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Politique

Après le camouflet diplomatique de Paris : Situation confuse aux Affaires étrangères

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Le fiasco diplomatique essuyé par le Chef de l’Etat à Paris du 02 au 09 octobre dernier a généré une crise  au Ministère des affaires étrangères. La tension serait des plus vives entre le ministre Aurélien Agbénonci et le désormais ancien secrétaire général du ministère Hermann Araba dont le nom figure au bas du communiqué qui a annoncé la visite de Patrice Talon en France sur invitation personnelle du président Emmanuel Macron. Selon certaines sources, Hermann Araba aurait même déposé sa démission après avoir eu de vives explications avec l’autorité. Mais finalement, c’est le conseil des ministres du 13 octobre 2017 qui a relevé le diplomate Hermann Araba de ses fonctions de secrétaire général du Ministère des affaires étrangères et de la coopération. Que s’est-il passé entre-temps ? Le ministre Agbénonci aurait-il refusé d’accepter la démission de Hermann Araba pour ensuite le débarquer afin de couper court à la polémique qui enfle ? Toujours est-il que même si le gouvernement tente de montrer à l’opinion qu’il n’y a pas crise et que c’est plutôt le Chef de l’Etat qui a sanctionné le Sg Araba en le relevant de ses fonctions, le malaise est pourtant là, palpable. La belle preuve est ce communiqué du bureau directeur du Syndicat national des diplomates, interprètes traducteurs et personnel administratif et technique du Ministère des Affaires étrangères (Syndipat-Mae) qui parle d’une réunion de crise tenue le 13 octobre au Ministère des affaires étrangères, le même jour où le conseil des ministres a relevé le Sg Araba de ses fonctions. Laquelle réunion a suggéré des pistes de solution pour une sortie de crise.
On savait qu’au ministère des Affaires étrangères l’atmosphère n’était pas des plus détendue entre le ministre Aurélien Agbénonci et ses collaborateurs. La nomination de personnes qui n’appartiennent pas au corps des diplomates à des postes sensibles à l’extérieur ou de diplomates à la retraite n’était pas du goût du Syndipat-Mae. Le fiasco de Paris pourrait donc être interprété comme la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Les diplomates pouvaient imputer la responsabilité de cette humiliation du Bénin sur le plan international à ceux-là nouvellement nommés qui, soit ne maîtrisent pas le langage diplomatique, soit dépassés par les enjeux actuels de la diplomatie. Il y a donc une crise latente et le relèvement de ses fonctions de l’ambassadeur Hermann Araba pourrait contribuer au durcissement du ton du Syndipat-Mae.

B.H

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Limogeage du Sg du ministère des Affaires étrangères : La preuve que le voyage de Paris est un fiasco

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La dernière visite de travail de Patrice Talon en France était un échec. Le gouvernement en a donné la preuve en se séparant du Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Marc Hermann Araba le vendredi 13 octobre.

Marc Hermann Araba n’est plus le Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères. Sa démission avait été annoncée puis démentie. Mais le Conseil des ministres du vendredi dernier a scellé son sort. Ce diplomate qui avait signé le communiqué officiel qui annonçait la rencontre entre le président Patrice Talon et son homologue français a finalement été déchargé. L’annonce relayée dans les tous médias ne s’est jamais concrétisée. La décision du gouvernement prouve clairement que la diplomatie béninoise a connu une débâcle à Paris. C’est presque une honte que toute la délégation présidentielle a essuyée du 02 au 09 octobre dernier. Et le quotidien «Matin Libre» avait bien raison en réclamant le grand ménage dans l’entourage du Chef de l’Etat. Marc Hermann Araba a certes été sanctionné. Seulement, c’est un menu fretin qui a été broyé. Patrice Talon qui se dit adepte de la rigueur doit pouvoir davantage sévir. En effet, tout l’appareil diplomatique national doit être nettoyé. La faute est trop lourde pour que le Secrétaire général Araba l’assume seul. Le président de la République doit punir tous les responsables qui ont étalé leurs limites. La responsabilité du  Chef de la mission diplomatique du Bénin en France est engagée. Tout montre que l’ambassadeur Auguste Comlan Alavo a mal négocié cette rencontre entre les deux Chefs d’Etat. Représentant de Patrice Talon auprès d’Emmanuel Macron, il a démontré qu’il est totalement déconnecté du circuit diplomatique. Aurélien Agbénonci, le Chef de la diplomatie béninoise dont les mérites ont pourtant été vantés lors de sa nomination, a fait, lui, piètre figure. Talon ne saurait le maintenir à la tête du ministère des Affaires étrangères au nom d’une quelconque amitié. Il faut que la diplomatie béninoise retrouve ses lettres de noblesse sous la direction de diplomates capables d’assumer leurs fonctions. Si Patrice Talon ne veut sanctionner Aurélien Agbénonci ni Auguste Comlan Alavo, ces derniers doivent, eux,  déposer le tablier s’ils ont de la dignité.     

Mike MAHOUNA 

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Suppression prochaine de la Cena : Le Prd contre un " complot de la Rupture"

politique

Le Parti du renouveau démocratique (Prd) ne devrait pas soutenir le projet déjà décrié de suppression de la Commission électorale nationale autonome (Cena). Reçu le dimanche 15 octobre 2017 sur Canal 3 Bénin, le député Raphael Akotègnon  qui représentait le parti, a fustigé l’initiative proclamée depuis peu.

