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Omer Rustique Guézo sur « Moi Président » : « Il n’y a pas que le coton qui existe »

Omer-Rustique-Guezo

Moi président l’émission qui donne la parole aux candidats à l’élection présidentielle de 2016, pour faire connaître leurs ambitions pour le Bénin, pour faire connaître leur projet de société, reçoit pour vous aujourd’hui le candidat Omer Rustique Guézo, avec lui nous aborderons les politiques, économiques, sociaux et culturels de son projet de société.

Présentation

Omer Rustique Guézo est ancien fonctionnaire des Nations-Unies à l’Unesco, président de l’Association des parlementaires de l’Unesco et vice-président de la Fédération internationale des hauts fonctionnaires des Nations-Unies. Omer Rustique Guézo est en effet, un fin connaisseur des relations internationales, il est aussi présent dans le social à travers l’Association Alafia et une fondation qui porte son nom. Au plan international, l’homme s’appuie sur un réseau étendu dans plus de 75 pays, pour concrétiser ses projets. C’est le samedi 24 octobre 2015 que notre invité a accepté, à l’occasion d’une déclaration de candidature faite à Abomey de se porter candidat à l’élection présidentielle de 2016. Et il dit n’avoir que « des solutions pour guérir le Bénin malade après un diagnostic ». Le projet de société du candidat Omer Rustique Guézo est intitulé : « L’eau de la modernisation du Bénin ».

Omer Rustique Guézo, avez-vous d’autres éléments à ajouter à cette présentation ?

Oui je pense que j’ai été médaillé en juin dernier, la médaille de bronze par les casques Bleus des Nations Unies, à l’Unesco au siège, pour la recherche de la paix. Donc je suis un homme de paix. Je tiens à vous présenter mon logo, comme vous le voyez, le logo est constitué d’un palmier à huile, au plein centre de la carte du Bénin, de l’eau et d’une femme. Naturellement, le palmier à huile symbolise donc cette réforme agraire dont notre pays a besoin, afin que  tous les Béninois puissent s’alimenter 3 fois par jour. Une condition non négociable. L’eau source de vie, Dieu nous a fait grâce de nous donner des rivières, des lacs et même la mer. L’eau ne sera plus une denrée rare dans ce pays. A moins de 2km, dans tous les coins et recoins du Bénin, nous devons avoir de l’eau potable. Comment peut-on donc développer ce pays, qui est le Bénin, tout en écartant 52% de sa population qui est constituée des femmes. Nous l’avons essayé depuis 55ans en donnant les miettes de places insignifiantes aux femmes. Alors que ce sont les vraies gestionnaires. Donc avec la, femme au cœur de notre système, et d’ailleurs comme le demandent les Nations Unis, c’est bien, 30% de femmes dans les gouvernements. Aujourd’hui, nous sommes à combien ? J’en passe. Le rouge qui symbolise notre couleur aussi, le bleu, l’espoir dans la durée. Le rouge, le courage, la persévérance.

Qu’est-ce qui motive votre candidature à l’élection présidentielle de 2016 ?

Vous savez, comme le dit si bien Frantz Fanon, chacun de nous a une mission à accomplir sur cette terre…ou nous l’acceptons ou on la trahit. Si telle est ma mission, je l’accomplirai.

Omer Rustique Guézo, votre projet de société est intitulé « L’eau de la modernisation du Bénin ». Quelle sont les grandes lignes de votre programme sur le plan politique ?

Sur le plan politique, il s’avère, après les constats, qu’il est impérieux, qu’il est urgent, de renouer la classe politique et le Béninois. Parce qu’aujourd’hui, il y a une dichotomie, il y a une relation de manque de confiance totale entre la peuple et les politiciens.  Il est urgent de retrouver cette confiance dans notre politique. Sur le rapport politique il y a tellement de choses à faire.

Il y a-t-il une cassure entre les dirigeants et les populations, c’est ce que vous voulez dire ?

Absolument, ce n’est pas ce que je dis, c’est ce que je constate. Le constat est fait. Vous savez, le peuple béninois n’est pas dupe. Lorsqu’on lui vend du rêve, qui devient du vent, aujourd’hui, ils ont compris, les Béninoises et les Béninois ont compris, qu’il y a beaucoup d’imposteurs. Lorsqu’on croit à un candidat, on croit à des gens qui viennent solliciter les suffrages du peuple sous forme de contrat. Si j’ai le suffrage, je vous ferai si et ça, pour voir si notre ligne directrice de conduite...     

