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Sciences et Santé

Polémique autour du décès du petit Laourou : Réaction du ministre de la santé, Alassane Séidou

alassane-seidou

Déclaration de Presse du ministre de la santé

Depuis quelques jours, les réseaux sociaux et certains médias font largement écho avec insistance, de la mort du petit Fèmi Jean-Eudes LAOUROU, décédé d’un cancer de sang.
Avant toute chose je présente au nom du ministère de la santé et des hautes autorités, mes condoléances les plus sincères à la famille éplorée.
Je voudrais saisir la présente occasion pour apporter quelques clarifications sur certaines informations distillées au sein de l’opinion. Le Gouvernement du Bénin a mis tout en œuvre pour que l’enfant Fèmi Jean-Eudes LAOUROU recouvre durablement sa santé. Je n’en veux pour preuve que les actes ci-après posés par le ministère de la santé.
– Le 03 septembre 2015, le Conseil de santé a autorisé son évacuation sanitaire à l’hôpital Little Company Of Mary en Afrique du sud et les fonds nécessaires à cette évacuation ont été libérés
– L’enfant Fèmi LAOUROU a été évacué et soigné en Afrique du Sud
– A plusieurs reprises, l’enfant a été en Afrique du Sud pour des contrôles
– En dépit de la décision du gouvernement de surseoir aux évacuations sanitaires en direction de l’Afrique du Sud, le gouvernement béninois, conscient de l’état critique du petit Fèmi Jean-Eudes LAOUROU, a tout mis en œuvre pour que cet enfant continue à bénéficier des soins jusqu’à la consommation totale des frais de soins et d’hospitalisation versés auparavant à l’hôpital sud-africaine. Outre la disponibilité des fonds pour le payement des frais de soins et d’hospitalisation, l’enfant Fèmi Jean-Eudes LAOUROU a bénéficié de rendez-vous supplémentaires. A titre illustratif on peut citer :
– Les rendez-vous du 22 Avril 2017 et du 20 Juin 2017
– Le montage d’un nouveau dossier médical en Décembre 2017 pour la continuité des soins en France afin de lui faire bénéficier du greffe de la moelle osseuse comme l’a recommandé le dernier avis de son médecin traitant au Bénin
– L’administration du ministère de la santé était à cette étape de la procédure, quand en Décembre 2017, des réformes ont conduit le gouvernement à contracter avec Paris Hospital Foundation PHF pour désormais, en collaboration avec la Direction Nationale de la Santé publique, gérer les évacuations sanitaires pour le compte de l’Etat béninois. Le dossier du petit Fèmi Jean-Eudes LAOUROU figure au nombre des tous premiers dossiers transmis à Paris Hospital Foundation par la Direction nationale de la santé publique.
Les services compétents de la Direction nationale de la santé publique en liaison avec Paris Hospital Foundations travaillaient toujours à finaliser le dossier, lorsque les réseaux sociaux ont commencé à relayer l’information sur le décès de l’enfant tout comme ce fut le cas.
 Je comprends l’amertume des parents et de la population car il s’agit, de la mort d’un enfant, d’un être humain. Pour finir, je voudrais une fois encore présenter mes condoléances à la famille de l’enfant Fèmi Jean-Eudes Laourou et dire, qu’à aucun moment les services du ministère de la santé ainsi que PHF n’ont failli à leur devoir. Tout au long du processus et de tout temps l’Etat a aussi mis les moyens pour soigner le petit Fèmi Jean-Eudes LAOUROU.

Je vous remercie.

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Nicole Yédé a convaincu les Pénurie de sang dans les hôpitaux : Infos collectées lance un appel aux autres forums pour un don

sante

(236 poches attendues pour sauver des vies)
Sur invitation de l’ambassadeur du forum Whatsapp Infos collectées, Franck Azongnidé ‘voir photo), les membres du comité  préparatoire de l’organisation de «l’opération don de sang», se sont réunis dimanche 27 mai 2018 à Cotonou dans un hôtel de la place. C’était, en présence de Ephrem Kpadé, vice-président de l’Association des donneurs de sang bénévoles de l’Ouémé-Plateau. L’objectif de cette rencontre est d’échanger afin de définir les stratégies et moyens à mettre en œuvre pour la réussite de la campagne de don de sang. Ceci, pour parer la pénurie que vivent les banques surtout en cette période de pluie ou la demande se veut forte. Et, dans l’optique de réunir 236 poches de sang, un appel est lancé aux autres forums frères ainsi qu’aux organisations volontaires afin qu’ils se joignent à Infos collectées pour l'atteinte de ce «noble» objectif. Mais avant, les membres dudit forum engagé dans le social depuis plus de trois ans, sont, en dehors de leur forte mobilisation pour accomplir le geste qui sauve, également sollicités pour une souscription financière. Les soutiens externes sont aussi attendus. Rappelons qu’au terme de la rencontre, il a été décidé du lieu et de la date de l’évènement. Il s’agit du samedi 23 juin prochain à la piscine municipale de Ouando. C’est à Porto-Novo.