Il est de la Rupture, mais il n’accompagnera pas l’initiative consistant à  détruire la Cena. Le parti arc-en-ciel a été on ne peut plus clair à propos de ce projet agité, hier dimanche à travers l’un de ses députés. Raphael Akotègnon n’a pas tenu un langage coupé de la réalité. Il s’est voulu direct. « Quand j’ai entendu ça, j’ai souri. Aucun démocrate sérieux de notre pays, ayant suivi le cheminement ayant conduit à l’invention de la Cena ne va accepter de supprimer la Cena », a-t-il indiqué aux micros de Canal 3 Bénin. «La Cena  a connu  une amélioration dans sa forme et dans son fond. On a voulu d’une Cena professionnelle. On n’en est pas encore là (…) Ce serait reculer que de confier l’organisation des élections à l’Exécutif. On ne peut pas être juge et partie. Je ne pense pas qu’un député initiera une pareille proposition de loi. Pas du tout. Pas du tout alors. La question ne se pose pas pour moi», ajoutera le député Akotègnon. La position du Prd n’est pas confuse. La formation politique que dirige Me Adrien Houngbédji ne cautionnera pas la suppression de la Cena. Soutien inconditionnel du président Patrice Talon, il n’apportera pas son appui au régime de la Rupture dans une réforme très controversée, porteuse de germes de déstabilisation. Il faut souligner que le sujet alimente des commentaires au sein de l’opinion depuis quelques semaines. Plusieurs personnes fustigent les réflexions  qui seraient déjà lancées selon certaines sources. Des députés proches du gouvernement entretiennent la confusion sur la question. Interrogé lors des cinquièmes entretiens politiques de l’Association béninoise de droit constitutionnel (Abdc), le député Orden Alladatin avait vaguement montré que la question méritait d’être posée. Valentin Djènontin, membre de la minorité parlementaire, avait, quant à lui, soutenu à cette même occasion que les réflexions étaient menées par un groupe de députés en catimini. Selon lui, il y a lieu de s’inquiéter par rapport aux propositions devant être faites par le groupe de députés choisi par le gouvernement. Les députés des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) sont contre la suppression de la Cena analysée comme un recul de la démocratie. Le Prd ne participera pas non plus à ce "complot" de la Rupture contre le peuple. Le ministère de l’Intérieur ne devrait donc pas reprendre le contrôle de l’organisation  des élections. A tout le moins, Patrice Talon risque de ne pas être accompagné dans cette réforme par les députés "Tchoco-tchoco".  C’est un nouvel échec qui se dessine, si la Rupture choisit le forcing comme il sait le faire.

Mike MAHOUNA     

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Meeting de protestation contre la gouvernance Talon : Le Fsp sort ses griffes

Richard-SENOU

Le Front pour le sursaut patriotique a organisé un géant meeting, vendredi 13 octobre 2017. Dans une Bourse de travail archicomble, élus du peuple syndicats et autres forces vives de la nation ont dénoncé la gouvernance du Chef de l’Etat Patrice Talon et ont exigé par la même occasion, la tenue des états généraux en vue d’un gouvernement patriotique et de probité.

La mobilisation était très forte vendredi dernier à l’appel du Font pour  le sursaut patriotique. Une vingtaine de députés dont Simplice Dossou Codjo, Yaya Garba, Valentin Djènontin, Idrissou Bako, Atao Hinnouho et autres, des responsables syndicaux anciens comme nouveaux , hommes et femmes de toutes conditions sociales,ont tenu à exprimer leur désarroi face  à « l’aggravation de la misère et un horizon assombri pour les travailleurs et le peuple ». Tout ceci dans une atmosphère marquée par la casse des petits producteurs de rue, les  liquidations de sociétés et licenciements abusifs… C’est le porte-parole du Front, Jean Kokou Zounon, qui, dans une déclaration, a dénoncé les dérives autocratiques du gouvernement Talon, et pour cause :

Talon avait promis…mais…

La situation est  grave, très grave, s’est alarmé Jean Kokou Zounon et pourtant, fait-il remarquer : « Talon avait promis l’égalité des chances pour tous, mais jamais l’inégalité n’a atteint des proportions aussi  vertigineuses ; Talon avait promis lutter contre l’impunité, mais on observeque l’impunité et la corruption sont protégées au sommet de l’Etat et la rigueur soi-disant de la loi qui ne frappe que les faibles et les opposants ; Talon avait promis dépolitiser l’administration, mais jamais l’administration n’a été aussi politisée, Talon avait promis de respecter les institutions et les lois, mais jamais les institutions et les lois y compris les décisions de la cour constitutionnelle n’ont été aussi niées par un président de la République. Talon avait promis le respect des libertés, mais  c’est lui qui envoie la police contre les manifestants, c’est lui qui empêche la chaîne du service publique de couvrir les manifestations de l’opposition, c’est lui qui fait répandre la peur, les intimidations et menaces contre les responsables opposants et leur proches…Talon avait promis respecter la démocratie et équilibrer les institutions, mais c’est lui qui concocte un  projet de code électoral contre la démocratie et les élections transparentes. Talon avait  promis une présidence crédible et qui force le respect, mais le président a perdu toute crédibilité à cause des reniements spectaculaires de la parole donnée. Il a promis et répété qu’il organiserait une consultation populaire et un référendum pour la révision de la constitution, il a promis et répété qu’il ne ferait qu’un mandat unique, mais tout le monde observe que ce n’était que ruse, imposture et parjure. « Quand le pouvoir déraisonne, le peuple l’emprisonne », a clamé Laurent Mètognon de la Fésyntra Finance face à ce tableau sombre. Eugène Azatassou des Fcbe, lui dénonce la ruse et la rage du gouvernement aggravées par l’humiliation du Bénin au plan international : « Ils ont déchiré la conférence nationale, se désole-t-il. Pour sa part, Gilbert Kouéssi,  du Parti communiste du Bénin, appelle le peuple à la mobilisation face aux dérives du pouvoir. L’heure est très grave s’est inquiété Léonce Houngbaji, du Parti de la libération du peuple, pour qui Talon est venu détruire l’économie du pays. Tour à tour, le représentant du Psd Bélier, le député Basile Ahossi, Thérèse Wahounwa, Dieudonné Lokossou, Lokossa Honoré de la diaspora, Noël Chadaré, Kassa Mampo, Didier Dossè, représentant les étudiants, Loth Houénou et Lucien Mèdjico, se sont tous s’inscrits dans cette même perspective, pour dénoncer les atteintes à la démocratie béninoiseet l’accaparement des biens publics par Patrice Talon et ses proches. Ils en appellent tous à la tenue des états généraux du peuple.

Thomas AZANMASSO

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Assemblée nationale : La 6e session extraordinaire de 2017 clôturée

Eric-Houndete

Le premier vice-président de l'Assemblée nationale EricHoundété a procédé hier, jeudi 12 octobre 2017,  au Palais des gouverneurs à la clôture de la 6ème session extraordinaire de l'année 2017.

