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Christian Lagnidé sur « Moi Président » : « Il faut montrer au peuple que les politiques le volent »

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Il se veut être le candidat des communes et de l’unité nationale. Christian Enock Lagnidé est l’invité de Moi, Président. Avec lui, nous allons décrypter le programme qu’il propose aux Béninois dans le cadre de la Présidentielle. Un programme, autant vous le dire, axé sur la décentralisation avec comme ambition le transfert du plus du tiers des ressources du pays aux collectivités locales. Pourquoi cette option ? Comment y parvenir ? Christian Enock Lagnidé est là pour apporter les réponses à ces questions et à bien d’autres. Christian Enock Lagnidé, bonsoir.

Portrait :

Il est qualifié d’homme de challenge. Christian Lagnidé est né le 23 juillet 1963 à Cotonou. Il fait ses études entre Cotonou et la France. Il a été très tôt piqué par le virus du sport, et cette passion l’a amené à s’essayer à la vie professionnelle avec le statut de footballeur à FC Metzs en France. Christian Enock Lagnidé est un mélange de la maîtrise du monde du football et des affaires. Il a créé la première chaîne de télévision privée béninoise LC2 dont la filiale AFNEX et détient depuis 2003, et ce jusqu’en 2016, les droits de diffusion des matches de la Coupe d’Afrique des Nations de football. Celui qui passe pour l’un des enfants spirituels du Général Kérékou n’a pas résisté à la tentation de migrer du monde des affaires vers la politique. Il a été, sous le régime du Général, Ministre de la jeunesse et des sports et des loisirs de 1998 à 1999 et Conseiller spécial du même Chef de l’Etat de 2000 à 2006. Cette même accointance avec le Général Kérékou, lui a donné le goût de la gestion des affaires publiques, puisqu’il a été candidat aux législatives de 1999. Le candidat des communes, comme il s’identifie, est à sa deuxième expérience en matière d’élection présidentielle.

Christian Enock Lagnidé la question de la décentralisation vous préoccupe. Pourquoi avez-vous fait cette option ?

Pour résumer très rapidement, pendant longtemps, j’étais très loin de la chose politique comme vous l’avez dit. A force d’avoir passé presqu’une trentaine d’années aux côtés du Général Mathieu Kérékou, j’ai vu pas mal de choses. L’exemple qu’il représentait pour moi au niveau de la chose publique aussi a fait que, poussé par lui, j’ai fini par accepter, mais à ma manière, d’aller vers la chose politique.

Vous avez décidé de focaliser votre candidature sur la question de la décentralisation, pourquoi ?

Je voudrais d'abord rendre un hommage à ce président feu Mathieu Kérékou qui, justement quand j’ai décidé d’aller en politique, m’a dit que s’il y a une chose à faire, c’est de transférer les ressources et les compétences aux  communes. Et que le candidat qui fera cela aurait rendu au peuple béninois toute sa dignité, toute sa liberté et le bonheur. C’est exactement en 1991 que cela a été dit parce que, après sa défaite de 1991, j’avais le privilège de passer pas mal de temps avec lui et lui posais la question de savoir qu’est-ce qui n’a pas fonctionné pendant la Révolution. Il me disait que si pendant la Révolution, si on avait transféré les ressources financières et les compétences aux districts de l’époque, la Révolution serait toujours là, parce que le pouvoir serait vraiment décentralisé. Mais cela n’a pas suivi dans ce modèle, et que la Conférence Nationale de 1990 avait retenu ce qu’il fallait faire de la décentralisation et que si cela avait été fait, ça devrait aller. Donc, j’ai eu la chance de vivre encore en 1996 quand il est venu et de lui demander bon maintenant, qu’est-ce qu’on fait de la décentralisation ? Puisqu’on ne savait pas qu’il allait revenir, et il est revenu ? Donc, à partir de ce moment, j’ai suivi beaucoup la décentralisation mais j’ai remarqué tout comme lui et moi, on a fait des constats, que les raisons politiques ont souvent empêché la décentralisation de vraiment prendre sa place. Par des intérêts surtout, des intérêts égoïstes, n’ayons pas peur des mots, alors qu’il est évident, nous tous on sait que ce soit en France, aux Etats Unis, à Abidjan, au Burkina, au Rwanda,  tous ces pays qui ont laissé les municipalités évoluer, parce qu’elles sont plus près des populations, on voit les changements tout de suite.

