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Burkina Faso : La médiation internationale demande une transition civile et menace de sanctions

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La médiation internationale au Burkina Faso, un pays en crise après la chute du président Blaise Compaoré, a appelé dimanche à la mise en place d'un régime de transition conduit par un civil et conforme à l'ordre constitutionnel, évoquant sinon la menace de sanctions.
"Nous espérons qu'il y aura une transition conduite par un civil, conforme à l'ordre constitutionnel. Sinon les conséquences sont assez claires. Nous voulons éviter pour le Burkina Faso la mise en place de sanctions", a déclaré l'émissaire de l'ONU pour l'Afrique de l'Ouest, Mohamed Ibn Chambas.
Il s'exprimait lors d'une conférence de presse au nom de la mission de concertation tripartite ONU-Union africaine - Cédéao, l'organisation régionale de l'Afrique de l'Ouest.
L'armée burkinabè a désigné samedi un militaire, le lieutenant-colonel Isaac Zida, pour conduire un régime de transition, alors que la Constitution burkinabè stipule que l'intérim du pouvoir doit être assuré par le président de l'Assemblée nationale.
Les partis de l'opposition et les organisations de la société civile ont refusé samedi cette solution militaire et ont appelé la population à se rassembler ce dimanche sur la place de la Nation à Ouagadougou.
Mohamed Ibn Chambas a exhorté les différentes parties au dialogue. "Il faut des consultations entre les uns et les autres. Il faut qu'on fasse tout pour un retour rapide à la vie constitutionnelle", a-t-il dit. La mission de concertation s'est entretenue avec la hiérarchie militaire et le lieutenant-colonel Zida, qui ont assuré avoir bien compris le message délivré, a indiqué l'émissaire de l'ONU.

jeuneafrique.com

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Après l’insurrection au Burkina Faso : Le couple Compaoré en Côte d'Ivoire, le frère au Bénin

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Depuis l’annonce de sa démission ce vendredi 31 octobre, personne ne savait où était passé l’ex-chef d’Etat burkinabè. Etait-il toujours sur le territoire national ? Etait-il parti au Ghana ? RFI a pu parler à la compagne de Blaise Compaoré ce samedi 1er novembre. Elle confirme les derniers témoignages : le couple est à Yamoussoukro, la capitale administrative ivoirienne. La présidence ivoirienne a elle aussi confirmé. Le frère du président déchu est quant à lui au Bénin, selon les informations recueillies par RFI.

Toute la journée de vendredi, la question était sur toutes les lèvres : où est Blaise Compaoré ? Après l’annonce de sa démission, certains médias nationaux avaient répercuté des rumeurs, selon lesquelles l'ex-président de la République, à bord d’un 4X4 escorté d’un véhicule blindé léger, avait quitté le palais présidentiel en direction de la route de Pô, l'une des dernières villes burkinabè avant la frontière ghanéenne, où l'ex-président aurait pu trouver refuge. Puis le numéro 2 du Régiment de sécurité présidentielle de Blaise Compaoré, au moment de se proclamer chef de la transition, dans la nuit de vendredi à samedi, a affirmé que le président déchu était en « lieu sûr », son intégrité « physique et morale » étant « assurée ».

Ce samedi, RFI a finalement pu joindre Chantal Compaoré, désormais ex-première dame du Burkina Faso. « Etes-vous à Yamoussoukro, en Côte d'Ivoire, avec Blaise Compaoré ? » Elle a semblé plutôt surprise que les médias soient informés de leur possible lieu de refuge. Après un conciliabule, à distance du combiné téléphonique, l'ancienne première dame a néanmoins répondu : « Le président et moi sommes bien à Yamoussoukro ». « Tout va bien », a poursuivi Mme Compaoré, avant d'ajouter que le couple ne souhaitait pas faire de commentaire « pour le moment » sur l'évolution de la situation au Burkina Faso.

Ce sont des témoignages locaux qui ont d'abord permis d'entrevoir que les Compaoré se trouvaient en Côte d'Ivoire. « Hier, dans la nuit, aux alentours de 22h, nous avons vu une colonne d'une vingtaine de véhicules entrer au palais des hôtes de Yamoussoukro, en empruntant l'accès habituellement réservé aux chefs d'Etat qui viennent en visite à Yamoussoukro depuis l'époque du président Félix Houphouët-Boigny. Automatiquement, ça a attiré notre attention. Et puis, ça a été des spéculations : certains ont pensé à un ministre de la République. Mais comme habituellement c'est notre base, et qu'on sait que cette entrée est exclusivement réservée aux chefs d'Etat qui viennent en visite, on a pensé à lui, au président Blaise Compaoré et sa suite », confie ce témoin à Yamoussoukro.

Blaise Compaoré a trouvé refuge dans la villa des hôtes

Blaise Compaoré se trouve donc à Yamoussoukro dans la célèbre villa des hôtes, une résidence d'Etat pour les hôtes étrangers. Grande bâtisse surmontée d’un dôme doré, elle s’étend à perte de vue dans un cadre verdoyant et paradisiaque jouxte la résidence privée du défunt président Félix Houphouët-Boigny. Cet imposant complexe en plein centre-ville, à quelques encablures de la basilique Notre-Dame-de-la-Paix, a été édifié sous l’empire du sage de Yamoussoukro. Félix Houphouët-Boigny y recevait des hôtes de marque, des chefs d’Etat ou des personnalités de tous bords venus de tous horizons.

Réactions partagées des habitants de Yamoussoukro

Les habitants de Yamoussoukro appellent la villa des hôtes, le «Giscardium ». L’ancien président français, Valéry Giscard d'Estaing y a séjourné comme premier invité lors de sa première visite officielle dans les années 1970. Jacques Chirac y a aussi séjourné du temps où il était maire de Paris, ainsi que l’ancien président français François Mitterrand et le sud-africain Thabo Mbeki. Nelson Mandela y a passé des heures lors de sa mémorable visite en Côte d’Ivoire en 1991. Blaise Compaoré le nouveau pensionnaire des lieux connaît bien la villa des hôtes car il y a souvent séjourné quand il était aux affaires.