Ouverte le jeudi 28 septembre dernier, 10 points étaient à l’ordre du jour de la 6e session extraordinaire de 2017. Dans ce cadre, l'Assemblée nationale s'est réunie six (06) fois en séances plénières suivant la périodicité ci-après: le jeudi 28 septembre, l'Assemblée nationale a procédé à l'ouverture de ladite session; le lundi 02 octobre 2017, il y a eu l'examen et l'adoption de son budget gestion 2018 qui s'élève à 14.056.442.591 FCFA; le mardi 03 octobre 2017, il y a eu l'examen et l'adoption de la loi n°2017- 30 portant autorisation de ratification de l'accord de financement additionnel signé à Cotonou, le 02 juin 2017, entre la République du Bénin et l'Association internationale de développement (AID) dans le cadre du Projet d'appui à la diversification agricole (PADA) d'un montant de 27. 484.598.300. Au cours de la séance du vendredi 06 octobre 2017, quatre lois ont été examinées. Il s'agit de la loi n°2017-31 portant autorisation de l'accord de prêt signé le 23 août 2017 à Beijing, entre la république du Bénin et Export-Import Bank (Eximbank) de la Chine dans le cadre du financement du Projet de renforcement des systèmes d'alimentation en eau potable des villes de Savè, Dassa-Zoumé, Glazoué et environs pour un montant de 50.662.759.475 FCFA; la loi n°2017-32 portant autorisation de ratification de l'accord de financement additionnel signé à Washington le 14 juillet 2017 entre la république du Benin et l'Association internationale de développement (AID) dans le cadre du Projet d'aménagement des services énergétiques (PASE) pour un montant de 36. 012.039.300 FCFA; la loi n°2017-33 portant autorisation de ratification de l'accord de crédit signé par échange de courrier le 12 juillet entre la république du Bénin et la Banque du Brésil dans le cadre du financement partiel du projet de construction des routes Kétou-Idigny-Igbodja-Save (85,8 km), Omou-Illadji-Mossoukagbe-Ayekotonyan (26,6 km) et Savè-Oke-Owo-frontière Nigeria (27,5km) pour un montant de 99.640.000.000 FCFA et la loi n=2017-34 portant autorisation de ratification de l'accord de prêt signé à Cotonou le 12 septembre 2017 entre la république du Bénin et la Banque ouest africaine de développement (BOAD) dans le cadre du financement partiel du Projet de viabilisation du site et de construction de 1300 logements sociaux à Ouedo dans la commune d'Abomey-Calavi au Bénin pour un montant de 20.000.000.000 FCFA.

Le mardi 10 octobre 2017, deux lois ont été examinées. Il s'agit de: la loi n°2017-35 portant autorisation de ratification de l'accord de crédit signé le 22 mai 2017 entre la république du Bénin et Rabobank, dans le cadre du financement partiel de la deuxième phase du Projet de protection de la côte à l'Est de Cotonou pour un montant de 32.472.995.167 FCFA ; la loi n°2017-36 portant autorisation de ratification du contrat de crédit signé à Cotonou le 02 juin 2017 entre la république du Bénin Rabobank et KBC, dans le cadre du financement partiel du Projet de protection de la côte à l'Ouest de Cotonou; conception et réalisation des travaux de protection et de valorisation du segment prioritaire de côte  à Avlékété et Djègbadji dans la commune de Ouidah pour un montant de 75.231.424.058 FCFA. Le jeudi 12 octobre 2017, deux lois ont été examinées et adoptées. Il s'agit de la loi n°2017-37 portant autorisation de ratification de l'accord de prêt signé par échange du courrier le 27 avril 2017 entre la république du Bénin et la Banque ouest africaine de développement (BOAD) dans le cadre du financement partiel du Projet de développement des infrastructures socioéconomiques et de sécurité alimentaire dans le bassin du Niger; construction de quatre (04) barrages à buts multiples au Benin pour un montant de 10.000.000.000 FCFA. La loi n°2017-37 portant autorisation de ratification de l'accord de prêt signé avec la Banque ouest africaine de développement (BOAD) dans le cadre du financement partiel du Projet d'aménagement et de bitumage de la route Lokossa-Deve-Aplahoué-frontière du Togo pour un montant de 25.000.000.000 FCFA. Au cours de la période de référence, les neufs (09) autorisations de ratification votées par l'Assemblée nationale ont permis de mettre à la disposition du gouvernement un montant de 349.019.222.000 FCFA pour sa politique de développement dans le cadre de la construction de logements sociaux, des routes, de l'énergie et de l'eau.....

Kola Paqui

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Rencontre Talon-diaspora Béninoise à Paris : Bilan et perspectives

Rachidi-Kotchoni

Le Président de la République du Bénin, Patrice A.G. Talon, a initié une rencontre avec la diaspora béninoise de France et des environs le 07 octobre 2017. Cette rencontre qui s'est tenue Place Vendôme (Paris, France) a été l'occasion pour le Président de la République et d'éminents membres de son équipe gouvernementale de présenter leurs réalisations aux compatriotes vivant à l'étranger et d'échanger avec eux sur des sujets brulants concernant le Bénin.

C'était la première fois que je me retrouvais dans la même salle que le Président de la République et je dois avouer que j'ai été agréablement surpris par le personnage. En effet, j'ai découvert un homme intelligent, lucide, structuré, cultivé et toujours prêt à l'action. D'entrée de jeu, le Président de la République a promis qu'il n'éludera aucune question. Il a tenu parole en répondant à toutes les questions avec perspicacité et sans trop d'arrogance. Je dis "sans trop d'arrogance" car il est impossible d'asséner ses points de vue avec conviction sans paraître un peu arrogant. Mais l'auditoire vous pardonne lorsqu'à chaque fois vous précédez vos arguments les plus péremptoires par des "excusez-moi l'expression" ou encore "je m'excuse d'être direct avec vous". Le Président Talon est un véritable maître dans l'art dialectique.

Ceux qui me connaissent savent que je n'ai pas voté pour le candidat Talon aux dernières élections présidentielles, simplement parce que j'avais du mal à faire confiance au personnage. D'ailleurs, je n'ai voté pour personne car je n'ai toujours pas de carte d'électeur.J'ai été parmi les premiers à manifester mon indignation de voir Patrice Talonélu Président de la République sur les réseaux sociaux car je trouvais que cette élection a été sale, aussi bien sur le plan de la manière dont l'argent a circulé que sur le plan des arguments de campagne. Mais après la rencontre Place Vendôme, je suis parti avec le sentiment que j'aurais peut-être pu voter pour le candidat Patrice Talon si l'occasion m'avait été donnée de le rencontrer avant les élections (et aussi si j'avais une carte d'électeur!).