C.K

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Réformes dans le secteur pharmaceutique au Bénin : Qu’est ce qui bloque l’installation de la commission?

Patrice-Talon

Atao et les grossistes en prison, objectif atteint ?
Alors que le gouvernement avait annoncé avec un certain empressement la création de la Commission  de réflexion sur la réforme  du secteur de la pharmacie au Bénin, il peine à installer les membres de ladite commission. Cette nonchalance cache plutôt des non-dits de la bataille engagée contre les faux médicaments depuis peu par la Rupture.

Le gouvernement de la Rupture a affiché ces derniers mois une volonté farouche de mettre fin sinon de réduire le trafic des faux médicaments au Bénin. Il a d’ailleurs institué dans ce cadre par le décret n°2018-108 du 30 mars 2018 une commission de réflexion sur ledit secteur. Un acte qui précise la composition de la Commission pharmacie. Le 20 avril 2018, le Chef de l’Etat nommera à travers l’arrêté n°2018-001/Pr/001Sgg18 tous les membres de la Commission. Selon les termes du décret, la commission devrait commencer à travailler à compter de son installation. Mais depuis, rien. Le décret n’a jamais été mis en application. Les membres de la fameuse commission que doit présider le ministre de la Justice n’ont toujours pas été installés. Une attitude plutôt curieuse du gouvernement qui pousse à s’interroger sur les motivations d’une telle paresse. Pourquoi le gouvernement déciderait-il à retarder les travaux de la commission alors qu’il a jugé urgent d’assainir un milieu presque qualifié de pourri? Pourquoi note-t-on un silence assourdissant alors que les mesures judiciaires prises ont des conséquences néfastes sur le fonctionnement des pharmacies? Il y a en effet ces derniers jours comme une pénurie de certains médicaments dans plusieurs officines de pharmacie. Ce qui reste une conséquence directe de la mise hors réseau de New Cesamex qui jouait un rôle fondamental dans l’alimentation du secteur pharmaceutique national. Par ailleurs, la nonchalance qu’étale le gouvernement à propos des activités de la commission pharmacie, montre qu’il avait simplement quelques comptes à régler. L’annonce de la création de la commission n’est peut-être que du folklore. Le vrai objectif de la bataille engagée contre les faux médicaments était certainement d’écraser les patrons des principaux distributeurs. Plusieurs «grossistes répartiteurs» ont en réalité été condamnés à de lourdes peines de prison en mars dernier. Mieux, le gouvernement a réussi pour le moment à mettre en prison le député Mohamed Atao Hinnouho qui est non seulement un acteur déterminant du secteur pharmaceutique au Bénin mais il est aussi un député de l’opposition qui ne manque pas de popularité. Pour certains observateurs, le gouvernement a déjà atteint ses grands objectifs. Ils soutiennent même que la Commission n’aura fondamentalement plus grand-chose à faire, sinon reproduire les lignes déjà dictées par le gouvernement et son Chef. C’est dire que la commission n’a pas de rôle déterminant à jouer. Et le gouvernement a bien raison de ne pas se préoccuper de l’installation de ses membres.

Mike MAHOUNA         

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Affaire Atao/Nex Césames : Pourquoi les ruptures de médicaments dans les pharmacies?

Pharmacie

Depuis l’annonce de la découverte de médicaments <<falsifiés>> dans les entrepôts du laboratoire New Cesamex, le gouvernement de la rupture, dans le souci de clarifier les événements, a entrepris de mettre en œuvre tout l’arsenal de déstructuration de ce secteur qualifié de <<juteux>>.

1er acte: un procès retentissant!