Donc, M. Christian Lagnidé, ayant tiré leçons de ces expériences, vous pensez maintenant au développement du Bénin à partir des communes. Qu’est-ce que vous comptez concrètement faire ?

Je ne pense pas, le Bénin s’est doté de lois sur la décentralisation. Nous allons tous participer à cela, parce qu’il n’y a aucun Président au Bénin, ni sur cette terre qui peut changer un pays. Il faut amener tout le monde à comprendre, et surtout montrer la vérité aux populations qu’on les vole. Les politiques les volent, parce que la chose publique, le budget national appartient aux citoyens du plus petit au plus grand. Et c’est la mauvaise répartition, la mauvaise gestion qui fait qu’on a aujourd’hui, des poches plus pesées que d’autres.

Et vous, vous voulez transférer les 2/3 ?

Pas les 2/3, plutôt les 1/3. Là encore, ça fait depuis la dernière élection que j’avais sorti cela, mais personne ne m’a contesté, je dis personne, personne ne m’a  contesté ni sur le principe, ni sur les montants. J’insiste  sur 33% parce qu’aujourd’hui, il faut qu’on gagne le temps perdu. Ça fait 50 ans que ce pays est sous-développé à cause des hommes politiques, et rien d’autre. Bien-sûr que les populations sont complices  par moment. Mais, c’est ceux qui sont sensés leur montrer le chemin qui sont plus responsables, et je ne veux pas en faire partie parce que je ne veux pas critiquer, je ne veux pas jeter la pierre aux autres. Mais si on veut apporter quelque chose de mieux, on montre le chemin.

Vous semblez dénoncer la mauvaise gouvernance, malgré cela, vous voulez transférer plus de crédits vers les communes, est-ce que vous avez l’assurance que cela sera bien géré ?

Pourquoi vous pensez que c’est dans les communes seules qu’il y a la mauvaise gouvernance ? Pourquoi vous pensez cela ? Ah non, mais je ne parle pas de la mauvaise gouvernance des communes, je parle de la mauvaise gouvernance générale. Quand votre enfant il n’est pas premier, quand votre enfant il n’est pas brillant, quand votre enfant il n’écoute pas ce que vous dites, vous le jetez ? C’est pour ça que vous ne lui donnez pas à manger. Donc, laissez les communes en paix. Ce que je demande est simple. Le transfert, ce n’est pas moi qui l’ai inventé, la loi veut qu’on transfère les compétences et les ressources aux communes.

Est-ce que vous mettez un mécanisme en place pour que les ressources soient bien gérées ?

Ce n’est pas que moi. Nous allons mettre tous ensemble les mécanismes parce qu’il y va de l’intérêt des populations. Le transfert des ressources, c’est quoi ? Quand je dis qu’on va envoyer 1/3 du budget, on ne remet pas l’argent dans les mains des Maires. C’est ça justement. Un Etat se gère sur des bases que tout le monde connaît que ce n’est pas que le Président qui décide et fait ce qu’il veut. Il y a des règles de gestion dans tout pays, il y a des normes ; il faut les renforcer. Mais aujourd’hui, les mieux placés à s’occuper des populations, ce sont les conseils municipaux. Ils sont tout près des populations, ils sont en mesure de réagir comme il faut. Donc, mettre les moyens en place, ce n’est pas en une émission de 26 minutes que je le règle, c’est des principes inattaquables, indiscutables. Et si quelqu’un d’autre a mieux, je suis prêt à le suivre. Pour le bonheur des populations, aujourd’hui, c’est transférer les ressources aux communes qui sont avec les compétences. Alors, la méthode est simple.

Quelle est la méthode ? Comment est-ce que vous entendez, en tant que Président, impulser cette méthode?

