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Lionel Zinsou sur « Moi président » : « Vous êtes coupable de ne pas avoir d’emploi »

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Mesdames et Messieurs, bonsoir. Il se donne pour ambition de construire un Bénin gagnant, un Bénin semblable à un édifice bâti sur deux piliers, développement économique et cohésion sociale. Mais avant tout Lionel Zinsou puisque c’est de lui, qu’il s’agit, est ici pour défendre la pertinence et la faisabilité de son programme d’action au palais de la Marina. Si vous électeurs béninois vous lui faisiez confiance bien sûr. D’entrée, que retenir ? Que retenir du parcours de cet homme qui aspire à la magistrature suprême de la République du Bénin?

Présentation

Lionel Zinsou Derlin, est un banquier d’affaires franco-béninois. Il a été président du fonds de capital investissement PAI-Partenaire avec plus de 11 milliards d’euros d’actifs. C’était en 2008. Puis en Juin 2015 le Président Thomas Boni Yayi, le nomme premier ministre. Il décide donc de se lancer dans la course pour le fauteuil présidentiel, il devient le candidat désigné des Fcbe. Que de passions et de polémiques. Il est membre du conseil d’administration de plusieurs groupes, Il dirige la fondation Africa-France, et est administrateur du comité opérationnel du « Journal libération ». Au Bénin il a créé la fondation « ZINSOU ». Une fondation qui met en valeur le patrimoine artistique-Africa. C’est l’une de ses filles qui la dirige. N’oublions pas le programme « Lumière pour Tous », 4 millions de lampes solaires sont à distribuer, candidat à la présidentiel de 2016, il est marié et père de 3 filles, Il a 62 ans.

Monsieur Lionel Zinsou, je vous vois sourire. Cette présentation vous convient-elle ?

Elle me convient très bien. Je ne sais pas pourquoi tout le monde veut me voir vieillir légèrement. Je crois que j’ai 61 ans.

Ok ! Alors dans votre projet de société, vous affirmez et je l’ai déjà dit en introduction, avoir pris le soin de consulter les femmes, les jeunes, les acteurs politiques de toutes sensibilités, et de tous âges. Alors dites-nous qu’est-ce qui ressort de ces consultations ?

D’abord ce qui ressort très clairement c’est que toutes les familles de notre pays, souhaitent pour leurs enfants une éducation et un emploi. C’est fondamental. L’emploi des jeunes c’est la préoccupation non seulement des jeunes, mais de toutes les familles. Cela ressort absolument de toutes les rencontres avec tous les groupes organisés, mais surtout, toutes les populations dès qu’on va vers elles c’est essentiel. L’autre chose, qui est très frappant, c’est, vous nous dites peut être qu’il y a de la croissance dans notre pays. C’est vrai ! Il y a beaucoup de croissances dans notre pays, nous faisons partie des pays Africains qui ont une croissance régulièrement élevée. 2011, 2012, 2013, 2014, 2015. Cela commence à faire cinq (5) années à plus de 5% de croissance, et on ouvre 2016 à peu près dans les mêmes conditions. Or il y a beaucoup dans notre pays qui disent « je ne vis pas mieux ». Peut-être je vis moins bien. Peut-être je ne vis pas mieux qu’il y a de cela 10 ans ou 20 ans. Et cela, c’est très important pour moi. C’est que si nous ne faisons pas une croissance différente, égalitaire à la base qui part de nos populations, qui part de nos paysans de nos artisans, des femmes, des jeunes mais vraiment à la base, la croissance économique ne résout pas tout. Elle ne tire pas de la misère ou du chômage, une grande partie de notre population. Et cela pour moi c’est quelque chose que j’ai vu partout d’un bout à l’autre du pays. Et c’est vraiment très, très important parce que même si nous faisons que la croissance économique de notre pays, donc la richesse augmente, comme elle a augmenté dans les 10 dernières années elle a presque doublé. Si 30 ou 40%, presque la moitié de nos concitoyens vivent de la même façon et pas mieux avec une impression d’être encore dans l’obscurité, dans la misère, loin de l’eau, loin de l’électricité, loin du centre de santé, bon ! il sont plus près de l’école, peut être encore un peu loin de l’école, si nos concitoyens ont encore ces sentiments, c’est une menace pour notre société, une menace pour la cohésion sociale, avec des risques de délinquance, avec des risques de malaise, avec des risques qui sont si vous regardez autour de vous en Afrique, assez fréquents et dont nous sommes pour l’instant comme pays assez paisiblement protégés. Mais cela ne peut pas durer toujours, des risques de radicalisation voilà, donc moi c’est ce qui m’a frappé dans tous les contacts avec les populations. Comment faire que notre société soit une société égalitaire où on ne laisse personne derrière nous et où il n’y a pas 50% des gens qui parce que la croissance cela fabrique des riches même des nouveaux riches 50% de gens qui construisent, 50% de gens qui achètent des voitures qui font des embouteillages, cela on le voit tous les jours. Et puis 50% ou 40% qui n’ont pas changé de vie voire qui ont plus de problèmes, parce que notamment leurs enfants ne venant pas sur le marché du travail, ne trouvant pas l’emploi que leur mérite leur permettait de trouver pendant des années, ils ont plutôt plus de charges même les familles très pauvres qui ont fait beaucoup de sacrifices pour l’éducation. Si on n’est pas capable d’aller directement à des solutions pour l’emploi, directement des solutions pour que l’agriculteur qui vit au seuil, au seuil de la survie vive mieux un peu mieux chaque année, si on ne trouve pas ces solutions on va menacer la paix, le consensus dans la société béninoise.

Et pour ne pas en arriver là vous avez défini cinq (5) cibles. Il y a d’abord  la promotion des jeunes, il y a ensuite les populations les plus modestes, il y a le monde rural, le secteur privé et puis en fin la diaspora. Eh bien moi, je m’en vais vous demander monsieur Lionel Zinsou, vous placez les jeunes au premier rang de vos cinq (5) cibles. Les cinq (5) cibles de votre programme qu’est-ce que vous leur réservez dans l’avenir ?