Les grossistes répartiteurs qui, depuis des décennies, luttent pour rendre disponibles les médicaments de qualité à un prix accessible et mènent une lutte implacable contre les faux médicaments, ont été accablés de toutes les dérives et, malgré des responsabilités évidentes des autorités de la DPMED, ont été condamnés théâtralement à 48 mois de prison avec de fortes amendes.

Ce premier acte qui a décapité le secteur de la distribution a été accompagné d’une interdiction de délivrance des autorisations d’enlèvement des médicaments. La conséquence immédiate est une augmentation en flèche des ruptures de médicaments bloqués au Port de Cotonou.

2e acte: La rencontre pharmaciens - Chef de l’Etat

Le scoop annoncé par le Chef de l’Etat lors de cette rencontre est l’inexistence du laboratoire New Cesamex. A qui les autorités de la DPMED ont-elles alors délivré et renouvelé des autorisations AMM pendant 10 ans? Sans avoir répondu à cette question, les autorités ont annoncé des réformes urgentes et imminentes dans le secteur pharmaceutique. Depuis cette rencontre, aucune réunion, aucune concertation n’est intervenue à ce jour.

3e acte: Acharnement contre les grossistes répartiteurs

Depuis la rencontre avec le Chef de l’Etat une pression permanente est orchestrée contre les grossistes répartiteurs avec un blocage systématique des containers de médicaments pour des raisons futiles, des descentes répétées et insistantes de la DPMED accompagnées d’hommes en armes dans les locaux des grossistes répartiteurs, un blocage des activités quotidiennes de distribution par des interpellations et des sollicitations fantaisistes de la douane. Tout ce vacarme silencieux ne semble pas favoriser le bon approvisionnement des pharmaciens, quand on y ajoute les lenteurs imposées, les démarches imposées par la société BENIN CONTROL.

4e acte: Augmentation prévisible des coûts de santé pour les populations

Avec l’acharnement des services douaniers contre les fournisseurs locaux de produits pharmaceutiques et para pharmaceutiques, il est à redouter une disparition du marché béninois de produits génériques à prix abordable au profit des médicaments européens plus chers. Les béninois risquent alors de dépenser davantage pour se soigner en ayant accès qu’aux médicaments européens chers.

Une remise en cause des actes posés malgré les incohérences de cette affaire est salutaire pour la santé et, l’accessibilité des soins aux populations est nécessaire.

Vivement le procès en appel des grossistes répartiteurs!

M.M

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Projet Arch : Bintou Chabi Adam Taro présente les grands axes

Bintou-Chabi-Adam-Taro

La ministre des affaires sociales et de la micro finance Bintou Chabi Adam Taro a présenté lundi  à l’hémicycle, les grands axe du projet  Assurance pour le renforcement du capital humain (ARCH), un projet d’un montant total de plus de 313 milliards prévu sur une durée de cinq ans.

Le projet ARCH qui a pour encrage institutionnel le ministère des affaires sociales ambitionne  d’améliorer la protection sociale au Bénin. Il  cible une population de  2 468 254 bénéficiaires extrêmement pauvres répartis dans 375 458 ménages et  1 895 810 non extrêmement pauvres répartis dans 321 737 ménages. La première cible sera intégralement prise en charge par l’Etat  tandis que la seconde le sera partiellement. Les artisans, les agriculteurs, les commerçants qui sont déjà dans leurs professions et qui n’ont plus d’opportunité d’améliorer leur compétence et éventuellement les jeunes qui veulent se convertir à des métiers spécifiques par  la formation professionnelle sont principalement  concernés.

Le projet Arch, regroupe  quatre services principaux avec cependant  l’option faite d’une opérationnalisation progressive.

Au cours de la phase pilote, a indiqué le coordonnateur de l’Unité de coordination du projet  Venan Quenum,  seul le volet assurance maladie  sera mis  en œuvre.  Les autres services y seront intégrés au fur et à mesure de la maîtrise de la gestion de chaque volet. Contrairement au Régime assurance maladie universelle (RAMU), le projet Arch,  indique-t-on, s’est basé sur des études techniques d’opérationnalisation.  L’outil biométrique sera mis à contribution pour s’assurer que les  personnes identifiées sont celles qui ont effectivement accès au  service désigné.  A cet effet, le processus d’identification des bénéficiaires a déjà commencé et prendra fin avec l’élaboration du registre de  protection sociale en synergie avec la base du  Recensement à vocation d'identification de la population (RAVIP). Au plan des dispositifs d’opérationnalisation, il y a l’agence nationale de protection sociale appuyée par  ses antennes départementales et communales pour offrir les services Arch. Les pauvres extrêmes identifiés, a fait comprendre le ministre, seront prises en charge à 100% tandis que les pauvres non extrêmes seront prises en charge selon leur degré de pauvreté. Les contributions très significatives et très pertinentes des députés ont aussi retenu l’attention  de la ministre qui a promis d’en tenir compte.  Il faut rappeler que le projet Arch a été conçu pour  combler le vide et apporter une réponse  adéquate  au déficit de protection sociale pour les acteurs du secteur informel en général.

