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Jean-Baptiste Glin sur ‘’Président d’un jour’’ : «L’éducation ne va pas bien au Bénin»

Jean-Baptiste-Glin

Nous sommes jeudi. Votre rubrique ‘’Président d’un jour’’ ne se fera pas désirer. Jean-Baptiste Glin,18 ans, élève en classe de 1ère A2 au complexe scolaire la ‘’Priorité’’ à Porto-Novo, est notre invité. Vous l’aurez compris, la cueillette du verbatim de ce jour a été faite dans la ville capitale, quartier Ouando. Jean-Baptiste Glin est l’aîné d’une famille de 5 enfants. Valentin Glin son père, est chauffeur et sa mère commerçante,répond au nom de Pascaline Salou. Bienheureux lecteurs de Matin Libre,ci-dessous,le compte rendu complet et fidèle de notre entretien avec le président Jean-Baptiste Glin : le verbatim.

Matin Libre : Président Glin,vos populations crient que rien ne va, qu’elles ont faim, qu’elles en ont assez de serrer les ceintures!

Président Jean-Baptiste Glin : Je pense que, actuellement, effectivement, ça ne va pas dans le pays parce que le gouvernement en place est en train de prendre quelques dispositions pour que le pays puisse se développer. Mais, par exemple, les magasins ont été détruits. Je pense que, avant qu’on ne détruise ces magasins, ils doivent d’abord, soit, créer des petits magasins dans les vons ou bien…Le président aussi est en train d’interdire l’utilisation des sachets, ce qui en réalité n’est pas bon pour la population évidemment. Mais, je pense que, en réalité, avant d’interdire cela, il doit prendre ses dispositions. Je peux dire à la population d’attendre un peu. Nous avons un plan derrière. Ce plan, c’est d’abord montrer à la population que la facilité dans laquelle elle était, ce n’est pas ça la vie. Il faut souffrir, il faut être d’abord intellectuel avant de pouvoir bénéficier de soi-même. Juste un peu de patience, ça ne reste plus beaucoup.

C’est qui un intellectuel pour vous?

Un intellectuel pour moi c’est celui qui a beaucoup étudié et qui connaît l’importance du papier, l’importance de l’école, de l’éducation.

En attendant que vos dispositions soient effectives, pouvez-vous garantir à cette population qui crie la faim que, dès qu’elle tombera malade, elle sera bien soignée? Est-ce que le Béninois qui tombe malade et se rend à l’hôpital a des soins appropriés? Bref, que pensez-vous du secteur sanitaire au Bénin?

Selon moi, je ne pense pas que le Béninois qui est malade peut être à 100% rassuré d’être soigné dans les conditions qu’il faut. Ici, on est dans la capitale; nous avons un grand hôpital. Arrivé là-bas, on voit des malades qui se plaignent parce que les médecins ne s’occupent pas d’eux à temps. Je pense qu’il faut revoir tout ça. Les médecins sont là, ils voient les malades et ils disent aux malades sans qu’ils ne payent pas, sans qu’ils ne donnent pas l’argent, ils ne doivent pas être soignés. Je pense qu’il faut sensibiliser tous ces médecins-là et leur dire que d’abord, il faut que la personne soit en bonne santé avant de pouvoir payer. Je demande aux médecins de penser à la santé de la personne et après…

Mais à l’hôpital on ne fait pas du bénévolat! Encore que nos hôpitaux souffrent du manque criard de matériel

Oui je sais. A l’hôpital, on ne fait pas du bénévole mais celui qui est malade et qui vient à l’hôpital, il faut toutefois le soigner d’abord avant de parler des frais après. La vie humaine ce n’est pas ce qu’on paye. La vie humaine ne se paye pas c’est Dieu qui la donne. Les médecins aussi se plaignent qu’ils n’ont pas de matériel. Par rapport à ça, nous allons prendre nos dispositions parce que cela aussi contribue à l’échec de la natalité béninoise. J’avais abordé quelque chose tantôt. J’ai dit les intellectuels. Il faut que la population béninoise se mette au travail parce que nous ne disposons pas des médecins qu’il faut, des gens expérimentés qu’il faut pour pouvoir soigner nos malades à temps. Donc, nous sommes obligés d’interpeller les médecins de l’étranger. Eux, ne viennent pas à temps, ils viennent dès qu’ils ont l’envie et ça coûte cher aussi. Nous interpellons la population béninoise à se mettre au travail. Qu’elle étudie beaucoup afin de pouvoir aider nos frères. Nous ne pouvons pas avoir les capacités d’étudier et se mettre à lambiner.

La formation sous nos cieux c’est de l’argent et vous n’êtes pas sans savoir que les études en médecine c’est ‘’du costaud’’. Est-ce qu’il ne faut pas, par exemple, encourager les étudiants en médecine en leur trouvant des bourses d’études?