Il faut bien voir que ce qui se passe avec nos jeunes se passe dans toute l’Afrique. C’est un sujet sur lequel depuis 15 ans, j’insiste, depuis 15 ans, je réfléchis. Vous savez, on m’a collé une petite étiquette d’afro optimiste, mais je crois que l’Afrique est en train de trouver ses solutions. Mais il y a un problème sur lequel tout le monde lutte et qui est l’emploi des jeunes. Vous savez pour une raison assez simple dans ma génération quand je suis né en 1954, il y avait moins de deux (2) millions d’habitants au Bénin. Ma génération, elle va partir sa tâche accomplie dans quelques années à la retraite. Elle va être remplacée par une génération qui est née dans un pays où si vous avez vous 20 ans aujourd’hui, il y avait huit millions d’habitants 4 fois plus. Aujourd’hui nous avons 11 millions d’habitude et donc, il y a ce remplacement extraordinaire par des jeunes beaucoup plus nombreux d’une génération qui va leur laisser sa place qui était 4 fois moins nombreuse. Et non seulement, ils sont quatre fois plus nombreux mais ils sont 2 fois mieux formés ils sont beaucoup plus nombreux à avoir été alphabétisés et avoir conduit des études. Cela, c’est une réalité indépassable. Qu’est-ce qu’on fait dans ce cas-là ? Par tous les moyens du développement de la bonne gouvernance par l’efficacité de la méthode on augmente de la croissance plus il n’y aura pas de croissance dans ce pays, c’est-à-dire si on passe de 5 à comme la côte d’ivoire 8 ou 9 comme l’Ethiopie ou le Rwanda 10% par an ce qui est un exploit, oui, un exploit un peu à la chinoise. Il y a peu de pays qui ont fait cela. Mais si on fait cela et on peut le faire dans ce pays parce qu’il y a beaucoup de potentiel et qu’il y a une bonne marge de manœuvre pour gouverner avec méthode pour le développement. Si on fait cela, on aura résolu qu’une partie du problème parce que les entreprises, oui, pourront un peu plus recruter puisqu’elles auront plus de chiffres d’affaires, mais cela ne suffira pas parce que par chance cela ne sera qu’une solution partielle.

Cela ne serait qu’une solution partielle. Alors, que faire pour aller au-delà ?

Il faut des mesures qui permettent de créer des activités nouvelles. On ne peut pas compter simplement sur les activités qui existent en disant avec plus de chiffres d’affaires.

Quelles seront les ces activités nouvelles ?

Et donc les activités nouvelles dans les entreprises ou bien dans les collectivités locales dans les communes, il faut que nous soyons prêts à les créer et à les financer. Vous savez nos économies, nos économies en Afrique sont très rarement bien financées. Nous avons très rarement du crédit agricole pour qu’ils aillent jusqu’à nos paysans. Nous n’avons pratiquement aucune formule de financement pour financer les Pme, les petites entreprises, les artisans très, très peu, ce sont des gens qui se plaignent de n’avoir aucun accès aux financements.

Mais là monsieur Zinsou, vous retournez au diagnostic, nous sommes à l’ère des solutions.

C’est absolument fondamental. Nous installerons d’ailleurs pour les prêts une banque agricole dont les guichets seront dans la commune près des gens.

Ce sont vos propositions pour le monde rural nous y arriverons. Pour les jeunes d’abord ?

Nous ferons la même chose pour les artisans de façon à rendre possible dans ces secteurs-là de créer des emplois pour les jeunes. Mais moi, ma conviction est un peu différente de celle des autres candidats. Je pense que oui, la croissance va faire des emplois, je pense que oui de rapprocher le financement à la base, cela va créer des emplois ruraux et urbain. Mais cela ne suffit pas parce que vous allez devoir dire à nos jeunes dans trois ans, dans quatre ans, la croissance sera plus forte vous aurez un emploi. Mais, qu’est-ce qu’on fait le mois prochain ? Qu’est-ce qu’on fait ? Parce que les jeunes ils sont là ils sont qualifiés et formés parfois ils sont depuis 2, 3, 5 ans au chômage. Moi je pense qu’il faut faire une mesure de solidarité nationale maintenant en 2016.

Elle consiste à quoi ?

De mon point de vue elle doit consister à faire rentrer dans l’entreprise et pour cela il faut exonérer l’entreprise de toutes les charges de l’impôt sur les salaires, pour les jeunes en premier emploi qu’elle recrute, cela c’est une aide à l’entreprise privée ou publique. Mais surtout privée

Et justement parlant d’aide à l’entreprise, monsieur Zinsou, on lit dans votre projet de société qu’il faut transformer le statut actuel du FNPEJ. Qu’est-ce que vous sous-entendez ?

Je sous-entends que pour ceux qui veulent créer leur entreprise, il faut qu’on ait plus de moyens à travers ce fonds. Ce fonds étant un des grands acquis du Gouvernement du Dr Boni Yayi. Il faut qu’il y ait plus de moyens et il faut qu’il puisse non seulement faire des crédits, mais aussi qu’ils puissent prendre des risques et donner du capital, capital cela serait mineur si on fait des profits seulement avec des dividendes. Les jeunes n’ont pas accès au capital. Comment voulez-vous commencer une entreprise avec 1 million, 5 millions ce n’est pas possible, il faut que le FNPEJ ne fasse pas que du crédit mais prenne le risque à côté du jeune. Mais revenons peut-être à votre question. Cette mesure que moi je veux voir en 2016 c’est faciliter pour les entreprises en les exonérant d’un certain nombre de charges. Et en rémunérant les entreprises pour la formation qu’elles donneront à ces jeunes à côté de leur emploi, rémunéré par un concours du budget national, rémunéré leur entrée dans l’entreprise. C’est possible moi j’ai créé une petite entreprise, vous avez dit que j’ai créé une fondation, je me suis créé une entreprise. Et cette entreprise a un centre de formation gratuit. Moi, je suis prêt comme employeur.

A Cotonou, monsieur Zinsou ?

A Cotonou.

Elle s’appelle ?

« La Compagnie de Services aux Entreprises du Bénin ». Je vous la conseille. Elle fait de la maintenance, de la manutention, mais, je ne suis pas sûr qu’il faille faire de la publicité. Elle fait du nettoyage et elle a un centre de formation gratuit qui forme pour elle-même et pour que des gens deviennent employeur. Demain, nous pouvons prendre plus de salariés, on exonère de charges sociales, on exonère de l’impôt sur les salaires pour ces nouveaux emplois et il y a une partie, le tiers-temps, qui est de la formation et l’état rémunère cette formation et là également pour les collectivités locales.