abp.info

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Affaire «faux médicaments» : Ce qui explique le retard dans les réformes

medicaments

Difficile d’imaginer une réforme dans un secteur aussi complexe et sensible qu’est le secteur pharmaceutique sans associer les acteurs de 1ers plans : les grossistes-répartiteurs notamment leurs Directeurs généraux. Quand on sait que d’éminents pharmaciens,qui ont été au début du secteur pharmaceutique et jusqu’au jour de leur incarcération, détiennent des informations clés de ce secteur, il est vraiment difficile de mettre un comité de réformes en place avec des Directeurs intérimaires, des membres de Conseil d’administration (qui ne comprennent pas grand-chose à l’exploitation) et des cadres de l’administration publique, qui ont régulièrement siégé dans les commissions pour donner les Autorisations de Mise sur le Marché (AMM) aux Laboratoires demandeurs… Même s’ils font tous partie du corps pharmaceutique, il serait illusoire de penser qu’ils pourraient apporter les éléments d’analyse qu’un Directeur grossiste apporterait dans une commission comme celle-là. Du coup, on peut comprendre aisément l’embarras de l’Exécutif qui tarde à mettre en place cette commission dont les recommandations manqueront à coup sûr de réalisme et d’expérience. Une réforme du secteur pharmaceutique devrait, une fois pour toutes, tenir compte des failles des textes actuels, mais aussi ouvrir des perspectives nouvelles en termes de carrières aux nombreux pharmaciens qui sortent de la Faculté des Sciences de la Santé et des autres Universités de la sous-région.

Une réforme ne saurait se limiter à une lutte contre les Faux médicaments…Il faut réformer pour l’avenir et surtout pour des générations. Et une pareille réforme doit être inclusive. Le gouvernement devra trouver le moyen pour y arriver.

Espérant que le procès en appel se tiendra dans des délais courts pour permettre à ces cadres de mettre à la disposition du pays, leur expérience pour le renouveau du secteur pharmaceutique béninois.

M.M

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Respect des engagements pris au sujet de la PF : Le Bénin, mauvais élève !

produits-contraceptifs

(De nouveaux engagements pris au sommet de Londres)
Dans la dynamique d’un repositionnement de la planification familiale, le gouvernement béninois a pris d’importants engagements à la Conférence d’Addis Abeba en Novembre 2013 et récemment le 11 juillet 2017 au Sommet de Londres. Le hic est que la quasi-totalité des engagements pris en 2013 sont loin d’être respectés et les récents engagements pris à Londres semblent ne plus être une priorité pour le gouvernement. Quelle image pour un pays qui prend des engagements à la face du monde et qui ne les respecte pas ?