Vous voulez dire que les Béninois ne font plus confiance aux hommes politiques ? Alors qu’est-ce que vous voulez faire, quand vous serez une fois élu, pour restaurer cette confiance que le peuple doit avoir aux hommes politiques ? Je veux dire par là, quelle réforme vous allez opérer pour le système partisan de notre pays ?

Tout de suite, vous voyez, nous allons développer, encourager, une démocratie participative, tout le peuple béninois quel que soit leur lieu géographique, doit participer aux décisions de notre pays.

De façon plus directe que voulez-vous dire ?

Il faut consulter, la consultation est aussi un moyen qui est reconnu par notre constitution, combien de fois on n’a pas eu de référendum dans ce pays ? Le référendum existe, il faut consulter le peuple, le peuple est souverain.

Un exemple, parce que là vous êtes déjà le président du Bénin le 6 avril 2016, alors dites-nous quelles sont les premières opérations, en termes de consultation ?

En termes de consultation, nous allons organiser les assises par exemple, les assises nationales, pour rafraîchir notre constitution, notre dame qui a 25, et tout ce qui n’évolue pas disparaît. C’est quoi la consultation ? On redonne la parole au peuple.

C’est clair que vous allez réviser la constitution, par ce que vous avez dit dans votre projet de société « Nous considérons que la constitution du 11 décembre 1990, comme une base solide et positive pour maintenir l’Etat de droit au Bénin » ? C’est pas en contradiction avec ce que vous proposez maintenant ?

Pas du tout, une constitution qui a 25ans a besoin d’être rafraîchie. Même dans toutes les démocraties, les vieilles démocraties qui existent dans le monde, il faut réajuster, réadapter. Il y a certaines dispositions qui sont obsolètes, qui ne sont plus d’actualité.

Et quelles sont les dispositions qui sont obsolètes ?

Vous savez, la manière par exemple de désignation des présidents d’institutions ou des membres de certaines institutions a besoin d’être revisitée. C’est très important.

Vous prenez des exemples des cas concrets, la cour constitutionnel, la Cour suprême, la Haute autorité de l’audiovisuelle et de la communication ?

Toutes ces instituions ont besoin d’être revisitées, la désignation du président et des membres. Vous êtes mieux placé que moi pour en savoir.  

C’est vous qui êtes le candidat ! C’est vous le président, vous-vous adressez à vos militants !

Absolument, c’est pour cela que je vous dis qu’il faut revisiter cette constitution, enlever certaines aspérités et évoluer.

Nous prenons certaines institutions comme la cour constitutionnelle ou la Haac par exemple, qu’est-ce que vous proposez si vous étiez président de la république le 6 avril prochain? Vous trouvez qu’il y a une influence du politique dans la gestion de ces institutions, c’est ça qui gêne ?

Non il n’y a pas une influence politique dans la gestion de ces institutions, mais je pense que la manière de désignation pour ma part, n’est pas assez…ça la laisse entendre. On pouvait mieux faire.

Dans votre projet de société vous avez parlé également de la réforme profonde de notre administration, qu’est-ce que vous proposez ? Notre administration est-elle malade ? C’est ce que vous voulez dire ?

Notre administration est tellement malade, qu’il faut trouver des solutions, tellement malade qu’il faut améliorer certaines choses, il faut corriger certaines choses dans l’administration. Comme je l’ai dit tout à l’heure, concernant notre dame la constitution, l’administration aussi a besoin d’être réformée en profondeur. Par exemple, je vois que dans notre administration, il n’y a pas d’obligation redditionnelle, en comptabilité, il n’y a pas. Désormais quelqu’un qui faute doit rendre compte automatiquement, d’où l’impunité zéro à tous les niveaux. Seul moyen de nous en sortir de ce marasme.

Vous accordez du prix à l’indépendance nationale, pour vous notre pays est-il toujours indépendant ?

Que je sache oui, le Bénin est toujours indépendant, le Bénin est toujours indépendant.

Vous voulez dire le Bénin est toujours dépendant de l’extérieur !