Vous parlez de création d’incubateurs pour accompagner les entrepreneurs qu’est-ce à dire ?

Absolument. Alors là c’est une autre expérience que je ne vais pas citer (rire) qui est qu’avec quelques amis nous avons créé sans en parler de la personne à Dassa-Zoumè et à partir de 2013 dans le Borgou à Parakou. Un modèle d’incubateur dans lequel vous recevez des conseils dans lequel on vous prête des locaux, dans lequel on vous aide non seulement en comptabilité mais aussi en marketing de vos produits, en conditionnement de vos produits et avec un petit fonds d’investissement on vient avec vous pour prendre un risque en capital. Sept (7) ou huit (8) ans plus tard cela a créé des entreprises qui sont viables qui sont pérennes qui ont augmenté les emplois. Elles sont surtout dans la transformation de nos produits agricoles elles sont surtout dans les travaux publics locaux, les pistes rurales ce genre de choses et dans quelques domaines de services. Bon moi je l’ai fait avec quelques amis. On a créé cela on est allé demander de l’aide à la coopération Suisse, à la Picardie qui nous l’avait accordée volontiers on y a mis quelques ressources. On en a parlé à personne franchement c’est fait maintenant avec…

Mais vous l’inscrivez maintenant dans le projet.

Oui, parce que je pense que cette expérience elle existe déjà en matière de gestion, centre de gestion agréé, mais l’incubateur c’est un peu plus, cela donne un peu plus de l’accompagnement et moi je peux dire que cela marche. Mais encore une fois, cela si on multiplie ces expériences d’incubateurs, il y a une expérience très intéressante au Campus d’Abomey-Calavi créée par les autorités rectorales, d’un incubateur pour les petites entreprises innovantes, des start-up comme on les appelle pour les étudiants. C’est excellent cela. Mais cela produit des effets à trois (3) quatre (4) ans. Moi je veux qu’en 2016, les gens sachent que pour plusieurs dizaines de milliers d’entre eux ils peuvent aller vers une entreprise accompagnée et aidée par l’Etat. C’est un effort de solidarité nationale, c’est un effort budgétaire et qu’ils peuvent aller vers leur maire, les collectivités locales qui ont beaucoup de besoins pour le cadastre pour renforcer des structures de santé, pour toute une série de travaux de numérisation à leur niveau. Ils ont besoin de jeunes très qualifiés mais, même mécanisme mais là on prend en charge tout le salaire parce que les communes n’ont pas les ressources alors que les entreprises ont les ressources. Et cela en 2016 on appelle cela des « emplois aidés », si vous voulez, mais si les gens sont dans cette structure pendant deux (2) ou trois (3) ans ils peuvent s’attendre que la croissance nous rattrape.

Mais est-ce qu’il faut beaucoup d’argent pour créer ces incubateurs ?

Oui ! Une des différences entre mon programme et d’autres programmes. C’est que j’essaie de chiffrer toutes les mesures importantes, et je dis oui c’est un effort de solidarité nationale et je le chiffre. C’est que ce que j’ai estimé pour l’instant 0,5%, un vingtième…

Du budget national ?

Non, du produit intérieur brut, c’est-à-dire toute la richesse nationale, c’est-à-dire que c’est plus près de 2% du budget national. Est-ce qu’on ne peut pas faire ça pour les jeunes 2% du budget. 05, un vingtième de notre richesse. Vous parlez aussi de l’accompagnement des jeunes

Non mais nous attendions de vous voir à l’œuvre, nous attendions de voir comment cela va se passer.

Mais il faut accélérer cela.

Et puis vous parlez aussi d’un accompagnement des jeunes pendant 3 ans par un appui budgétaire.

Oui, c’est cela.

On retourne à l’Etat providence ?

Ah ! Oui absolument. Alors, c’est très bon, votre formule. Je pense que si un pays n’est pas capable de faire pour cette majorité de jeune un effort de solidarité que vous appelez de la providence, mais très bien appelons cela, de la providence à l’aide si un état n’est pas capable de faire cela je pense qu’il a failli. C’est la même chose pour les plus pauvres d’entre nous. Oui, il y a peu un besoin d’état providence. Est-ce que l’État a les moyens de faire cela. Moi, je pense que dès le collectif budgétaire que nous mettrions en place si nous sommes élus, je parle en disant nous comme le Président Kérékou. Je parle d’une équipe et je parle d’une alliance parce que nous aurons quand même, si on nous fait confiance, nous aurons quand même les moyens législatifs de faire passer le collectif budgétaire sur lequel nous sommes d’accord puisque nous croyons aux partis politiques nous avons avec nous la majorité des particules est donc une majorité parlementaire qui est relativement forte. Si on peut faire cela.

Vous êtes dans les prévisions en tout cas.

Ecoutez, moi je vous parle au moment où vous m’enregistrez, j’espère qu’au moment où cette émission passera l’alliance sera encore plus importante pour l’instant elle grandit tous les jours. Mais vous avez raison il est possible qu’elle maigrisse. Nous verrons bien pour l’instant elle grossit c’est très important, il faut avoir les moyens parlementaires de faire cela dès le collectif budgétaire. Deuxièmement, je crois beaucoup que notre économie n’est pas financée, je vous l’ai déjà dit, pour l’agriculture et l’artisanat. Nous avons un instrument que nous allons créer qui s’appelle « fonds souverains » le Nigeria a créé cela, le Gabon a créé cela, tous les pays d’Asie ont fait leur croissance à l’aide d’un fond souverain. Un fonds d’Etat qui est destiné à préparer les générations futures, à investir de façon à voir le rendement, le produit de l’investissement pour les générations futures mais de façon à doter la génération d’aujourd’hui des moyens de l’action. Ce fonds souverain nous allons le constituer avec les provisions, les excédents que détient l’État à travers le système de sécurité sociale, il détient aujourd’hui 600 milliards de franc CFA d’excédent disponible. Nous devons le rendre très actif et non pas le laisser en dépôt à terme et en obligation d’Etat. Nous devons en faire un fonds géré par les professionnels, il ne s’agit pas un instant que ce soit l’État qui dise sur mes critères à moi politique je vais vous financer vous. Il faut que ce soit les professionnels qui vérifient que les projets sont viables, qu’ils accompagnent les entrepreneurs parce que ce sont des investisseurs professionnels. Vous savez si on utilise 400 milliards de ses provisions pour cela, c’est quelque chose qui n’est jamais apparu dans notre économie ce fonds souverains est une arme absolument fondamentale pour accompagner les jeunes. Il faut le remplacer.