Huit importants engagements ont été pris par le Bénin à la Conférence d’AddisAbeba en 2013. Il s’agissait de faire passer le taux de prévalence contraceptive (Tpc) à 20% au plus tard en 2018 ; d’augmenter aussi progressivement le montant alloué à l’achat des produits contraceptifs à 250 millions de F Cfa ; de réviser les politiques, normes, et protocoles, pour renforcer la délégation de tâches et améliorer la santé reproductive ; de disséminer la déclaration de politique de population national (Depolopo) ; de développer une stratégie de contractualisation avec le secteur privé dans le cadre de la Pf ; d’assurer la disponibilité et l’accessibilité des produits contraceptifs sur toute l’étendue du territoire national en impliquant les relais communautaires ; de rendre gratuit au plus tard en2015 l’accès aux méthodes modernes de contraception dans les formations sanitaires publiques pour la couche des adolescents et jeunes ; de renforcer la communication autour de la Pf notamment au niveau des groupe cibles (femmes exprimant un besoin non-satisfait, les adolescents et jeunes). En ce qui concerne le premier engagement relatif au taux de prévalence contraceptive, le Bénin reste l’un des pays ayant le plus faible Tpc. Le taux de prévalence contraceptive du Bénin tourne encore autour de 12,5% ou 17% selon d’autres sources. Ceci, à quelques mois de l’échéance, soit décembre 2018. Si à la Conférence d’Addis Abeba en Novembre 2013, le gouvernement béninois a pris l’engagement d’augmenter progressivement le montant alloué à l’achat des produits contraceptifs à 250 millions de F Cfa à l’horizon 2018, il s’est à nouveau engagé avec les pays du Partenariat de Ouagadougou à augmenter d’au moins 10% par an sa part contributive dans le budget alloué auxdits achats. Chose curieuse, le montant alloué aux achats des produits contraceptifs tourne aujourd’hui autour de 100 millions de Fcfa et la sécurisation de la ligne d’achats des produits contraceptifs sur la ligne médicament du Ministère de la santé n’est toujours pas effective. L’accessibilité, la disponibilité des produits contraceptifs continuent d’être un véritable problème. La preuve, les besoins non satisfaits sont aujourd’hui de 33%. Le constat est aussi déplorable en ce qui concerne les autres engagements et le Bénin s’illustre simplement comme un mauvais élève en matière de respect  des engagements pris sur le plan international pour la maîtrise de la fécondité par la planification familiale. Malgré le plaidoyer des Organisations de la société civile, les autorités béninoises n’ont pu rendre opérationnelles, les politiques qui s’imposent pour faire passer la barrière des 20% de taux de prévalence contraceptive au Bénin à l’horizon 2018. Chose curieuse, le Bénin ne s’est pas abstenu de prendre récemment de nouveaux engagements précisément le 11 juillet 2017…

De nouveaux engagements pris à Londres…

A l’instar des autres pays du Partenariat de Ouagadougou, le Bénin s’est engagé, au Sommet de Londres en juillet 2017, à sécuriser et augmenter d’au moins 10% par an, la part contributive du gouvernement dans le budget alloué à l’achat des produits contraceptifs. Le Bénin s’est également engagé à mettre en place une approche inclusive de mobilisation de ressources impliquant les collectivités territoriales décentralisées afin de garantir la redevabilité vis-à-vis du financement de la santé de la population ; mettre en œuvre une deuxième génération de Plan d’action national budgétisé, avec de nouveaux taux de prévalence contraceptive à atteindre d’ici 2020, tout en y intégrant les stratégies à hauts impacts recommandées par la réunion ministérielle de décembre 2015 à Dakar. Le Bénin s’est aussi engagé à mettre en œuvre et/ou à passer à l’échelle, les stratégies porteuses de délégation de tâches sur les méthodes de longue durée d’action, des injectables et d’offre initiale de la pilule… etc, en vue de renforcer l’offre de services de Planification familiale au niveau communautaire à travers une gamme complète de méthodes modernes de contraception. Des actions pertinentes ont été annoncées pour favoriser l’extension et le renforcement de l’offre de services de la Pf  et réduire considérablement les ruptures de stocks des produits contraceptifs en renforçant les chaînes d’approvisionnement, afin de garantir une offre de services continue, accessible, et de qualité aux populations. D’importants engagements qui devront d’une manière ou d’une autre solutionner les préoccupations liées à l’offre, l’accessibilité, la disponibilité des produits contraceptifs. Mais le Bénin respectera-t-il ces nouveaux engagements ? La question reste toute posée…

Aziz BADAROU

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Dossier « Faux Médicaments » : A quand les réformes dans le secteur pharmaceutique ?

medicaments

Annoncer en grande pompe à la veille de l’an 2 du régime, force est de constater qu’un mois après on est toujours dans le statu quo.   

On n’est tenté de croire que cela ne fait plus partir des priorités du Chef de l’Etat qui pourtant semblait être préoccupé par cette question de santé publique.

Et pourtant, cette saga judiciaire, à laquelle nous avons assisté, a tout simplement révélé la défaillance de l’Etat dans la chaîne d’approvisionnement des produits pharmaceutiques mais aussi dans la délivrance des autorisations de mise sur le marché des médicaments.