Ça, c’est un bon point de vue. En plus de  ça, au Bénin, nous ne disposons pas de grandes universités pour pouvoir mettre les étudiants dans les bonnes conditions qu’il faut. Donc, je pense que mon gouvernement doit prendre ses dispositions pour pouvoir envoyer ces étudiants afin qu’ils puissent bien se développer dans le domaine.

C’est bon de les envoyer à l’extérieur mais pourquoi ne pas mettre en œuvre une politique interne, construire des universités de référence qui puissent les former?

On ne refuse pas mais qui va faire l’enseignement? Nous ne disposons pas des professeurs qu’il faut, des docteurs pour pouvoir enseigner dans le pays donc, nous sommes obligés de les envoyer à l’extérieur. Peut-être eux, ils viendront enseigner ici dans ces universités. Mais moi, mon plan, c’est beaucoup dans le domaine éducatif. L’éducation ne va pas du tout bien au Bénin parce que les gens étudient étudient. Beaucoup vont à l’université, ils étudient mais après, ils ne trouvent pas le travail. Donc, je pense que dans l’éducation, il faut modifier beaucoup de choses. Tout d’abord, nous devons insérer notre langue nationale dans nos programmes d’études et puis créer de l’emploi aux étudiants parce qu’il ne faut pas étudier et après se retrouver au chômage. Sur le plan éducatif, je pense aussi que, en réalité, l‘élève qui a commencé la maternelle, et qui a eu le Cep, on doit l’appeler, l’étudier, voir dans quel domaine il se voit, il est bon. L’enseignement général, moi, je pense que ce n’est pas trop bon. Parce que l’élève a un génie en lui, il faut l’étudier et le mettre dans le domaine pour qu’il puisse le développer. Aussi, la manière dont les cours sont dispensés dans nos collèges ce n’est pas bon. Il y a beaucoup de professeurs qui ne finissent pas l’université avant de commencer par enseigner. Ce qui n’est pas bon parce qu’ils n’ont pas les reins solides qu’il faut pour pouvoir donner l’éducation qu’il faut à l’élève. On assiste à des élèves qui ont un grand niveau et dont les professeurs ne sont à la hauteur. Dans l’éducation, il faut revoir l’habillement des filles dans nos collèges. Faut pas s’habiller et venir empêcher le professeur de faire son cours. Le professeur, après tout, c’est un homme. Vous-mêmes vous savez; l’œil, au regard de certaines choses doit se déconcentrer. Il faut revoir cela. Soit, les élèves filles portent les kakis comme les garçons le font. Si c’est pantalon comme pour les garçons ou bien si les robes doivent venir au niveau de la cheville, nous allons prendre nos dispositions.

De la santé à l’éducation, nous allons à présent chuter dans le secteur énergétique pour parler des coupures incessantes du courant électrique. Aujourd’hui par exemple, entre 10h et 14h, on a observé trois coupures

Je crois que les coupures sans cesse d’électricité, nous devons finir avec cela parce que nous sommes dans un pays, nous disposons du matériel qu’il faut. Nous avons des fleuves, la mer. Par exemple au Burkina à côté, ils n’ont pas tout ce que nous disposons mais, ils ont pu faire leur propre barrage électronique et puis, ils bénéficient de ça. Je pense que mon gouvernement va prendre ses dispositions pour pouvoir créer nous-mêmes notre propre barrage hydro-électrique afin de finir avec ce problème de délestage. Par exemple dans le domaine de l’agriculture, nous disposons du coton. Nous le cultivons ici, mais nous ne l’exploitons pas pour pouvoir produire ce qu’il faut. Nous les vendons à l’étranger. Eux, ils produisent et viennent nous vendre ça cher. Je pense que nous devons aller en arrière, nous asseoir, et voir comment pouvoir payer le matériel qu’il faut afin de pouvoir manipuler nos propres produits et produire des choses qui seront utiles pour la nation.

Pour finir monsieur le président comment voyez-vous Porto-Novo en tant que capitale du Bénin?

Je pense que Porto-Novo est la capitale du Bénin mais, comparée à d’autres villes du Bénin, je ne pense plus qu’elle le soit. Nous ne disposons pas du tout de voies. Nous devons prendre les dispositions qu’il faut. Cela crée des accidents, des pertes en vies humaines. Etre une capitale, c’est digne d’une ville de haut de gamme. Le gouvernement en place dont je suis le président, on va revoir les voies, créer beaucoup d’infrastructures dans les brefs délais. Même si nous lui retirons le titre de capitale, c’est une ville du pays. Nous devons faire tout possible afin qu’elle soit développée.

Cyrience KOUGNANDE

Dernière modification levendredi, 05 mai 2017 05:06
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