Comment ne pas succomber aux arguments d'un Président de la République qui affirme être en train de neutraliser toutes les niches de corruption, assainir les finances publiques, investir dans l'éducation à travers des bourses et des cantines scolaires, numériser le fonctionnement de l'administration publique, investir massivement dans les infrastructures et les énergies, promouvoir le sport et les arts, etc.? Je pense que tout comme moi, l'ensemble de l'audience était conquise. La séance des questions-réponse s'était déroulée dans une ambiance tellement électrique que le Président a répété a plusieurs reprises "il faut qu'on organise ce genre de rencontre plus souvent". Autant dire que le Président Talon était également tombé amoureux de son Public. Une rencontre qui ne devait durer que deux heures n'était toujours pas finie après quatre heures. On découvre un Patrice Talon courtois et qui apprécie la chaleur humaine. Lorsqu'il argumentait sur une question et qu'on n'était pas d'accord avec lui, il mettait son modérateur (qui n'est autre que S.E. Agbenonci, ministre des affaires étrangères) et ses agents de sécurité en veilleuse et invitait l'interlocuteur ou interlocutrice coriace à venir discuter avec lui sur le podium. Cela donnait ensuite lieu à quelques minutes de chuchotements dans les oreilles entre le président et son interlocuteur, qui se terminait invariablement par un geste du Président qu'on pouvait traduire de loin par "tu viendras me voir tout à l'heure après la rencontre" ou encore "je reprendrai contact avec toi pour poursuivre cette discussion".

Le président et ses ministres ont fait de brillantes présentations et leurs discours ont été applaudis. Après la rencontre, je suis entré en communication avec de bons vieux amis vivant au Bénin pour vérifier certaines des affirmations de nos ministres. Malheureusement, toutes les personnes que j'ai interrogées n'ont pas la même lecture des événements politiques qui se déroulent au Bénin que les membres du Gouvernement qui étaient venus nous rencontrer. Si les avis que j'ai eus sont représentatifs, cela voudrait dire que beaucoup de béninois ne sont pas sur la même longueur d'onde que leur Gouvernement. La communication politique du Gouvernement Talon mériterait donc d'être améliorée à l'intérieur du pays. J'inviterais le Président à agir avec sagesse et intelligence pour obtenir l'adhésion de ses concitoyens car la cohésion sociale est indispensable pour mener à bien les réformes douloureuses dont le pays a grand besoin.

Je suis allé à la rencontre de Place Vendôme avec une liste de suggestions destinées à attirer l'attention du Président de la République sur des sujets précis. Malheureusement, la parole ne me fut pas donnée (tout le monde ne pouvait pas intervenir compte tenu des contraintes de temps). Je souhaite lui transmettre ces modestes suggestions afin qu'il en tienne un peu plus compte dans les actions futures de son Gouvernement. Par souci d'impartialité, je donnerai ces conseils ici sans me référer à une affaire particulière et sans citer de nom particulier. Je disais donc que je souhaitais dire à son Excellence, le Président Patrice Talon qu'il y a quatre conditions préalables au développement d'un pays.

Premièrement, le respect des droits de propriétés et des contrats, gage de confiance des investisseurs et des citoyens sur le long terme. Les événements politiques ne doivent pas être de nature à mettre en péril la tranquillité des investisseurs nationaux et étrangers. De même, l'investisseur national ne doit pas craindre que son appartenance politique nuise à ses affaires. Enfin, la corruption ne doit pas atteindre des degrés qui favorisent l'expropriation des citoyens et une répartition arbitraire des droits de propriété. Un environnement des affaires propice à la promotion du secteur privé (ce qui constitue encore la faiblesse de l’économie béninoise) passe non seulement par l’attractivité du pays mais aussi et surtout par la sécurisation de l’investissement. Je considère donc que le respect des droits de propriétés et des contrats est le pilier numéro un du développement.

Secundo, la qualité des institutions. Il faut que le Gouvernement actuel du Bénin fasse davantage la promotion de ladémocratie, de la bonne gouvernance et de la transparence dans la gestion des affaires de l'État. Ceci est nécessaire pour créer et maintenir la confiance des citoyens en leurs institutions et en leurs dirigeants. Le Président Talon doit aller à la rencontre du peuple béninois et expliquer son action, comme il l'a fait avec la diaspora. S'il a pu convaincre la diaspora, il devrait également être en mesure de convaincre les premiers concernés par son action, c'est-à-dire, ses concitoyens qui vivent au Bénin. Mais avant d'aller parler aux Béninois, il faut leur donner un peu à manger, car ventre affamé n'a point d'oreille. J'en profite pour dire ici que la demande intérieure (c'est-à-dire, la capacité des résidents béninois à consommer et à investir) doit d'être relancée sans attendre. Il y avait beaucoup de niches de corruption qui faisaient vivre l'économie du pays. Au fur et à mesure que ces niches se ferment par souci d'assainissement des finances publiques, il faut créer de nouveaux canaux légaux, formels et vertueux de redistribution des richesses. Ceci implique, entre autres choses, de laisser éclore des entreprises formelles à forte utilisation de main d'œuvre. Autrement dit, il faut que l'individu qui vivait de la corruption puisse désormais vivre à la sueur de son front comme le demande la Bible. Sinon, il arrivera un moment où les parents ne pourront pas payer la contribution scolaire de leurs enfants. Et là, ça va vraiment craindre.

Troisièmement, la capacité des dirigeants à organiser et à façonner la société. À ce niveau, je pense le Président Talon (alias "Agnonnon") adonné des preuves de ses capacités. Il faudrait qu'il continue sur cette lancée en mettant en œuvre des mécanismes incitatifs et individuellement rationnels au service de la transformation de notre société. Un mécanisme incitatif a pour but de nous indiquer le chemin à suivre et de nous forcer à prendre ce chemin. Un mécanisme individuellement rationnel est un mécanisme que le citoyen consent à suivre car ceci est conforme à ses intérêts. Lorsque les mécanismes politiques mis en place sont à la fois incitatifs et individuellement rationnels, les dirigeants n'ont plus à craindre que les citoyens dévient du droit chemin. L'objectif est donc d'atteindre un niveau où le dirigeant mettrait en œuvre des réformes douloureuses sous les applaudissements d'un peuple conscient de l'utilité de ces réformes.