Le Bénin est dépendant de l’extérieur, pour plusieurs raisons. Je ne comprends pas comment un pays comme le Bénin, un pays agricole, 55% de la population est agricole et nous n’avons toujours pas notre autosuffisance alimentaire ! Nous sommes toujours dépendants.

A qui la faute ? Aux pays occidentaux ou à nos dirigeants ?

Ah ! Non les occidentaux n’ont rien à voir dedans, pourquoi les occidentaux ? Ce ne sont pas les occidentaux qui gouvernement le Bénin. C’est pour les occidentaux que le peuple béninois a voté ? Non, la faute est aux Béninois, aux dirigeants.

Et qu’est-ce que vous reprochez à la classe politique qui a dirigé ce pays depuis les indépendances, qu’est-ce que vous leur reprochez, c’est le manque de vision ou c’est quoi?   

Ecoutez, reprocher c’est trop dire, je constate qu’il y a un manque de volonté politique …est-ce parce que l’on fait des calculs politiciens pour d’éventuels mandats, je n’en sais rien mais ce manque de volonté existe.

Vous avez parlé tout à l’heure d’autosuffisance alimentaire, vous êtes président le 6 avril prochain, qu’est-ce que vous proposez de façon concrète aux Béninois, à vos électeurs pour corriger le tir ici et maintenant ?

Tout de suite et concrètement, nous allons nous plonger dans la réforme agraire, ça fait partie de nos priorités, nous avons tellement  de choses à faire, nous avons la terre, très fertile, nous avons de l’eau, nous avons le soleil, la vallée de l’Ouémé, de grand-airs dans le Mono-Couffo, dans le Zou-Collines etc, etc. Pourquoi nous ne mettons pas en pratique, donc, aider vraiment ces producteurs, n’est-ce pas la mécanisation, des coopératives, il faut donner un plus pour que nos paysans, nos agriculteurs puissent enfin faire nourrir nos concitoyens, jouir, bénéficier de leurs produits, afin que cette autonomie alimentaire soit réalisable.

Dans votre projet de société, vous avez souhaité la création de grands blocs politiques et vous vous réclamez même de la sociale démocratie, alors que dans ce pays il y a un Parti social-démocrate. Pourquoi ne pas chercher à être investi par le Parti social-démocrate alors que vous êtes parti en candidature indépendante ? Est-ce que cette manière de faire favorise toujours la création de grands blocs politiques comme vous l’avez souhaité dans votre projet de société ?

Ça fait partie des réformes dont j’ai parlé tout à l’heure, en profondeur de notre système pour la révision, le rafraichissement de notre constitution. Dans un petit pays comme le Bénin, on a plusieurs partis politiques, ça m’interpelle, personnellement.

Vous ne partagez pas les mêmes visons que le Psd ; le Parti social-démocrate béninois ?

Le parti social-démocrate béninois… Je suis un candidat indépendant, mais je préfère l’être parce que je ne veux pas me faire embrigader dans une idéologie que ce soit.

Autrement dit, quand vous êtes rentré de l’Unesco, vous n’avez pas cherché à approcher un parti politique ?  

Non, j’ai été approché.

Vous avez été approché, mais vous, vous n’avez pas approché !

Non

Quelle a été votre réaction, refus catégorique, c’est cela ?

Le Bénin ne sera pas gouverné par un seul individu, le Bénin sera gouverné par plusieurs politiques et le refus catégorique n’est pas notre cheval de bataille. Nous sommes indépendants, allons aux élections, et le reste on verra.

Omer Rustique Guézo, dans votre projet de société vous avez également parlé de solidarité agissante, qu’est-ce que vous mettez dans ce concept ?

La solidarité agissante,

Pour relancer l’économie béninoise, je crois d’abord qu’il faut sécuriser les investisseurs nationaux, locaux et étrangers. Et cette sécurisation, passe par la justice. Il faut les garanties que le Bénin est une terre favorable où on peut investir. 2- il faut jeter un coup d’œil vraiment avec les réformes sur l’informel qui représente aujourd’hui 70% de notre économie. Et c’est énorme. Il est urgent, de faire quelque chose. La réforme agraire dont j’ai parlé, qui va engendrer aussi beaucoup de ressources, il y a la 3e et la 4e révolution et le Bénin est en train de passer à côté. Il y a eu la révolution énergétique, numérique et les Tic, qui engendrent beaucoup de richesses aussi. Revoir tout de suite notre économie, les transports, ferroviaires, maritimes, routiers, etc. revisiter tous ces domaines, tous ces secteurs, afin de relancer une fois pour toute notre économie qui est en déclin.