La présidence ivoirienne a confirmé, mais un petit doute persiste

« Le président de la République informe le peuple ivoirien, les populations vivant en Côte d’Ivoire ainsi que la communauté internationale que le président Blaise Compaoré, sa famille et ses proches ont été accueillis en Côte d’Ivoire », a par la suite, ce samedi, confirmé définitivement le président Ouattara dans un communiqué. Le choix ivoirien n'est d'ailleurs pas étonnant. Une dizaine de jours plus tôt à peine, à l'occasion des cérémonies de commémoration du 20e anniversaire de l'Union économique et monétaire ouest-africaine, le chef de l'Etat ivoirien avait salué, à Ouagadougou, « l'ami » et « frère » Blaise Compaoré, son allié principal avant même son accession au pouvoir en Côte d'Ivoire.

Chantal Compaoré est arrivée en Côte d'Ivoire, son pays de naissance, bien avant son mari. Elle avait été mise à l'abri - sur sa décision à lui selon plusieurs sources - en prévision de possibles troubles. Depuis jeudi, elle attendait Blaise Compaoré à Korhogo, la ville ivoirienne du nord. Selon les informations recueillies par RFI, le président déchu était en fait censé trouver refuge à Pô, son fief, vendredi. Il aurait alors pu être accueilli dans une garnison de militaires restés fidèles. Mais il aurait décidé de changer d'itinéraire en cours de route, se sachant attendu sur place. Il aurait attendu dans un endroit discret l'arrivée d'hélicoptères « amis », selon une source proche de l'ancien couple présidentielle. , Blaise Compaoré était « en contact permanent avec le président ivoirien » et l'hélicoptère attendu était envoyé par Alassane Ouattara.
Reste un point d'interrogation : où est le frère du président ? Il a semblé possible, un temps, qu'il soit avec Blaise Compaoré en Côte d'Ivoire, après son départ avorté par avion jeudi. Ce samedi soir, l'Agence France-Presse a ensuite émis des doutes à ce sujet. Selon les informations recueillies par RFI, François Compaoré et sa femme sont en fait arrivés ce samedi matin à Cotonou, au Bénin, avec trois ministres. Ils sont passés par la frontière nord du pays. Une information corroborée par une source diplomatique régionale citée par l'AFP, qui précise qu'il est en bonne santé. « Ils sont en transit à Cotonou avant d'embarquer pour Paris », assure la source de l'AFP.

Jusqu'à la démission de son frère, François Compaoré était Conseiller à la présidence. Un homme d'influence mis en cause dans « l'affaire Zongo », du nom d'un journaliste retrouvé mort en 1998 avec trois autres personnes alors qu'il enquêtait sur le meurtre du chauffeur du frère du chef de l'Etat. Mais à Yamoussoukro, l'ancien président n'est pas seul avec sa compagne pour autant. Dans ses bagages, on évoque la belle-mère de François, Alizéta Ouédraogo, l'une des femmes les riches et détestées du Burkina Faso. Est également cité le chef d'état-major particulier de l'ex-président, Gilbert Diendéré. La question reste néanmoins ouverte : la Côte d'Ivoire ne sera-t-elle qu'une étape sur la route de l'exil ?

rfi.fr

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En direct: le président Comparoré annonce sa démission

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Ce vendredi 31 octobre 2014 restera une journée historique au Burkina Faso avec la chute du président Blaise Compaoré et l'annonce de sa démission. La veille, la rue avait mis un terme à son ambition de modification de la Constitution pour pouvoir se maintenir au pouvoir après 27 ans de présidence. Désormais, les tractations se poursuivent pour mettre en place une transition. Suivez en direct l'évolution de la situation.

Les heures sont données en temps universel

14h00 : Au Burkina Faso, l’armée déclare avoir pris acte de la démission de Compaoré et constatant la vacance du pouvoir déclare que « le chef d’état-major Honoré Traoré prend la tête du pays ».

13h45 : Frédéric Garat, envoyé de RFI au Burkina et qui se trouve devant l’Assemblée nationale, revient sur cette rumeur du départ de Compaoré. Selon des témoins, un convoi de blindés serait parti du palais présidentiel il y a environ deux heures pour prendre la route de Pô, dans le sud du pays. Une information impossible à confirmer pour le moment. Sur place devant l’Assemblée nationale, ou plutôt ce qu’il en reste, Frédéric Garat décrit une situation relativement calme avec tout de même des scènes de pillage.

13h43 : Ablassé Ouedraogo, ex-ministre devenu opposant, déclare sur l’antenne de RFI « qu’il faut aller étape par étape pour mettre en place la transition » et qu’il imagine des élections à l’horizon de la fin d’année 2015.

13h40 : Yaya Boudani, le correspondant de RFI, qui se trouve actuellement devant le siège de l’état-major, nous explique que c’est désormais l’attente qui se dessine pour la foule présente sur place.

13h30 : Le Burkina Faso entre désormais dans une phase de transition. Pour le professeur Abdoulaye Soma, président de la société burkinabè de droit constitutionnel, « cette transition politique doit être encadrée par la Constitution et je souhaiterais une transition civile. Je pense qu’il faut trouver une personnalité assez neutre dans la société civile ».

13h25: Dans un communiqué officiel, Blaise Comparoré confirme qu'il quitte le pouvoir et souhaite des élections libres et transparentes sous 90 jours.

13h16 : L’armée burkinabè annonce la démission du président Compaoré.

13h15 : Toujours sur RFI, le professeur Luc Ibriga, de la société civile, évoque une rumeur qui court à Ouagadougou. Blaise Compaoré serait en fuite vers la ville de Pô dans le sud du pays vers la frontière avec le Ghana.

13h12 : Sams'K le Jah, leader de la société civile et membre du balai citoyen, se déclare sur RFI content de cette « victoire », même s’il ne pourra la fêter que quand un autre président sera élu. « On se méfie des politiciens donc nous restons prudents ».