Quatrièmement, la capacité de notre pays à contrôler son destin collectif. Ici je serai un tantinet plus vague car il s'agit d'un conseil pour tous les présidents africains. Collectivement, nous avons les capacités de définir nous-mêmes les valeurs qui fondent notre société, de décider de la valeurs des choses et des biens, de décider des choses qui auront de la valeur à nos yeux et des choses qui n'en auront pas. Collectivement, nous sommes capables d'orienter nos priorités et nos préférences dans les directions qui favorisent le développement de notre pays. Pour faire court, j'essaye de dire que nous sommes capables d'éditer nous-mêmes le logiciel qui doit tourner dans nos têtes. Un logiciel édité par une autre personne ne peut pas favoriser notre développement. Au contraire, cela nous opposera les uns aux autres et favorisera le développement de celui dont le logiciel est installé dans nos têtes. Il est urgent que les dirigeants africains prennent conscience de ce pouvoir qui est en leur possession et qu'ils l'utilisent dans le bon sens.

Pour élaborer sur le dernier point, prenons l'exemple de l'économie béninoise qui est agricole à près de 70%. En l'absence d'autres changements, le Bénin restera pauvre dans son ensemble tant que le paysan béninois restera pauvre. Nous devrions donc être en mesure de décider collectivement qu'un paysan qui a travailler durant toute une année et qui a produit une certaine quantité de coton, de maïs, d'ananas ou d'autre chose doit être à l'abri du besoin.

C'est à nous de prendre cette décision collectivement en orientant les dépenses publiques, nos décisions de consommation et nos priorités dans telle ou telle direction. Ni Dieu, ni la Banque Mondiale, ni le FMI, ni la France, ni les marchés mondiaux des matières premières ne viendront le faire pour nous.

Dans la même veine, nous pouvons décider un jour de supprimer le taxi-moto (zémidjan) et l'essence frelatée de notre économie. Le gouvernement lancerait alors des chantiers à forte demande de main d'œuvre pour absorber les personnes travaillant dans ces secteurs; il mettrait aussi des moyens de substitution (c'est à dire de nouvelles stations services et de nouveaux autobus) à la disposition de la population à prix accessible; il ferait des campagnes de sensibilisation pour éduquer le peuple sur les bénéfices du sport et de la marche. En fin de compte, les citoyens prendraient plaisir à marcher pour sortir de leur rue avant d'emprunter un moyen de transport en commun.
Voila des exemples de situations où nous devons expérimenter des mécanismes incitatifs et individuellement rationnels: prendre des décisions bienveillantes à l'égard des citoyens, les inciter à s'y conformer tout en leur démontrant que la décision est bonne pour eux individuellement et collectivement. Si on pouvait consacrer l'équivalent de 1% du total des budgets de campagnes électorales à la sensibilisation et à l'éducation du peuple, imaginons le changement!

Monsieur le Président, n'ayez donc pas peur d'aider votre peuple. Aidezle peuple à s'émanciper et il se constituera en bouclier autour du vous en cas de difficulté. En faisant grandir votre pays, vous deviendrez le président d'un grand pays et par là même un grand chef d'État."La richesse d'un pays, ce n'est ni le diamant, ni l'or, ni le pétrole. La richesse d'un pays ce sont les hommes" (Patrice Talon, le 07 octobre 2017, Place Vendôme, lors de la rencontre avec la diaspora).

Le Gouvernement Talon peut et doit contribuer à l'émergence de ces conditions ci-dessus, conditions qui constituent les fondements sur lequel nous allons bâtir le développement du Bénin. Il est clair qu'il faudra un certain temps pour réaliser ces conditions. À plus court terme, il y a des actions concrètes en faveur du développement que le gouvernement béninois devrait mener. Ces actions doivent miser sur les avantages comparatifs du Bénin afin de porter les meilleurs fruits.

Premièrement, les infrastructures et énergies ne doivent plus attendre. Sans électricité et sans internet, tous nos discours sur le développement sont illusoires. Il faudrait favoriser des initiatives privées dans ces domaines pour permettre au pays d'aller plus vite, des initiatives qui vont au delà de la vente des groupes électrogènes qui sont une catastrophe écologiques. Lorsque j'enseignais à l'AfricanSchool of Economics (Abomey-Calavi) et que la SBEE coupait le courant, toutes mes belles théories économiques tombaient à l'eau devant les étudiants.

Secundo, l'enseignement supérieur doit être érigé en moteur de développement économique au Bénin. Le Bénin possède un énorme capital humain sur lequel le Gouvernement peut et doit surfer. LaCité Internationale de l'Innovation et du Savoir prévu dans le PAG ne suffira pas. Il faut favoriser la création de bonnes institutions universitaires qui vont attirer les étudiants de la sous-région, voire au delà. Cela suppose, bien entendu, que le Bénin continue d'être un pays où règnentpaix et sécurité. Le Bénin doit faire émerger des complexes universitaires de type Houdégbé, UPIB, ou ASE et autres, mais revus et corrigés de tous les défauts que nous reprochons aux acteurs actuels de l'enseignement supérieur privé béninois. Si nos diplômes sont reconnus mondialement au point où des tests de langues sont requis pour venir au Bénin, imaginons l'impact que cela pourrait avoir sur un centre comme le CEBELAE!

Troisièmement, le Bénin doit dynamiser le financement des entreprises naissantes. Franc CFA ou pas, si nos banques n'accompagnent pas de nouvelles initiatives privées capables de créer de la richesse, si elles se contentent juste de financer les campagnes saisonnières d'anacarde au taux d'intérêt de 20%, l'économie nationale ne décollera pas. L'État doit encadrer les banques et les inciter à financer les initiatives privées à fort potentiel. L'objectif à terme est de faire émerger une classe d'entrepreneurs béninois à succès qui n'éprouveront pas le besoin de vivre sur le dos de l'État, mais qui, au contraire, feront vivre l'État.De plus, il faudra veiller à ce que ces entrepreneurs nationaux ne soient pas lésés par rapport à leurs homologues étrangers qui investissement au Bénin. En effet, beaucoup d'entrepreneurs béninois ont le sentiment d'être étouffés par un cadre légal qui ne favorise que l'émergence d'entrepreneurs libanais, chinois ou français. L'État doit envisager des facilités fiscales en faveur des entreprises naissantes et veiller à ce qu'une grande partie de l'économie béninoise reste aux mains des béninois.