Nous sommes déjà à une vingtaine de minutes nous allons clôturer ce volet de la question avec certainement l’employabilité des jeunes.

Moi je suis également en désaccord avec le discours habituel sur les jeunes et leur accès à l’emploi. Il y a un discours que je ne peux pas supporter qui est : « si vous n’avez pas d’emploi c’est parce que vous avez fait les mauvaises études ». Vous êtes coupables de ne pas avoir d’emploi. Soyons sérieux. La raison pour laquelle il n’y a pas d’emploi c’est que quand vous installez une génération quatre fois plus nombreuse, deux fois mieux formée vous avez un vrai problème. Vous devez développer pour elle énormément d’activités nouvelles. Ce n’est pas parce qu’ils ont fait de la sociologie, moi j’ai fait de la sociologie. Ce n’est pas parce qu’ils ont fait des lettres moi j’ai commencé mes études par une licence de lettre classique. Est-ce que cela m’a empêché d’être chef d’entreprise, cadre d’entreprise ?

Vous ne l’aviez pas fait en 2016. C’est une question de période ?

Ah ! Non, non ce n’est pas une question de période. Je vous assure apprendre c’est apprendre à apprendre c’est apprendre à penser on le fait dans toutes les disciplines. En revanche il y a un moment vous entrez dans l’entreprise et vous devez parler son langage et à ce moment-là vous devez apprendre des langages professionnels c’est mieux si vous savez aussi vous servir des outils numériques, c’est mieux si vous avez même codé à la limite. Vous-même, c’est mieux si vous savez les concepts de la gestion de base, mais moi, je me fais fort pour l’avoir fait dans le passé. Mais je suis capable de vous en former une semaine sur la comptabilité.

Mais on ne l’apprend pas aux jeunes ici.

Oui mais cela n’a aucune importance parce que vous pouvez être diplômés de géographie ou de lettre, on va vous former en quelques jours et quelques semaines cela dépend du langage que vous voulez apprendre.

Plus brièvement, à présent, comment renforcer l’employabilité des jeunes ?

Voilà le programme que je viens d’exposer, ce programme solidarité national avec les jeunes, dont je viens d’expliquer le financement, il doit avoir un volet de formation que vous soyez dans l’entreprise, l’entreprise sera rémunérée pour la partie le tiers-temps de formation. Que vous soyez dans une commune, on demandera à la commune même si elle vous utilise vous qui êtes un technicien pour accélérer les travaux de forage, on lui demandera que ce soient les deux tiers de votre temps de façon que pendant un tiers puissiez accéder à des formations notamment sur Internet ou que vous soyez dans le pays, accéder à une formation cela peut très bien par Internet de manière que vous soyez plus qualifié encore avec une expérience de travail, une expérience de formation et au bout de trois ans vous puissiez être dans la meilleure condition.

Merci, monsieur Lionel Zinsou. A présent, nous abordons le volet des populations que vous appelez les plus modestes. Oui! Votre projet de société prévoit des mesures spéciales pour 100.000 familles béninoises vivantes dans l’extrême pauvreté. En quoi consistent ces mesures et puis quelles sont les critères qui fondent les choix de ces familles ?

Alors, là encore sur l’appréciation des critères, je crois qu’on doit reposer sur l’administration de proximité c’est pour cela que les communes et la décentralisation cela ont tant d’importance dans la société, aujourd’hui, mais demain beaucoup plus. Si on veut faire une nouvelle société au Bénin, on n’a besoin de la proximité. Donc, il faut qu’au niveau des chefs de villages, des chefs d’arrondissements, des maires eux-mêmes on soit capable de dire voilà les familles qui sont plus pauvres que les autres, les plus pauvres des plus pauvres. Pourquoi ? Pourquoi moi cela m’obsède ? Parce qu’il y a et je m’appui sur les travaux qui ont été faits par des équipes béninoises des équipes de la banque mondiale sont en cours, qui pour l’instant chiffre cela à un petit peu moins de 4%. Moi, je crois que c’est 5% de notre population d’où les 100.000 familles sur 2.000.000. Il y a des gens dans notre société qui ne sont pas seulement pauvre mais dont on est sûr que leurs enfants seront pauvres. Pourquoi ? Parce que les carences en matière de revenus, même en matière d’alimentation sont telles qu’ils vont avoir un handicap et quand vous n’avez pas d’égalité des chances pour vos enfants, vous ne pouvez pas avoir d’espoir si pauvre que vous soyez, que vos enfants vivront mieux, là vous êtes dans une espèce de sentiment de misère dont on ne se relève pas. Ça aussi, vous allez l’appeler, l’Etat providence. Moi, j’appelle cela tout simplement l’État au fond solidaire.

Dans cette solidarité vous avancez un chiffre, 100.000 francs CFA par an pour les mères les plus défavorisés.

Si vous voulez. Moi, je pense qu’il y a un besoin de transferts monétaires de transfert en franc CFA direct à ces familles parce que la situation, elle est trop grave pour que ce soient simplement des programmes très compliqués dans lesquels on leur donne de nouveaux soins, de nouveaux services, non ! Il faut aussi une aide en francs CFA qui leur soit remise.

C’est efficace cette façon de faire ?

Je veux dire qu’il y a des travaux de la Banque mondiale, qui seront bientôt sur Internet, sur notre pays. Il y a des expériences d’Afrique de l’Est qui sont extrêmement probants, c’est ce qui coûte le moins cher en l’administration du programme et ce qui va le plus directement aux familles. Mais il y a mesures complémentaires de cela. Vous savez, après la césarienne gratuite, moi je crois que les politiques du Président qu’il faut absolument qu’on médite bien parce qu’on doit faire la même chose c’est l’école gratuite. Cela a atteint les plus pauvres. C’est la césarienne gratuite, cela a atteint les femmes les plus pauvres, c’est le micro finance qui faut qu’on élargisse pour les plus pauvre. Mais, je crois qu’on a un problème plus particulier, on travaille là-dessus avec l’Unicef dans les communes de Malanville et de Karimama. C’est un programme qui est extrêmement fécond et qui est un programme de nutrition de la mère quand elle est dans une famille pauvre dans le temps de la grossesse et de nutrition de la première enfance. C’est dans la première semaine que vous pouvez développer des carences qui vous poursuivrons toute votre vie. Et donc cela aussi, après la césarienne gratuite il y a l’aide nutritionnelle à la femme enceinte et au tout petit enfant, au nourrisson, il y a un cap à passer. Après c’est moins difficile, mais la première semaine les dernières semaines de grossesse c’est très important.