13h03 : « Il revient au peuple burkinabé de décider de son avenir », affirme l’Union européenne.

12h50 : Le président français, François Hollande se dit certain que Blaise Compaoré « prendra la bonne décision » pour parvenir à l'apaisement.

12h45 : Le correspondant de RFI sur place, Yaya Boudani nous confirme la déclaration du lieutenant-colonel Zida stipulant que Blaise Compaoré n'était plus au pouvoir au Burkina Faso. Il nous informe aussi que les tractations sont en cours pour savoir qui va diriger cette transition. Les manifestants ne veulent pas d’un militaire ni d’un proche de Blaise Compaoré et la candidature de l’actuel chef d’état-major a déjà été rejetée.

12h39 : Selon l’AFP, un représentant de l’armée a déclaré à la foule que « Compaoré n’est plus au pouvoir ».

12h35 : Selon l’envoyé spécial à Ouagadougou de RFI, Frédéric Garat une sonorisation est en train d’être installée place de la Nation. Signe d’une annonce importante imminente. Il y a quelques minutes le porte-parole de l’armée a déclaré aux journalistes que discours prononcé hier, jeudi, par le président Compaoré avait été rejeté par l’ensemble de la population et que de ce fait, il devait en tirer « toutes les conséquences ».

12h05 : Le député de l’opposition Sosso Adama qui se trouve actuellement parmi les manifestants place de la Nation confie à RFI sa déception après l’annonce de l’armée : « Cela ne nous convient pas du tout. La transition ne peut pas se faire sans les partis d’opposition. Nous avons lancé un appel à toute la nation du Burkina pour se rendre à la capitale et aux militaires, aux policiers, aux gendarmes à sortir pour s’associer au peuple, car le combat final est proche ».

11h45 : La foule est de plus en plus nombreuse place de la Nation à Ouagadougou.

11h05 : Place de la Nation à Ouagadougou, le correspondant de RFI Yaya Boudani témoigne de la foule sur place. La mobilisation ne faiblit pas, selon lui, avec une foule déterminée à atteindre ses objectifs et engagée à marcher vers le palais présidentiel.

11h00 : En direct sur l’antenne de RFI, l’envoyé spécial à Ouagadougou, Frédéric Garat nous relate quasiment en direct la déclaration que l’armée vient de faire devant siège de l’état-major : « Le général Traoré, l’actuel chef d’état-major, s’engage à accompagner le processus de transition démocratique » espéré par les partis d’opposition et par la société civile. L’armée s’associe donc aux manifestants pour garantir cette transition qui devrait conduire à de nouvelles élections très prochainement. Une annonce accueillie par une exclamation devant le siège de l’état-major. « C’est un moment important qui se joue maintenant, explique Frédéric Garat. L’interrogation maintenant c’est de savoir ce qu’il va advenir du président Blaise Compaorè ? »

10h55 : Roch Marc Kaboré, ancien soutien de Blaise Compaoré passé dans l’opposition, est présent sur la place de la Nation. Interrogé par une radio burkinabè il déclare que « le Burkina n’est plus géré » et la transition doit être décidé entre les politiques et la société civile « après la démission du président Compaoré ».

10h40 : Les manifestants se regroupent place de la Nation à Ouagadougou. Ils ont été rejoints par les leaders de la société civile. Une déclaration prochaine de l’état-major des armées est attendue.

10h30 : L’opposition burkinabè demande le départ « sans condition » du président Compaoré.

10h15 : Selon la radio burkinabè, Omega FM, des rassemblements ont lieu dans plusieurs villes du pays, dont la capitale Ouagadougou et Bobo Dioulasso.

09h55 : Une foule compacte est massée actuellement devant l’état-major général de l'armée à Ouagadougou.

09h50 : Dans une déclaration lue en direct à la radio, l’opposition burkinabè appelle le peuple à maintenir la pression en continuant à occuper l’espace public.

09h44 : La France prône l’apaisement au Burkina Faso. Lors d’un déplacement dans l’ouest de la France, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius a déclaré que la France n’avait pas « à faire ou à défaire un gouvernement. Ce que nous souhaitons, c'est que nos ressortissants soient protégés et que l'on aille vers l'apaisement ».

09h05 : Frédéric Garat, l’envoyé spécial de RFI au Burkina Faso, se trouve actuellement devant les locaux du CFOP, la coalition de l’opposition. Après les propos du président Compaoré jeudi soir à la télévision, les leaders de l’opposition doivent tenir d’ici une heure une conférence de presse.

09h00 : En direct sur RFI, Frédéric Garat, l’envoyé spécial à Ouagadougou témoigne d’un retour relatif à la normale dans la capitale burkinabè : « Dans les rues, les gens et les véhiculent circulent de nouveau. Les rues ont été en partie nettoyées après les violences d’hier. Et signe de ce calme ambiant, l’avion d’Air France s’apprête à décoller de l’aéroport qui avait fermé dans la journée de jeudi ».

08h55 : Autre témoignage d’auditeur dans l’émission Appel sur l’actualité. Moussa, qui se trouve à Ouagadougou, parle d’une « révolution inachevée ». « On s’est couché avec une déclaration du président qui pour nous n’était plus le président après la journée de jeudi et ce matin, nous n’avons aucune déclaration de l’armée ».

08h45 : Salif un auditeur de Juan Gomez sur l’antenne de RFI déclare être en train de rejoindre les manifestants à Bobo Dioulasso. Pour lui, « la jeunesse est en mouvement. Blaise doit partir, il n’y a plus de négociations ».

08h32 : Les manifestants restent sur le qui-vive et à Ouagadougou la plupart s'apprêtent à manifester de nouveau ce vendredi, comme l'affirme Gabriel Kombo. Il est journaliste indépendant, militant de l'opposition et selon lui, tous souhaitent le départ de Blaise Compaoré : « Ce matin, le mot d’ordre a été lancé pour que les manifestants se rendent place de la révolution à Ouagadougou pour maintenir la pression. Il faut récupérer notre révolution qui est en train de nous être volée. La journée risque d’être encore mouvementée. Et un peu partout sur le territoire national, les jeunes appellent à revenir sur les places publiques pour continuer les manifestations ».