Rustique Guézo, 70%, dans l’informel, vous êtes président de la république, proposez quelque chose de concret que vous feriez à l’endroit de ces 70% qui aujourd’hui, sont dans l’informel. C’est de ça qu’il s’agit, 70%, c’est déjà trop, quelles solutions vous proposez aux Béninois ?

Je vous l’ai dit tout à l’heure et je vous dis tout de suite, cherchez à mettre de l’ordre ? Partout où on passe c’est la débrouillardise, je me débrouille, c’est ce que j’entends dire. Quand je vais voir les gens au bord de la route, comment-allez-vous ? Qu’est-ce qui se passe ici, pourquoi-ci, pourquoi-ça, on me dit, on se débrouille, à défaut du mieux, on se débrouille. Faut plus que les gens se débrouillent. Il faut leur mettre des     cadres juridiques pour qu’ils puissent exercer leurs activités qu’ils ont choisies. Et ceux qui n’en ont pas, il faut les reconvertir afin que… puisque c’est le tertiaire qui donne de l’emploi, les reconvertir, donc la reconversion dans le domaine de l’emploi.

Alors comment tirer profit de notre proximité avec le Nigeria ? En tant que candidat, qu’est-ce que vous proposez dans ce sens ?

Tout de suite, entamer des discussions avec le Nigeria, des partenariats, des bonnes relations que nous avons, les renforcer un peu plus et nous serons au rendez-vous du donner et du recevoir, comme disait Cheik AntaDiop, en proposant nos savoir-faire, le Bénin est un peu bien aussi dans les prestations de service. A défaut de l’or noir et autres minéraux, il y a le service qu’on peut fournir au Nigeria.  Notre agriculture, la réforme dont on parlait, les gens sont prêts…et en retour, vont nous aider en retour.

Monsieur le président puisque vous avez fait le tour du Bénin, vous avez dit que vous avez la solution, tout ça est contenu dans votre projet de société, de façon plus concrète, qu’est-ce qu’on peut proposer au Nigeria et qu’est-ce qu’on peut attendre du Nigeria en retour, parce que là, vous parlez à vos électeurs, vous parlez aux Béninois de façon plus directe, qu’est-ce les Béninois peuvent-ils attendre de ces relations avec le Nigeria ?

Les Béninois peuvent attendre de parfaites relations avec le Nigeria, la création d’emploi, un exemple, les prestations de service, on peut créer des centres d’appel, ou encourager les jeunes à l’auto-entreprenariat des jeunes, on mettra nos services à la disposition du Nigeria. L’agriculture, l’autosuffisance alimentaire que nous allons créer pour nous, mais le reste, plus de 52 millions d’habitants, c’est un marché formidable et ils entrainent, mais ça donne de l’emploi aussi aux  nôtres. De la semence jusqu’à la distribution, c’est des milliers d’emplois qui sont créés à chaque étape, mais c’est énorme.

Donc vous voulez rompre avec le commerce de réexportation avec le Nigeria ? Parce que c’est ce qui se fait actuellement.

Il faut que les 57% de notre population qui est agricole puissent profiter de leur travail.

Monsieur Omer Rustique Guézo, on ne vous a pas entendu parler de la corruption !alors, pour vous, la corruption dans votre projet de société c’est quelle place ce phénomène occupe ?

Je ne sais pas quelle copie de mon projet vous avez eu. Lorsque je vous dis impunité zéro, ça vous fait penser à quoi ? C’est la corruption qui est  la gangrène ! Comment peut-on, mais c’est une bataille. Il faut une fois pour toute l’enrayer.

Vous avez une idée du phénomène dans le pays ?  

Ecoutez, le phénomène de la corruption embrase toutes les couches sociales, partout à tous les niveaux.

Monsieur Omer Rustique Guézo, la corruption est un problème d’homme ou de texte ?

Les deux, les deux, lorsque une personne bien née, bien faite mais qui a une fibre patriotique, il ne peut pas accepter d’être corrompu, pour le service pour lequel il est embauché, il est recruté. C’est son job il est embauché pour ça. A-t-on besoin d’être corrompu avant de s’acquitter de ce devoir ? Non.