L’Etat doit assurer efficacement son rôle de contrôle et garantir la bonne qualité des produits vendus sur le territoire national. Pour cela, il est important de mener des réformes au sein de la Dpmed (Direction de la Pharmacie) afin de la doter d’outils nécessaires pour pouvoir assurer efficacement sa mission. Des réformes s’imposent également au sein de la commission en charge de la délivrance des autorisations de mise sur le marché des produits afin de s’assurer au préalable de l’existence de ces laboratoires.

Les réformes sont urgentes pour la sécurité des populations

Evoquer la lutte des « faux médicaments » comme réalisation pour les 2ans de la Rupture est bien, mais conduire diligemment ce dossier est gage de survie pour nos populations.

Avait-on besoin de jeter l’opprobre sur le secteur pharmaceutique pour prouver la nécessité des réformes?  Conséquence, les Populations pensent que les médicaments vendus en Pharmacie sont pareils à ceux vendus par la bonne dame au coin de la rue. Ce qui n’est pas vrai du tout, les pharmacies sont les seuls endroits sûrs pour avoir des médicaments non contrefaits.

Les Réformes sont urgentes et la commission annoncée par le Chef de l’Etat devrait se mettre au boulot au plut tôt.

Worou BORO

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Menaces sur la santé maternelle et risques d’avortements clandestins : 9 sur 10 femmes post parthum n’ont pas accès à la Pf

produits-contraceptifs

Si d’après l’Organisation mondiale de la santé (Oms), la planification familiale contribue à réduire de 30%, la mortalité maternelle, l’urgence de recourir aux méthodes contraceptives n’est visiblement pas encore perçue par les femmes béninoises. Et pour preuve, le contre rapport associatif de l’Alliance droits et santé sur le Plan national budgétisé pour le repositionnement de la Pf au Bénin fait état de ce que 9 sur 10 femmes post parthum (qui viennent d’accoucher et qui vivent maritalement) n’ont pas accès à la Pf. Toute chose qui justifie les naissances rapprochées, la récurrence des avortements clandestins et les conséquences restent dommageables pour la santé voire la vie de la femme…

Neuf sur dix femmes post parthum n’ont pas accès à la planification familiale et le corollaire immédiat est non négligeable. 70% des avortements seraient pratiqués sur des femmes mariées, selon le Professeur Adisso, dans l’une de ses récentes communications. Une situation suffisamment inquiétante pour interpeller la conscience de tous sur la nécessité de recourir aux services de la Pf pour le bien-être de la femme et le mieux-vivre des ménages. A en croire la Responsable du Projet de prévention des avortements à risques à PSI-Bénin, AyiviPrudencia, il est inadmissible qu’une femme en post parthum n’adopte pas de méthode contraceptive étant donné qu’elle est exposée à un risque de grossesses rapprochées. « Après avoir porté une grossesse pendant neuf mois, après l’accouchement qui a été peut-être laborieux, elle a toujours la charge du nourrisson et dans ce contexte, elle se retrouve encore enceinte. Que peut-elle faire ? Rares sont les femmes qui acceptent garder deux grossesses dans une même année. D’une manière ou d’une autre, elles se débrouillent pour aller se faire avorter dans la clandestinité. Car la loi interdit l’avortement sauf en cas de viol, d’inceste, de malformation fœtale ou de maladies graves. Mais voilà que cette femme ne remplit aucune des quatre conditions pour qu’elle soit autorisée à avorter. Autant de risques pour les femmes qui sont dans le post parthum et qui n’adoptent pas la Pf» a-t-elle fait savoir. Refusant souvent d’être la risée de leur communauté pour s’être retrouvée à nouveau enceinte alors qu’elle continue d’allaiter un nouveau né, ces femmes recourent donc à des pratiques dangereuses ou aux services des non professionnels de la santé pour se débarrasser de la grossesse. Et ceci ne reste point sans conséquences sur la santé. L’acte est susceptible de coûter la vie à la femme. D’ailleurs, d’après les récentes statistiques, 15% des décès maternels sont liés aux avortements clandestins. Chose curieuse, les méthodes contraceptives restent pourtant un moyen incontournable pour procréer quand l’on veut et quand il le faut.Face au fait, il convient de s’interroger sur les raisons motivant la non adhésion massive des femmes à la planification familiale. « Une étude a montré que les femmes ne veulent pas se mettre sous planification familiale de peur des effets secondaires qui pourtant constituent des effets passagers. Car même la simple quinine peut produire des effets secondaires. C’est plutôt une question de communication. Les prestataires doivent sensibiliser les femmes sur les effets secondaires tout en les aidant à surmonter lesdits effets. Au niveau de l’Abms/Psi nous formons les prestataires à gérer les effets secondaires », a confié Ayivi Prudencia de Psi-Bénin avant d’être davantage rassurante : « Il y a 25 ou 30 ans, on parlait d’analyses préalables mais les choses ont évolué et aujourd’hui, il y a un outil qu’on appelle les critères d’éligibilité à la méthode de contraception. Cet outil a été conçu par l’Organisation mondiale de la santé. C’est-à-dire en demandant un bilan avant d’adopter une méthode contraceptive, on recherche des pathologies données. Ces maladies ont des signes, des antécédents médicaux. Ces signes sont répertoriés dans l’outil appelé le Disque d’éligibilité de l’Oms. Face à la cliente, le prestataire formé à cet outil de l’Oms, il suffit qu’il pose des questions qui sont sur le disque et selon que la femme réponde oui ou non, il y a une cotation par rapport à chaque maladie. Lorsque la cotation donne 1, cela veut dire que cette personne peut utiliser la méthode sans restriction aucune ni problème. Si la cotation donne 2, cela signifie qu’elle peut utiliser mais qu’il faut faire attention et lorsqu’elle donne 3, cela veut dire que quelque soit ce qui se passe, ne lui faites pas adopter cette méthode. Cet outil remplace valablement le bilan».  Cela ne fait donc plus l’objet d’aucun doute, les effets secondaires sont non seulement passagers mais aussi maîtrisables. De même, contrairement à ce qui serait distillé dans l’opinion publique, la planification familiale ne vise pas à limiter les naissances mais plutôt à les espacer, les maîtriser. Et l’adhésion des confessions religieuses aux méthodes contraceptives témoigne désormais de l’impérieuse nécessité pour les femmes, les couples d’adopter la planification familiale pour un véritable progrès de l’humanité.