08h25 : La situation au Burkina Faso continue d’alimenter les réseaux sociaux et notamment Twitter où le Hastag #lwili est utilisé par les manifestants. Lwili qui signifie oiseau en Mooré, une langue burkinabè, et qui se réfère à l’oiseau représenté sur le pagne traditionnel Lwili Pendeè du peuple Mossi (l’ethnie majoritaire dans le pays).

08h15 : Sur RFI, un auditeur de l’émission Appel sur l’actualité de Juan Gomez, Hilaire explique se trouver place de la Nation à Ouagadougou et fait part de l’arrivée récente du général Kouamé Lougué parmi les manifestants déjà présents.

7h55 : Sur RFI, Jonas Appolinaire Kaboré, journaliste correspondant du journal l’Observateur Paalga à Bobo Dioulasso revient sur la journée d’hier et sur la colère des habitants qui s’est rapidement tournée vers les membres du parti au pouvoir, le CDP : « Ils font profil bas et ont presque disparu de la circulation. Surtout qu’à Bobo, les gens n’étaient pas en bon terme avec les proches du pouvoir. Il y avait une vraie crise de confiance. C’est pour cela que la plupart des maires d’arrondissement ont vu leur maison incendiée ». Ce matin, dans la deuxième ville du pays, le calme est revenu comme nous le confirme Jonas Appolinaire Kaboré : « L’ambiance est calme ce vendredi matin à Bobo Dioulasso. D’ici quelques heures, les gens vont se retrouver pour de nouvelles manifestations. Mais pour l’instant, la ville n’est pas encore quadrillée par les forces de sécurité comme hier ».

7h50: Pour Cherif Moumina Sy, éditorialiste et directeur de publication, « c'est à Blaise Compaoré d'offrir une porte de sortie à son peuple et non l'inverse ! ».

7h30: Notre correspondant Yaya Boudani, en direct de Ouagadougou, affirme que tous les manifestants rencontrés dans la soirée d’hier sont déboussolés par les dernières déclarations, toutes deux confuses. La déclaration du chef d’état-major n’est pas fiable et celle du président Compaoré n’est pas claire.

7h20: « La Françafrique, c'est terminé. On ne doit pas dire à untel ou untel de partir », déclare François Loncle sur notre antenne. Le député de l'Eure, président du groupe d’amitié France-Burkina Faso à l’Assemblée nationale et membre de la commission des Affaires étrangères appelle à une médiation africaine, par le biais de l'UA ou de la Cédéao.

La mise en garde de François Hollande

La France, dont des membres des forces spéciales sont stationnés sur le sol du Burkina, et les Etats-Unis, ont critiqué le projet de réforme constitutionnelle tout en invitant toutes les parties à la retenue. Des représentants de l'ambassade de France ont rencontré jeudi des représentants de l'opposition. Dans une lettre adressée début octobre à Blaise Compaoré, le président français François Hollande avait déjà proposé à son homologue le soutien de la France pour lui trouver un poste au sein d'une institution internationale.

Dans ce courrier datant de plus de 15 jours, François Hollande mettait en garde son homologue burkinabè contre « les risques d'un changement non consensuel de Constitution ». Il ajoutait que Blaise Compaoré pourrait même « compter sur la France pour (le) soutenir, (s'il) souhait(ait) mettre (son) expérience et (ses) talents à la disposition de la communauté internationale ».

En clair, il proposait son aide pour trouver une porte de sortie digne pour le président, avant qu'il ne s'entête à forcer son maintien au pouvoir à Ouagadougou.

Ouverte par un amical « Cher Blaise » ajouté à la main, ce courrier de François Hollande se conclut par « bien à toi », mais se veut clair et déterminé sur la voix d'une issue « en faveur de la paix », remerciant dans un premier temps Blaise Compaoré, médiateur dans plusieurs crises en Afrique de l'ouest, de son engagement en faveur de la stabilité du Mali.

Blaise Compaoré s'estimait apparemment « trop jeune pour ce genre » de poste : il avait en tout cas précisé cet été dans un entretien à l'hebdomadaire Jeune Afrique : « Je n'ai pas envie d'assister à l'effondrement de mon pays pendant que je me repose ou parcours le monde. »

6h45: « Nous nous réveillons aujourd'hui avec une situation de confusion totale », affirme sur RFI Ablassé Ouédraogo, député d'opposition.

6h35:  « Blaise Compaoré n’a plus aucun légitimité » pour diriger le pays, déclare de son côté Luc Ibriga, président du Forum des citoyens et citoyennes pour l’alternance et porte-parole du Front de résistance citoyenne qui regroupe 26 organisations de la société civile.

6h00: Le jour se lève sur la capitale burkinabè. Les principales villes du pays s'attendent à une nouvelle journée agitée ce vendredi 31 octobre, témoigne l'un des correspondants de RFI dans le pays.

La nuit a été calme, hormis quelques détonations et tirs entendus dans certains quartiers. Les manifestants sont rentrés chez eux, après cette journée très mouvementée. Il faut s’attendre à de nouveaux rassemblements ce vendredi, après la déclaration du chef d’état-major général des armées et celle du président Blaise Compaoré, les leaders des jeunes manifestants ne sont pas satisfaits des propositions.

Pour eux, si un militaire doit gérer la transition, il ne doit pas être infidèle au président Blaise Compaoré. Ils sont également contre l’idée d’un couvre-feu, car ils estiment que le combat qu’ils mènent a pour objectif d’avoir plus de liberté. Pendant une partie de la nuit, certains jeunes ont circulé, malgré le contrôle effectué par la police, la gendarmerie et les éléments de la sécurité présidentielle.

En tout cas, les opposants ont déjà demandé à leurs militants de maintenir la pression, car ce qu’ils souhaitent c’est le départ pur et simple du président Blaise Compaoré, contrairement au contenu du discours de celui-ci, qui entend entamer le dialogue pour mettre en place une période de transition à l’issue de laquelle il remettra le pouvoir au président démocratiquement élu.