Quatrièmement, il est urgent de mettre en place une politique industrielle ambitieuse pour le Bénin. À ma connaissance, le Bénin n'a pas de plan de développement industriel qui résiste aux changements de gouvernement. Or il est urgent que le Bénin développe son secteur industriel pour diminuer sa dépendances aux recettes fiscales liés aux activités du Port Autonome de Cotonou. Il faut donc rapidement mettre en place un plan de développement du secteur industriel qui va non seulementattirer les capitaux et le savoir-faire étranger, mais aussi catalyser l'innovation au niveau national.

Je vais terminer en faisant quelques observations sur le PAG. Comme il s'agit d'observations faites en regardant de loin, je peux me tromper sur certaines choses. Je m'excuse donc à l'avance pour d'éventuelles erreurs d'appréciation.

À mon humble avis, le PAG mériterait un recadrage et une reformulation des objectifs pour en permettre un monitoring et des évaluations périodiques. Par exemple, on doit pouvoir dire le taux d'exécution du PAG en temps réel. Sinon, le PAG sera perçu par les citoyens et les investisseurs comme un plan aux contours imprécis.

Secundo, il faut innover sur la façon d'opérationnaliser le PAG. Par exemple, en association avec les banques privées et les institutions d'aide bilatéral et multilatéral, le Gouvernement pourrait lancer des appels à projets sur des thèmes précis. Par exemple, l'économie numérique, l'énergie solaire, l'énergie éolien, le transport fluvial, etc. Les entrepreneurs potentiels soumettraient des projets déclinés sous forme d'offres techniques et financières, des experts étudieraient ces projets et décideraient lesquels doivent être développés. Une partie du financement viendrait naturellement de la contribution du porteur du projet, l'autre partie viendrait sous-forme de prêt consenti par les partenaires sous le parrainage du Gouvernement.

Troisièmement, il est urgent de rendre la chaîne d'exécution des dépenses publique plus efficace. J'ai entendu dire que plus de 50% (chiffre à vérifier) des crédits alloués par les partenaires au Bénin ne sont pas consommés. Dans ces conditions, la capacité du Bénin à déployer les grands projets contenus dans le PAG pourrait bien être le plus redoutable des obstacles à franchir. Il faut donc commencer par roder le système pour s'assurer que la machine est bien huilée au niveau de la chaîne d'exécution des dépenses publiques.Il faut aussi respecter avec rigueur notre programmation et ne pas hésiter à imposer notre agenda aux Partenaires Techniques et Financiers, à l’instar du Rwanda. Nous devons, à l'instar du Sénégal, champion du monde en termes d'aide au développement reçu par tête, mettre au point une machine vorace qui consomme tout les crédits alloués à l'aide au développement et qui en redemande.

À ce titre, j'aimerais prévenir qu'il ne faut pas revoir les objectifs du PAG à la baisse. Au contraire, il faut trouver des moyens innovants pour son financement. Par exemple, la restructuration de la dette en partenariat avec les bailleurs de fonds, la titrisation de la dette, la sollicitation de pays émergents ayantdes excédents de liquidité, etc. Mais attention, les marchés financiers ont horreur des conflits d'intérêt. Un conflit d'intérêt réel ou apparent au sommet de l'État peut nuire à la capacité du pays à mobiliser des ressources sur les marchés financiers. Le Gouvernement ne doit pas prendre à la légère les allégations de conflit d'intérêt et de mauvaise gouvernance au sommet de l'État. Il faut faire face aux critiques courageusement et y répondre de manière convaincante.

En guise de conclusion, j'aimerais inviter le Président de la République et son gouvernement a agir dès maintenant pour réduire considérablement le coût des transitions politiques au Bénin. Les transitions politiques coûtent trop cher au peuple béninois, tant sur le plan financier que sur le plan de l'incertitude macroéconomique. En effet, on a le sentiment que la nouvelle corde n'est jamais tressée sur l'ancienne, que les acquis ne sont pas assez cumulatifs, qu'il faut à chaque fois effacer le disque dur et installer un nouveau logiciel au lieu simplement de mettre à jour l'ancien logiciel, etc. Nous avons besoin d'atteindre un niveau où les transitions politiques font moins peur à la population et aux investisseurs et où les acquis des régimes précédents sont conservés. Ceci nécessite, bien entendu, que le gouvernement conduise le Bénin vers un niveau où ce qui unit les béninois est plus fort que ce qui les divise.
 
Dr. Rachidi Kotchoni

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Vacance du poste du ministre déléguéchargé de la défense : Azannaï était-il indispensable dans le gouvernement ?

candide azannai

L’ancien ministre délégué auprès du Président de la République chargé de la défense, Candide Azannaï a démissionné du gouvernement de la Rupture depuis le 27 mars 2017 et depuis aucun signe pressant de pourvoir à ce poste pourtant jugé très sensible par certains observateurs. A l’antipode de ce départ d’Azannaï, le ministre des transports et des infrastructures, Hervé Hehomey limogé le 18 septembre 2017 a été invité à passer la main au ministre par intérim, José Didier Tonato le 26 septembre 2017 soit juste une semaine après. Si la démission de Candide Azannaï ne s’est pas tellement ressentie dans les actions du gouvernement au point de susciter l’urgence de nommer un nouveau ministre de défense, il y a lieu de se demander si l’ancien grand ami du Chef de l’Etat était indispensable au sein de l’équipe gouvernementale. Soutien de première heure du Président Patrice Talon, l’ex ministre Candide Azannaï s’était-il vu confier un portefeuille ministériel vide et sans grande importance ? En tout cas, c’est la question qui trottine dans la tête de bon nombre de béninois au regard de la longue durée de vacance de son poste. Si dans tout gouvernement, le poste de ministre de défense est généralement confié à des hommes de confiance, le titre “délégué“ semblait restreindre les prérogatives du ministre Azannaï, selon certains analystes politiques. Il n’aurait pas assez de marges de manœuvres, d’après d’autres sources. D’ailleurs, les dernières correspondances que se sont échangées les deux anciens alliés semblaient aussi démontrer combien la démission du ministre n’inquiétait guère l’équipe gouvernementale et son chef. Quand bien même il a été annoncé que le chef de l'Etat va gérer lui-même le portefeuille dont il était de fait titulaire puisque Candide Azannaï était ministre délégué, il importe de souligner que la discorde a surement perduré entre deux anciens amis. Le désamour consommé, l’opposition est désormais l’option choisie par celui qu’on voyait comme le bras droit du Président de la République.

