées à Abidjan et en Suisse, des partenaires d’affaires fictifs à Dubaï et la non-déclaration du patrimoine du Président de la République et de certains de ces ministres. N’est-ce pas là un conflit d’intérêt ?
 
Questions…

En tout cas, c’est une méthode presque érigée en mode de gouvernance. Or en matière de lutte contre le blanchiment d’argent, la directive de l’Uemoa a prévu des mécanismes nationaux de prévention et de contrôle. Dans ce rôle, nous avons le ministre des Finances, la direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique et le ministre de la Justice.

Depuis avril 2016, le ministère de la Justice est gardé par l’avocat personnel de Patrice Talon élu président de la République et son comptable attitré est désormais ministre des Finances avec l’ambition de privatisation des finances publiques. Pendant que la machine tourne à plein régime, il est quand même curieux de se demander comment dans un pays où l’informel est prépondérant, le gouvernement pourra tracer les ressources des opérateurs économiques ? Et comment les nouveaux « Saigneurs» de la Rupture pourront-ils  justifier leurs récents achats domaniaux via des prête-noms dont nous publierons la liste le moment venu ? Sur ce chantier, la Rupture, en manque d’indicateurs probants, ne devrait-elle pas commencer par balayer chez elle ?  

Mike MAHOUNA 

Dernière modification levendredi, 11 août 2017 05:57
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