Le soleil est en train de se lever sur Ouagadougou, et les populations se lèvent aussi. Il faut donc s’attendre à une journée de vendredi aussi mouvementée.

■ Extraits de la déclaration de Blaise Compaoré à la télévision : « J’ai entendu le message, je l’ai compris et pris la juste mesure des fortes aspirations de changement. Je reste disponible à ouvrir avec vous des pourparlers pour une période de transition à l’issue de laquelle je transmettrai le pouvoir au président démocratiquement élu. En vue du rétablissement de ce dialogue, j’ai décidé de retirer le projet de loi contesté et de procéder à son annulation. (…) Pour permettre à chacune des parties, l’opposition politique, la société civile et la majorité de renouer le fil du dialogue dans la sérénité, je décide ce qui suit : le gouvernement est dissous ; à compter de ce jour, 30 octobre, je déclare annulé l’état de siège sur toute l’étendue du territoire national. » Le texte complet est disponible ici.

L'opposition burkinabè déterminée mais méfiante

Le départ de Blaise Compaoré est un préalable. Et c'est non négociable. Voilà le leitmotiv de l'opposition. Le discours du chef de l'Etat burkinabè et sa proposition d'une période de transition au terme de laquelle il remettrait le pouvoir n'ont pas convaincu. Proposition « ridicule », disent certains quand d'autres y voient une ruse pour tenter, encore et toujours, de se maintenir au pouvoir.

Hier soir d'ailleurs, les manifestants n'avaient pas quitté les rues de la capitale bravant le couvre-feu nocturne décrété quelques heures plus tôt par l'armée. « Il n'est plus question que l'on recule. Si le président refuse de partir nous donnerons d'autres mots d'ordre qui l'y obligeront », avait prévenu dans l'après-midi le député d'opposition Adama Sosso.

Détermination donc et méfiance aussi. Vis-à-vis de l'armée. Car que penser de la déclaration du chef d'état-major, le général Traoré, qui annonçait lui aussi quelques heures plus tôt une transition ; mais sans préciser par qui elle serait dirigée. S'agit-il d'un coup d'Etat militaire comme l'affirme, Bénéwendé Sankara, l'un des leaders de l'opposition ? Beaucoup en tout cas se sentent frustrés, tout en refusant de baisser les bras, convaincus que ce qu'ils qualifient de « cacophonie » est avant tout la preuve de la faiblesse du pouvoir.

Source RFI

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Déclaration du Centre Afrika Obota (CAO) – Bénin sur la situation politique au Burina Faso

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C’est avec beaucoup d’inquiétudes mais aussi avec beaucoup  de foi que nous suivons l’évolution des événements politiques en cours au Burkina Faso.
Répondant à l’imposture et aux tentatives de tripatouillage de la constitution, les forces politiques, civiques et citoyennes du Burkina Faso ont choisi de montrer à la face du monde que le peuple reste le seul, le vrai et juste détenteur du pouvoir.
Le centre Afrika Obota, organisation non gouvernementale panafricaine, engagé depuis de deux décennies aux côtés des peuples pour l’érection, l’enracinement et le développement de la démocratie en Afrique, exprime son admiration et son soutien total au peuple burkinabè.
Le Centre Afrika Obota en ces moments décisifs où le sang se verse pour que vive la Nation Burkinabè, a conscience que l’heure est grave et que l’engagement et la solidarité de toutes les forces éprises de démocratie, de justice, de liberté et de paix sont nécessaires pour un prompt retour de la démocratie et de la préservation des droits fondamentaux au Burkina Faso.
Le Centre Afrika Obota saisit la même opportunité pour inviter le peuple burkinabè à la vigilance  et à un grand esprit de discernement pour que la victoire finale soit à la hauteur du sacrifice consenti.
Se fondant sur les premières leçons qu’inspire l’évolution politique actuelle de la crise burkinabè, le Centre Afrika Obota Bénin, rappelle aux pouvoirs politiques d’Afrique et d’ailleurs qui tentent de bâillonner leur peuple et de museler le mouvement démocratique que la fin est toujours dramatique pour eux, mais aussi malheureusement pour les citoyens honnêtes.
La confiscation des libertés démocratiques, le bâillonnement de la presse, la corruption, le favoritisme constituent autant d’éléments qui sont des bombes sociales qui au jour de leur déflagration emportent presque tout sur leur passage.
Alors, pour qu’un jour, pour ne pas dire dans un jour proche, telle la vague populaire qui au Burkina Faso emporte présentement sur son passage les oppresseurs du peuple, n’emporte ici en terre Béninoise ceux qui font du dilatoire, plongent les élections dans l’impasse  et nourrissent des velléités révisionnistes de notre constitution, le Centre Afrika Obota invite les autorités béninoises à divers niveaux et en particulier le Président Boni YAYI à faire preuve d’une grande écoute du peuple pour que jamais « aucune goutte de sang n’éclabousse notre démocratie et ne l’emporte dans ses flots ».

Cotonou, le 30 Octobre 2014

Pour le Centre Afrika Obota Bénin
Le Secrétaire National Chargé de l’organisation
Ignace YECHENOU

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Blaise Compaoré entend quitter le pouvoir après une période de transition

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Le Président du Faso, Blaise Compaoré, s'est adressé à la nation aux environs de 21h30 sur la chaîne de télévision burkinabè Canal 3. Il déclare retirer le projet de loi sur la révision de la constitution, il lève l'état de siège et annonce à la classe politique et à la société civile être disponible pour une période de transition à l'issue de laquelle il quittera le pouvoir. Voici l'intégralité du discours.