Un mot sur la source de ce transfert monétaire à faire. L’argent proviendra d’où ?

Alors en occurrence, le programme banque mondiale qui est en cours d’étude et de précision prévoit que la banque mondiale concourra de façon très importante à le financer. La préoccupation si vous voulez, que je vous exposais d’entrée de jeu, la croissance ne fait pas le développement. On peut avoir un pays qui double sa richesse c’est ce qui nous est arrivée en 10ans et les gens se sentent aussi pauvre et d’ailleurs ils ont raison parce qu’ils sont aussi pauvre qu’avant. Cela c’est intenable cela donne des révolutions, cela donne du terrorisme, cela donne de la radicalisation, cela donne de la désespérance. Et les bailleurs de fonds sont conscients de cela.

Dans le même ordre d’idées vous parlez de la généralisation des cantines.

Nous avons deux expériences, les cantines de l’État les cantines du programme alimentaire mondial des Nations unies, cela marche mieux beaucoup mieux, avec le programme des Nations unies pourquoi ? Parce que ce sont aux spécialistes d’apporter la nourriture aux pays en guerre, dans les camps de réfugiés et donc ils savent aller partout très vite, très efficacement. Nous nous ne savons pas faire cela de la même façon. C’est pour cela que je propose que ce soit fait au niveau des communes qui seront beaucoup plus proches pour organiser les cantines scolaires. C’est la même chose que la gratuité, c’est la même chose que la gratuité de l’école.

Est-ce que vous savez qu’il y a eu récemment un scandale dans ce domaine.

Absolument ! Je sais parfaitement qu’il y a eu un scandale ne pensez pas que j’ignore le scandale. Une partie de la réflexion sur comment on améliore la gouvernance, c’est… oui ! parce que quand vous devez… vous avez remarqué que c’est un scandale très au nord de notre pays quand vous devrez aller porter des vivres pour nourrir dans chaque école chaque écolier, cela coûte 100 Fr par écolier par jour quand vous faites ça et que vous avez des problèmes de logistique, il faut faire des achats sur place, recevoir une partie en retard qui vient de Cotonou, vous êtes devant une mauvaise organisation et à ce moment-là cela devient opaque et tout est possible, il y des gens qui peuvent s’amuser à faire de petit commerce avec cela.

On pourra rendre cela plus transparent ?

Il faut le faire au niveau de proximité, il faut le faire au niveau de la commune, il faut que si les habitants s’aperçoivent que les vivres n’arrivent pas, que l’huile amélioré de vitamines n’est pas là, sachant que les parents contribuent énormément.

Monsieur Lionel Zinsou, il ne nous reste qu’une vingtaine de minutes. Avant de quitter ce volet, nous allons parler des lampes solaires que vous êtes en train de distribuer. Mais avant de l’aborder, monsieur Lionel Zinsou, est-ce que sur ce point, vous n’êtes pas en violation du code électoral, quand on vous voit procéder à la distribution de ces lampes dans cette période ?

Vous ne m’avez vu d’aucune manière faire cela. Ces images que vous avez, je suis allé voir une distribution à Avlékété qui était la première distribution du test opérationnel. Je n’étais pas candidat. Comme cela, c’est plus simple.

Vous étiez déjà pressenti. Et la loi le dit que c’est 6 mois avant le scrutin.

Ah ! Non, il y a un de mes excellents concurrents et d’ailleurs ami de longue date qui a dit que c’était des gadgets. Donc, vous pensez que c’est comme de distribuer des porte-clés? Attendez! Cela n’a rien à voir. D’abord, ce n’est pas le candidat Lionel Zinsou en aucune manière. C’est l’État. Et en plus, cela va être la fierté de l’Etat béninois.

On a du mal à dissocier le premier ministre du candidat.

Ah ! Mais ça c’est une autre polémique. Mais sur cette question c’est la République du Bénin. Et je vous assure cela fera la fierté du prochain président. Ce que nous faisons, c’est de faire deux choses simples. C’est de faire en sorte que toutes les familles 100% et là encore pour atteindre les plus pauvres aussi reçoivent à travers leurs enfants dans les écoles parce que c’est le moyen d’atteindre déjà 80%. Les chefs de village s’occuperont des familles qui n’ont pas d’enfants scolarisés, reçoivent des lampes qui leur permettent de sortir de l’obscurité. Il y a 70% de nos compatriotes qui sont dans l’obscurité. Mais ce n’est pas cela peut-être le plus important. Le plus important c’est que quand vous avez quatre enfants scolarisés qui reviennent avec quatre lampes, et dans votre maison il y a quatre lampes. Vous n’utilisez plus le pétrole lampant vous n’achetez plus de piles pour vos torches.

C’est une économie.

Mais c’est une économie qui n’intéresse aucun présidentiable. Ils pensent que c’est des gadgets parce que c’est comme donner des porteclés. D’ailleurs, il y a un autre présidentiable que j’aime encore plus, qui lui-même donne des lampes, ah ! C’est une bonne idée là ça devient peut-être légèrement électorale. Mais par famille on a calculé sur le test opérationnel dans les 12 appartements que c’est 8.000 francs par mois d’économie, 8.000 francs par mois. Si vous connaissez le niveau de revenus monétaires des familles une famille pour 8.000 francs par mois, cela change sa vie et que vous demandez aux gens qu’est-ce qu’ils vont faire, améliorer l’alimentation, maître un des grands au collège participer à la tontine, 8.000 francs, cela change la vie. Cela fait 100.000 francs par an et cela...

Le RAMU, qu’est ce que vous pensez en faire ?