M.M

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Elections au Bénin : Adieu la CENA et la LEPI ?

opinion

Tout semble être bien mis en place pour la suppression de la Commission électorale Nationale Autonome (CENA) et du Conseil d’Orientation et de Supervision de la Liste électorale Permanente Informatisée (COS-LEPI). D’ailleurs, lors de l’installation officielle des membres du dernier COS-LEPI, présidé par l’Honorable Badirou Aguèmon, le Président Talon leur aurait signifié qu’il n’y aura plus de COS-LEPI. Sachant bien que c’est une exigence légale, le Chef de l’Etat a ainsi proclamé l’abrogation implicite de tout un chapitre du code électoral béninois. Tous les acteurs politiques et électeurs ont constaté que le COS-LEPI n’a pas été installé cette année par la complicité des députés. Conséquence, la LEPI n’a pas été actualisée. C’est dans la perspective de réaliser la volonté du Président Talon qui est de supprimer le COS LEPI que l’ancien Président de l’Assemblée Nationale, l’honorable Mathurin Coffi NAGO a rendu caduques les dispositions qui légalisent le COS. Pour le faire, il a introduit, au mois de février 2017, au parlement, la proposition de loi portant identification des personnes physiques en République du Bénin. La désuétude, doublée de la caducité du COS-LEPI ayant été constatée, la seconde étape c’est la proposition  de révision du code électoral avec comme objectif la codification de la loi Coffi NAGO, la codification du RAVIP et la suppression de la CENA.

Attention ! Talon change de fusil d’épaule

Avec l’échec douloureux et inoubliable que la minorité parlementaire à infligée au compétiteur né au sujet du projet de révision de la Constitution, le chef de l’Etat est décidé à user de la ruse pour faire passer ses volontés. Un projet de révision du code électoral sera trop flagrant pour manifester  le désir du Président de contrôler légalement toutes les élections au Bénin. Donc il faut passer par une proposition de révision du code électoral. Les membres du Bloc de la Majorité Parlementaire en sont prêts. La révision d’un code ou d’une loi, n’est pas la révision de la constitution. Conséquence, le véto de la minorité parlementaire ne fera absolument rien pour bloquer la suppression de la CENA et du COS LEPI. Les magistrats savent bien que sans ‘’intérêt, il n’y pas d’action’’ Quel intérêt l’Union Nationale des Magistrats du Bénin a à dire non à la suppression de la CENA ? Donc l’UNAMAB ne marchera pas, ne fera pas de sit-in au parlement et ne déclenchera pas un mouvement de grève pour dire non à la suppression de la CENA. Les centrales syndicales aussi, logiquement apolitiques, n’ont de près, rien à voir avec la suppression de la CENA. L’autre manche de la société civile a perdu des plumes avec la nomination de certains de ses membres et la mutation d’autres membres de la société civile à la société politique. Il ne reste que les acteurs politiques et lesquels pour résister à la suppression de la CENA ? Ils sont presque tous  au biberon. Les plus gourmands mangent à la louche et nul ne veut en être sevré. Personne ne veut ‘’serrer les ceintures’’. Ceux qui sont loin de la marmite du Nouveau Départ, pour manger le ‘’nouveau repas’’ se pressent les pas pour déclarer leur amour au Programme d’action du Gouvernement. Ces ralliements éhontés et alliances contre nature rendent encore plus fort l’homme fort du pays. Dans ses conditions le PLP est un nouveau-né dans la jungle politique dont les dents de lait ne font point peur au compétiteur né. Restaurer Espoir ne peut plus compter sur le désespoir du peuple cotonois pour organiser une insurrection au sujet de la suppression de la CENA. Les Forces Cauris, avec la perte de ses membres poids lourds, n’ont plus la force nécessaire pour sauver la CENA et la démocratie béninoise.

Que faut-il faire?

L’histoire nous enseigne que l’union des forces idéologiques capitalistes et socialistes à travers les USA et l’URSS a permis de venir à bout de l'idéologie raciale nazie allemande d’Adolf Hitler lors de la deuxième guerre mondiale. Face à la mise en berne programmée et imminente de la démocratie béninoise par la suppression de la CENA et du COS-LEPI, il urge que l’opposition parle d’une même et unique voix. Il n’y pas de honte de reconnaître ses erreurs. Ainsi, Azannaï, Adjavon, Soglo (père-mère et fils), Yayi, Zinsou, Noudjènoumè, Waounwa, Houngbadji, Coovi... peuvent se mettre ensemble pour sauver la démocratie béninoise en disant non à la suppression de la CENA. Le peuple qui souffre de la paupérisation à cause des réformes taillées sur mesure n’attend que l’union de l’opposition. La majorité du peuple applaudira à coup sûr l’union patriotique des fils et filles du Nord et du Sud, de l’Est et de l’Ouest du Bénin pour le rayonnement de la démocratie. Au moment où, pour profiter des bonnes grâces du pouvoir, la mouvance grossie et se serre les coudes, l’opposition devrait s’unir aussi. C’est à cette seule condition que le COS LEPI et les CENA pourront être sauvés. Après la victoire, les vainqueurs pourront continuer une guerre froide politique. Mais savez-vous pourquoi le COS-LEPI et la CENA veulent être liquidés ou mis en concession? A chacun de se faire une idée sur la réponse.

Machoud MAMA

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Phobie de la constitution d’une opposition sous la Rupture : Azannaï, la lueur d’espoir !