"Peuple du Burkina Faso, chers compatriotes,
Il y a des instants dans la vie des peuples et des nations où le silence est plus expressif que la prise de parole.
Ces moments de grande douleur que nous vivons en font partie.
Les manifestations violentes qui ont endeuillé et plongé notre peuple dans la stupeur n’honorent pas le pays des Hommes intègres, mais j’ai entendu le message, je l’ai compris et pris la juste mesure des fortes aspirations de changement.
Aussi, voudrais-je présenter mes condoléances les plus attristées aux familles éplorées et souhaiter un prompt rétablissement aux nombreux blessés.
En ce tournant décisif de la marche de notre peuple, j’appelle toutes les parties à mettre en avant l’intérêt supérieur de la nation. En ce tournant décisif de la marche de notre pays, j’appelle toutes les parties en mettre en avant l’intérêt supérieur de la nation.
J’appelle les forces de l’ordre et l’ensemble des manifestants au respect de l’intégrité physique de tous les citoyens ainsi qu’au respect des biens publics et privés.
Je demeure convaincu que le dialogue constructif pourra permettre à notre peuple de retrouver sa quiétude d’antan et regarder l’avenir avec assurance.
En ce qui me concerne, je reste disponible à ouvrir avec vous des pourparlers pour une période de transition à l’issue de laquelle je transmettrai le pouvoir au président démocratiquement élu.
En vue du rétablissement de ce dialogue, j’ai décidé de retirer le projet de loi contesté et de procéder à son annulation. Pour permettre à chacune des parties, l’opposition politique, la société civile et la majorité de renouer le fil du dialogue dans la sérénité, je décide ce qui suit :
- Le gouvernement est dissout
- A compter de ce jeudi 30 octobre, je déclare annulé, l’état de siège sur toute l’étendue du territoire national.
J’exprime ma reconnaissance à tous ceux qui ont cru en moi et qui ont sacrifié de leur bien et quiétude.
Ma reconnaissance va aussi à l’opposition pour l’attitude républicaine de ses dirigeants. Ensemble, nous devons tous œuvré à éviter un approfondissement de la fracture sociale et un délitement de notre tissu économique.
Chacun doit jouer sa partition afin que nous parvenions à un retour définitif à la paix sociale. Je salue les forces de l’ordre pour leur professionnalisme et leur sacrifice qui nous ont évités une catastrophe qui aurait été irrémédiable.

Que Dieu bénisse le Burkina Faso !
Je vous remercie."
Blaise Compaoré
Président du Faso

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Burkina Faso : Blaise Compaoré serait exfiltré vers le Ghana

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Ce jeudi 30 octobre au matin, les députés burkinabè devaient examiner le projet de loi portant sur la révision de la Constitution permettant une nouvelle candidature du président Blaise Compaoré après 2015. Sous la pression, le vote a été annulé. Trop tard : avant le début de la séance, des manifestants avaient réussi à pénétrer dans l’enceinte du Parlement et des affrontements mortels ont eu lieu par la suite dans le pays. L'armée a finalement pris le pouvoir.

La colère du peuple burkinabé contre le projet de révision constitutionnelle de l’article 37 devant entériner la candidature du président Blaise Compaoré a changé la donne dans l’armée.  Et cela à grande vitesse.

Des sources bien informées rapportent que les officiers favorables aux manifestants ont fait une déclaration à l’état-major de l’armée sur la situation nationale. Plusieurs maisons appartenant à des députés de la CDP (parti au pouvoir) ont été saccagées à Ouagadougou et dans plusieurs villes du pays. Vers 14 heures GMT, les manifestants ont tenté, d’assiéger le palais Kosyam où le président reste introuvable.

Vers le Ghana

Selon une source militaire, jointe au téléphone par Les Afriques, le président Blaise Compaoré serait exfiltré vers le Ghana, via un hélicoptère privé. La Garde républicaine, dont plusieurs éléments restent fidèles au chef de l’Etat, a dressé des barricades et des check-points aux alentours du palais.
Après plusieurs heures d’incertitudes concernant la situation politique au Burkina Faso, le chef d’état-major général Honoré Nabéré Traoré a pris la parole devant la presse pour apporter des précisions sur le visage du nouveau Burkina. Il a confirmé la dissolution de l’Assemblée nationale, la mise en place d’un gouvernement de transition avec pour mission d’organiser des élections dans les 12 mois. Un couvre-feu est instauré.

Rejet de l’opposition

Sans aucune surprise l’opposition a rejeté les déclarations du général Honoré Nabéré Traoré et demande au peuple de continuer la mobilisation et la désobéissance civile.
La grande question ce soir est de localiser le président Blaise Compaoré. Est-il toujours dans son palais présidentiel à Ouagadougou? Est-il au Ghana comme l’affirme la source du magazine Les Afriques?  Seule certitude, la forte motivation de la rue désireuse de voir le président Compaoré démissionner.

Sources : rfi.fr & Oeildafrique.com

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En prélude au Forum Cedeao 2015 sur le dialogue interreligieux : D’éminentes grises à Cotonou pour valider le document de faisabilité

religion

L’un des principes cardinaux des pères fondateurs de la Cedeao est de promouvoir un environnement ouest africain paisible, favorable à la prospérité des populations. Mais le constat aujourd’hui est qu’en dépit des efforts consentis, l’espace sous régional est soumis à des menaces, des conflits entretenus par des groupes islamistes au Nigeria et au Mali avec des risques de propagation au niveau des  pays limitrophes comme le Niger, le Burkina Faso, le Sénégal, etc. Au niveau de la Cedeao, la situation préoccupe. Et  c’est dans la perspective de trouver des solutions à long terme à ces conflits, en favorisant  la connaissance réciproque des valeurs spirituelles et éthiques communes et en intensifiant l’interaction entre les religions et les traditions spirituelles que l’organisation ouest africaine projette un « Forum sur l’éducation à la culture de la paix à travers le dialogue interreligieux ». En prélude à cette grande assise qui aura lieu en 2015, il a été initié une étude sur sa faisabilité. Depuis hier mercredi 29 octobre 2014, et ce jusqu’au 31 octobre 2014, de représentants de diverses confessions religieuses et des spécialistes des questions de dialogue et de paix des pays de la sous région échangent, par le biais d’un atelier au Bénin royal hôtel à Cotonou, sur le draft de l’étude de faisabilité dudit forum en vue de sa validation. A l’ouverture officielle des travaux, le Vice-président de la Commission Cedeao, Dr Toga Gayewea Mc Intosh a insisté sur la responsabilité de tous les acteurs concernés pour l’atteinte des objectifs du forum. Selon lui, toutes les opportunités doivent être saisies pour sensibiliser à la culture de la paix, élément fondamental pour l’enracinement de la démocratie, gage d’un développement durable. Aux participants à l’atelier, Dr Mc Intosh leur a demandé de faire des propositions pour enrichir le document à valider, lequel document sera soumis aux ministres qui vont se réunir pour y réfléchir avant la fin de l’année 2014. Dans son discours de lancement des travaux, le ministre béninois de la sécurité publique et des cultes, Simplice Dossou Codjo va rassurer les autorités de la Cedeao de la disponibilité  du Bénin à organiser le forum.