RAMU, c’est une autre institution que nous lègue le Président Boni Yayi qui est rare en Afrique et fondamental. Nous avons nos frères du Mali qui ont fait des choses très intéressantes là-dessus, nous avons nos frères du Rwanda qui ont fait des choses très intéressantes, là-dessus, mais en dehors des pays les plus développés d’Afrique du Nord et d’Afrique du Sud il n’y a pas de moyens d’assistance médicale de couverture médicale qui soit efficace pour à terme toute la population. Et donc, c’est pour l’instant en cours cela vient d’être voté, cela été voté il y a moins d’un mois et ça a été lentement mis en place d’un point de vue législatif, maintenant c’est opérationnel. Ça voudra dire une couverture médicale pour tous d’abord dans le secteur formel, et si on utilise bien une autre avancée ou le Bénin est premier de tous les pays de ce qu’on appelle l’OHADA c’est-à-dire des pays qui ont le même système juridique, c’est-à-dire le système juridique de l’entreprenant pour l’instant il y 700 personnes dans ce régime en test le problème du prochain président est d’en faire 700 000. C’est-à-dire vous avez un statut, vous êtes dans le secteur informel, mais qui vous permet de faciliter beaucoup vous formalités d’accéder aux crédits et d’accéder à l’assurance du risque. Au marché Dantokpa vous pouvez vous assurer contre l’incendie, contre l’explosion, cela c’est important et à l’assurance maladie à travers le RAMU. Donc…

Merci bien. Le monde rural à présent est le troisième pilier, la troisième cible de votre programme d’action. Alors là vous parlez exactement de huit mesures, huit mesures que vous prévoyez pour le monde rural. Commençons par le foncier.

Je crois que ce qu’il faut voir dans le raisonnement sur cette nouvelle société que nous voulons, il faut cesser de dire que nos paysans sont des analphabètes qu’il faut encadrer et assister, qu’ils sont au seuil de la survie. Qu’est-ce qu’ils ont fait en 10ans ? Ils ont doublé le produit le produit agricole. Comme on ne nous donne toujours que des chiffres sur le coton qui est stable, on s’aperçoit ne pas que l’ananas, le soja qui étaient très peu de chose, sont maintenant beaucoup de chose le karité, que le maïs, ont énormément progressé, que le manioc ont énormément progressé, que l’élevage ont énormément progressé. Donc, nous sommes dans une agriculture dynamique et toutes les mesures se déduisent de là. Je ne suis pas sûre de vous les égrainer toutes les huit. Toutes se déduisent de là. Et si vous voulez qu’on parle du foncier. Nous avons une chance considérable. Vous savez que notre territoire c’est 11 millions d’hectares c’est 110.000 km², 11 millions d’hectares. Vous enlevez les villes vous enlevez les bassins des leuves vous avez 8 millions de surfaces à exploiter, on l’appelle cela la surface agricole utile. On en utilise 4. Nous avons 4 millions de terres arables disponibles dans notre pays, nous sommes un de ceux qui en ont le plus. C’est plus à partir du centre de pays vers le nord avec des problèmes d’eau qu’il faut résoudre, donc des problèmes d’investissement, des problèmes hydrauliques ruraux.

Vous prévoyez une carte dite de fertilité.

Une carte dite de fertilité parce que c’est comme cela que cela s’appelle dans le monde entier. Nous n’avons pas aujourd’hui d’analyse au niveau de l’arrondissement et du village, des conditions de fertilité et donc des engrais parfaitement adaptés pour ça. Les Marocains ont une spécialité là-dedans extraordinaire. Ils ont bien voulu déjà envoyer deux missions. Nous allons faire une carte nationale de la fertilité. Vous ne changez rien, pas un seul paysan ne change. Vous ne mettez pas un franc de plus dans l’agriculture, mais vous savez en fonction de la différence des sols, dans les collines nous avons des sols ferrugineux et sec, c’est de plus en plus aride en montant vers le Nord, dans la vallée de l’Ouémé on est saturé d’eau. Ce n’est pas du tous les mêmes sols.

Alors, il faudrait adapter les intrants au sol.

Les intrants adaptés et non pas le même intrant coton qui sert à peu près à toutes les cultures on ne change rien et on augmente la production de 30%.

L’autre gros problème des producteurs notamment producteurs familiaux, c’est l’accès au crédit.

Mais là vous me faites revenir sur une mesure phare c’est bien. Le crédit agricole au niveau de la commune avec des correspondants dans l’arrondissement de façon à sortir nos paysans de l’endettement dans les mains des usuriers. Si vous voulez, il y a une recette sûre pour retomber tout le temps dans la pauvreté c’est de s’endetter auprès des usuriers. Et à un moment vous êtes obligé pour les rembourser de brader votre production. Quand vous bradez votre production, c’est très clair et concret, le sac de maïs de 100 kg que vous vendez 12.000 francs, qui est vendu sur le marché en moyenne à 25.000 francs, vous êtes obligés de brader 6.000 francs. Vous ne pourrez pas faire trouver les semences pour la prochaine récolte. L’ananas dont vous allez tirer 100 de produits de chiffre d’affaires de prix de vente, si vous le vendez en leurs vous allez en tirer 20 et donc vous êtes chaque fois retombé et cela vous arrive chaque fois vous avait un accident de la vie. Chaque fois que vous devez régler des obsèques mêmes à la limite, à chaque rentrée scolaire vous devez avoir un guichet de micro crédit rural où on vous fait une avance sur récolte quand la récolte est là, vous n’avez pas bradé votre produit vous pouvez rembourser votre avance. D’où la création de la banque agricole. Nous sommes un des seuls pays à ne pas avoir de banque agricole. Quand je suis arrivé à la primature j’ai trouvé un projet sur une étagère qui était bloqué depuis 2009 entièrement financé par la Boad.

Elle n’est pas efficace la caisse agricole aujourd’hui la CLCAM ?

Non ! Aujourd’hui, vous avez, regardé la couverture moi, vous allez me dire comment se fait-il que vous connaissiez le Bénin. Je vais partout, partout et depuis très longtemps j’ai fait une petite expérience de micro crédit dans les collines pour les femmes exclues même du micro crédit, j’ai fait cela il y a 8 ans avec l’organisation CARE qui est une organisation américaine.

Il s’agit du programme nous en avons connaissance monsieur Zinsou.