Il y a d’abord ce qu’on critiquait tout à l’heure, puisque la parole de l’homme politique du Bénin ne vaut plus grande chose. C’est que des intérêts personnels égoïstes. Il n’y a plus de confiance réellement, c’est du vol. Tout le monde sait que dès qu’on nomme quelqu’un, les populations pensent qu’il va voler. Donc cette population aussi veut prendre quelque chose ; il y a une fausse mentalité qui n’est pas bien pour un pays, surtout un pays comme le nôtre où on se vente d’être les chantres de la démocratie ; on n’a pas de moralité, appelons les choses par leurs noms. Moi, Président, je suis d’abord allé moi-même de mon propre chef au tribunal de Cotonou, signer un engagement des décisions phares, des mesures phares qui doivent réinstaller la confiance entre la population et moi, Président pour qu’on sache que l’impunité sera radiée parce que si je suis même le premier avant même d’être élu, qui dit : si je dis, je transfère 1/3 du budget aux communes que je ne respecte pas, il faut me démettre en même temps sans condition. On ne viendra pas dire, ‘’ah, l’Assemblée n’a pas voté sa destitution. Donc, je prends d’abord moi-même la décision pour qu’il n’y ait pas de condition. Si je ne respecte pas cette chose que moi-même je me suis fixée et que je sais que c’est ce qui se fait. Donc, c’est une question de conviction. Et pour créer cette confiance avec les administrés, les municipalités, si je donne l’exemple, je ne vois pas pourquoi les administrés ne feront pas pareil.

M Lagnidé, c’est vrai que vous avez montré un engagement que vous allez faire prendre au tribunal. Mais, vous savez que vous Président, que les seules parjures qu’on pourrait vous opposer, c’est ce que vous aurez prêté comme serment en tant que Président, et non les actes que vous vous êtes engagés à appliquer avant.

Mais, je n’ai pas dit que je peux appliquer avant. Si vous aviez lu le projet, c’est ça que je suis en train de vulgariser. Je dis si je deviens Président, je ferai ci : transferts des compétences. Je ne ferai pas deux (02) mandats ; je ne me présenterai en aucun cas ; je ne créerai pas de parti politique parce que j’ai recensé tout ce qui nous pose problème et qui nous mettent toujours dans ces histoires, où on n’est même pas capable de faire des élections à bonne date, où on n’est même pas capable d’avoir sa carte d’électeur, alors qu’on doit voter. Je n’ai pas encore ma carte d’électeur, je dois voter. Moi, je n’ai pas envie de faire ça demain. Donc, je prends l’engagement dès maintenant que je ne ferai pas quand je serai Président. Si je suis élu Président, je reprends l’engagement de ne pas le faire. Je n’ai aucun engagement aujourd’hui, mais pour que ce ne soient pas des promesses en l’air comme tous les candidats font. Un candidat va vous dire que je donnerai ci, je donnerai ça ; il n’est même pas encore engagé. Une fois qu’il est Président, vous venez de le dire, il n’a pas pris cet engagement en tant que Président. Comme je le prends avant, pour dire que voilà ce que je m’engage à faire. Si je ne le fais pas, considérez cela comme un cas de parjure, et destituez-moi sans discuter.

Mais, ça n’entraîne pas le mécanisme de destitution, au regard de notre Constitution… !

Vous savez ? J’ai honte parce qu’on vit des choses dans notre pays ; on veut se cacher derrière des choses qui n’ont pas de sens. Le bon sens, c’est la chose la mieux partagée. Le bon sens veut qu’un dirigeant, un homme politique soit exemplaire. Je dis, je vais m’engager à cela, le tribunal trouve que c’est unique, ce n’est jamais arrivé depuis notre indépendance. Et tout le monde apprécie ; ce n’est pas interdit. C’est comme dans les affaires. Le meilleur contrat, c’est la confiance. Ce n’est pas ce que vous écrivez. Mais, comme chez nous, j’ai dit tantôt, qu’il n’y a plus de confiance, le premier responsable c’est le minimum qu’il a eu l’honneur et qu’il s’engage au Tribunal, qu’il aille le mettre au domaine, l’enregistrer. Donc, ça donne force de loi du coup, pour que si demain il ne fait pas, le mensonge, ce n’est pas un cas de parjure peut-être, c’est vrai qu’au Bénin, le ridicule ne tue, on s’amuse avec la chose publique ; on ne respecte même plus les populations. Cet engagement, logiquement, tout candidat sérieux, devrait s’engager sur son honneur et aller prendre des engagements comme ça, pour que les promesses électorales ne soient plus seulement aux dépends de ceux qui l’exécutent.