A.Jacques BOCO

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Election au Burkina-faso : 700 petits mots et une pensée pour le Burkina

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A quelques heures d’un vote crucial pour les perspectives de paix et de transition démocratique réelle au Burkina Faso, un long développement sur l’absurdité d’une énième manipulation constitutionnelle visant exclusivement à prolonger le pouvoir d’un chef d’Etat africain ne servirait à rien. Ce n’est plus le moment d’épiloguer sur l’acceptabilité des arguments mis en avant par le camp du président Blaise Compaoré et sur la force de ceux que leur opposent les adversaires au projet de révision de la Constitution.

Ce qu’il me semble important de dire aujourd’hui, à la veille d’un vote à l’assemblée burkinabè dont les conséquences pourraient être significatives pour plusieurs autres pays du continent dirigés par des présidents qui voient s’approcher avec angoisse la fin de leur dernier mandat autorisé, c’est que la question de la révision de la constitution aux fins de maintien au pouvoir n’est pas une question juridique. Il est insupportable d’entendre ici et là, comme parade définitive à toute expression de révolte, que l’initiative du camp présidentiel à Ouagadougou est parfaitement légale et respectueuse des exigences démocratiques, puisque la Constitution autorise la modification de l’article relatif au nombre de mandats présidentiels, et qu’en cas de référendum, le dernier mot reviendrait au peuple souverain.

La question qui se pose au Burkina Faso aujourd’hui n’est pas juridique. Elle est morale. L’instrument du droit tout comme les systèmes et les modèles politiques que les sociétés ont créés et ont constamment modifiés au fil des siècles correspondent à des valeurs auxquelles elles aspirent et à des principes qu’elles estiment nécessaires de s’imposer pour tendre vers leur vision de ce que serait une société idéale. Adopter des règles de limitation des mandats dans des constitutions et mobiliser ensuite toute son énergie, son temps et sa créativité juridique et politique à les contourner traduit une ignorance profonde du fondement éthique de la construction de systèmes politiques démocratiques. Cela montre le gouffre qui persiste dans nos pays entre l’aspiration proclamée au formalisme démocratique et l’adhésion effective à la culture démocratique. Cette dernière suppose l’adhésion à des valeurs et des principes, comme l’impératif de l’alternance au pouvoir, et pas seulement le respect des textes constitutionnels, le respect du droit et celui du vote populaire.

Gilles OlakounleIl est osé et dérangeant de le dire, mais il le faut : ce n’est pas le vote populaire qui, seul, doit décider en tout temps et en tout lieu sur les questions qui relèvent de l’éthique de la société. Le peuple décide sur la base d’une offre de choix qui lui est proposée par celles et ceux qui se présentent comme ses élites. Ces dernières, lorsqu'elles ont une culture démocratique, ne proposent pas au peuple des options qui vont à l’encontre de l’esprit même de la construction démocratique et de celle de sociétés en paix.

Pas de long article, avais-je annoncé. Alors je conclus par un extrait d’un article que j'ai écrit en 2009, il y a déjà cinq ans, lorsque Dadis Camara en Guinée et Mamadou Tandja au Niger, avaient révélé leur volonté de s’accrocher au pouvoir, le premier en ayant l’intention de se présenter à une élection à laquelle il s’était engagé à ne pas être candidat, le second en décidant de prolonger son mandat de quelques années pour finir ses chantiers :

« Voir les choses en blanc ou en noir, un peu à la George W Bush, n'est, il est vrai, pas très sophistiqué et rarement correct. N'empêche que dans les pays africains aujourd'hui, deux groupes se font bel et bien face : celui des femmes et des hommes qui ne pensent qu'à eux et aux leurs (la famille élargie parfois au clan ou au groupe ethnique) et sont prêts littéralement à tout pour conserver leur confort ou l'améliorer, et celui des personnes qui ne veulent pas de sociétés bâties sur l'égoïsme et l'absence de la moindre valeur partagée. Dans beaucoup d'endroits sur le continent, le rapport de forces est pour le moment clairement favorable aux premiers, et de loin. Jusque-là, ce sont les premiers qui enterrent les seconds, au propre et au figuré. Mais ils ne les enterreront pas tous. »

Il ne reste plus qu’à espérer que la raison prévaudra au pays des hommes qui ont aspiré à un moment donné de leur histoire à être des hommes intègres

Publié par Dr Gilles Olakounlé Yabi le mercredi, octobre 29, 2014

Source : http://gillesyabi.blogspot.com/

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Bataille pour la garantie de l’emploi et l’intégration en Afrique : Gabdibé Gab-Hingonne, le nouvel espoir de la jeunesse