Aziz BADAROU

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Ayivi Prudencia, responsable à PSI-Bénin au sujet de l’importance de la PF : “15% des décès maternels sont liés aux avortements clandestins“

Ayivi-Prudencia

Les avortements deviennent de plus en plus fréquents au Bénin et les femmes n’acceptent toujours pas de porter le poids d’une « grossesse non désirée ». Dans la foulée, des décès se font enregistrer dans le rang des femmes qui recourent à des avortements clandestins. Dans une interview exclusive accordée à votre journal, la Responsable du projet de prévention des avortements à risques à PSI-Bénin, AyiviPrudencia estime que 15% des décès maternels sont liés aux avortements clandestins. Selon elle, face à la situation, la planification familiale est une solution indispensable… Lisez plutôt !

Face à la fréquence inquiétante des avortements notamment clandestins, peut-on percevoir aujourd’hui la PF comme une solution indispensable ?

On peut considérer plusieurs types d’avortements notamment des avortements spontanés  qui peuvent être provoqués par des infections urinaires, le paludisme, et autres maladies. Nous avons les avortements eugéniques, c’est-à-dire l’enfant que porte la maman porte une tare et toutes les analyses montrent que l’enfant, s’il naît, sera toujours malade, un poids à trainer par ses parents. Nous avons aussi l’avortement thérapeutique et ici, c’est la vie de la maman qui est en danger. Donc, on décide d’interrompre cette grossesse après des analyses gynécologiques. Et il y a enfin les avortements clandestins qui sont les plus fréquents et qui compromettent le plus, la vie de la maman. C’est cela, le grand problème. Aujourd’hui, 15% des décès maternels sont liés aux avortements clandestins. Et le plus souvent, c’est le cas où la femme estime qu’elle porte une grossesse non désirée pour des raisons liées soit aux problèmes de ménages soit des difficultés financières soit au fait que la maman venait juste de donner vie à un bébé. Alors que dans les normes de la santé de la reproduction, une femme qui accouche doit attendre deux ans avant d’avoir une nouvelle grossesse au risque de mettre en danger sa propre santé et celle du bébé. Toute chose qui affecte les ressources, les revenus du ménage. Alors, pour éviter les avortements clandestins, il faut impérativement recourir aux méthodes contraceptives car pour faire ces avortements, elles ne font pas appel aux services des professionnels de la santé. On consulte les amis, on va voir quelqu’un qui met un corps étranger dans le col de la femme et on dit le col va se dilater, le contenu de l’utérus sera évacué mais pendant ce temps, on s’expose à la perforation de l’utérus, des antres et la femme devient très malade. Elle peut saigner et en mourir. Il y a plusieurs pratiques très dangereuses et d’autres utilisent des produits ménagers très toxiques notamment le potassium ave coca-cola, Guinness, etc. et cela devient une complication, difficile à gérer. Lorsqu’une femme n’est pas prête pour avoir une grossesse, il faut qu’elle utilise les méthodes de contraception. Il en existe toute une gamme. Il y a des méthodes naturelles, des méthodes hormonales et je pense qu’on a suffisamment communiqué là-dessus. D’après l’enquête démographique sur la santé, sur 10 femmes interrogées, 08 femmes au moins vous parleront d’une méthode contraceptive. Pourquoi alors ne pas les utiliser ? Il est donc indispensable d’utiliser les méthodes contraceptives pour éviter les grossesses non désirées afin d’être à l’abri des avortements clandestins.