Entre le corrupteur et le corrompu, qui sera puni ?

Les deux, les deux, d’où je parlais tout-à-leur de l’impunité zéro. Toutes les dispositions sont mises en œuvre, pour enrayer définitivement la corruption.

Si vous étiez élu président de la République quelles sont les actions urgentes que vous ferez pour lutter contre la corruption ?

Toutes les dispositions sont prises, les lois sont là les textes sont là, il faut les appliquer tout simplement. C’est la non application des dispositions qui fait que aujourd’hui, on parle de corruption et onContinue par parler de corruption. Pour voir, il faut qu’on applique les textes qui existent déjà.

Mais le président de la République ne sera pas partout, quel est le système que vous mettez en place pour que ces textes soient appliqués ?

Ecoutez, il y a des collaborateurs, il y a des ministres, il y a des institutions, qui sont là pour ça. Alors que la justice soit au service du peuple. Que ces institutions fassent leur travail et ce sera réglé.

Monsieur Guézo, le 24 octobre dernier à Goho, après votre meeting, vous avez sans nul doute donné des enveloppes à ceux qui sont venus pour les déplacements. Est-ce qu’on avait besoin de ça pour vous écouter ? Ça vous l’avez fait !

Laissez-moi vous dire, j’ai invité le 24 dernier à Goho, mes militants, mes collaborateurs, mes coordinateurs, départementaux, communal, etc., ils se sont déplacés, depuis le septentrion, Malanville, Parakou, partout, Djougou, Natitingou, etc., vous ne trouvez pas utile que je participe à leur déplacement ?

Se sont vos militants, ils doivent contribuer à cette activité !

Cette notion de militantisme, si ça existait dans ce pays, si les membres d’un parti politique peuvent  s’acquitter de 1000f ou 2000f par mois ou par an, comme cotisation pour avoir une carte, on serait pas en train de voir ce que nous voyons aujourd’hui où les chefs de partis seraient tous seuls…

Mais ce que vous avez fait le 24 dernier est une autre forme de corruption !

Pas du tout c’est ma participation libre et volontaire au déplacement, d’ailleurs j’ai pas les moyens de payer la totalité.

Mais les populations d’Abomey qui n’ont pas fait le déplacement en ont reçu !

Ça c’est vous qui le dites, ça n’engage que vous. Moi mes coordonnateurs se sont déplacés de très loin, c’est la moindre des choses que je participe à leur déplacement. Si j’avais de moyens, j’envoyais des camions ou des cars aller les chercher.

Sur le plan agricole, vous proposez le retour à l’agriculture familiale et aux coopératives, mais la tendance actuelle est à l’agriculture mécanisée, favoriser des entrepreneurs agricoles, alors pourquoi vous faites cette option du retour à l’agriculture familiale ?

J’ai parlé des réformes agraires et pour nourrir le Bénin et à partir du Nigeria, vous convenez avec moi qu’on ne peut pas parler que d’agriculture familiale.

Vous l’avez mentionné

Je l’ai mentionné, je l’ai dit et je le répèterai, il faut qu’on retourne à l’agriculture familiale d’une part, tout en mécanisant les autres producteurs.

Vous ne l’aviez pas précisé !

Je le précise maintenant, c’est pas tard. 57% de notre population est composé d’agriculteurs, essayer donc avec les localités, de trouver d’espace, les aider, les subventionner en mécanisant pour que une fois pour toute on ait cette indépendance alimentaire.

Pour faire de l’agriculture industrielle, il faut avoir les terres, le problème foncier est un problème sérieux en ce moment au Bénin, quelle réforme vous proposez pour le foncier ?

Le foncier fait partie de nos priorités. Vous savez, il n’y a rien à inventer, la disposition 2013-01 d’août 2013, portant code foncier, tout est dedans, il suffit de mettre en application. On n’a rien à inventer, tout est là qu’on mette en application, cette disposition.  

Alors vous parlez de la mécanisation, quelle place donnez-vous à la diversification au niveau des filières agricoles?

Naturellement, mais cela va sans dire, naturellement qu’on arrête de pratiquer la même culture…

Quelle culture ?