Oui, c’est formidable. Merci! Donc, juste pour vous dire que je vois cela depuis des années. Cherchez dans un arrondissement une caisse de Crédit Agricole c’est l’exception. Nous devons avoir une couverture de tout le territoire en Crédit Agricole et normalement ce peut être mutualiste ou privée. L’État-providence que vous le dite, l’Etat qui veut une nouvelle société, une société à la base une société où le développement se fait à partir de nos populations il veut que la couverture soit totale même chose pour les artisans qui sont partout.

On est aussi surpris de vous entendre promettre une augmentation du fonds de développement agricole un fond qui peine à décoller actuellement.

Il peine àdécoller il n’a que 3 milliards de ressources, ces ressources sont bloquées. Il a y un chiffre que personne ne connaît c’est le chiffre d’affaire de notre agriculture, c’est quand même 2.000 milliards si vous voulez donner par ans si vous voulez donner à nos agriculteurs des avances sur la récolte des moyens de financer un petit outillage, d’acheter ½ hectare de plus, d’acheter un attelage de bœuf, est-ce que c’est avec 3 milliards sur 2.000 que vous allez y arriver ? Non donc nous avons besoin de proportionner. Notre économie elle doit être financée, vous savez l’économie coloniale ne finançait pas nos paysans, elle n’avait pas pour but de développer la société.

Il faut rompre avec.

Il faut la mépriser cette économie, je dis ça parce qu’il y a des gens qui pensent que je ne la méprise pas, il faut la mépriser il faut en dire les réalités, les réalités étaient des réalités d’exploitation et de ne jamais rien investir dans la production. C’est pour cela que nous n’avons pas beaucoup d’industries et c’est pour cela que notre culture se débrouille toute seule.

Monsieur Zinsou, vous allez à présent montrer votre logo aux populations.

Alors, je suis le petit personnage en rouge qui a à ses côtés et vraiment, vraiment avec lui le cauris des forces cauris, le soleil de la Renaissance du Bénin sur la carte, et l’arc-en-ciel qui couvre tout cela. C’est un symbole de l’Alliance Républicaine. Et je suis en rouge et alors comme c’est une photographie on n’a même pas l’impression que je suis «yovo».

Vous êtes «yovo», monsieur Zinsou ?

Ah! Mais c’est ce que je lis dans la presse. Je lis dans la presse que je suis «yovo». Je lis dans la presque je suis arrivé au Bénin le 18 juin et alors, je cherche un «yovo» là. Je cherche un «yovo». J’en trouve un rouge mais je trouve qu’il n’est pas si «yovo» que ça en fait.

Alors, nous allons aborder, dans un instant, le secteur privé, Monsieur Zinsou. Mais on ne le fera pas sans vous permettre de dire un mot sur l’énergie et l’eau potable pour clôturer le volet du monde rural.

Alors ! Sur l’énergie, c’est peut-être une des choses dont ce gouvernement doit être le plus fier, il a vraiment mis en place avec des conventions très professionnelles 600 mégawatts d’énergie nouvelle très largement en renouvelable et en gaz et contenu de tous les échecs précédents et je me suis déjà expliquer sur le fait qu’il faut reconnaitre ses échecs. Nous avons des échecs en maintenance de nos centrales, nous avons des échecs avec Maria-Gléta qui ne donne pas le rendement escompté ; là nous avons 600 mégawatts prêts. Les premiers seront installés et disponibles dans quelques semaines les autres au fil de deux ou trois ans mais ça veut dire que ça permet de tripler la capacité, l’offre d’énergie.

En combien de temps ?

Mais je veux surtout vous dire qu’il y a le réseau et surtout cet offre nouvel. Il faut faire plus que ça c’est pour cela que le Projet Lumière pour tous, les gadgets électoraux des lampes électorales dont vous me parlez pour l’instant elles n’ont atteint que 200.000 familles. Donc, je ne veux pas avoir de gros impacts électoraux. Cela veut dire quoi, c’est de l’électricité hors réseau, solaire propre gratuite il faut qu’on développe cela, une chose que vous ne savez pas encore c’est que dans le programme Lumière pour Tous ce qui coûte le plus cher ce n’est pas du tout de donner les lampes. Cela coûte 12 milliards. C’est d’équiper toutes nos écoles, tous nos centres de santé de Kit solaire beaucoup plus lourd qui là permettent de mettre aussi des ordinateurs, aussi des machines, aussi des échographes des appareils de radiologie dans les centres de santé qui sont souvent privés d’électricité, donc il y a deux volets. Il y a le volet destiné à réduire puis éliminer le délestage. La chose la plus importante qu’on ait fait, c’est mettre au point un système de garantie qui permet à des investisseurs privés de faire eux-mêmes en plus de l’État, puisse que l’Etat ne suffirait pas et puis il y a beaucoup plus important parce que c’est ça qui va être l’électrification rurale c’est tout ce qu’on fait hors réseau en utilisant les énergies renouvelables. Si on fait lumière pour tous c’est pour ça que tous les bailleurs de fonds. (Rires) Lumière pour tous, c’est comme si vous l’adoptez. On oublie Lumière pour tous. Ce que vous ne devez pas oublier c’est que si on veut de la lumière, de la connectivité si on veut que nos artisans mais aussi nos centres de soins. Vous savez comment on fait un accouchement dans un centre de soins sans électricité ? Il faut faire cela, la torche dans la bouche de la sage-femme ce n’est pas possible, cela c’est hors réseau, c’est de l’énergie propre, l’énergie de solaire hors réseau. C’est un instrument d’électrification rurale qu’on n’a jamais utilisé et si on applique le programme prévu on sera le premier en Afrique et souvent le Bénin aime bien être le premier pas seulement en matière constitutionnelle.

Entrons dans le secteur privé à présent, …mais il n’a pas développé ce qu’il veut faire au niveau des centres de santé.

Mais écoutez, au niveau des centres de santé il y a toute une politique d’équipement.

Avec des tableaux.