Candide-Azannai

La vitalité de la démocratie dépend de la vitalité de l’opposition au régime. Malheureusement, cetactivisme qui a fait la renommée du système démocratique béninois dans les années 1990 n’est plus aujourd’hui qu’un vieux souvenir. Dans le Bénin de la Rupture, plus aucun parti politique digne du nom ne veut s’inscrire dans une opposition. Depuis avril 2016, on assiste à des allégeances de toutes sortes au pouvoir, même les plus spectaculaires.

Exit le temps où contraints à une opposition par les urnes, les politiciens béninois assumaient cette responsabilité devant l’histoire. L’opposition au régime de Nicéphore Soglo de 1991 à 1996 et celle dont tout le monde garde encore un bon souvenir. Animée en son temps par Albert Tévoédjrè, Séverin Adjovi, Adrien Houngbédji, Bruno Amoussou et autres, elle demeure à ce jour la référence. Ils n’ont fait aucun cadeau au régime d’alors et leur lutte a payé puisqu’ils ont réussi à ramener au pouvoir Mathieu Kérékou, empêchant ainsi Nicéphore Soglo de renouveler son mandat. La Rb, alors contrainte à une opposition, a assumé son destin pendant les 10 années de pouvoir de l’ancien marxiste-léniniste devenu démocrate. De 2006 à 2016, le Prd de Me Adrien Houngbédji a aussi assumé son destin d’opposant au régime de Boni Yayi. Mais aujourd’hui c’est le même Prdqui, contraint une seconde fois par les urnes, refuse d’assumer à nouveau ce destin sous prétexte que le parti a déjà cumulé 25 années dans l’opposition.Seul, le président de la Renaissance du Bénin s’est engagé dans cette voie. Mais c’est sans compter avec l’envie de ses compagnons de lutte d’aller à ‘’la rivière’’. Cette logique a coûté aujourd’hui à Léhady Soglo son fauteuil de président de la Rb puis celui du maire de Cotonou. C’est comme si au Bénin d’aujourd’hui, il y a une autre génération de politiciens qui refusent de faire l’opposition quoi qu’il advienne.

Et pourtant lorsqu’on a fait le choix de s’aligner derrière un candidat et que ce dernier échoue à la présidentielle, la logique voudrait que tous les partis l’ayant soutenu s’inscrivent dans une opposition face au nouveau régime. Aujourd’hui au Bénin, c’est tout le contraire. De plus en plus, il y a comme une phobie de l’opposition qui s’installe dans le rang des politiciens. Plus aucun ne veut assumer une telle responsabilité. Aussitôt le scrutin terminé, un nouveau président prête serment, c’est à une ruée qu’on assiste vers le nouveau pouvoir. Tous ceux qui, lors des campagnes, avaient combattu le candidat, deviennent subitement des laudateurs du nouveau régime. Pour être dans les bonnes grâces du Chef de l’Etat, certains politiciens n’hésitent pas à ramasser leurs vomissures. Ils deviennent les défenseurs acharnés du régime en multipliant les arguments pour justifier leur revirement spectaculaire.

Azannaï pour relever le défi

Fort heureusement dans cette course vertigineuse pour se mettre sous la « parapluie » de la Rupture, une lueur pointe à l’horizon. Alors que rien ne le prédisposait à jouer ce rôle, Azannaï a créé la surprise d’abord en se démarquant du pouvoir dont il était le porte-étendard puis en engageant son parti dans une opposition ‘’pure et nette’’. D’aucuns diront qu’est-ce qu’il pourra faire tout seul ? Mais c’est mal connaître l’homme. Azannaï, à lui tout seul,est capable de faire le bulot de 10 opposants à la fois. L’ancien Chef de l’Etat l’a appris à ses dépens. Tout homme politique avisé devrait savoir qu’il faut mieux ne pas l’avoir contre soi. Et le natif d’Azali (Abomey) vient de donner rendez-vous pour avril 2018, quand le pouvoir Talon aura totalisé 2 ans. Le Bénin pourrait alors renouer avec une opposition active. La démocratie ne s’emporterait que mieux.

B.H

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Aversion ou non pour le port d’écharpes honorifiques : Talon relance le débat

Patrice Talon

Sa visite d’amitié et de travail au Burkina Faso entretient à nouveau la polémique au pays. Mais sur un autre plan. En effet, contrairement au flop de Paris, le chef de l’Etat burkinabé a pu recevoir son homologue béninois, Patrice Talon qu’il a fait Grand-Croix de l’Ordre national du Burkina Faso.Ici, ce n’est pas le déplacement incognito de l’homme au « pays des Hommes intègres » qui déchaine les passions dans l’opinion, mais plutôt le fait qu’il a accepté porter l’écharpe distinctive.

Patrice Talon crée l’évènement en acceptant porter l’écharpe d’une décoration liée à sa fonction. On pourrait dire et de deux pour le chantre du Nouveau départ si et seulement si le 6 avril 2016 à sa cérémonie d’investiture dans le fauteuil présidentiel, il avait accepté au cou l’écharpe de la Grande chancelière qui l’élevait au rang de Grand maître de l’ordre national du Bénin, comme c’est de coutume. Mais à l’époque, le successeur de Yayi Boni, contre toute attente, a refusé.  Qu’est-ce qui a pu se passer dans sa tête pour qu’il s’oppose au rituel ? L’aversion pour ces fla-flas ou l’envie d’emballer le peuple en lui montrant qu’il incarne la simplicité et la sobriété ? A bien analyser le comportement, on est tenté de répondre à ces questionnements par l’affirmative même si certains observateurs y voient plutôt la méfiance. En tout cas, méfiance ou pas, à Ouagadougou ce mardi 10 octobre 2017, Patrice Talon n’a éprouvé aucune gêne à offrir sa poitrine pour qu’on y pose médaille et écharpe. Et si sa photo officielle placée dans les institutions, sociétés et office d’Etat ne laisse voir lesdits attributs, on peut sans risque de se tromper dire que ce qui s’est passé au Burkina Faso est une première. C’est donc à juste titre qu’au sein de la population, la polémique enfle. Pourquoi ailleurs et non chez lui d’abord ? Donc Patrice Talon aimait bien porter publiquement d’écharpes et de médaille? Autant de préoccupations qui alimentent le débat. Comment expliquer ces deux facettes présentées par le président Talon de Porto-Novo à Ouaga ? Son équipe de communication ou ses proches collaborateurs, à défaut de lui-même, tenteront peut-être d’éclairer l’opinion.

Worou BORO

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