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Audience de Rodriguez à la présidence : Talon courtise Yayi et Ajavon

Yayi-Talon-Ajavon

Patrice Talon et Martin Rodriguez se voir, se serrer les mains et échanger pendant plusieurs heures sur des sujets de grandes préoccupations. En regardant dans le rétroviseur, il est bien difficile de dire si les deux ennemis, tous deux magnats du coton, se sont déjà retrouvés une fois dans cette posture. Et même si c’était le cas, cela remonterait à il y a très longtemps. Qu’est-ce qui pourrait alors motiver cette rencontre du mercredi 26 avril 2016 au Palais de la République ?

Qu’est-ce qui a pu tourner rond entre temps pour que l’opérateur économique Martin Rodriguez se retrouve en tête-à-tête avec un président de la République dont il a combattu la candidature et à qui il a déclaré, déjà à l’aube de son élection, son opposition ? Une chose est sûre, dans la délégation ayant accompagné à Cotonou Martin Rodriguez, se trouvaient de hautes autorités ivoiriennes. Mais qui est le demandeur de cette médiation ou de cette audience? Tout ce qu’on pourrait dire ici, est qu’en terme de stratégie et de communication politique, le président Talon a réussi à emballer plus d’un. Déjà le mercredi, des écrits publiés sur la rencontre mentionnaient que c’est le promoteur de Marlan’s cotton industries qui a fait le premier pas. Si l’on s’en tient à cette thèse, on pourrait affirmer que Martin Rodriguez en difficulté par rapport à ses investissements, a dû opter pour la négociation tout en ravalant ses vomissures. Dans le cas contraire, plusieurs pistes sont explorables. En effet, soit Patrice Talon veut maintenant faire face au développement du pays, une fois qu’il a fini de remettre sur les rails ses « ex » structures asphyxiées sous Yayi Boni. Et pour ce faire, surtout pour la bonne exécution du Programme d’action du gouvernement (Pag) dans un environnement aussi délétère, il a compris que nul ne sera de trop. On pourrait donc dire que cette rencontre a été initiée dans le sens d’associer un partenaire qui s’y connait en matière de coton. On ne peut pas faire sans lui en matière d’égrenage, lui qui a l’une des usines les plus modernes de la sous-région, surtout quand on envisage de produire au-dela de 500 000 tonnes pour la campagne 2017-2018. C’est aussi de bonne guerre si Martin Rodriguez et Patrice Talon se voient quelques jours après la sortie médiatique du patron des patrons, Sébastien Ajavon, arrivé 3ème à la présidentielle de mars 2016 avant de s’allier à Patrice Talon au nom d’une coalition dite de la Rupture qui n’aura duré que le temps d’un éclair. En effet, on se souvient qu’au cours de cet entretien média, le président du patronat a dénoncé des irrégularités dans le secteur cotonnier et a même invité son ancien allié à ouvrir le secteur pour éviter des conflits d’intérêt. Est-ce dans ce sens qu’œuvrent le chef de l’Etat et son premier opposant déclaré de l’histoire ? Les prochains mois nous édifieront. Mais ce qu’il convient de souligner également est que si Patrice Talon fumer le calumet de la paix avec Martin Rodriguez, cela fait un gros poisson de moins dans la sauce de l’opposition en sécrétion.  Et lorsqu’on voit tout le traitement ou toute la communication dans la presse le lendemain de l’audience, tout porte à croire qu’on veut atteindre un objectif. A la Une de plusieurs journaux, Sebastien Ajavon et l’ancien chef de l’Etat Yayi Boni, ont été invités à emboîter le pas au patron du MCI. N’est-ce pas là une façon de montrer que le chantre du Nouveau départ est désormais en parfait amour avec Martin Rodriguez, et profiter pour inviter le reste à rentrer dans la cage ? Pour faire passer ce message, on tente de montrer de façon voilée, que le numéro 1 béninois a sa main tendue et ne va pas rejeter toute démarche visant à collaborer avec lui pour la construction du pays. Patrice Talon, président de la République, ne sachant peut-être pas comment engager le dialogue avec ses alliés d’hier, a-t-il préféré envoyer des signaux ? Si tant est que dans sa logique de « faire désormais la politique » et il entend le faire dans un esprit de « gouvernance concertée », l’idéale serait d’aller vers ses vis-à-vis que d’attendre que ces derniers saisissent la perche. Etant sur le terrain politique, ils pourraient être en train de redouter le traitement communicationnel que subirait leur éventuelle démarche vers le palais de la Marina.

J.B

Dernière modification lemardi, 02 mai 2017 05:38
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