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La jeunesse africaine a un nouveau soutien. C’est une femme battante qui a pour nom Gabdibé Gab-Hingonne. Cette amazone des temps modernes est Tchadienne d’origine mais Panafricaniste convaincue. Engagée pour la cause de la femme africaine et de  la jeunesse du continent noir, elle était à Cotonou pour présenter de grands projets au président, Yayi Boni, un homme très préoccupé par l’intégration des peuples africains. Madame Gabdibé Gab-Hingonne a confié avoir été très impressionnée par l’attention et la simplicité du Chef d’Etat béninois dont l’un des soucis depuis 2006 est d’agir pour sortir la jeunesse de la précarité. Elle se bat pour la collaboration des jeunes des deux Etats frères dans des domaines précis. A terme, elle entend élargir  le creuset bénino-tchadien en construction à toute l’Afrique. Aussi, elle remercie  Docteur Lavilla,  Coordonnateur général des grands projets auxquels elle réfléchit pour ses conseils avisés. Déjà, elle retournera au Tchad avec trois jeunes entrepreneurs béninois. Il s’agit d’Albert Sourou Toviessi, Amen Kadoukpè Kassa et de Mathias Tossavi. Les jeunes talentueux béninois devront explorer le Tchad et étudier des opportunités d’affaires notamment dans le domaine des Technologies de l’information et des communications (Tic). La brave dame  qui a déclaré avoir gagné le soutien du président Yayi Boni  pour ses nobles initiatives lui a témoigné sa gratitude dans l’interview qu’elle a accordée à votre Quotidien. Madame Gabdibé Gab-Hingonne a aussi dit sa reconnaissance au bâtisseur, développeur et grand Panafricaniste Idriss Déby Itno, président du Tchad pour son accompagnement utile. Elle n’a pas manqué de louer les qualités du Consultant Moussa Mahamat Ibrahim pour son soutien sincère. Il faut noter qu’après son passage au succès éclatant au Bénin qui restera  à jamais gravé dans les annales de l’histoire, Gabdibé Gab-Hingonne a mis le cap sur l’Afrique du Sud à la recherche de partenariats solides. Celle qui incarne désormais le nouvel espoir de la jeunesse africaine est géographe de formation. Elle dirige principalement deux associations à savoir Action pour l’éducation et la promotion de la femme (Aepf)  et Groupement panafricain des femmes pour les cultures maraîchères  au Sahel (Gpfms). Lire  ci-dessous, l’interview exclusive.    
 
Matin libre : Madame Gabdibé Gab-Hingonne, le samedi 18 octobre 2O14, vous avez été reçue par le président de la République du Bénin, Dr Yayi Boni.  Pouvez-vous nous parler de ce dont vous aviez discuté?

Gabdibé Gab-Hingonne : Nous avons d’abord pris contact avec le ministère des Affaires étrangères qui nous a permis de discuter au moins avec quatre autres ministères. Il y avait le ministère de la Jeunesse, le ministère de l’Agriculture, le ministère du Commerce, et le ministère de l’Economie. C’est à la fin que nous avons voulu rencontrer le Chef de l’Etat pour le choisir comme le président d’honneur de notre association. Mais nous avions rencontré surtout le Chef de l’Etat pour lui faire le compte rendu des séances de travail que nous avions tenues avec les différents ministères. Avec le ministère de l’Agriculture, nous avons demandé l’octroi de 133 Ha parce qu’on veut échanger avec la jeunesse béninoise des expériences dans l’agriculture. Ici au Bénin, il existe des types de culture qui s’adaptent au climat local.  Mais nous, nous avons un climat sahélien presque sec. Nous avons des plantes par exemple des tomates qu’on peut cultiver chez nous qu’on ne retrouve pas chez vous. Il y a de petites tomates au Bénin alors que nous en  avons de grosses au Tchad.  Et nous voulons les produire ici pour évaluer les résultats. Nous voulons également expérimenter au Tchad, les cultures du Bénin. Nous avons aussi échangé par rapport à la licence de pêche. Le Tchad  n’a pas de débouché sur la mer. Mais nous avons un pays frère qui a la mer. Les Tchadiens ont aussi besoin de consommer du poisson. C’est la raison pour laquelle nous voulons que le ministère de l’Agriculture nous octroie des licences de pêche. Et à partir de ces licences, nous voulons négocier des bateaux qui vont pêcher et qui vont battre pavillon béninois. Ceux qui vont travailler dans ce projet, ce sont de  jeunes Béninois et Tchadiens. Et le produit de la pêche, c’est pour les Béninois, les Tchadiens et pour les Africains. En contrepartie, le Tchad qui est un pays d’élevage par excellence, peut aussi exporter de la viande vers le Bénin. Ce sera donc une coopération sud-sud. Il faut que ce soit des jeunes qui soient au-devant de la scène.

Êtes-vous sortie satisfaite de la rencontre avec le Chef de l’Etat?

Nous sommes satisfaite de la rencontre que nous avons eue avec Dr Yayi Boni, président  de la République du Bénin, un grand Panafricaniste.car il a dit qu’il est lui-même panafricaniste. Et il nous a dit qu’il est plus Tchadien que nous et qu’il est d’accord avec tous les projets que nous avons initiés. Le  Chef de l’Etat a aussi promis de faire de son mieux pour nous aider à les réaliser. Il nous a dit que les projets seront discutés en Conseil des ministres.

Vous êtes une femme battante et vous travaillez pour la jeunesse africaine. Parlez-nous de votre vision.

Comme je le soulignais tantôt, nous voulons travailler au renforcement de la coopération sud-sud. Il est temps pour que les Africains comptent sur eux-mêmes et qu’ils soient solidaires. Nous devons désormais mener une coopération de bon voisinage et en finir avec l’afro-pessimisme. Nous voulons que les jeunes soient au cœur de ce nouvel engagement. C’est pourquoi au lieu d’aller en Europe, négocier avec les armateurs occidentaux, nous avons préféré travailler avec l’Afrique du Sud  dans le  cadre de notre vaste projet.

Qu’attendez-vous du grand Panafricaniste, le président Idriss Déby Itno?

Nous  voulons qu’il renforce davantage son accompagnement dont nous  bénéficions déjà. Et nous espérons qu’il va soutenir nos nouvelles initiatives. Puisque le président Idriss Déby Itno est très préoccupé par l’avenir de la jeunesse africaine. Il s’est d’ailleurs engagé à aider tous les jeunes qui ont des initiatives innovantes surtout dans les Tic.

Réalisation : Mike MAHOUNA

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