Ce que je dis c’est que la décision la plus difficile que j’ai eu à prendre en tant que premier ministre c’est de renvoyer des crédits qui nous étaient accordés pour l’équipement radiologique de tous les centres de santé parce que notre administration n’avait pas su dépenser en cinq ans plus de 1,7% du programme. J’ai renvoyé ces crédits à la banque de développement qui va nous les renvoyer heureusement à hauteur de 70% du programme et on va le mettre en œuvre. Donc, on a les moyens parce qu’on a beaucoup d’aide public étant une démocratie et étant parmi les pays les mieux gouvernés d’Afrique nous avons, nous recevons d’aide il faut la mettre en œuvre pour les centres de santé en plus des efforts du budget national. Mais l’électricité c’est quand même assez important dans le programme.

Monsieur Zinsou, un mot sur vos ambitions pour le secteur privé.

Nous avons un patronat. Il est très bien présidé. Nous avons une chambre de commerce, elle est très bien présidée. Il faudra s’assoir tout de suite. Tout de suite avec les secteurs privés. Mais il faut lui donner des garanties déjà précises l’administration est au service...

S’asseoir encore ? Il y a eu pourtant des assises.

Cela lui fera le plus grand bien vous connaissez le président du patronat, il sera ravi qu’on s’assaille, vous connaissez le président de la chambre de commerce. On ne va pas s’assoir longtemps parce qu’on va donner tout de suite les garanties. L’administration est au service des entreprises et pas l’inverse. C’est à dire que les retards de paiement non justifié par la trésorerie parce que nous n’avons pas de problèmes de trésorerie significative dans notre pays parce que nous avons des finances publiques saines, les entreprises ne sont pas au service, elles n’attendent pas l’administration, c’est l’administration qui est au service des entreprises. Parce que ce sont les entreprises qui créent les emplois, la richesse qui paient les impôts et qui finissent par permettre à l’administration, de vivre. Deuxièmement, on va leur donner la stabilité fiscale comme un élément fondamental. Il n’y aura plus de rétroactivité fiscale où on vous prévient en décembre que vous êtes astreint à un impôt de janvier précédent c’est fondamental. Il n’y aura plus ce que moi, j’ai vécu comme premier ministre, où je signe en octobre une décision de Marcel de Souza, ministre du développement, en mai, décision unanime de vous accorder le bénéfice du code des investissements pour votre entreprise et c’est en octobre que le procès m’arrive à moi pour que je le notifie à l’entreprise après que ce soit passé au conseil des ministres.

Mais il y a un problème.

Ah ! Mais il y a un problème et il y a une solution très simple. Il y a beaucoup de problèmes politiques et qui ont des solutions simples. Prenez par exemple au hasard les examens et concours si on veut qu’il soit parfaitement transparent, on anonyme les copies et avec tous les moyens informatiques d’aujourd’hui on est sûr que tous les gens qui sont reçus au concours ils ont composé parce qu’on compare les deux fichiers c’est très simple à faire. Très simple mais ce n’était pas votre question. Votre question c’était : est-ce qu’on peut ne pas attendre indéfiniment l’administration alors que les entreprises ont à toute vitesse. La réponse est très simple, il faut adopter ce principe que si dans une procédure l’administration à 15 jours ou un mois pour vous répondre. Si elle ne vous a pas répondu au bout de 15 jours au bout d’un mois c’est qu’elle vous a donné l’autorisation. C’est-à-dire qu’on renverse parce que sinon l’administration peut prendre 2 ans. Les entreprises ont besoin qu’on fasse en un mois.

Donnez-nous un mot sur la monnaie unique. Quelle est la notion de la monnaie unique ?

Alors, écoutez. Vous avez des candidats qui ont vécu toute leur vie professionnelle à gérer le franc CFA. Vous les connaissez. Ils sont des agents de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest. Je ne suis qu’un modeste professeur d’économie.

Vous y êtes favorable? Vous êtes un banquier.

Je suis un économiste académique que maintenant a versé dans un pays. C’est très simple. On a une excellente monnaie qui s’appelle le franc CFA. Je n’ai jamais vu une seule population dire : «Je n’ai pas confiance en ce billet-là».

Donc, vous n’êtes pas favorable. Ah ! Mais vous allez très, très vite en conclusion.

Ce n’est pas du tout ma conclusion. Nous avons besoin d’un grand marché unique de la CEDAO parce que nous avons besoin d’être 300 millions et pas 10 millions de consommateurs, nous aurons donc besoin d’une monnaie unique.

La question de cette monnaie unique suppose comme toutes les monnaies uniques comme cela avait été le cas avec l’euro comme c’est de cette manière déjà le cas dans la zone ronde l’Afrique du Sud où on a un bon exemple. Il faut des convergences de politique économique. Si un pays qui a 15% d’inflation qui est notre plus grand voisin et puis nous qui avons 0% d’inflation et qu’on n’arrive pas à converger quelle sera la valeur de la monnaie ? Elle se dévaluera comme le Naira, elle se renforcera comme le franc CFA historiquement parce que là le francs CFA a baissé à cause de la baisse de l’Euro ; il faut converger.  Pour l’instant on converge très bien dans l’Uemoa c’est pour cela qu’on a le francs CFA instrument d’intégration.

Est-ce qu’on peut finir cet entretien par un sujet moins économique, la culture, le tourisme?

Alors vous savez que j’ai consacré un tout petit peu de temps, et quelques moyens comme personne privée. C’est très simple, c’est des emplois parce que les artistes il y en a beaucoup, c’est de la fierté parce que nos artistes qui s’agissent de musique nous sommes plus grand éditeur de label depuis les années 60 si vous prenez tous les pays d’Afrique. Les gens ne savent pas cela du tout. Nous avons des artistes en spectacles vivants exceptionnels, il faut les accompagner. Est ce qu’ils ont un théâtre international est ce qu’ils ont un conservatoire de musique est-ce qu’ils ont un centre chorégraphique national pour défendre les danses traditionnelles et la danse contemporaine non il faut ses infrastructures et puis…

Les Béninois peuvent donc vous attendre sur ce terrain s’ils vous faisaient confiance.

Écoute! J’espère qu’ils n’attendent que moi là-dessus.

Voilà! Et pour finir, est-ce que vous pouvez leur rappeler votre logo et votre position sur le bulletin unique ?

Alors je suis en troisième rangé. Vous voyez le logo qui s’affiche. Je n’ai pas besoin de commenter. Je suis très bien entouré entre Monsieur Fassassi et mon ami le Général Gbian.

Dernière modification lemardi, 06 juin 2017 04:58
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