D’après le contre rapport associatif publié par les organisations de la société civile dans le cadre de la revue du Plan national budgétisé pour le repositionnement de la PF, 9 sur 10 femmes post parthum ne seraient pas sous PF. Qu’est-ce qui explique cela, selon vous ?

Je crois que la responsabilité est partagée étant donné que la communauté ne fait toujours pas confiance aux méthodes de contraception par crainte de complications et autres. En dehors des rumeurs, il faut souligner qu’au niveau des prestataires, les services ne sont pas toujours disponibles. Dans les structures privées, nous sommes confrontés à un problème. Dans nos interventions dans les cliniques privées, nous formons la sage-femme de la maternité et comme le budget ne permet pas d’offrir la formation à tous les agents de la clinique, le problème est que lorsque la sage-femme formée n’est pas de garde, toutes les femmes qui viennent accoucher, ne pourront pas bénéficier des services de la PF. Il y a un problème de disponibilité des services qui se pose. Je pense qu’à l’étape où nous en sommes aujourd’hui avec la PF, l’Etat doit prendre l’engagement de former systématiquement les professionnels de la santé pour l’offre des services de PF.

Quels sont les risques encourus par une femme en post parthum qui n’est pas sous méthode contraceptive ?

Pour les femmes qui accouchent et qui ne sont pas sous PF, il y a des risques de grossesses rapprochées et la femme devient ainsi la risée de sa communauté. En ce qui concerne son pouvoir économique, après avoir porté une grossesse pendant neuf mois, après l’accouchement qui a été peut-être laborieux, elle a toujours la charge du nourrisson et dans ce contexte, elle se retrouve encore enceinte. Que peut-elle faire ? Rares sont les femmes qui acceptent garder deux grossesses dans une même année. D’une manière ou d’une autre, elles se débrouillent pour aller se faire avorter dans la clandestinité. Car la loi interdit l’avortement sauf en cas de viol, d’inceste, de malformation fœtale ou de maladies graves. Mais voilà que cette femme ne remplit aucune des quatre conditions pour qu’elle soit autorisée à avorter.

Les campagnes de sensibilisation et des initiatives pertinentes se multiplient sur le terrain mais les défis à la PF sont encore loin d’être relevés au Bénin ? Que proposez-vous ?

Il faut renforcer les capacités des prestataires, rendre les produits et services disponibles. Il faut également que le gouvernement béninois et les Ptf travaillent à systématiser les services de Pf pour les centres de santé. Aucun agent de la santé ne devrait se voir délivrer son diplôme sans la maitrise parfaite des techniques de méthodes de contraception.  J’ai l’impression que l’Etat ne fait pas de la communication autour de la PF. Il faut que l’Etat confie aux professionnels de la santé, des cahiers de charge dans lesquels, ils devront aller parler de la PF sur les émissions de grande écoute. Aujourd’hui, c’est vraiment nécessaire d’espacer les naissances pour permettre à la femme de bien s’occuper du dernier né, de retrouver ses énergies et vaquer à ses activités génératrices de revenus avant de penser à en avoir un autre. Une grossesse qui intervient dans un ménage doit être une source de joie et non source de tristesse parceque ce ne fut pas un souhait.

Propos recueillis par Aziz BADAROU

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