Par exemple le coton qui ne fait que appauvrir les sols en eau et en tout. Il n’y a pas que le coton qui existe. Parlons d’abord de notre suivi avant de parler de coton. Toutes les cultures vivrières seront mises en valeur et nous allons encourager la consommation locale aussi.

Pas de développement sans énergie aujourd’hui, c’est au moins quatre heures de délestage dans toutes les localités du Bénin, quelle est la thérapie que vous apportez aux Béninois.

Quelle tristesse et quelle honte ? Je vous ai parlé de la troisième et de la quatrième révolution tout à l’heure, la révolution énergétique que nous sommes en train de passer, à côté, la révolution numérique, les Tic. Quatre heures de délestage, je ne sais pas ce qui se passe, moi je ne suis ingénieur en rien, docteur en rien. Mais pourquoi ne pas utiliser ? Une grande partie de nos foyers peut utiliser des énergies renouvelables et les reste les entreprises les industries, on en a pas d’ailleurs, les quelques usines que nous avons, on peut concentrer le reste des énergies à ces usines.

Monsieur Guézo, vous parlez comme un Béninois lambda, vous êtes candidat, vous serez investi les 6 avril 2016, qu’est-ce que vous proposez aux Béninois ?

Permettez-moi de parler comme un Béninois lambda parce que c’est le seul langage que les Béninois comprennent, qu’on vienne leur raconter, leur miroiter, dire des choses qu’ils ne comprennent pas, je nefais pas ça.

Vous avez déjà fait le tour du Bénin pour faire des diagnostics et vous êtes sensé connaître déjà des solutions appropriées…

Investir dans les énergies renouvelables en priorité et le reste on complètera.

Investir combien par exemple, associer le privé pour le développement des énergies renouvelable

Les deux, nous avons des partenaires, nous avons des amis qui ne demandent que ça, que d’investir dans le nucléaire et après, il faut les transformer, il faut l’entretenir, le nucléaire, il y a des pays développés qui sont en train de fermer, l’Allemagne par exemple. Il y a des gens qui nous aident, les Pays-Bas par exemple qui nous aident en matière de notre consommation d’énergie renouvelable et pourtant, …

Est-ce que vous avez une idée de la capacité actuelle de production de la société béninoise d’énergie électrique ?

La capacité qui varie d’une ville une autre ou d’un jour à un autre.

Comment vous allez faire pour augmenter la capacité de production et rendre le Bénin totalement indépendant de l’énergie …

Si cela était aussi facile, pourquoi ça n’a pas été fait depuis ?

Justement vous vous êtes candidat, qu’est-ce que vous proposez ?

C’est pour ça parce queje ne suis pas partisan du nucléaire, je ne suis pas un fanatique du nucléaire, je préfère les énergies renouvelables. La Ceb, la communauté électrique du Bénin, la première pierre vient d’être posée la fois dernière, pour une grande centrale nucléaire, pour l’autosuffisance énergétique du pays.

Vous allez continuer dans ce sens, c’est ça ?

Nous ne sommes pas là pour défaire ce qui a été fait, nous sommes là pour améliorer et compléter.

Monsieur Guézo, on retient que vous avez une petite idée de la chose, vous avez également parlé dans votre projet de société, d’une banque rurale et pour y arriver vous parlez d’un prélèvement d’une somme symbolique de 5f par produit importé ça pourrait donner combien par exemple par an ?

Avant de revenir à cette question, permettez-moi de vous dire, privilégier l’énergie renouvelable, si c’est une petite idée pour vous, ça n’engage que vous, pour c’est pas une petite idée.

Nous n’avions jamais dit que c’est une petite idée, mais nous avions dit que ça c’est déjà inscrit dans votre projet de société, que les énergies renouvelables ont leur place dans votre projet, l’énergie solaire, l’éolienne et autres, ça on a compris, on vient maintenant à votre banque rurale.

Dans ce pays le Bénin par exemple, dites-moi le nom d’une banque d’investissement, je n’en connais pas, moi j’en connais pas. Si vous êtes mieux placé que moi, donnez-moi un seul. Il est impensable que dans un pays qui se veut démocratique, un pays à développer, un pays émergent, que j’entends de tous les jours, qu’il n’ait pas de banque d’investissement. Un jeune qui crée un start-up, ou un auto-entrepreneur  quand celui-là il va à une banque pour demander le moindre investissement, mais c’est pas …pourquoi ? Comment peut-on développer le pays ?