L’engagement qui est pris, c’est le premier pas, mais nous ne nous avez pas toujours dit le mécanisme que vous allez utiliser.

L’engagement, c’est même plus fort. En 2011, j’avais demandé la même chose, j’ai fait des chiffres. Je n’ai pas changé, je n’ai pas varié, j’ai juste amélioré. Mais j’avais proposé que tous les autres candidats n’ont qu’à faire leur affaire aussi de partager une partie du budget aux communes. Il y a eu 3,16% qui ont été partagés. Je n’ai rien à dire parce que ce n’est pas moi qui ai gagné ; le candidat qui avait gagné n’a pas pris d’engagement pour cela. Donc, aujourd’hui, si je reviens avec les 1/3 du budget, ce n’est pas une nouvelle. Je ne fais que confirmer et c’est pour ça que je suis allé prendre plus loin ; parce que le vrai développement, il se fait à la base. Et quand une commune a eu 23 millions de F cfa sur toute une année de l’Etat, plus le Fadec, ça, je préfère ne pas rentrer dans ces détails. Si cette commune aujourd’hui, peut recevoir huit (08) Milliards F CFA pour travailler, je ne sais pas si vous voyez que ça change toute une commune, et du coup, toutes les communes du Bénin seront en chantier forcément. L’administration et le gouvernement seraient là pour appuyer évidemment, sans considération politique. J’insiste là-dessus que la répartition se fait pour toutes les communes du Bénin  quelles que soient leurs couleurs politiques ; parce que le Président de la République se met au-dessus et permet aux communes de travailler. Même pour les communes de l’opposition, il y a une répartition qui leur permet de travailler parce que les populations ne sont pas des opposants. Ce sont les Béninois qui ont besoin de vivre décemment dans leurs villes.

Parlant de la répartition, vous avez dit que juste après votre élection, si c’était le cas, vous demanderiez aux conseils communaux de vous transmettre leurs priorités…

Pas du tout. J’ai demandé avant. J’ai écrit une lettre à chaque conseil municipal aujourd’hui en leur disant que je réaffirme la proposition qu’ils avaient reçue en 2011, parce que moi, j’ai continué à travailler, contrairement à ce qu’on peut croire. Travailler, ce n’est pas faire du bruit tous les jours. Depuis 2011, j’ai continué à travailler avec les communes, j’ai travaillé avec tous les acteurs de la décentralisation, jusqu’à la Présidence de la République pour toujours proposer quelque chose dans ce sens. Et aujourd’hui je leur demande jusqu’au 26 février, (parce qu’on  devrait faire les élections le 28), de m’envoyer les projets prioritaires qu’ils ont, afin que, dès le 30 avril, ils aient entre 500 millions et 02 Milliards F CFA déjà tout de suite.

Justement, comment est-ce que vous faites l’arbitrage de ces répartitions ?

Alors, pour les répartitions, il y a un tableau qui est fait depuis 2011 et qui a été réactualisé, parce qu’on part du poids de chaque commune. Comment ? Une commune a un budget d’investissement, un budget de fonctionnement cumulé qu’on fait sur le vrai budget exécutif. Moi je pense que pour un budget d’une commune de Zè par exemple qui est à 500.000 F CFA, je rapporte son budget par rapport au total de tous les budgets exécutés de toutes les communes, et ça me donne un pourcentage. Ce pourcentage, je le rapporte au 1/3 du budget voté par exemple ; là je parle aussi des recettes de budgets : ça me donne un montant qui fait que c’est son poids économique, parce que si la personne même dit que sur un budget d’un (01) milliards F CFA, j’ai pu exécuter 500 millions F CFA, ça me donne sa capacité de travail, et c’est sur cette capacité que je fais. Mais, pour pousser tout le monde à travailler, il y a un genre de bonus que j’ai mis en place qui ferait que les communes qui travaillent bien, tous les  mois, seront encouragés, et si une commune ne travaille pas bien, c’est les administrés qui demanderont des comptes.

Dernière modification lelundi, 27 mars 2017 05:39
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