Il y a quand même des banques sur place qui appuient les…

Il doit en avoir

Il y en a

Mais combien ils ont appuyé ? Si vous n’avez pas un capital de milliard, personne ne vous vous prête de l’argent.

Quel sera le capital de votre banque puisque là vous parlez de 5frans, à prélever sur chaque produit importé…

Là nous allons demander à nos partenaires, aux privés d’investir dans ce domaine, de créer des banques d’investissement, d’investir dans ce domaine et nous accompagnons, l’Etat béninois accompagnera ces banques.

Vous n’avez aucune idée exacte de votre banque rurale que vous avez mise dans votre projet de société ?

Mais, demander aux investisseurs de créer des banques en partenariat avec l’Etat, c’est pas une idée ?

Nous-nous parlons d’abord de votre idée originale, celle de créer une banque rurale, c’est vous-même qui l’avez mis dans votre projet de société…

Absolument, ça existait non avec les Clcam à l’époque !

Ça continue d’ailleurs d’exister

Encourageons, encourageons et renforçons

Monsieur Omer Rustique Guézo, si vous le voulez bien on va aborder les aspects socioculturels de votre projet de société et premier aspect, c’est le chômage des jeunes quel thérapie vous proposez pour lutter contre ce fléau?

Je vous aime bien mais il n’y a pas que les jeunes qui sont au chômage, le préfère le chômage des jeunes et des femmes

Oui quand je dis jeunes, je généralise, je complète, les femmes et les hommes, les jeunes…

Il n’ya pas que les jeunes au chômage, parce qu’il faut finir par définir l’âge dela jeunesse auBénin, parce que j’ai vu un monsieur de 80 la fois dernière, qui me dit qu’il est président de l’association de jeunes

Mais il n’y a pas beaucoup de séniors au chômage, on parle de chômage de jeunes.

En urgence, nous allons faire une politique de reconversion deces jeunes au chômage vers les filières, vers les secteurs tertiaires qui embauchent. Nous allons lancer notre réforme agrairedont je vous ai parlé qui de la terre jusqu’à la vente de la redistribution, crée des emplois à chaque …nous allons pour terminer, encourager l’auto-entrepreneuriat, un jeune qui a une idée, qui a un projet, lance l’étude de faisabilité, l’Etat va accompagner ce jeune et avec des mesures fiscales pour ces jeunes

Monsieur Guézo, vous avez également parlé dans votre projet de société, du système éducatif, qu’il va falloir rebâtir

Complètement

Complètement d’ailleurs, alors qu’est-ce que vous proposez aujourd’hui aux béninois, est-ce que vous pensez que tel que ça fonctionne aujourd’hui le système actuel ne participe pas à l’épanouissement, au développement ?

Permettez-moi de vous dire que le système actuel forme 110 000 chômeurs chaque année. 110 000 chômeurs sortent de notre université chaque année. Les pays développés ont compris et sont déjà très loin. Je prends encore l’exemple de l’Allemagne, très tôt on oriente les gens qui ne peuvent pas continuer,parce que on les oriente selon qu’ils aient les capacités on les orientevers d’autres secteurs d’activité. On n’attend pas que tout le monde finisse leur cursus, licence, maîtrise master doctorat et après on reste à la maison.

Mais aujourd’hui tous les secteurs sont saturés

Non, les secteurs ne sont pas saturés.

Lesquels par exemple ? C’est ce que veulent entendre les Béninois

Le secteur numérique, puisqu’on n’a même pas commencé, on est en train de passer à côté, le numérique, non. Le secteur énergétique, c’est pas saturé, on n’a même pas encore commencé, non.

Dans le secteur du numérique, qu’est-ce que vous proposez, plus précisément. Qu’est-ce qu’on doit faire ?

Nous avons la fibre optique déjà au niveau de la mer. Pourquoi ne pas ramener

Vous avez une idée du débit internet au Bénin ?

C’est pour ça que je parle de la fibre optique, peut-être dans certaines administrations, mais dans les foyers et dans les entreprises, dans les cybers, c’est catastrophique. C’est le moment de démocratiser le numérique, de ramener l’optique partout dans les foyers jusqu’à Malanville ou à Cotonou, vous ne voyez pas le nombr

Dernière modification lemardi, 18 avril 2017 04:59
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